Orgues des bois

Tous les tuyaux du vent ont croqué

Le bois de l’hiver

Et le vert printemps.

Et pour chanter l’été, la flûte de Pin

A  composé sur les aiguilles sèches,

Une portée de notes grises et quelques notes creuses.

Callune,  bientôt viendra, jeter ses frêles clochettes

Dans  l’orgue à parfums roulant abeilles,

A la barbe et au nez des sous-bois. Alors,

Musique vermeille à la poursuite de l’automne

Entendra la mesure de nos pas vagabonds:

Le bois à terre occulté, crécelle des cimes et du ciel.

Champignons et pommes de pin sur les chemins

Les ombres en accordéon, nuages là-haut.

Fin des cigales. La crainte en silence. Le feu. Les chenilles.

Tous les tuyaux du vent ont rendez-vous dans les cimes.

Ecoute la portée grise de la flûte de Pin.

Maïté L


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8 Responses to “Orgues des bois”

  1. Marithé Says:

    Orgues sur lit d’argent,
    tout en vibrations et frémissements,
    dans des ultimes souffles et harmonies automnales,
    pour que les mélodies et les senteurs s’allient !
    Symphonie des pins, des bois, des herbes, des bêtes, des pas, des ombres et des lueurs … tous les éléments apportant leur musique, sous le ciel et le vent …

  2. Durin Says:

    Ne manque à cette évocation que le bruits des mandibules des insectes qui créé cet orgue, larves diverses, et certainement guêpes qui sont grandes utilisatrices de pulpe de bois ..

  3. Durin Says:

    ..le bruit sans S, évidemment :)

  4. Yllisa Says:

    Sous le ciel et le vent,
    je respire,je foule, je me gave les yeux,et je m’imprègne de ces sous-bois…
    A bientôt Aliénor.

  5. sergio Says:

    Quand l’hiver viendra, par des nuits étoilées et clair de lune, il déposera sur cette flûte enchantée des cristaux de gel qui sont bien plus précieux que des diamants car ils ne durent qu’un court instant.

  6. Alienor Says:

    @ Tous:

    je sens qu’un vent de poésie et de musique vous a touchés. Bienvenue dans la forêt qui nous réserve quelques surprises même si elle est plus sèche et moins riche en faune et en flore que chez la plupart d’entre vous. Nous sommes là dans un département qui a soif et qui est touché par les restrictions d’arrosage, ne l’oublions pas.

    @ Marithé: je te sens vibrer à l’énoncé de ces mots bien poétiques et cela me plaît bien.

    @ Durin: tu n’as pas ton pareil pour la touche pragmatique et tu as raison;mais oui, ajoutons tous ces animaux à notre concert: glissés et mandibules y apporteront la touche finale.

    @ Yllisa: j’aime ta façon de t’imprégner des différentes ambiances.Je sens de la générosité dans ton entrée en partage.

    @ Sergio:je te trouve de plus en plus poète.J’avais eu l’occasion déjà de t’encourager lorsque tu laissais courir ta plume-clavier…Subjugué par l’éphémère, tu nous l’as très bien traduit.

    Grand merci à vous. Vos écrits sont précieux.

  7. Marie-Christine Touchemoulin Says:

    PERNICIEUSE IMAGINATION, roman, MCT 1988

    … Lente est la mort de l’arbre et douces sont les illusions dérobées au bois qui demeure vert un temps avant de rompre à la victoire de sa faiblesse décuplée. Ses branches ne s’en vont séchant qu’au fil des jours. Aveuglé par ces leurres, qui a besoin d’espérer ne peut croire à leur fin et s’y cramponne avec une force, décuplée elle aussi ! Attaché à un tel arbre, quelle chance a-t-il ? Sa chute est inscrite dans la durée; il s’effondrera en l’instant où craqueront les branches, une à une, sans autre rémission envisageable.
    Processus d’assèchement au point d’orgue de barbarie !

    Maïté, tes images et métaphores m’ont « travaillée » jusqu’à réveiller ce texte archivé. Pardonne-moi si je ne chante pas à l’unisson des vocalises mises en ambiance…

  8. Alienor Says:

    @ Marie-Christine
    chacun donne la coloration qu’il souhaite ou du moins celle qui lui vient en fonction de son vécu.
    Mais comment te dire?
    parfois la douleur est telle qu’on veut l’enfouir un instant seulement et les mots, la photo sont un parti-pris qui ne disent qu’une face de la vie.
    Il s’agit bien de cela ici.
    J’ai été séduite par la vision de ce reste de pin. Et tu l’auras vu, tu le verras encore, ce fut un parti-pris ce jour-là, et ce jour-là seulement, de photographier par le petit bout de la lorgnette des instants et pas l’ensemble. Même les sentiers photographiés l’ont été en contrebas et non avec une perspective de montrer la réalité.
    Car la réalité fait mal et ce n’est pas parce que l’été et la profusion des fougères masquent les stigmates de la tempête klaus que tout cela a disparu. Mais j’avais besoin de cigales, de ciel bleu et de petits détails menant à des échappatoires. parce qu’on ne peut pas accumuler toutes les déconvenues en même temps, il est parfois vital de choisir une optique différente.
    Mais nous sommes souvent des êtres-icebergs. Ce n’est pas toi qui me démentiras.Une certaine pudeur, un certain respect des autres, un besoin de ne pas voir que la réalité douloureuse nous font nous évader pour cinq, dix, quinze minutes. Parce qu’il faut se recharger en énergie pour mieux lutter.
    Alors métaphores il y a parce que la forme m’y a poussée et que c’est une gymnastique qui m’est devenue quasiment naturelle à force de vivre au contact des enfants mais sur le fond…nous sommes sur la même longueur d’ondes.
    Merci pour ta belle contribution.

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