La Vague : sur un tableau de Cerise-Marithé

 

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Sur un tableau de Cerise-Marithé(65×46), un prolongement en mots.

Mes remerciements vont à celle qui sait donner des couleurs à mes rêves.

http://cerisemarithe.wordpress.com/

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La Vague

 Intrépide elle frémit

 Comme en liesse

Vient à la rencontre

Du ciel limpide,

Comme timide.

 Elle creuse

Façonne les parois

Du vertige,

Attise  son élan, joue ses gammes

Tout en nuances.

Elle danse

Toujours plus haut, la gueuse.

Dans sa main de rosée, coquille boudeuse

Elle jette ses lèvres et des baisers plume,

D’écume.

Sitôt née, elle dit adieu

De son corps de féline moisson

Souple, joyeuse et nacrée.

Tendue vers le ciel jaillit la tentation

En échos diaprés.

Le sel goutte à goutte réveille la clarté

D’aurore

Venue pour  la chevaucher en

Ailes au cœur de pierre

La belle précieuse.

La Vague

Elle surgit à sa guise

Jamais aucun humain ne l’a prise

Jamais, dans ses mains il ne l’a tenue.

Elle s’élève jusqu’au paroxysme

Et puis se fond en glissant dans l’oubli.

La suivante sera plus sauvage, plus rugissante

Ou plus docile, plus captive

Plus ensorceleuse aussi.

Les forces abyssales  ou célestes

Garderont la mémoire  lilas de la lumière

Et le parfum du  sable mêlé aux frissons

Des profondeurs  vertébrées d’émeraudes.

Elle va, elle vient

Vague après vague

Elle divague

De ciel en mer

La Vague

L’unique

Celle de l’instant.

Maïté L

27 commentaires

  1. Comme de vague en vague,
    de ciel en mer,
    d’amitié en affection intenses et sincères,
    d’éclats de couleurs en éclats de mots,
    de rêves peints en rêves écrits,
    d’instant en instant …
    Merci et merci
    pour ces connivences aux couleurs poétiques musicales …

  2. Après les mots de marithe, il n’y a plus grand chose à dire 🙂
    Une bien belle collaboration libre, poétique, de celles que permet le web, au fil des connivences et des liens tissés !
    Bravo à vous deux !!!

  3. Toile originale. Texte empreint d’aisance.

    Très beau. Que dire ? Toile nommée « Vague Instemps ».

    Et puis et j’allais dire déjà…

    « Les vagues viennent de l’Est invisible, une à une, patiemment, repartent vers l’Ouest inconnu, une à une. Long cheminement, jamais commencé, jamais achevé…La rivière et le fleuve passent, la mer passe et demeure C’est ainsi qu’il faudrait aimer, fidèle et fugitif…. ».

    « Que dit la vague? Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m’aider à mourir sans haine. »

    Albert Camus (La mer au plus près)

    En Méditerranée (G.Moustaki), tout est relatif. Mais si tout est relatif,
    y a-t-il un tout ?

    « Totalité et infini » d’Emmanuel Lévinas, pas facile à lire, pas « tout » compris en ce qui me concerne.

  4. @ Lautreje
    désir d’ivresse qui nous ramène au bord de la vague, au bord de l’intense.

    @ fifi
    c’est en effet une histoire d’amitié dans la vie qui rejaillit sur les représentations diverses de la mer.

    @ Marithé
    tout est dit et bien dit et j’aime aussi beaucoup les détails de la vague;
    cette relance dont on ne sait si elle prend naissance dans le vécu commun, individuel, dans la peinture ou dans la photo, avec un passage par les mots, c’est l’histoire de l’œuf et de la poule qui pour notre bonheur, jamais ne finira.

    @ Frantz
    Vous l’avez dit et vous l’avez bien dit.
    Et combien je m’inscris en communion avec Camus pour penser que la mer nous accompagne de la naissance à la mort par son pouvoir de fascination.Du moins, parfois je me projette le plus loin possible, lorsque je ne pourrai plus aller voir la mer et je m’interroge pour savoir comment elle restera en moi.
    Lévinas, je l’ai frôlé plusieurs fois mais le moment n’est sûrement pas venu d’y entrer plus avant.Pour l’instant, il reste un nom,une sorte de frisson de désespoir ayant un jour accompagné le « suicide » d’une correspondante, soldate israélienne. Ceci est une histoire de désespoir, très douloureuse.

  5. Magnifique description de La Vague…
    Cette vague représente nos peurs, nos espoirs, nos forces et faiblesses, ce continuel tourbillon en nous. Elle est vivante. Elle est belle.
    Merci aussi à Cerise-Marithé pour ce tableau, un vrai plaisir…
    Bonne fin de semaine, Maité ! xxx

  6. @ Mosea

    Ecrire cette vague était un tel désir mais aussi un tel défi que les mots, comme le phénomène restent un chantier, une évolution: impossible de la figer dans sa forme définitive. Mais peut-on, a-t-on seulement le droit de figer l’instemps comme l’écrivait plus haut Frantz.
    De l’instant à l’instemps, j’aurais bien dérivé pour mon humble part à l’instinct.
    Merci à toi et bonne fin de semaine aussi, en route vers le printemps.

