Le domaine de Certes:Et la nuit tomba …-13-

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Et la nuit tomba

De ses heures écorchées

En corolles où les flammes avaient regagné leur couche

Circonvolutions d’œillets dans les plis desquels les lèvres étaient liées

A des martèlements de tambours battant l’angoisse

Le dilemme, la peur, les mots aux angles non équarris

Insomnie jouant à saute-mouton tombant dans le vague

De l’inconnu au manteau de fantôme grisé, noirci d’échos

Refusant la clarté et la douceur apaisante

Froissant sur l’oreiller le grain de peau de la joue

Désarticulant le corps comme un pantin

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Et la nuit tomba

A nos pieds de statues du soir, devant nos yeux incrédules

Occultés par le voile de lumière lancinant et tombant dru

S’échappant en bribes, en papillons impressionnistes.

Il y avait tant de jours oubliés, qui n’avaient pas été consommés

Tant de paroles rentrées en gorges profondes, tant de sensations

De peaux veuves du toucher, tant d’années écoulées dans l’oubli

De soi, de l’autre et des océans muets malgré leurs ardeurs de marées

Tant de soleils venus se mirer dans les eaux bleues, dans les eaux irisées

Tant de mots à la coque vide flottant au gré des sourires figés sur la toile

Parcheminée de poussière jamais chassée et qui retombait au gré des vents.

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Et la nuit tomba

Elle pantelait comme  tant d’espoirs blessés, abandonnés à l’épreuve du temps.

Elle s’abandonna et se laissa flotter dans les particules immatérielles

Succédant à chaque incendie, à chaque avancée des flammes du couchant.

L’homme avait oublié son filet à papillons de lumières dans le coffre des jours.

Il se contenta des rayons obliques qui l’obligeaient à fermer ses paupières

Emportant dans son cœur quelques semelles d’oubli, quelques semelles du vent

Quelques envols qui l’avaient surpris et l’avaient laissé encore plus riveté au sol.

Il s’en alla de son pas pesant, retrouvant les tambours au tempo hallucinant

Chaque minute le rapprochait du monde noir où il percevait de la lune

Les plein similaires à ses  vides qui le poussaient à mettre les voiles.

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8 commentaires

  1. j’ai parcouru le web pour situer Ce merveilleux domaine de certes que je ne commaissais pas.
    TEs articles et photos m’ont donné l’ envie de cette découverte.Evidemment le parcourir serai mieux mais….
    Belle série merci
    bises…

  2. @ Omillou
    tu me vois ravie de l’effet de mes billets. Mais le domaine de Certes est un lieu inoubliable et c’est à son site incomparable que revient l’honneur d’offrir cette grande palette d’impressions.
    Bisessss.

  3. @ Les Héphémères

    Il y a tant et tant de facettes du soir épousant les lignes du regard:

    Sous la toile pâle ou bien ardente du ciel
    Que nous soyons simples Cygnes blancs
    Ou bien passionnés tumultueux Cygnes noirs
    l’agitation du soir se fondra malgré tout dans la nuit.
    Mais nous voulons croire aux vertus lisses du noir
    Que froisse à peine le miroir vaporeux du plan d’eau
    Et donner à nos rêves l’envol des ailes blanches,
    Flotter un peu à l’abri des pesanteurs du monde
    Le temps de quelques pas faisant chanter la terre
    Se vêtir de blanc, se vêtir de noir, se nourrir de lumière
    Au soir vibrant, accueillir du soir les instants comptés.

  4. Un lieu spécial pour tous ceux qui aiment se laisser envahir par les émotions …
    Un lieu de prédilection pour les poètes, les peintres, les amoureux de la vie … et pour toutes les sensibilités qui savent se laisser imprégner de ces inconnus mystérieux où chaque moment est unique !!!
    Un lieu où silences et expressions se mêlent, alternent, s’enrichissent ..
    Un lieu pour les re-naissances sans cesse nécessaires …
    Un lieu aux vibrations bienfaisantes …

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