Dis-leur…

DIS-LEUR

« Un oiseau passe

éclair de plumes

dans le courrier du crépuscule

VA

                    VOLE

                                                          ET DIS-LEUR

Dis-leur que les marées

ouvrent la serrure de nos mémoires

que parfois le passé souffle

pour attiser nos flammes

car un peuple qui oublie

ne connaît plus la couleur des jours

il va comme un aveugle dans la nuit du présent

dis-leur que nous passons d’île en île

sur le pont du soleil

mais il n’y aura jamais assez de lumière

pour éclairer

nos morts

dis-leur que nos mots vont de créole en créole

sur les épaules de la mer

mais qu’il n’y aura jamais assez de sel

pour brûler notre langue

VA

              VOLE

                                      ET DIS-LEUR »

….

ERNEST PÉPIN/ GUADELOUPE/OUTREMER TROIS OCÉANS EN POÉSIE

ÉDITIONS BRUNO DOUCEY

***

***

Dis-leur

 Que de la vague Venise

Le carnaval marin masque l’amer

Les yeux, la crête la gorge tremblent

Sur l’enclume se forge le bras de fer au marteau de l’amarrée.

***

***

Dis-leur…

 Que chutent lisses les eaux sans retenue

Les vagues  au coude à coude.

***

***

Dis-leur…

Que Gemme l’Agate au cœur

Dis-leur que je cherche la lumière

Dans le passé

Dans le présent.

***

Maïté L

29 commentaires

  1. « Va, vole et dis-leur » me fait penser à : »va, vis et deviens » ce beau film de Radu Mihaileanu .
    Sans me lasser je retrouve ces vagues jamais semblables, toujours surprenantes entre transparences, écumes, lumière au « coeur », avec cette émouvante recherche de lumière dans le poème: lumière que nous cherchons tous je pense « dans le passé, dans le présent », à chaque rencontre !
    Merci Maïté pour la beauté des mots, des images !

  2. Vos mots sont superbes Maïté et ces vagues qui arrivent en rouleau en projetant leur écume dans la lumière sont de toute beauté! Regarder les mouvements des vagues, c’est féerique.

    Merci Maïté de votre passage dans mon blog. J’apprécie beaucoup. Je connais aussi le Pas de Morgin avec la vue sur les Dents-du-Midi 😉
    Bonne journée à vous!

  3. @ JEA
    merci pour ces mots qui accompagnent ma quête et ma collection d’instants toujours différents et magiques.
    ***
    @ Fifi
    Cette référence au film de Radu Mihaileanu pourrait aussi faire sens avec le passage que j’ai choisi de mettre en exergue dans mon billet précédent: je l’ai choisi dans Étoile errante de J-M G Le Clézio.
    Chaque fois je me demande comment je vais accompagner ces images auxquelles je tiens. En les laissant mûrir en moi, elles restituent le sens d’une certaine lumière en effet.
    En voyant la troisième vague, j’aurais pu ne mettre qu’un mot qui s’imposait à moi: gemme.Parce que si j’aime les formes de l’eau, j’aime aussi les pierres.
    ***
    @ Lautreje
    nous nous comprenons, même si tu es plus avancée que moi dans ce domaine.
    ***
    @ Armando
    merci
    et pour toi parce que je pense que la fin du poème d’Ernest pépin te va bien
    (extrait de Babil du songer, 1997)

    « VA
    VOLE
    ET DIS-LEUR
    Dis-leur qu’à force d’aimer les hommes
    nous avons appris à aimer l’arc-en-ciel
    et surtout dis-leur
    qu’il nous suffit d’avoir un pays à aimer
    qu’il nous suffit d’avoir des contes à raconter
    pour ne pas avoir peur de la nuit
    qu’il nous suffit d’avoir un chant d’oiseau
    pour ouvrir nos ailes d’hommes libres
    VA
    VOLE
    ET DIS-LEUR… »
    ***
    @ Denise
    Une belle découverte que votre blog. Je suis sensible à vos images. Vous êtes un peu comme une jumelle d’Armando depuis un lieu qui résonne en moi et vous savez pourquoi.
    De très beaux souvenirs au Pas de Morgins. Un jour les photos feront surface; le temps n’est pas encore venu.
    Belle journée aussi à vous.
    Je vais vous mettre en lien.

  4. @ Marithé

    une belle prise photographique qui ressemble comme beaucoup de gouttes d’eau à un Magritte.Le lieu où cette vague gigantesque a été photographié est fabuleux.
    ***
    @ Colo
    j’imagine vivre sur une île… Chance, mais pas toujours à ce que je vois au fil des jours. parfois cependant le continent est le plus fort.
    Ce poème en plus de sa beauté me rappelle d’autres écrits mais je n’ai pas encore trouvé lesquels;
    De toute façon, ce qui m’émeut ici c’est l’universalité de la pensée .
    ***
    @ KH.
    je te souhaite la bienvenue ici.
    Je suis contente de t’apercevoir… Je pense souvent à toi et il y a quelques jours à peine, je lisais Les « cahiers bleus » n°41 et le libre parcours d’André Dhotel;
    Le tout accompagné d’un message manuscrit dans lequel tu avais écrit un proverbe Cherokee à méditer:
     » Ecoute! Sinon ta langue te rendra sourd »
    Il est toujours d’actualité en ce lieu que nous fréquentâmes jadis. Il est toujours d’actualité.
    😎

  5. Fin de semaine en novembre

    Eole, houle longue balayée d’embruns la vague verse, s’en vient et s’en va
    Novembre brise lame, ressac, houle courte, aigue grise et sirène de brume
    Vers Mars, charrette d’alliage spatiale scrute l’hypothèse d’une vie disparue
    Sept milliards de bipèdes, l’oxygène, Shopenhauer et son génie de l’espèce
    Résistance liberté et réséda, infinie finitude, roses rouges et roses blanches
    Dürer grave Mélancholia, savoir dans le non savoir, de plurivers passiflores.
    Enfin Dimanche sans CAC 40, silence à la criée, et ça sent moins le hareng
    Quand le doigt montre Saturne,… l’imbécile passe l’anneau d’or à son doigt.

