Chronique d’oiseaux:l’étourneau et les tourterelles

L’étourneau volubile, charmeur et opportuniste.

***

***

Durant le  mois du mois de janvier, un groupe d’étourneaux arrive dans le jardin. Ce ne sont que batailles donnant l’impression qu’au-delà de deux , les étourneaux ne se supportent pas. Ils essaient aussi de faire la loi dans le jardin vis-à-vis des autres oiseaux. Même le merle s’écarte.

***

***

Dans ce groupe, rapidement se détache un oiseau dominant qui comprend vite l’absence de danger ici. Au début une fenêtre qui s’ouvre effarouche les étourneaux, mais, puis, même lorsque je sors, ils  comprennent qu’il suffit de s’éloigner momentanément du jardin en se perchant sur un arbre de la rue et les voilà prêts à fondre à nouveau sur la nourriture dès l’alerte passée. Les étourneaux sont très voraces et ne laissent rien aux autres oiseaux. Ils mangent au sol de façon bruyante et continue.

Un après-midi, en rentrant, j’en aperçois un qui, perché sur la branche la plus basse du  chêne, chante à gorge déployée. Je l’observe et le préviens que je vais chercher mon appareil photo. Tout en changeant d’objectif, je pense qu’il ne sera plus là lorsque je reviendrai ; mais quelques minutes plus tard, il est toujours au même endroit et il chante toujours aussi fort. Je m’approche progressivement en prenant des photos peu à peu et me retrouve tout près du chêne. Son chant  continue. J’ai même l’impression qu’il se fait admirer. Je lui parle tout au long de mon approche et parfois, à un mouvement de la tête, j’ai réellement l’impression qu’il écoute ; les étourneaux sont de remarquables imitateurs et j’ai cru en effet percevoir des chants variés d’oiseaux.

***

***

Puis l’étourneau descend du chêne et va au pied du prunus pour manger un pâté spécial oiseaux. Comme le merle quelques jours avant, l’étourneau me laisse approcher et je suis témoin de son repas pris goulûment.

***

***

Le spectacle continue sur la branche la plus basse du prunus: entre photos et rires, je le vois se frotter le bec puis les plumes sur la branche, se tourner pour être à son avantage et mettre en valeur les magnifiques reflets que le soleil avive dans  son plumage. Il finira par danser d’une patte sur l’autre, pas pressé du tout de s’en aller… Et aura l’honneur de lancer l’expo photo prévue par la Maison de Quartier pour le mois de mai en faisant la une de l’affiche.

***

***

Ce jour-là, l’étourneau a fait un véritable numéro de cirque. Cela peut-il s’apparenter à une tentative de séduction ? La saison des amours approche en effet.

***

***

Toujours est-il que le lendemain je suis dans un affreux dilemme : l’étourneau est de retour ; il est très beau mais je ne veux pas encourager sa présence dans le jardin car lui et son groupe sèment le trouble parmi les oiseaux habitués.

Et ce même jour, j’entendrai à nouveau l’étourneau pisoter dans le prunus. J’ai écouté en souriant mais ne suis pas sortie… Est-ce le fruit de mon imagination si je vous dis que j’ai eu l’impression qu’il m’appelait. Son comportement était très différent des autres membres du groupe, mais uniquement quand il venait seul.

*******

Les tourterelles : un  couple d’ acrobates.

***

***

Depuis quelque temps, nous avions tous les jours la visite d’une tourterelle turque beige rosé. Elle se nourrissait en bonne intelligence avec les autres oiseaux. Au cours du mois de mars la tourterelle a amené sa compagne blanche, plus fine, identifiée comme femelle. La tourterelle blanche paraissait affamée. Elle a appris à se poser en équilibre sur le sous-pot accroché sous le cylindre aux graines, dans le prunus. Au début, son équilibre était précaire car le dispositif est instable ; mais en quelques jours, la tourterelle blanche  a maîtrisé la situation et peut s’alimenter longuement. Pendant ce temps la tourterelle beige rosé attend patiemment dans le prunus , semble  faire le guet, puis s’alimente à son tour.

***

***

Mais un jour, l’attente a paru trop longue pour la tourterelle beige rosé et elle a tenté de venir manger en même temps que sa compagne. Elle s’est posée en force et voilà à nouveau les deux tourterelles sur un sous-pot ressemblant à un bateau par gros temps! Il lui a fallu plusieurs jours aussi pour arriver à manger sereinement avec sa compagne.

