Le Pont de Pierre -1-

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« Un pont n’est vraiment beau que de la beauté de son fleuve, de la splendeur des flots qu’il surplombe.Et pour ce qui est de celle de la Garonne, là, de l’ample galopade des eaux venues des Pyrénées en baignant le Comminges et Toulouse, et le cloître de Moissac, et La Réole, Ste Foix, et La Brède, il faudrait être un implacable épurateur de quintessence, un pharmacien janséniste, pour ne pas goûter cette sauce marine où trempent les aloses et toutes sortes d’anguilles savoureuses venues de la mer des Sargasses. »

Le Pont de Pierre/ JEAN LACOUTURE

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Le Pont De Pierre mit fin à la vie en étrangères des deux rives de la Garonne. Du XIV ème au XIXème siècle, deux barges assuraient le transport de Lormont à Bordeaux Sainte Croix. Napoléon ne pouvant acheminer ses troupes vers  L’Espagne décida de la construction d’un pont. Le projet en fut confié à Claude Deschamps assisté de son gendre Jean Billaudel.

D’abord appelé pont Louis XVIII puis pont d’Aquitaine,puis pont de Gironde  ou pont de Bordeaux, il fut finalement appelé Pont de Pierre.Ce fut le monument du siècle car il n’avait pas d’égal en Europe!

Le pont fut construit selon un concept novateur.

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« Qui sait que le Pont de Pierre est creux?Qu’on s’y promène-prenez garde à vos pieds- au moins aussi bien que dans une grotte préhistorique. Il y a moins de taureaux sur les parois, et plus de fils électriques et de conduites diverses un peu partout.Mais une visite-bien guidée- de l’une ou l’autre des culées ou des piles voûtées et communiquant par des lucarnes, mérite d’inspirer un romancier ou un cinéaste du fantastique… »

Le Pont de Pierre/ JEAN LACOUTURE

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Pour éviter un  poids excessif du tablier de ce pont maçonné, Deschamps le fit creux à partir de structures en pierre de taille, d’un blocage de moellons et d’un parement en briques qui lui donne sa couleur caractéristique.

Le pont, long de 490,88m, fut achevé en 1821. fort de ses 17 arche s(autant que de lettres dans Napoléon Bonaparte). il fut inauguré en 1822. Le quartier de La Bastide, jusque là fortement industriel était enfin relié à Bordeaux après avoir été rattaché à Cenon.

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En 1951,le pont fut élargi et vit la disparition des  octrois et le remplacement du parapet en pierre par un garde-corps.

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Sur chaque pile: une couronne de laurier.

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à suivre:

le Pont de pierre au fil de l’eau, du vent, de la lumière

Le pont de Pierre à l’horizon, l’aimant de pierre sous le ciel bleu

que je reste des heures à contempler.

Rive droite, rive gauche

de l’une à l’autre

La Garonne à nos pieds

Et les candélabres à pique nuages

Comme une jonchée de ciel

jetée à nos yeux jamais repus.

Piles, faces

A saut de piles

A faces de pierre

Bordeaux dans sa majesté

La ville aux deux visages

Rive droite, rive gauche

Va-et-vient L’Histoire

en marche.

Maïté L

 

32 commentaires

  1. Ce pont reste une belle prouesse technique pour l’époque. Vu du ciel il est encore plus majestueux. Rive droite, rive gauche dont le pont est le trait d’union.

    J’aime à voir le Pont de haut lorsque le Tour de France arrive dans ma ville, par exemple.

  2. Jolie photo que celle brandie juste devant le pont (avec la main dans le mouvement).

    Le tramway, comme partout, ressemble de plus en plus à un mini-TGV (dommage qu’il y ait ces grosses boîtes vertes sur la promenade).

    JeanLacouture parlant de « sauce » n’est pas très habile. Le pont en a vu, heureusement, couler d’autres !

