Une aurore goutte à goutte

Un matin solitaire, je partis en corps-à-corps avec la forêt.Parfois les pins furent témoins de corps-à-cris mais ce n’était pas le cas ce jour-là.

La nuit finissait de s’égoutter sur chaque brin de végétation et la lumière faible, fade, délavée rasait les taillis. Sur le chemin vite effacé, sévissaient les ajoncs m’obligeant à calculer où poser le pied. Entre chien, loup absents et rosée généreuse, je me glissai pour cueillir les présents d’un matin qui flattait mon côté sauvage.

Pourquoi partager un peu de la forêt à la végétation passe-partout qui n’a que la richesse des landes sèches?

Pourquoi compter une à une ces gouttes de pluie, de rosée, de lumière bien à l’abri des sous-bois?

Pourquoi partager cet espace niché entre public et intime?

Si proche des racines.

Comme un premier

.Pas.

Et puis:

.L’ESPOIR.

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11 Responses to “Une aurore goutte à goutte”

  1. Marie-Christine Touchemoulin Says:

    Pourquoi – Pour quoi – Pour qui…
    Parce que tu transmets la vie qui règne par chez toi… la forêt souveraine… un règne à perpétuité… qui annone ton patois, peut-être.
    Pour toi car tu prends plaisir à respirer ce parfum que tes photos éveillent.
    Pour transmettre… essaimer… peut-être.
    Pour ceux et celles qui prennent plaisir à écouter la musique de tes pas lorsqu’ils franchissent ton espace de référence; assurément.
    Mais ces mots n’engagent que moi… mchristine

  2. Lautreje Says:

    Une bien belle aurore goutte à goutte que vous nous faites partager, cette forêt est bien différente de mon petit bois derrière chez moi, mais je m’y suis promenée avec vous le temps de ce billet.

  3. Durin Says:

    Il y aurait donc d’autres essences que les pins dans le Sud-Ouest ? :) j’aime beaucoup la photo du lichen emballant les aiguilles de pin ..les forêts sont diverses, mais toujours inspiratrices !

  4. Alienor Says:

    @ Marie-Christine
    parce que tu as saisi l’opportunité d’entrer dans mes pas qui suggèrent l’entrée dans un monde de la forêt qui est musique; musique apparente quand le vent joue dans les cimes mais aussi musique intrinsèque à chaque être.
    Parce que le verbe donner est essentiel à tous ceux qui se nourrissent de partage…
    Et tes mots engagent bien plus que toi parce qu’ils sont partie prenante ou parti-pris de communion avec la nature.

  5. Alienor Says:

    @ lautreje
    Aimer et faire partager avec la conscience que la richesse apparente du biotope n’est pas forcément perceptible au premier coup d’œil mais qu’il y a toujours moyen de se ressourcer avec ce qui nous est donné: un moment ou un lieu particuliers.

  6. omillou Says:

    Je regarde et j’ai envie
    Je me ballade et je suis
    Le soleil qui filtre
    parmi les grands arbres,
    La branche à terre qui crie
    lorsque le pied maladroit S’égare
    JE suis cette rosée vivifiante
    qui offre la croissance
    Je suis le chant de l’oiseau
    qui capte l’attention
    Je suis la fleur délicate
    qui colore le sentier.
    JE suis…Je suis…..
    Je suis l’intrus dérangeant
    profiteur de cette beauté

  7. Alienor Says:

    @ Durin
    Eh oui!
    Nous en avons souvent parlé et tu nous montres souvent d’autres forêts que j’aurais plaisir à découvrir.
    Et il ne faut plus croire le poème de Théophile Gautier qui hormis son symbolisme avec le poète commence de cette façon:

    « On ne voit en passant par les Landes désertes,
    Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
    Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertes
    D’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ; »
    8-)

  8. Alienor Says:

    @ Omillou: merci.
    *****************
    Tu es non l’intrus
    mais le solitaire bis
    Qui foule au pied
    Les restes d’une nuit
    vivifiante et dont la forêt
    Consent à s’abreuver.
    Tu es l’automne coloré
    quand une bruyère s’en va
    et que l’autre s’en vient
    Quand le soleil doré
    joue à cache-cache
    Entre les troncs et la brande.
    Mais hélas peu d’oiseaux
    Peu de cigales cet été.
    Beaucoup ont déserté
    la forêt ayant été rouée
    par les assauts violents
    De la tempête assurément.
    Un pic vert de temps en temps,
    Ou bien un chat huant
    s’entend au plus profond
    De la nuit sylvestre.
    Mais le silence, le silence
    Répond au vent jouant dans les pins
    Entrés en résistance.
    Il y a aussi ces insectes prédateurs
    Qui nous font si mal au cœur
    Et que l’on nomme scolytes.
    Quelque chose se joue
    De l’ordre de l’irréversible
    Dont l’homme de la rue
    N’a pas conscience.
    On voudrait nous faire croire
    Que là se trouveraient
    Des niches fiscales
    Quand on ne voit
    Que pins à terre
    Et désarroi.
    Mais tu as raison
    Il reste quelque beauté
    Une sorte de paradis perdu
    Que l’on aimerait bien voir perdurer.
    Mais le réveil des consciences
    Et du rôle de la forêt
    Ce n’est pas pour demain.
    A ne pas voir l’intérêt du public
    à travers le privé
    On finira par en crever.
    Il vaut mieux,
    pour se donner bonne conscience
    Croire que les annonces
    ont été suivies d’indemnités
    Et regarder du côté des forêts lointaines
    avec tout l’exotisme des pensées.
    N’empêche Omillou
    Continue à te fondre sur le sentier
    Fais-toi forêt, fais-toi rosée
    Et bientôt tu verras
    Les traces de vie
    Que le sable n’a pas effacées.
    Car si un grain de sable peut enrayer
    La belle mécanique des pensées
    Plusieurs grains de sable
    nous livrent à l’oubli…

  9. Les Héphémères Says:

    j’aime que les histoire se terminent dans l’espoir !

  10. Alienor Says:

    @ Les Héphémères:
    Il le faut!
    Un peu comme dans les phrases en exergue de votre site.

  11. Les Héphémères Says:

    :D

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