***

***

Tout allait bien jusqu’au jour où une troisième tourterelle, sans doute un mâle,  s’est invitée. La tourterelle beige rosé est rapidement entrée en action et après les cris courroucés, s’en est suivie une course poursuite avec claquement d’ailes au-dessus du quartier, quelques plumes étant perdues dans le feu de l’action.

Le calme est revenu…J’entends les tourterelles roucouler dans un sapin. Maintenant, sans doute chargées de famille, elles viennent à tour de rôle pour s’alimenter.

***

***

à la suite d’une grave défection de mon ordinateur, j’ai perdu-et croyez-moi, je le regrette- toutes les photos où les tourterelles venaient manger en couple.

mais l’histoire continue…dans le prochain billet.

Texte et photos : Maïté L

*******

19 Responses to “Chronique d’oiseaux:l’étourneau et les tourterelles”

  1. Les Héphémères Says:

    LA dame aux oiseaux… sais tu combien il est important de ne plus nourrir nos oiseaux dès la fin de l’hiver et de laisser la nature reprendre ses droits ? je suis sûre que oui ! :*

  2. Les Héphémères Says:

    http://youtu.be/XHrRxQVUFN4

  3. Alienor Says:

    @ Les Héphémères
    La dame aux oiseaux, pas complètement car, si j’ai appris à les observer et à favoriser leur venue, je ne les touche pas et ils ne me touchent pas…car j’ai la phobie des plumes.

    Je sais, je me documente et ne donne la nourriture que parcimonieusement, le merle ayant repris son indépendance, seuls restent les habitués du jardin; à noter que le rouge-gorge a refait son apparition pour boire, ce matin!
    Mais si je publie maintenant ces billets, je dois préciser que les étourneaux ont disparu du jardin(les photos datent de janvier) et les tourterelles cherchent la nourriture au sol. Elles viennent environ deux fois par jour, actuellement: très intéressées par les graines de gazon qui n’a pas pris à cause de la sécheresse et par les brins d’herbe pour façonner un autre nid sans doute, non loin de là.
    Quant aux autres oiseaux, le troisième billet donnera l’explication au sujet de la nourriture, je pense.

    Merci pour le lien.
    Ah! Mary Poppins! Sais-tu que je me suis mariée « à la Mary Poppins » avec chapeau et ombrelle , mais dans des tons de rose pêche.
    8-)

  4. Lautreje Says:

    C’est la paradis des oiseaux chez toi ! Au moins l’hôtel 5 étoiles !

  5. Alienor Says:

    @ Lautreje

    je le pense aussi.
    Du moins, nous essayons de faire en sorte qu’ils se trouvent bien de nous visiter et en retour nous avons le plaisir de les voir revenir après de longues périodes de travaux dans le quartier.

  6. marithe Says:

    Quand je viendrai te voir, n’oublie pas de leur dire que, même si j’apprécie récits et photos de « la dame aux oiseaux » ainsi que leur beauté et habitudes variées, je les crains quand ils s’approchent vraiment trop et viennent faire du « rase-Marithé » à toute vitesse …
    Quand je roule sur les petites routes de campagne par ici et qu’il y a des nuées d’étourneaux qui s’abattent dans les champs, c’est assez terrifiant !

  7. Alienor Says:

    @ Marithé

    Hihi! derrière la vitre, tu ne craindras rien et s’ils savent trouver des gâteries, ils gardent leur indépendance et leur méfiance de l’homme, mettant entre eux et nous une distance de principe. Donc pas de danger! mais il est vrai qu’en ce moment, nous avons parfois l’impression que les « autoroutes » pour oiseaux se croisent au-dessus de notre jardin.
    Tu m’as fait bien rire avec ton « rase-Marithé ». Ils vont y perdre leur latin si on leur explique qu’ils peuvent faire du rase-Maïté mais pas de rase-Marithé!
    Tu es encore pire que moi dans ta phobie des oiseaux.
    Les nuées d’étourneaux se sont donné le mot pour fréquenter les cultures.On va finir avec des visions d’ Oiseaux d’Hitchcock.

  8. mosea Says:

    Daphné du Maurier a présenté un pays envahi par des oiseaux en colère, avec l’humanité… et toi, tu nous montres le revers de la médaille : un petit coin calme, rassurant et accueillant au beau milieu de Bordeaux.
    J’aime les oiseaux, je les admire, les respecte aussi et communiquer avec eux n’est pas trop difficile : il faut du temps et de patience.
    Merci pour ces photos… tu dois avoir un bon appareil et pas mal d’expertise !
    Bises et @ + M.

