A l’ancre du cœur-4-

 

RAFAEL ALBERTI

 

Si mi voz muriera en tierra,

Llevadla al nivel del mar

Y dejadla en la ribera.

***

Llevadla al nivel del mar

Y nombradla capitana

De un blanco bajel de guerra.

***

¡Oh mi voz condecorada

Con la insignia marinera:

Sobre el corazón un ancla

Y sobre el ancla una estrella

y sobre la estrella el viento

Y sobre el viento la vela!

***

 

 

TRADUCTION DE JEAN-MICHEL MAULPOIX

Si ma voix meurt à terre

Portez-la au niveau de la mer

Et laissez-là sur le rivage.

***

Portez-la au niveau de la mer

Et nommez-la capitaine

D’un blanc bateau de guerre.

***

Oh ma voix décorée

D’un insigne maritime:

Sur le cœur une ancre

Et sur l’ancre une étoile

Et sur l’étoile le vent

Et sur le vent la voile!

***

***

Aujourd’hui pourtant c’était une belle journée d’automne.

Et dans le chêne tant d’oiseaux en concert de pépiements

Mais l’appel de la vague est le plus fort.

Il tatoue le cœur de poésie

et s’en vient

s’immiscer

au fil

du jour.

***

Photos Maïté L/ Le grand Crohot

23 commentaires

  1. Tout est si précis qu’il n’y a pas de place pour du vague à l’âme.
    Ton esprit n’est plus d’ici, il est écume, tourbillons, vaguelettes
    dispersées au gré des ressacs et des vents.
    A la fois marin et aérien, en permanente recomposition
    Les vagues sont une invitation au voyage,
    Elles ne laissent aucune place pour le vague à l’âme.

  2. L’amour de la mer, de la vague est palpable dans tes images, Maïté ! Quelle fine observation du mouvement, de l’écume, des éclats, de la couleur ! Comme un désir de faire corps avec la vague !

  3. Cette série continue d’images marines pourrait presque remplacer la présence de la mer. Un exploit, rehaussé par l’encre des mots !

    A l’ancre… Une fois l’ancre crochée, le bateau s’oriente proue au vent.

    On dit qu’il « évite ».

    Si le vent tourne, il tourne toujours nez au vent, sauf en cas de courant fort.

    Un bateau, c’est toujours un étonnant équilibre des forces.

  4. @ Sergio

    tout n’est que retour aux origines, attirée par l’étoffe de la mer.Pas de place pour le vague à l’âme et vogue l’esprit au gré de la vague en effet.
    merci …
    ***
    @Lautreje
    toi aussi tu as les mêmes attaches en bandoulière.
    ***
    @Fifi
    le sel de la vie des bords de mer se déguste en effet à petites doses.
    Bien vu! J’avais ce désir par objectif interposé.
    ***
    @JEA
    Bien vu! merci pour la citation!
    ***
    @Jeandler
    Elle s’y entends bien pour faire entendre son pouls.
    ***
    @Marithé
    bien dit! C’est là tout ce qui m’a charmée lors de ces deux séances de corps à vague.
    ***
    @ Frantz
    Merci de donner un autre point de vue différent du pied à terre: celui du marin; un monde que je ne connais pas; d’autant plus que tout pied posé sur le ponton me procure le vertige.

  5. Et je reste des heures à regarder la mer
    Le coeur abasourdit les pensées de travers
    Et je ne comprends rien à ce triste univers
    Tout est couleur de pluie tout est couleur d’hiver

    Je suis ce fier bateau qu’on vit un jour partir
    Et qui n’en finit plus de ne plus revenir
    La mer a ses amants qui s’enivrent de vent
    La mer a ses amants qui se grisent à ses fêtes

    Qui ne me comprend pas ne comprend pas la mer
    Je n’aurai donc été en ce grand univers
    Qu’un de ces marins-là qui vont en solitaire
    Et l’inutile cri d’une inutile fête

    Et je reste des heures
    Et je reste des heures
    À regarder la mer

  6. @ Omillou
    et la voix d’Alain Barrière en prime.Merci pour ce bon souvenir.
    Et je reste des heures à regarder la mer…
    ***
    @Maria-D
    Eclats de mots: je m y essaie
    Eclats de vagues: aucun souci!
    Oui Maria, pour tous les amoureux des flots.
    ***
    @ Armando
    Verlaine ne disait-il pas qu’elle était plus belle que les cathédrales?
    J’en serais ravie. J’aime à observer les points de vue des autres photographes car évidemment chacun a tendance à voir différemment et puis il y a la technique au service de la photo, la sensibilité…

  7. Je reviens me faire éclabousser par la beauté des vagues, qui déferlent sur ces pages et rêver avec les poètes !
    Bonne fin de semaine, Maïté !

  8. @ Fifi

    Peut-être la contemplation du vitrail a -t-elle quelque chose à voir avec la contemplation de la vague. Il faudrait creuser cette fascination de la lumière, de l’intemporel. Mais non, après tout il vaut mieux se laisser porter par ce qui nous dépasse par la beauté.L’important est sans doute la paix qui se fait en nous .
    Bonne fin de semaine aussi , Fifi.

  9. @ Dominique Hasselmann
    l’occasion de préciser que ce poème et sa traduction ont été publiés chez Seghers sous le titre POÉSIES DU MONDE, anthologie présentée à l’initiative du Printemps des poètes il y a quelques années déjà.

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