La valse ou le tango-3-

Elles valsent…

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Ces vagues

qui se pressent vers le rivage

 En fils de transparence cousus d’aiguilles.

Quand leur falaise joue la haute-contre

Ou

Le pendulaire anis de la vague qui ne sait

Si son encorbellement, sa facture d’écume

 S’échouera sur le sable.

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 Crève soudain leur turbulente

Et translucide mémoire tubulaire.

 

 

Vagues jetées à notre face.

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Dans les ténèbres j’imprime entre mes paupières

Leurs coulures et leur partition : tous ces verts mêlés

Ces voix de basse sur tout,

 Jointes au perpétuel ensorcellement.

L’abîme du regard possédé par la vague, les paumes en avant,

Je vertige le vert tango, dans un souffle j’exhale le bleu

Et puis le vert fourreau encore me vient à la peau

Mène à la danse ses sortilèges, insuffle sa fièvre

Où l’apparente immobilité s’engouffre dans l’infime présent.

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Maïté L: Le Grand Crohot

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17 commentaires

  1. @ JEA
    quand l’océan ouvre ses paupières, les yeux dans les yeux, on se dit tout.Belle formule que la vôtre.
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    @ Colo
    vaguemite, vaguemonte, vaguetite, vaguetombe et belle formule qui est la tienne.
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    @ Veronica
    idem pour moi… Je prends l’empreinte de la mer à la distance règlementaire, celle qui s’arrête au bout des semelles. Quant aux embruns eux aussi s’arrêtent à la limite de l’objectif.
    Penser bleu envers et contre tout.

  2. L’humeur du jour suite à cette note de texte et d’images poétiques :

    J’ai l’esprit qui divague, Emporté par l’errance des pensées,
    Un peu saoulé du mouvement au point de ne plus savoir
    S’il y a endroit et envers :
    Creux ou crètes Tout tourbillonne dans ma tête
    comme dans le fond infini des océans.
    Il n’y a pas de passé, le présent se confond à l’éternité.
    Sur les sables blonds s’étale la mousse du temps.

  3. Les vagues donnent le goût du silence pour les entendre.
    Et pourtant tu sais les mots qui les enlacent sans qu’elles ne se taisent.

    Une sérier magnifique. Une fois de plus.

  4. Je n’avais pas pensé au camaïeu des verts … Le vert fourreau, le vert tango, le vert anis … qui se soulèvent et s’exhalent du bleu … Tes mots font la mer à nos yeux aveugles. Enchantement … Merci

  5. Comme une respiration qui rythme l’infini, comme une danse, un corps à corps avec la terre « ces vagues » dont les images, les mots, les couleurs m’enchantent encore et encore !
    Merci Maïté pour vos mots chez moi !

  6. @ Sergio
    divaguer ou vaguer au creux de la vague là est la question et j’aurais réussi à te transmettre le tourbillon qui a occupé ma tête et une partie de mes nuits à la contemplation et au souvenir de la vague. car il s’agit toujours de la vague, celle qui se forme, se transforme, se déforme et meurt à nos pieds.
    Je trouve que ton écrit sensible et poétique est en osmose avec ce que je ressens.
    Merci Sergio. Je ne peux qu’encourager en toi ces moments où tu oses t’exprimer ainsi.
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    @ Armando
    le monde des merveilles selon nos passions communes.
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    @ Lali
    tu as raison. le monde du silence avec les couleurs du silence, les rares blancs et ses rodomontades car elle crâne la vague. Il faut dans le silence de la vigilance, compter et on ne sait jamais où elle se formera et éclatera. il faut apprivoiser le silence pour ne devenir soi-même qu’une caisse de résonance.
    ***
    @ Ladyapolline
    si vos yeux sont aveugles, c’est sans doute que les miens l’étant encore plus ont appris à s’appliquer à voir en y mettant le prix de la patience.
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    @fifi
    merci aussi pour votre ressenti au plus près de ce que je ressens(de ce que je suis?)
    un plaisir que la naissance des mots à l’approche du chez vous.

  7. La mer est plus belle

    La mer est plus belle
    Que les cathédrales,
    Nourrice fidèle,
    Berceuse de râles,
    La mer sur qui prie
    La Vierge Marie !

    Elle a tous les dons
    Terribles et doux.
    J’entends ses pardons,
    Gronder ses courroux.
    Cette immensité
    N’a rien d’entêté.

    Oh ! si patiente,
    Même quand méchante !
    Un souffle ami hante
    La vague, et nous chante :
     » Vous sans espérance,
    Mourez sans souffrance !  »

    Et puis sous les cieux
    Qui s’y rient plus clairs,
    Elle a des airs bleus,
    Roses, gris et verts…
    Plus belle que tous,
    Meilleure que nous !

    PAUL VERLAINE (« Sagesse »)

  8. C’est une valse à milles temps , très troublante , envoûtante, parce que belle dans sa colère.
    ainsi je l’aime l’océan , pas trop sage, et puis les mots belle musique qui accompagne merveilleusement
    le va et vient des flots.
    bisou

  9. &……

    A observer toute cette série de vagues, et mon clavier, qui désespère la lenteur de mes doigts, un lien s’est formé ente la vague dans son mouvement complet et la touche du clavier dite « esperluette ».

    Jolie métaphore, pour ce mot d’origine latine qui signifie coquillage, lequel vit lui-même dans la mer, au gré des vagues. Phénomène d’adaptation darwinienne ? Et les poissons qui ondulent pour nager… mécanique des fluides ? Le seul infirme est le crabe à la fois marin et terrien.

    Quant à nous, nous ne pouvons échapper à la pesanteur, sauf par l’art ou la pensée…une valse à mille temps, effectivement…

  10. @ Marithé
    curieux! Je connaissais ce poème mais n’avais jamais fait le lien avec ce si beau chant religieux de la tradition gasconne que nous sommes encore quelques uns à savoir chanter. Un chant auquel je me réfère lorsque je veux implorer ‘L’estele de la ma », l’étoile de la mer »= la Vierge Marie.
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    @Lautreje
    sûrement plus facile avec des mots issus de la vague qu’avec des pieds plus très dociles!
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    @ Omillou
    c’est dans les extrêmes qu’elle se dévoile le mieux. c’est dans l’amplitude des creux que jaillissent les mots.
    ***

    @ Frantz
    formidable lien, belle suggestion.
    Un peu comme la pensée qui partie d’un point A passe rarement par les autres lettres en suivant l’alphabet.
    Coquille, coquillage, volute ouverte ou fermée, j’ai cherché tous les mots pour signifier &. il y en a de très beaux, romantique, presque gascon pour celui que vous citez…L’art de la nuance!
    Il existe un autre infirme m’apprit un jour un poète: l’albatros.

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