  3. Bravo Maïté pour tes photos de toute beauté. Ce pont est splendide et c’est un magnifique chef-d’oeuvre:-) J’admire la lignée des réverbères de chaque côté du pont! Tes clichés de la Garonne et du pont sont très doux. J’aime beaucoup ainsi que ton texte.
    Bisous de bon dimanche 😉

  4. Pont qui relie les âmes séparées….très belles tes photos, la dernière retient spécialement mon attention: superbe écusson-laurier et ce réverbère, oh!
    Jamais visité Bordeaux mais il faut que je traverse ce pont…à pied. Merci Maïté!

  5. @ Sergio

    un trait d’union: l’idée apparut comme intéressante lorsque la rive droite était industrielle, ce qui manquait à la rive gauche. Maintenant, ce qui importe c’est l’élan de La Bastide qui voit se dessiner de nouveaux paysages urbains.

  6. @ Dominique Hasselmann

    Cette photo fait partie du cartonnier de notre guide bordelais préféré: Yves Simone. C’est lui qui nous fit l’historique de l’évolution de La Bastide rendue possible grâce au pont.
    Le tram bordelais a une ligne très esthétique et affiche sur ses rames toutes les villes jumelées avec les villes de la CUB.Il circule sur le Pont de Pierre depuis décembre 2003.
    Les cubes verts ont fait partie d’une installation sur les quais en janvier 2010 intitulée »VERT CARBONE ». Ils rappelaient sur 1 km les tristes ravages de la tempête KLAUS 1m3 de bois capte 1 tonne de CO2 et nos forêts sont encore aujourd’hui souvent à terre. Les cubes Vert Carbone étaient ensuite livrés pour un temps donné à un collectif de 162 artistes créateurs venus s’exprimer et nous livrer leur installation.
    Jean Lacouture fait sans doute référence à ce mélange d’eaux, salées par leur remontée le long de l’estuaire et qui souvent d’une couleur bistre semble boueuses alors qu’il n’en est rien.
    Et nous pensons à la chanson de Nicole Croisille: « Comme, comme la Garonne, qui roule et sonne… »

  7. @ Denise

    Des clichés pris au fil des ans et des saisons même si mon ordi a avalé, sans préavis, ceux que j’estimais les plus beaux. Comme l’océan, le Pont de Pierre ne baigne jamais deux fois dans la même lumière.
    C’est un pont que j’aime à montrer en sachant qu’en passant rive gauche on a la meilleure vue du Port de la lune.
    J’aborde toujours le pont avec une sorte de gourmandise : » Il suffit de passer le pont, c’est tout de suite l’aventure »…
    BOnne semaine pour toi Denise.

  8. @ colo

    si tu m’acceptes, je t’accompagnerai. C’est en effet à pied, en flânant, en donnant un nom à chaque édifice reconnu, en mariant son regard aux flots de la Garonne qu’il faut traverser le pont.
    Comme toi j’admire les réverbères et je raconterai leur dernière histoire dans mon prochain sujet.
    Si tu n’as jamais visité Bordeaux, sache que c’est un rendez-vous sérieux avec l’Histoire à chaque coin de rue qui t’attend.
    Yves Simone la fait aussi visiter en poésie.

  9. La deuxième image est ma préférée, où le ciel et l’eau de la Garonne se confondent avec le Pont de Pierre qui les relie, tout en reliant les deux rives ! Et comme toujours tu sais dire avec talent tes amours ! Si l’occasion un jour m’est donné de visiter Bordeaux, j’aimerais traverser le Pont de Pierre avec toi 🙂

  10. @ Fifi

    n’est-ce pas qu’il est beau ce pont qui se fond dans un paysage barbouillé de temps à la gribouille.Un temps qui hésite entre beau voyage et taquiner les nuages?

    Mon amie Marithé se souviendra d’avoir traversé le Pont de Pierre avec moi et de l’avoir immortalisé ici:

    http://ceriseg1.multiply.com/photos/album/82/82.

