Archive for janvier, 2011

Le domaine de Certes: Infiniment soir-10-

dimanche, janvier 30th, 2011

à hauteur du regard, un bateau passe, glissant vers des contrées plus claires.

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Le regard captivé par  les touches pianotées rouge braise, or sur glace.Le soleil gagne les visages, généreux, horizontalement puissant.

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Aucun tremblement de l’air coupant comme verre à pied-d’œuvre versant le métal de l’hiver en fusion sur les dernières minutes possibles d’immobilité.

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Le regard de loin en proche à la recherche du labyrinthe hanté par le soir en couches successives, fondues, plaquées, superposées, révélées au plus offrant.

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Le souffle court sur le miroir des heures propices à l’envol de l’esprit.

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Décorporation.

Être le bateau qui rentre au port.

Être l’eau qui vient de la presqu’île.

Être le ciel dans son fourreau de danse maléfiquement pur.

Être.

Samsara.

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Être infiniment soir.

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Le Domaine de Certes: les cygnes noirs-9-

vendredi, janvier 28th, 2011

Apparition  du soir

chut!

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Le Domaine de Certes: le renoncement au jour-8-

jeudi, janvier 27th, 2011

Derrière les roseaux, une autre scène se préparait. La marée nourrissait l’espace mètre après mètre; Le soir venait en renoncement au jour. Le domaine de Certes s’endormait dans ses coins secrets. Côté Bassin, tout allait se jouer. Les rares promeneurs cédaient la digue: la frontière entre deux mondes antagonistes;la digue au-delà de laquelle les chasseurs se mettaient à l’affût. Comme le dit l’un d’entre eux, fusil prêt à la détente,  si les canards et autres sarcelles s’aventuraient hors de leur espace protégé, ils entreraient dans le champ de tir et deviendraient gibier. Il avait suffi d’une coloration subite du ciel; il avait suffi que le bleu ait moins de pouvoir pour que le renversement d’influences s’opérât.

Heureusement , tout le temps que dura le coucher du soleil, nous n’entendîmes pas un seul coup de feu.

Horreur et peur des armes.

« L’azur, certains soirs, a des soins de vieil or. Le paysage est une icône » écrit Jean-Michel Maulpoix; il trouve tant d’échos en nous tous avec son bleu qui est aussi le nôtre.Une icône, qui comme beaucoup d’icônes venait là de perdre sa valeur sacrée avec l’apparition du soir. Comme souvent, les icônes sont voisines des armes.

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Le Domaine de Certes: l’envol du couple de cygnes-7-

lundi, janvier 24th, 2011

« Je crois au rassemblé

à l’ouvert

au levé

au tremblé

au centième de soupir »

ZENO BIANU/ Infiniment proche

CLIC sur chaque photo

Le soir écrit en lettres de lumière l’envol des cygnes.

Vous aimerez peut-être aussi: http://alienor.multiply.com/photos/album/212

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Le Domaine de Certes: le ballet d’avant la nuit-6-

lundi, janvier 24th, 2011

NEUF ECLATS DE GESTE

« se détacher du temps comme une fleur

de sa tige


qui griffe la lumière

fait durer

la courbe


à l’angle d’envol

tirer son corps

vers le bleu


c’est la boule du monde

qui libère

l’horizon »

ZENO BIANU/ Infiniment proche

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Sur la scène, le rideau de branchages et de roseaux s’écarte lorsque le vent frappe les trois coups.

Jeu de cache-cache.

Comme  au théâtre, l’un entre en scène puis s’efface: le galbe d’un cygne, puis un autre.

Silence. Le souffle suspendu.

Et le ballet commence.

Jeu de cache-cache.

Glisse sans but précis. Lisser le plumage, apprêt en accord paysage.

Chacun pour soi.

Semble-t-il.

Et puis

la mélodie harmonieuse du silence.

Soudain, les danseurs de la lagune immobile

se rejoignent

et vont de concert en concert.

Une seconde en éclat de geste sépare chaque envol

parallèles au couchant

ils tracent les chemins du soir

ne laissant aux roseaux que des perles d’eau

bien vite effacées par l’instant

du fruit d’une blanche beauté parfaite.

Le domaine de Certes côté Bassin gelé-5-

vendredi, janvier 21st, 2011

Dents  de laine et pics d’argent

aiguilles de vent et craquelures de terre

Il est venu l’hiver sur les berges

vriller les remous et les écailles

siffler des feuilles

échappées du temps

et engrosser les nuits

interminables compagnes

aux seins ployant sous les heures

comme pommes ridées

des jours de grisaille

comme neige râpeuse

sur les haies de l’été

Il reviendra le soleil sur la mousse

les lichens refleuriront

de leurs âges millénaires

sous la caresse de L’Enclume

dans le silence des mains de paille.

Maïté L

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Woolly teeth and silver picks,

Windy needles and cracked earth

Winter came on the banks

Piercing swirls and scales,

whistling leaves,

flights of time,

knocking up the nights

those endless companions

with breasts heavy with time

like wrinkled apples,

gloomy days

rough snow upon

the hedges of summer.

The sun will come back on the moss
the lichen will arise from old age
under the caress of the Anvil
in the silence of straw hands.

traduit par Mosea
tous

mes remerciements.

