Ces vagues si particulières que les hommes chevauchent-10-

***

« Il faudrait réécrire les livres d’histoire, car le seul point de vue de la terre y est exprimé.Or la mer façonne les paysages, les hommes , les sociétés.C’est elle qui apporte prospérité, drames ou  renouveau. Aujourd’hui encore, les hommes de tout bord continuent de l’ignorer, de l’oublier, de n’y voir qu’une manne, une attraction pour touristes.Mais la mer monte, elle gronde de toutes les souillures que nous lui infligeons sans même nous émouvoir. C’est notre amnésie et notre cécité qui la rendent dangereuse. »


Hugo Verlomme
, écrivain de mer.

Préface du livre KOSTA, la côte basque au fil des vagues, ERIC CHAUCHE. Préfaces de Hugo Verlomme et Peyo Lizarazu/ Textes de Guillaume Dufau et Willy Uribe

Editions Surf.2004

***

***

Homme grenouille

disparaît, semblant englouti

virevolte, chevauche la vague;

En équilibre sur les crêtes

crève le mur d’eau

ou glisse quand explose l’écume.

Deux longueurs d’avance

pari presque gagné,

quatre  pas en arrière

et toujours renouvelé

l’impossible défi

face à la marée

l’Indomptée.

Nous, les hommes aux semelles de sable

et de plomb

ne pouvons que rêver

la chevauchée.

Chevaux d’écume

vagues transversales

hennissant de brume

levant l’écume

fièrement.

Et sur le sable

la rumeur va bon train

de lames, de grains

de ciels vagues à la dune.

Les hommes à la double peau noire

transis mais heureux

repoussent la nuit

A l’horizon du toujours.

habillés des dernières lueurs

quand la mer devient de velours

quittent le large

à regret,

les pieds absents.

Ne sont plus qu’os et flammes.

Les flots soumis pour quelques secondes

d’illusions sauvages

et nous pieds de sable

et de plomb

transis sur la dune

l’œil rivé aux flots,

aux planches

aux tourbillons.

Salut l’artiste

le prince

des défis

droit

comme un i

qui glisse vers la nuit

ignorant les profondeurs marines.

***

***

***

Remerciements à l’Ecole de Surf du Cap Ferret et  à ses hommes « grenouilles »

***

*******

photos et texte: Maïté L

*******

 

15 Responses to “Ces vagues si particulières que les hommes chevauchent-10-”

  1. gballand Says:

    vous dites joliment :
    « Nous, les hommes aux semelles de sable
    et de plomb
    ne pouvons que rêver
    la chevauchée. »
    En ce qui me concerne, je préfère voir la mer de loin…

  2. Alienor Says:

    Bonjour GBalland

    pour ma part j’aime la voir au plus près , mais les deux pieds sur terre encore.

  3. Les Héphémères Says:

    Et laisse la vague t’emporter …

  4. Lautreje Says:

    Je rêve d’avoir la mer à côté de moi. Tous les matins, j’irai la voir, je ferai ma salutation au soleil, j’écouterai le chant de la mer m’envahir, et j’irai mon jour portée par ses mots tendres.
    Merci pour ce beau voyage !

  5. omillou Says:

    Se sont de beaux cavaliers de la mer,mer sauvage pour rude rodéo marin
    Chevaucheurs de vagues.
    Par contre une histoire de la mer, la belle idée.
    bises et bravo spendides photos pas facile s a fixer.

  6. Danièle Says:

    Des photos merveilleuses et un beau texte. La mer, toujours si fascinante mais tellemnt imprévisible !

  7. sergio Says:

    Les cavaliers de vagues et d’écumes ont une monture bien spécieuse qui n’obéit pas à la voix du maître ou à l’éperon. Dans toutes les situations l’océan apporte le tumulte et l’imprévisible tandis que toujours la planche flotte. Le défi du surfiste est de rester le plus longtemps possible debout contre vents et marées jusqu’au moment ou la vague vidée de son énergie vient mourir sur le sable de la plage.

  8. Alienor Says:

    @ Les Héphémères

    la vague m’emporte souvent au loin. En pensée je vais parfois loin, loin jusqu’à toucher l’Amérique.

  9. Alienor Says:

    @ Lautreje

    je fais souvent le même rêve que toi.Mais je jongle entre la mer à un peu moins d’une heure de route et son souvenir.

  10. Alienor Says:

    @ Omillou

    les histoires de mer nous transportent à travers les âges et les légendes.D’Ulysse au chevalier rouge, notre esprit cavale sur le dos des vagues.
    Merci Omillou.D’autres font bien mieux que moi mais je retiens surtout le plaisir que j’ai à traquer la vague.
    Bisesssssssssss

  11. Alienor Says:

    @ Danièle, merci.
    il fut un temps où je surveillais les informations disponibles pour le surf, notamment les webcams. Restait ensuite à se rendre sur place pour avoir une chance de traquer la vague sauvage.

  12. Alienor Says:

    @ Sergio
    exactement!
    Ce soir là, j’ai été frappée par le froid qui semblait ne pas avoir de prise sur les hommes des planches.Pour avoir discuté avec l’un d’entre eux à sa sortie de l’eau, je sais qu’ils avaient les extrémités gelées.Pourtant à la nuit tombée, certains étaient toujours sur leur planche, jusqu’à ce que la furie des flots se calme.
    Pendant ce temps-là, l’eau faisait des ravages à la Faute-sur-Mer et ailleurs, enfonçant les digues fatiguées le long de l’estuaire aussi…

  13. sergio Says:

    Mais sais-tu que ces surfistes ont des problème avec un os qui pousse à l’intérieur de leur oreilles sous l’effet du froid. Certains sont obligés de se faire opérer au bout de quelques années de pratique car cet os obstrue partiellement la captation des sons. Comme quoi il n’est jamais évident de franchir le mur du son !

  14. Alienor Says:

    @ Sergio

    non, je ne le savais pas car ce soir-là, c’est la seule fois où je suis entrée en contact avec un surfeur.
    A se demander si le jeu en vaut la chandelle.

  15. sergio Says:

    C’est une passion une fois que l’on est immergé dedans c’est trop tard ! La passion est un court circuit au rationnel.

Leave a Reply