Sans interdit la marée

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Le sens des marées

Nuages au ciel nuages en mer bleu au ciel bleu en mer

une tache blanche celle du pêcheur de loin je la regarde

les heures passées en mer passées au soleil en mer

la houle à portée de main la brise me pousse à rentrer

Peaux noires peaux blanches le ciel réunit les deux mondes

tout autour montagnes d’automne l’océan est au milieu

longtemps les marées ont rythmé la vie

Au centre un point rouge des vêtements noirs troués de rouge

blancs des mille teintes de la nuit on entend le souffle de l’eau

les sentiers demeurent invisibles en dehors de la marche

La mer et la terre se rejoignent aux falaises de Xodre

entre les racines en plein sable l’une et l’autre se marient

silence et ressac comme réveil au matin

contempler cela donne le sens des marées

NICOLAS KURTOVITCH/ Inédit 2010

OUTREMER TROIS OCÉANS EN POÉSIE

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Feuille après feuille pianote la vague

Sur la Morte, la saison

Aux couleurs de l’automne

Automne ment, dans un souffle du vent

Gémit et crève l’arpenteur du temps

D’espoir,  des espoirs

 Où s’accrochent dans un bouillon nuage d’enfer

Marrons et malachite présence cuivrée.

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Tatoue le sable et t’emporte l’ocre

Ocre ment cependant,

Occulte ton visage, ton sourire, tes dents de loup

Ta peau salée, tes doigts rubans, tes yeux fermés.

Tremble la lie de tes pensées

Le rien, le vide sans cesse recommencé.

Marée sous le couvercle au front muselée

 Ses cheminées et soubresauts touchent la cale

Remuent sable et cristaux, coquillages et couteaux.

De l’eau atone, brisée au couchant et aux tempes grisées

Vois les images nous défier, les vagues feuler, trouer, vriller

Les heures du passé et le refrain lancinant en bouche avorté.

Inutile ment.

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 L’océan ne va pas plus loin que nos pieds et nos rêves

Deux mains apposées et la douceur du coton d’aimer

Quand l’ Ira  est Apaisée.

Au loin l’horizon inaccessible.

Le ciel inaccessible.

Le soir enterré

Au pied de la dune.

Paix  à lames    le courant   les mots   à la dérive…

Maïté L

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Et puis aussi pour le plaisir, chez Armando:

http://www.nuagesdephotos.com/2011/12/04/pour-maite/

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20 commentaires

  1. Ce sont des vagues merveilleuses, tantôt fortes, tantôt douces qui viennent glisser sur le sable.
    Les vagues sont fascinantes, toujours en mouvement irrégulier, c’est comme les flammes d’un feu de cheminée.
    La mer a tant de secret! Marcher sur la plage lors de grosses vagues, j’imagine ce plaisir intense 😉
    Je suis émerveillée par vos superbes photos et je m’en mets plein les mirettes!
    Bonne journée Maïté et je vous remercie d’ avoir déposé mon lien 🙂 C’est très gentil.

  2. Il me semble apercevoir un dragon d’écume (3) qui s’apaise et vient s’échouer à nos pieds.(4) La paix de l’âme c’est bien ce que nous venons chercher à écouter le ressac, à regarder le déferlement de la mère infinie, ici retrouvée.
    Encore une fois des images de toute beauté et des mots qui accompagnent notre regard et « nos rêves » ! Merci Maïté !

  3. Très beau Maïté cette mousse de lait aux reflets sableux

    J’aime, j’aime tes mots qui se roulent dans la vague

  4. La mer toujours recommencée…
    fascinante comme la flamme dans l’âtre

    « Et c’est la mer qui vint à nous sur les degrés de pierre du drame… »
    Amers, Saint-John Perse

  5. quand les marées perdent-elles leur sang-froid ?
    et pourquoi sanglotent-elles comme si elles-mêmes chaviraient ?
    les êtres hommes humains se montrent parfois sans-coeur, ou encore sans-culotte, si pas sans-gêne, ou sans-souci, mais elles, les marées ?
    heureusement pas de censures quand elles deviennent sensu-elles, les marées…
    et puis encore ces marées préférant rester sentimentales plutôt que sentencieuses !

  6. Limites imprécises et changeantes entre ciel et terre.
    Se mêlent les couleurs et les houles, tes mots si choisis et le bruit du ressac.
    Merci, l’ensemble est superbe.

  7. As-tu fusionné avec les vagues ? L’osmose texte image est parfaite.
    Eau et minéral se mélangent, restent suspendus en moments d’éternité figés dans l’image pour finalement retomber et reprendre à nouveau vie et matière. Chaque instant est unique, presque identique au précédent mais pourtant différent.

  8. Que vos mots volent heureux dans les partitions de mer, que le sel les aiguise avec le chant du silence, que les saisons les voient renaître aux mouvements de la houle …

    Pensées solitaires et marines.

  9. Merci Maïté pour cette jolie convergence de mots entre rayons-sillons verts et bicyclette. Je n’y avais pas pensé. D’où l’intérêt de proposer ses images à l’imaginaire et aux mots de l’autre. Belle journée en images et en mots !