Le domaine de Certes- L’arbre qui ne veut pas mourir-4-

vendredi, janvier 21st, 2011

« Entre arbre et nuage

Que passe l’oiseau blessé ou vent ravi

Que l’éclat furtif s’inscrive

………entre les yeux

………………..entre les lèvres

A la vraie vie

…….indéfiniment

……………….nous re-naissons »

François Cheng/ Le livre du Vide médian

J’ai déjà eu l’occasion de le photographier il y a quelques années. Il est toujours là.Il se sculpte au gré des vents en creux et en bosses et domine avec quelques très rares arbrisseaux la végétation rase. A demi caché par les roseaux, lorsqu’on l’aperçoit d’assez loin , le regard ne peut plus s’en détacher, du moins lorsque la passante est sensible aux décharnement, aux bras-branches en croix, au bois travaillé par les ans, le sel, les vents. il est le témoin de la Réserve. Il contemple les couples de cygnes que nous verrons bientôt apparaître.

JE VOUS INVITE A DECOUVRIR ICI LES ECHOS  SENSIBLES DE L’ARBRE CHEZ LAUTREJE

http://lautreje.blogspot.com/2011/01/kimtala-rouda.html

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Le Domaine de Certes: bleus frissons de racines-3-

mercredi, janvier 19th, 2011

« Mystère est un singulier

Qui ne peut se révéler

Que par d’autres singuliers

Que par l’ardent face-à-face

Des présences entrecroisées

-saule à saule par la racine

et tige à tige par le vent-

En leur plus long vouloir-dire

En leur ultime non-dit »

François CHENG/ Le Livre du Vide médian

Sens dessus-dessous  l’onde                              

Un bouquet de racines

Solitaires

Danseuses

S’ébrouent

Dans leur prison des glaces

Lancent l’anathème

zébré

A l’hiver

Allégées

Du  poids des ans.

Dévolues

A la paisible révolution des signes

Elles veillent impassibles                                                      

A l’envol des cygnes.

De vague en vague

De gerbe en gerbe

Elles retournent

A leur calligraphie

A leur sens dessus-dessous

A l’envers du miroir lissé par la froidure.

L’endroit reprend son souffle immobile

Tentation d’infertile

Immobile Cri noir

Suspendu au soir

Qui les verra retourner

L’azur détourné

A l’infiniment désert roi du silence.

Maïté L

« Perdue au sens de l’immense

Toute présence est pivot

Autour duquel l’univers

Tourne, soudain proche intime »

François CHENG


Le Domaine de Certes:Et le regard se fit de flûte et de cristal-2-

lundi, janvier 17th, 2011

Un poète

« Laissez-le vivre sans lui faire de mal!

Laissez-le s’en aller; c’est un rêveur qui passe;

C’est une âme angélique ouverte sur l’espace,

Qui porte en elle un ciel de printemps auroral. »

EMILE NELLIGAN


RIEN

Qu’un point, un bouquet de biffures            

RIEN

que le vent sifflant glace

Bleu métal alentour

La digue sue en ocelles d’argent

Pas à pas crissent, la vie glisse vers l’harmonie

Epie l’eau qui s’enfuit au loin, si loin

Des heures serties dans les lys de l’hiver.

Les marées retrouvant les chenaux primitifs de la mer

Grisent le regard aux diamants tremblants.

RIEN                                                          

Temps immobile rare

Sculptant le tronc, sculptant le visage.

Présage.

RIEN

Qu’un léger rideau de roseaux

Monde à monde l’océan; dans la poche cristal du beau temps.

Maïté L


Le Domaine de Certes: Les écluses -1-

dimanche, janvier 16th, 2011

à 50 km de Bordeaux, Le Domaine de Certes appartient au Conservatoire du Littoral depuis 1985.Il a  d’abord eu une vocation de marais salants puis a été consacré à l’aquaculture.

Lors d’une très agréable balade d’une quinzaine de km possibles, nous apercevons les écluses qui permettent de faire entrer les alevins dans les bassins, lors des grandes marées.

Le domaine de Certes tire son charme justement de cette balade entre plans d’eau de la réserve et chenaux du Bassin d’Arcachon, entre roselières et prairies, entre bosquets et digues . De quelque côté que vous portiez votre regard, vous serez toujours entre ciel, terre et eau.Souvent le vent sera votre compagnon.

Le spectacle peut commencer. Je vous y convie pour quelques  billets qui vous mèneront jusqu’au coucher de soleil après 4 heures de marche et d’observations.

Ce jour-là, la température était proche de 0° et après le coucher de soleil flirta avec les -3, -4.

Un grand bol d’air, de belles surprises dans le ciel, sur l’eau: pour la première fois, j’entrevis les bords du Bassin gelés.

Et puis une surprise un peu désagréable; car si d’un côté de la digue vous avez la réserve d’oiseaux, de l’autre côté vous longez le Bassin et ses traditions ancestrales de chasse à la tonne de nuit. Des appeaux sur l’eau et des canards appelants attachés dans l’eau ou en cage allaient précéder les coups de fusil; les canards n’avaient pas l’air très sauvages par cette froidure…

Premières impressions avec les écluses et le ciel bleu, bleu, bleu comme l’eau!

« Quand on vit au milieu des bruits du monde, il faut que la voix intérieure qui s’appelle la poésie parle bien haut en nous pour que nous puissions l’entendre. Dans la solitude, nous saisissons son moindre murmure. « 

(Louise Ackermann)

Parce que la balade se fait seul à seul, face à soi-même dans cet univers où chacun progresse à son rythme, j’ai choisi cette citation qui me paraît si importante.

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