    Mais bien d’autres pourraient s’en souvenir aussi qui sont repartis vers leurs lointains pays.
    Ce serait avec plaisir que j’irais avec toi fifi: tu verras, j’ai de bonnes jambes à qui la marche ne fait pas peur et puis j’aime partager ma ville d’adoption.Si l’occasion t’en est donnée…ou si tu fais en sorte de provoquer l’occasion.
    😎

  11. Toujours la même émotion suscitée par cette belle élégance majestueuse de ses lignes et de ses matériaux, par les changements de lumières qui le font tout autre sans cesse tout en restant Lui-Même, à l’assaut de l’autre rive, défiant l’espace …
    J’aime aussi l’alliance du tram futuriste très esthétiquement épuré,
    avec la beauté du fleuve et la gracieuse perspective telle un élan infini,
    avec ce chef-d’œuvre aux si douces couleurs et à la force paradoxalement si légère…
    Ourlé d’une passementerie dentelée bleutée d’où s’élancent des joyaux sources de lumières,
    Il déploie toute son amplitude entre eau, terre, air et ciel !!!
    Toujours la même fascination !!!
    J’aime les ponts, mais celui-ci est particulièrement cher à mon cœur …
    Je ne manquerai pas de retourner l’admirer et d’en refaire des interprétations … un jour ! …

  12. Je suis allée voir ta photo et cette belle collaboration avec Cerise ! Quel beau souvenir de votre traversée !!!
    Ta photo est cadrée un peu différemment de la première affichée ici, les nuances sont plus franches et Marithe l’a interprété de façon lumineuse ! Au plaisir de le traverser ensemble Maïté !
    Merci pour les « Zébrures coin coin » ! Belle soirée à toi !

  13. @ Marithé

    il m’est très agréable de lire ces lignes et de voir ton enthousiasme.Au fond, ceux qui en parlent le mieux sont sans doute ceux qui le découvrent et laissent parler leur cœur.
    J’aime les ponts aussi et nous en avons quelques uns en commun dont je garde le souvenir.
    Merci et bises.

  14. @fifi

    En fait il y a quatre approches du Pont différentes, selon que l’on est côté centre historique, ou bien rive droite côté La Bastide.
    La première photo ici a été prise côté centre historique tandis que le pont peint par Marithé était vu côté La Bastide.

    Les zébrures coin coin ont une répétition car j’écris souvent sans brouillon, sans filet dirons-nous…Mais la photo est si belle avec ses couleurs et ses reflets que j’invite mes visiteurs à aller la contempler.
    Merci et bonne fin de soirée aussi.

  15. Il suffit de passer le pont…
    Evidemment l’environnement est important mais chaque pont à son charme, son histoire.
    Ah si les ponts nous étaient conté (une idée!).
    bisous

  16. je suis fascinée par les ponts, depuis qu’un jour j’ai entendue « je suis un pont entre deux rives, je suis là pour vous accompagner à traverser vos souffrances tout en m’aimant et me respectant »

    Merci à toi !

    vérificateur : noblesse stoutre

  17. Pont aux âmes

    Lent, d’arche en arche, le pont de pierre arpente la Garonne.
    Sereine, au cours de sa pente elle se trouble s’estourbillonne
    Peine à emporter l’importun, s’engironde saumure au jusant,
    Tousse et rebrousse vers sa source. Laisse les reflux suivants
    Sourdre la renverse. Las ce flot serein s’élance vers l’estuaire.

    Sur le pont, de pierre, voitures, hommes fourmis s’affairent,
    Argent temps aveugles à la joute, reflet mourant, cormorans.
    Silhouette, couples d’amoureux, consentent d’être un instant.
    Tablier pontonnier sans source ni estuaire disperse le passant.
    D’innombrables sentes sans pardon, promènent leur vestiaire.

  18. Frantz?

    Ce poème est de vous?
    Il y a de si belles expressions et puis une impression que seuls peuvent ressentir ceux qui fréquentent souvent ce lieu.Ceux qui hantent rive droite et rive gauche avec des souvenirs sur le front ou dans les poches.
    Une connaissance de la langue qui permet de la mettre au plus près du sens du fleuve, de la fondre dans la traversée mémorable.
    Frantz? Quel traverseur de Garonne êtes-vous? êtes-vous le humeur d’embruns, la fourmi solitaire, le promeneur de réverbères, le passant, tout simplement que les flots emportent; la sentinelle du pont?
    Merci…Tout simplement merci.