  7. « Le poème est une peinture invisible.
    La peinture est un poème visible »

    Guo Xi.

    Très beau duo en cette page

  8. Il est beau le tableau de Cerise-Marithé, belle idée de le compléter par l’approche poétique : Elle est très sympathique cette créativité collaborative.

  9. @ Sergio

    je suis une inconditionnelle des toiles de Marithé et mon approche poétique les accompagne assez souvent; tout naturellement je pose mes impressions à leur voisinage, parce que, toutes deux, nous aimons les liens entre les différentes expressions. J’ai un désavantage: je ne sais pas peindre…Tandis qu’elle peut écrire!

    Merci De ta visite, Sergio et bonne installation dans ta galerie photo.

  10. Le poème est peinture, il a ses propres couleurs, ses nuances, ses compositions spécifiques …
    Le poème est musique, avec ses accords parfaits, ses harmonies, ses atmosphères …
    Le poème est chorégraphie, il évolue dans les émotions …
    Le poème se joue, se sculpte, se cisèle …
    Le poème est complet, même s’il se prête avec délice aux accompagnements d’approches différentes …
    La visibilité artistique est multiple, elle est sensuelle … il n’est pas étonnant que les complémentarités « s’épousent » aussi bien quand naissent, vivent et persistent les connivences …

  11. @ marithé

    Le poème est tout cela et bien plus encore puisqu’il est si difficile de définir la poésie: celle que l’on ressent, celle que l’on exprime, même modestement, à notre humble niveau.
    Mais la complémentarité, dans ce genre de partage est un pur bonheur.

  12. Amené par la vague me voila de nouveau sur ton blog Une petite visite pour entendre la sirène et te félicité pour ton texte l’’océan te réussit
    Bisesssssssss

  13. @ Frizisto

    Je te remercie d’être arrivé jusque là en soulignant ici où chez Marithé le duo autour de La Vague, la nôtre: en peinture d’abord, en mots et sensations ensuite.
    Bisessssssssss et bon we stéphanois.

  14. @ L.H

    merci d’apprécier les diverses facettes de la vague.

    Et j’ai bien sûr une pensée pour le bleu de Prusse de la vague d’Hokusaï dans la collection d’estampes japonaises de Monet,accompagnant l’expo consacrée au peintre, en collaboration avec le musée de Marmottan; le tout vu à Martigny en Suisse, cet été.

  15. @ Dominique Hasselmann

    Les hasards de l’amitié qui font qu’au début certains y perdent leur latin.
    Merci de votre visite et bonne journée.

  16. L’avantage, pour les êtres humains, et l’inconvénient aussi,que la chose soit plaisante ou non, c’est que lorsqu’on dit ou même pense au mot, l’image-ination recrée la chose.

  17. @ Frantz
    et elle la recrée à l’infini ou presque: là réside le pouvoir des mots, notamment; la proximité des mots dans ce processus de re-création me fascine.

  18. Encore un « mot » sur la re-création.

    Il m’est revenu, assez tard hier soir,comme l’évidence qui toujours échappe, que les mots n’ont pas seuls cette faculté.

    Il y aussi le rêve et son fidèle compagnon déplaisant, le cauchemar, qui disposent de cette force.

    Et même un force supplémentaire: pour le rêve le temps n’existe pas, simple trace mnésique mutée en projection mentale. S’agissant des personnes, le rêve me semble plus proche que le nom.Un songe…

    Bonne soirée.

  19. @ Frantz

    Ah le rêve!Si je les écrivais, là résiderait peut-être ma seule vraie force imaginative!
    Songe d’une nuit d’été: est-ce le même parfum de mots que Songe d’une nuit d’hiver?
    Le rêve qui se plaît à redistribuer le vécu en tranches à décrypter; les plus beaux ne sont-ils pas les songes à vivre?

  20. @ Alienor

    Vous avez sans doute raison. Freud décrit le rêve raconté après le réveil comme un rébus de mots à décrypter, pour en tirer le sens latent vers son sens interprété. Et parfois, j’ai pu le ressentir, cela marche. Je suis sans doute trop sensible à l’image, qui après tout, n’est qu’une image… Rêver à l’aveuglette ?… Heidegger évoquait les chemins qui ne mènent nulle part, tracés par les forestiers (vous connaissez) mais aussi, parfois à un détour, la clairière de l’être. Vérité, voilement, dévoilement. Mais le dévoilement est toujours bref. Nous ne pouvons regarder le soleil en face.

  21. @ Frantz

    Et la vague reprend son cours entre clairière des sons et clairière en pleine lumière pour qui possède l’alphabet des songes. Il faut happer les dévoilements au vol et parfois une porte s’ouvre envers et endroit de l’être.

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