Dis-leur…
DIS-LEUR
« Un oiseau passe
éclair de plumes
dans le courrier du crépuscule
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
…
Dis-leur que les marées
ouvrent la serrure de nos mémoires
que parfois le passé souffle
pour attiser nos flammes
car un peuple qui oublie
ne connaît plus la couleur des jours
il va comme un aveugle dans la nuit du présent
dis-leur que nous passons d’île en île
sur le pont du soleil
mais il n’y aura jamais assez de lumière
pour éclairer
nos morts
dis-leur que nos mots vont de créole en créole
sur les épaules de la mer
mais qu’il n’y aura jamais assez de sel
pour brûler notre langue
VA
VOLE
ET DIS-LEUR »
….
ERNEST PÉPIN/ GUADELOUPE/OUTREMER TROIS OCÉANS EN POÉSIE
ÉDITIONS BRUNO DOUCEY
***
***
Dis-leur
Que de la vague Venise
Le carnaval marin masque l’amer
Les yeux, la crête la gorge tremblent
Sur l’enclume se forge le bras de fer au marteau de l’amarrée.
***
***
Dis-leur…
Que chutent lisses les eaux sans retenue
Les vagues au coude à coude.
***
***
Dis-leur…
Que Gemme l’Agate au cœur
Dis-leur que je cherche la lumière
Dans le passé
Dans le présent.
***
Maïté L

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Tags: Le Grand Crohot



novembre 24th, 2011 at 11 h 22 min
que de vagues…
les unes abondent
une autre ment
toutes troublent
novembre 24th, 2011 at 17 h 56 min
« Va, vole et dis-leur » me fait penser à : »va, vis et deviens » ce beau film de Radu Mihaileanu .
Sans me lasser je retrouve ces vagues jamais semblables, toujours surprenantes entre transparences, écumes, lumière au « coeur », avec cette émouvante recherche de lumière dans le poème: lumière que nous cherchons tous je pense « dans le passé, dans le présent », à chaque rencontre !
Merci Maïté pour la beauté des mots, des images !
novembre 24th, 2011 at 17 h 57 min
Et pour cette surprenant lumière au coeur de la dernière vague !
novembre 24th, 2011 at 17 h 58 min
Oups ! Surprenante bien-sûr.
novembre 25th, 2011 at 6 h 32 min
chercher la lumière est une belle quête
sans fin s’en approcher
inlassablement !
novembre 25th, 2011 at 7 h 50 min
Dis-leur que le ciel s’endort
Comme un enfant abandonné
Que la lumière brille encore
Et que je n’ai rien oublié
novembre 25th, 2011 at 12 h 17 min
Vos mots sont superbes Maïté et ces vagues qui arrivent en rouleau en projetant leur écume dans la lumière sont de toute beauté! Regarder les mouvements des vagues, c’est féerique.
Merci Maïté de votre passage dans mon blog. J’apprécie beaucoup. Je connais aussi le Pas de Morgin avec la vue sur les Dents-du-Midi
Bonne journée à vous!
novembre 25th, 2011 at 13 h 14 min
@ JEA
merci pour ces mots qui accompagnent ma quête et ma collection d’instants toujours différents et magiques.
***
@ Fifi
Cette référence au film de Radu Mihaileanu pourrait aussi faire sens avec le passage que j’ai choisi de mettre en exergue dans mon billet précédent: je l’ai choisi dans Étoile errante de J-M G Le Clézio.
Chaque fois je me demande comment je vais accompagner ces images auxquelles je tiens. En les laissant mûrir en moi, elles restituent le sens d’une certaine lumière en effet.
En voyant la troisième vague, j’aurais pu ne mettre qu’un mot qui s’imposait à moi: gemme.Parce que si j’aime les formes de l’eau, j’aime aussi les pierres.
***
@ Lautreje
nous nous comprenons, même si tu es plus avancée que moi dans ce domaine.
***
@ Armando
merci
et pour toi parce que je pense que la fin du poème d’Ernest pépin te va bien
(extrait de Babil du songer, 1997)
« VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur qu’à force d’aimer les hommes
nous avons appris à aimer l’arc-en-ciel
et surtout dis-leur
qu’il nous suffit d’avoir un pays à aimer
qu’il nous suffit d’avoir des contes à raconter
pour ne pas avoir peur de la nuit
qu’il nous suffit d’avoir un chant d’oiseau
pour ouvrir nos ailes d’hommes libres
VA
VOLE
ET DIS-LEUR… »
***
@ Denise
Une belle découverte que votre blog. Je suis sensible à vos images. Vous êtes un peu comme une jumelle d’Armando depuis un lieu qui résonne en moi et vous savez pourquoi.
