Le Domaine de Certes: le renoncement au jour-8-

Derrière les roseaux, une autre scène se préparait. La marée nourrissait l’espace mètre après mètre; Le soir venait en renoncement au jour. Le domaine de Certes s’endormait dans ses coins secrets. Côté Bassin, tout allait se jouer. Les rares promeneurs cédaient la digue: la frontière entre deux mondes antagonistes;la digue au-delà de laquelle les chasseurs se mettaient à l’affût. Comme le dit l’un d’entre eux, fusil prêt à la détente,  si les canards et autres sarcelles s’aventuraient hors de leur espace protégé, ils entreraient dans le champ de tir et deviendraient gibier. Il avait suffi d’une coloration subite du ciel; il avait suffi que le bleu ait moins de pouvoir pour que le renversement d’influences s’opérât.

Heureusement , tout le temps que dura le coucher du soleil, nous n’entendîmes pas un seul coup de feu.

Horreur et peur des armes.

« L’azur, certains soirs, a des soins de vieil or. Le paysage est une icône » écrit Jean-Michel Maulpoix; il trouve tant d’échos en nous tous avec son bleu qui est aussi le nôtre.Une icône, qui comme beaucoup d’icônes venait là de perdre sa valeur sacrée avec l’apparition du soir. Comme souvent, les icônes sont voisines des armes.

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4 commentaires

  1. Le chasseur guète ignorant de l’heure,
    Blotti au sommet de la palombière
    Eclate alors la détonation meurtrière.
    Atteint l’astre brulant se meurt
    Mutant son or en rouge couleur
    Irradiant le firmament de spasme de sang.
    L’ombre renait et glisse lentement
    Les silhouettes se confondent
    Tout se trouble dans la pénombre
    Le noir me va si bien.
    Rêve, ma nuit est de songes
    Mon voyage interne s’amorce
    Dans ce temps opaque qui s’immobilise
    Mon âme éprouvée se tranquillise
    Je suis seul avec moi-même
    Omettant le sommeil et son conseil
    Je suis, Je pense et m’éveille.

    Que te dire ,te redire, c’est trés beau

  2. @ Omillou

    palombière au cœur de la forêt, tonne au bord de l’eau: même langage , celui des « détonations meurtrières.
    ma préférence : les nuits de songes et d’étoiles, parce que les armes parlent toujours trop.
    Merci Omillou.

  3. Je dessine mes mots sur la citation de Jean-Michel Maulpoix, tellement elle est belle.
    « L’azur, certains soirs, a des soins de vieil or. Le paysage est une icône »
    Une merveille.

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