  6. Dites-leur que des perles d’esprits ciselées
    Sont brodées sur la gigantesque toile
    Comme va la bouteille à la mer
    Emportant un message qu’un
    Enfant à l’autre bout du monde
    Lira peut-être.

    Dites-leur que de cette côte aquitaine
    Léchée par les vagues atlantiques
    Maïté connaît toutes les essences
    Qui depuis les Aurores
    Jusqu’aux ors des couchants
    Brillent de tant de reflets
    Comme les multiples facettes d’un diamant
    Tel est son Univers qui mêle poésie
    Et sentiment à fleur d’eau à fleur de peau.
    Dites leurs aussi
    Que les vents et la course des astres
    Renouvellent l’énergie éternelle des vagues
    Qui vous apportent cette bonne nouvelle.
    Que vous lirez peut être sur le « Web »
    Si vous avez les yeux dans le toile
    Et la tête dans les étoiles
    Sergio pour Maïté

  7. @ Frantz
    Merci d’écumer les mots pris au filet des jours, de la nuit…

    Novembre la mer s’isole, s’absente mais pas pour tout le monde.
    Novembre au cinéma muet noir et blanc et gris par-dessus le marché
    Le marché à pas de liberté de roses et de réséda, le passé jamais passé
    Silence le hareng a perdu son apogée derrière les murs de sable endiablé.
    Poèmes de mots crachés d’écume blanche et de fumée de cheminée
    par où s’écoule la vérité si je mens qu’en diront les invertébrés?
    Infinie tendresse, raideur de l’air heurtées au front de la sagesse
    la vague s’allitère, s’aliène, chienne la vague se couche aux pieds
    Se volcanise, s’essouffle à moins que ce ne soit le vent de terre
    Grave, grave au poinçon, à l’aiguille, au fouet le ciel, l’œil et la main.

  8. @ Sergio
    Merci. J’espère un jour donner la mer à boire à un petit enfant venu de loin, du pays des montagnes.Je lui donnerai les mots et puis le seau. il apprendra le sel et l’eau. Il l’aime déjà.

    La bouteille à la mer est-ce un regard, une parole, un acte qui flotte
    au gré du temps qui passe à regarder la ligne d’horizon, les années?
    GUILLEVIC disait « Avant de regarder
    Par la fenêtre ouverte

    je ne sais pas
    ce que ce sera
    *
    Ce n’est pas
    Que ce soit la première fois.

    Depuis des années
    Je recommence

    Au même endroit
    Par la même fenêtre. »

    ***
    Fenêtre sur long cours, fenêtre sur la marée
    L’Aquitaine s’étire comme un long ruban
    De sable et d’eaux projetées dans la conscience
    Et dans le regard abandonné ou livré aux couleurs
    et reflets sur les lèvres, sur la plume d’un toucher
    De l’ordre dans les vagues, de l’ordre dans le calendrier
    Et au sablier, s’écoule la marée, cueillie au détour
    D’une rengaine, d’un lancer loin, loin vers l’horizon.
    Certains le voient courbé et mesurent combien
    La Terre est ronde, combien il faut de journées
    Pour voyager ne serait-ce qu’à dos de pensée.
    D’autres le tirent d’un trait, droit, sans bavure
    Il ne faut pas le heurter: il nous en voudrait.
    Sergio, j’essaie de l’apprivoiser, simplement
    de le partager en toute universalité. Merci.

  9. Merci Maïté pour le poème !
    Moi aussi gemme les pierres, j’aime les regarder, les toucher…
    J’aime aussi venir ici, me réjouir de ces beaux échanges !

  10. @ Fifi
    il m’a suffi, lorsque j’ai pris conscience que je pouvais cliquer sur cette photo d’observer et les lignes me sont apparues comme une évidence.

  11. L’ Océan ne s’abîme pas du regard de l’artiste, alors abuse du regard et continus de magnifier l’élément.
    LES DEUX s échangent émotion et compréhension pour notre grand plaisir.
    bisous

  12. Dis leur le chant de la mer
    Des voyages pour mil ans
    Dis leur qu’à l’autre bout de la terre
    Il y a des plages où les enfants
    Dessinent dans le sable des bateaux
    Aux couleurs des rires joyeux

  13. @ Danièle
    Merci Danièle. J’ai beaucoup de retard de lecture des blogs en ce moment. J’ai juste lu chez vous et je n’ai pas laissé de trace.
    ***

    @ Veronica
    cr-Éole: merci; ceci m’avait échappé.
    ***
    @ Omillou
    Je vais souvent de surprise en surprise devant le spectacle offert. Le regard finit par se prendre au jeu de la surprise d’ailleurs.
    ***
    @ Armando
    Dis-leur tous les châteaux de sable
    que la mer vient lentement caresser
    Dis-leur d’écrire de l’océan les fables
    Qui dans leurs doigts font sablier
    Et vois comme les cœurs s’enlacent
    sur cette grève où toi aussi tu suis leur trace.

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