  10. @ Denise
    la mer exerçant une fascination semblable à celle des flammes de la cheminée? Je n’y avais pas pensé mais nous sommes là en présence des éléments eau, air et feu.
    Vous avez de si beaux paysages en Suisse mais l’océan est loin, très loin. Profitez donc de la vue à votre aise.
    ***
    @ fifi

    je n’avais pas vu le dragon mais tes mots le font naître aisément.L’imagination enrichit l’échange et le partage. En ce qui concerne les cyclistes sur ton site,cependant, je ne crois pas que ce soit l’imagination qui intervienne mais plutôt l’analyse de la composition de l’image facilitée par ton sens artistique.
    ***
    @ Maria-D
    mousse de lait! Merci Maria-D: c’était sans doute les mots qui me manquaient. On a parfois les sensations mais les mots ne viennent pas coller au ressenti. Tu as su apporter ces mots qui manquaient.
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    @jeandler
    même ressenti que Denise
    et
    « La mer, la mer, toujours recommencée » avec Paul Valéry
    et Saint-John Perse : un bel accompagnement poétique.
    ***
    @ JEA
    entre sens et sans: vous avez bien perçu que parfois mon cœur balance , comme le vôtre d’ailleurs: pour mon plus grand bonheur de vous lire. Merci.
    ***
    @colo
    dois-je comprendre à travers ta grande gentillesse que toi qui connais bien l’océan tu le retrouves dans mes mots? Alors tu m’en vois flattée.
    ***

    @ Sergio
    Cette fois-ci, je crois avoir été durablement imprégnée par les vagues. De là à fusionner, j’y pense mais ne pense pouvoir atteindre cet état de fait.
    Oui tout est à peine différent mais cette différence existe: voilà pourquoi si je n’impose pas la vue de toutes les vagues, je les garde et les revois avec émotion.
    ***
    @Lautreje
    la vague élé ment aimant.
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    @Veronica

    En effet de nombreux jours à imaginer la prochaine rencontre marine.
    ***

  11. Tes vagues pianotent vraiment …
    Je vois les touches virevolter avec une extrême virtuosité …
    Je ressens chaque note entrant en harmonie avec les autres …
    Envolées d’écumes aux sons cristallins,
    Envolées de mots et d’évocations aux résonances émotions …
    Dansent les pensées comme danse le spectacle offert …
    Magique poésie qui imprègne tous les sens inlassablement …

  12. Je reviens saluer la vague gemme de la première image qui s’avance triomphante dans son char d’écume ! Et reviens caresser les minuscules dragons (4è) qui chahutent comme des enfants, en se roulant sur la plage 🙂
    Merci pour le cadeau-poésie, Maïté !
    Bonne fin de semaine !

  13. @ tilk

    merci de votre visite.
    ***

    @ fifi
    Bon dimanche fifi. Je connaissais depuis pas mal de temps les chevaux de mer pour les avoir vus caracoler sur la crête des vagues. Rien d’étonnant à ce que le bestiaire de la mer s’enrichisse de dragons.

  14. « Sans interdit la marée »

    La poésie, c’est l’inter-dit.

    Savoir suggérer ou écouter, non seulement ce qui se dit,
    mais ce qui se dit derrière ce qui s’écrit
    et ce qui s’entend.

    Cette comparaison entre la vague et le feulement me plait.
    De nuit, sous l’orage, une déferlante a la rapidité,
    la souplesse et la cruauté du félin.

    Tabarly, « ta barre lie » y a trouvé son destin
    et plus récemment , en octobre,
    Florence Arthaud n’en a réchappé
    que de justesse.

    A la dérive… Il y a aussi  » mettre à la cape »; C’est à dire, surtout par mauvais temps, laisser le bateau dériver travers au vent et aux vagues à sec de toile en amarrant la barre. Au delà d’une certaine force de mer, les vagues rendent la cape intenable : le bateau doit se « mettre en fuite » c’est-à-dire naviguer poussé par le vent arrière et même si çà marche, gare aux cailloux ou à la terre.

    Et on ne rit pas sous cape !

    Hier, à Langoiran, prés d’une barrière fleurie, hé oui encore, un mascaron de pierre qui crachait l’eau contemplait, de ses yeux aveugles, le passage du mascaret et le charivari du miroir d’eau à la traine.

    Bonne soirée

  15. @ Frantz
    Bonsoir Frantz
    merci pour la sensibilité dont vous faites preuve et qui me dévoile encore plus car je le reconnais, je suis souvent dans l’inter-dit en veillant à la qualité des espaces ainsi créés.
    De plus vous donnez une ouverture d’homme de mer que j’apprécie énormément.Car vous serez toujours un véritable homme de mer face à la femme que je suis, les deux pieds sur le sable et qui rêve la mer plus qu’à son tour.Vous apportez un éclairage complémentaire, une bouffée d’embruns du large et les refrains de la houle.

    Ah le mascaret…Je ne l’ai vu qu’une fois et ce site en témoigne dans ses archives. Je ne souhaite qu’une chose: le revoir. la dernière fois c’était à Vayres.
    Garonne? Dordogne? Nous avons le choix semble-t-il pour de telles sensations inoubliables.
    Bonne soirée Frantz.

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