De très beaux souvenirs au Pas de Morgins. Un jour les photos feront surface; le temps n’est pas encore venu.
Belle journée aussi à vous.
Je vais vous mettre en lien.
novembre 26th, 2011 at 16 h 06 min
Dis-leur …
que chaque vague est surprise …
Chaque vague est décor singulier …
Chaque vague est musique …
Chaque vague est lumières et éclats …
Vogue La Vague, là où elle veut …
Mer ou Océan, peu importe,
La Vague se meut et nous émeut !
http://cerisemarithe.wordpress.com/2011/11/26/non-ce-nest-pas-un-magritte/
novembre 26th, 2011 at 19 h 06 min
Dis-leur…magnifique poème, peut-être parce que je vis sur une île, il m’a fort émue, merci.
novembre 26th, 2011 at 23 h 34 min
bonsoir Maïté.. Première visite de ton blog
Je reviendrai ..
novembre 27th, 2011 at 9 h 16 min
@ Marithé
une belle prise photographique qui ressemble comme beaucoup de gouttes d’eau à un Magritte.Le lieu où cette vague gigantesque a été photographié est fabuleux.
***
@ Colo
j’imagine vivre sur une île… Chance, mais pas toujours à ce que je vois au fil des jours. parfois cependant le continent est le plus fort.
Ce poème en plus de sa beauté me rappelle d’autres écrits mais je n’ai pas encore trouvé lesquels;
De toute façon, ce qui m’émeut ici c’est l’universalité de la pensée .
***
@ KH.
je te souhaite la bienvenue ici.
Je suis contente de t’apercevoir… Je pense souvent à toi et il y a quelques jours à peine, je lisais Les « cahiers bleus » n°41 et le libre parcours d’André Dhotel;
Le tout accompagné d’un message manuscrit dans lequel tu avais écrit un proverbe Cherokee à méditer:
» Ecoute! Sinon ta langue te rendra sourd »
Il est toujours d’actualité en ce lieu que nous fréquentâmes jadis. Il est toujours d’actualité.
novembre 27th, 2011 at 10 h 24 min
Fin de semaine en novembre
Eole, houle longue balayée d’embruns la vague verse, s’en vient et s’en va
Novembre brise lame, ressac, houle courte, aigue grise et sirène de brume
Vers Mars, charrette d’alliage spatiale scrute l’hypothèse d’une vie disparue
Sept milliards de bipèdes, l’oxygène, Shopenhauer et son génie de l’espèce
Résistance liberté et réséda, infinie finitude, roses rouges et roses blanches
Dürer grave Mélancholia, savoir dans le non savoir, de plurivers passiflores.
Enfin Dimanche sans CAC 40, silence à la criée, et ça sent moins le hareng
Quand le doigt montre Saturne,… l’imbécile passe l’anneau d’or à son doigt.
novembre 27th, 2011 at 19 h 00 min
Dites-leur que des perles d’esprits ciselées
Sont brodées sur la gigantesque toile
Comme va la bouteille à la mer
Emportant un message qu’un
Enfant à l’autre bout du monde
Lira peut-être.
Dites-leur que de cette côte aquitaine
Léchée par les vagues atlantiques
Maïté connaît toutes les essences
Qui depuis les Aurores
Jusqu’aux ors des couchants
Brillent de tant de reflets
Comme les multiples facettes d’un diamant
Tel est son Univers qui mêle poésie
Et sentiment à fleur d’eau à fleur de peau.
Dites leurs aussi
Que les vents et la course des astres
Renouvellent l’énergie éternelle des vagues
Qui vous apportent cette bonne nouvelle.
Que vous lirez peut être sur le « Web »
Si vous avez les yeux dans le toile
Et la tête dans les étoiles
Sergio pour Maïté
novembre 28th, 2011 at 10 h 36 min
@ Frantz
Merci d’écumer les mots pris au filet des jours, de la nuit…
Novembre la mer s’isole, s’absente mais pas pour tout le monde.
Novembre au cinéma muet noir et blanc et gris par-dessus le marché
Le marché à pas de liberté de roses et de réséda, le passé jamais passé
Silence le hareng a perdu son apogée derrière les murs de sable endiablé.
Poèmes de mots crachés d’écume blanche et de fumée de cheminée
par où s’écoule la vérité si je mens qu’en diront les invertébrés?
Infinie tendresse, raideur de l’air heurtées au front de la sagesse
la vague s’allitère, s’aliène, chienne la vague se couche aux pieds
Se volcanise, s’essouffle à moins que ce ne soit le vent de terre
Grave, grave au poinçon, à l’aiguille, au fouet le ciel, l’œil et la main.
novembre 28th, 2011 at 11 h 05 min
@ Sergio
Merci. J’espère un jour donner la mer à boire à un petit enfant venu de loin, du pays des montagnes.Je lui donnerai les mots et puis le seau. il apprendra le sel et l’eau. Il l’aime déjà.