  9. Alienor Says:

    @ Mosea

    je me souviens que sur ton blog, tu nous faisais découvrir des oiseaux australiens.

    Tu as raison, l’observation des oiseaux est une question de temps et de longue, longue patience, d’absence de mouvements brusques et de plus les oiseaux semblent aimer la voix humaine.

    Depuis que je suis passée au reflex, j’ai toujours le même appareil: un Nikon D40 et deux objectifs: un 18-55 et un 18-200. Evidemment, j’étais un peu juste lors de ma participation au concours photo face à deux des candidats possédant un matériel pro. Mais j’ai compensé la technique par la communication avec les oiseaux

  10. fifi Says:

    Une observation attentive et de belles images !
    Merci pour le partage !

  11. Maria-D Says:

    La Vie… et c’est beau.
    c’est beau la vie.

    amitié

  12. Anne Jutras Says:

    Bonjour Alienor,

    L’observation d’oiseaux, voilà une activité passionnante. Tu me fais découvrir des aspects et des comportements que je ne connaissais pas. Les oiseaux, qu’il s’agisse d’étourneau, de tourterelle ou de corbeau, sont beaucoup plus futés qu’ils en ont l’air. J’ai trouvé intéressant le fait que l’étourneau cherchait à attirer ton attention. Peut-être était-ce pour séduire sa belle, vu la période des amours, ou bien il cherchait ta présence. ;)

  13. Alienor Says:

    @ fifi

    Vous êtes bienvenue dans ces pages. j’ai découvert un blog que j’aurai plaisir à parcourir aussi.
    Merci d’avoir exprimé ce que vous ressentez.
    Ces images sont les images du cœur. Pour quelques gâteries et une présence discrète mais régulière, les oiseaux me le rendent au centuple.

  14. Alienor Says:

    @ Maria

    oui toute manifestation de vie est belle;
    toute manifestation d’intelligence aussi: et j’en découvre des facettes chez les oiseaux, notamment dans l’adaptation au milieu et la relation aux humains.
    En toute amitié, Maria.

  15. Alienor Says:

    @ Anne

    Je suis heureuse de te faire découvrir ce qui m’a moi-même touchée.J’ai franchi le pas grâce à des amies qui de leur côté ont de l’expérience dans l’observation,et qui nous ont poussés à mettre un nichoir. A ce que tu dis à propos de ces différents oiseaux il faudra ajouter la belle expérience que je relaterai dans le billet suivant concernant les mésanges: c’est sans doute là, avec le merle, ma plus belle approche.
    Ces oiseaux sont futés et par moment je me demande s’ils ne vont pas jusqu’à avoir une certaine forme d’humour et même de gentille ruse.
    Auparavant, j’avais eu de sacrées expériences avec chiens et chats, mais le monde des oiseaux m’était étranger. certes nous aidions à leur nourriture l’hiver, mais il n’y avait pas cette relation; mon regard a changé.

  16. Armando Says:

    De très belles prises. Par contre je ne savais pas qu’il ne fallait pas nourrir les oiseaux à partir de la fin de l’hiver. Je me sens moins ignorant.

  17. Alienor Says:

    @ Armando

    ça c’est dans l’absolu car certains oiseaux familiers du jardin savent nous obliger à continuer à les alimenter d’une certaine façon.(voir le billet suivant).
    Simplement nous ne donnons plus de boules de graisse: cela est inutile aux saisons chaudes.

  18. sergio Says:

    La tourterelle cette familière des jardins, celle là je l’aime beaucoup pour la finesse de son plumage ainsi que pour son doux ramage. Elle semble apprécier la présence de l’homme et n’hésite pas à nicher près de lui vraisemblablement pour mieux se protéger contre les prédateurs (pies, corbeaux et geais(hé oui le geai affectionne aussi de visiter les nids pour manger les oeufs ou les oisillons, il n’y a pas que les chats qui s’en délectent).

  19. Alienor Says:

    @ Sergio, le geai a un tel bec qu’il peut fouiller ici et là.
    Les tourterelles sont élégantes avec leur fin collier noir; j’aime leur vol, bien reconnaissable à l’oreille, mais il est très rapide.J’ai vu rôder une pie au moment de la première nichée. Par contre, nous n’avons pas de corbeaux: ils sont dans les grandes cultures extérieures à la ville; pas de corneilles dans le jardin; rares elles sont bien repérées par la LPO(notamment aux alentour de la cathédrale et dans les vignes où on les aperçoit plus volontiers.

Leave a Reply