La bouteille à la mer est-ce un regard, une parole, un acte qui flotte
au gré du temps qui passe à regarder la ligne d’horizon, les années?
GUILLEVIC disait « Avant de regarder
Par la fenêtre ouverte
je ne sais pas
ce que ce sera
*
Ce n’est pas
Que ce soit la première fois.
Depuis des années
Je recommence
Au même endroit
Par la même fenêtre. »
***
Fenêtre sur long cours, fenêtre sur la marée
L’Aquitaine s’étire comme un long ruban
De sable et d’eaux projetées dans la conscience
Et dans le regard abandonné ou livré aux couleurs
et reflets sur les lèvres, sur la plume d’un toucher
De l’ordre dans les vagues, de l’ordre dans le calendrier
Et au sablier, s’écoule la marée, cueillie au détour
D’une rengaine, d’un lancer loin, loin vers l’horizon.
Certains le voient courbé et mesurent combien
La Terre est ronde, combien il faut de journées
Pour voyager ne serait-ce qu’à dos de pensée.
D’autres le tirent d’un trait, droit, sans bavure
Il ne faut pas le heurter: il nous en voudrait.
Sergio, j’essaie de l’apprivoiser, simplement
de le partager en toute universalité. Merci.
novembre 28th, 2011 at 20 h 40 min
Merci Maïté pour le poème !
Moi aussi gemme les pierres, j’aime les regarder, les toucher…
J’aime aussi venir ici, me réjouir de ces beaux échanges !
novembre 28th, 2011 at 20 h 49 min
@ Fifi
au moins un point commun pour les pierres.
Pierres,fleurs et eaux, nous sommes bien dans les complémentaires.
novembre 28th, 2011 at 21 h 45 min
« flamme, flamme, FLAMME » c’était bien cela le thème de ce bouquet !
Belle perspicacité et sensibilité !
Merci Maïté !
novembre 28th, 2011 at 22 h 20 min
La mer n’en finit pas de nous bercer, de nous inspirer.
Très très belle série, merci chère Maïté
novembre 29th, 2011 at 19 h 59 min
@ Fifi
il m’a suffi, lorsque j’ai pris conscience que je pouvais cliquer sur cette photo d’observer et les lignes me sont apparues comme une évidence.
novembre 29th, 2011 at 20 h 00 min
@ Maria-D
un grand merci à vous aussi de parcourir ces pages.
novembre 29th, 2011 at 22 h 34 min
La mer, toujours si envoûtante… Superbes poèmes et photos.
novembre 30th, 2011 at 8 h 14 min
Comme belles sont ces vagues » de créole en créole « , quand vous aimez l’agate au coeur, la pierre rejoint l’eau pour notre bonheur …
décembre 1st, 2011 at 9 h 46 min
L’ Océan ne s’abîme pas du regard de l’artiste, alors abuse du regard et continus de magnifier l’élément.
LES DEUX s échangent émotion et compréhension pour notre grand plaisir.
bisous
décembre 1st, 2011 at 10 h 38 min
Dis leur le chant de la mer
Des voyages pour mil ans
Dis leur qu’à l’autre bout de la terre
Il y a des plages où les enfants
Dessinent dans le sable des bateaux
Aux couleurs des rires joyeux
décembre 3rd, 2011 at 19 h 47 min
@ Danièle
Merci Danièle. J’ai beaucoup de retard de lecture des blogs en ce moment. J’ai juste lu chez vous et je n’ai pas laissé de trace.
***
@ Veronica
cr-Éole: merci; ceci m’avait échappé.
***
@ Omillou
Je vais souvent de surprise en surprise devant le spectacle offert. Le regard finit par se prendre au jeu de la surprise d’ailleurs.
***
@ Armando
Dis-leur tous les châteaux de sable
que la mer vient lentement caresser
Dis-leur d’écrire de l’océan les fables
Qui dans leurs doigts font sablier
Et vois comme les cœurs s’enlacent
sur cette grève où toi aussi tu suis leur trace.
décembre 4th, 2011 at 19 h 18 min
la photo de nuages est pour toi aujourd’hui… juste comme ça.
décembre 4th, 2011 at 19 h 48 min
@ Armando
histoire de prolonger le plaisir et en te remerciant de cette délicate attention, je mets ici le lien:
http://www.nuagesdephotos.com/2011/12/04/pour-maite/
touchée/coulée au cœur de ces vaporeux instants de tulle et froufrous d’océan.