  19. Ce poème est de vous? Huum….ouui…

    Né dans un pays d’eau, petit compagnon de mon père à la pêche, j’aime l’eau, nager, naviguer un peu, et, évidemment les ponts, symbole s’il en est. En parcourant vos ponts I et II, illustrés avec sensibilité en mots et en images, l’idée d’un thème binaire, mais pas manichéen, ce qui contrarierait le pont, a couru dans ma sauce blanche comme disait Boris Vian. D’abord, le pont, la Garonne et la marée, simple problème de mécanique des fluides, si vous interrogez mon fils -j’exagère-, puis le pont et les chemins des hommes…et des femmes. Alors les mots sont venus tous seuls…

    Qui suis je dans cette histoire? Qui peut dire ce qu’il est… Un peu tout ce que vous dites… mais pas le passant voyant aveugle qui promène son vestiaire. Sentinelle a une connotation trop militaire pour ceux qui ont fait leur service. Témoin, peut être, et nul ne témoigne pour le témoin selon Paul Celan.

    Enfin, qui voudrais je être? la sente du fleuve c’est sa pente. Pour Gide, il faut suivre sa pente pourvu que ce soit en montant. Je préfère Gilles Deuleuze, de mémoire, « ce n’est pas un arbre que tu as dans la tête mais de l’herbe », l’herbe s’étend, se sème toute seule. Aux amis de Georges, elle pousse en liberté. Sauts et gambades… Peut-être plus modestement, reconstituer en relative harmonie le puzzle de sa vie.

    A bientôt.

  20. @ Frantz

    Je ne doutais guère que ce fut de vous. mais je voulais la certitude pour le mettre en bonne place sur ce qui sera mon Pont de Pierre 3, la suite que je préfère sans doute.
    Si vous m’en donnez la permission, bien entendu.
    Passeur de rives plus que sentinelle, passeur de flambeau du sème mots avec toute la connaissance que donne la philosophie, passeur de rêves mis en (a)images, merci.
    Je tarde à poursuivre car en butte aux importuns, il va falloir soumettre les messages à modération.
    à bientôt et bonne journée, Frantz

  21. C’est vrai que je suis passé autrefois, à bicyclette sur le pont, c’était déjà la campagne, et, ayant la chance de n’être pas aveugle, j’y passe tous les jours ou presque en tram ou à pied. Et j’apprécie d’aller faire une ballade rive droite et de boire longuement un café prés du Mégarama.

    Je suis très touché par votre proposition de faire figurer mon texte dans votre prochain « épisode » du pont et je vous en remercie. Je me suis étonné moi-même par la vitesse d’écriture et, en me relisant, par la rupture inattendue du dernier vers, qui traduit la solitude, indéterminée, de la diversité des chemins humains. Je est un autre. C’est d’accord, bien sûr.

    Si ce n’est pas indiscret, qui est ce M. Yves Simone, promeneur de visiteurs de Bordeaux?

    Ne vous formalisez pas de mon silence ce WE. Nous avons reçu vers midi une triste nouvelle, malheureusement devenue inéluctable.

  22. @ Frantz

    Je ne verrai plus la rive droite de la même façon.Aux abords de la gare d’Orléans, je penserai donc à vous et essaierai de vous reconnaître.En ce qui me concerne, un appareil photo à la main, c’est déjà plus facile.
    Merci pour votre accord en ce qui concerne votre beau texte(j’aimerais l’avoir écrit).

    Yves Simone est LE guide emblématique de Bordeaux, que l’on peut aussi apercevoir sur TV7. Un rien cabotin, et il aime ça-c’est lui qui l’a dit à La Bastide- il s’est forgé une personnalité que l’on n’oublie pas. C’est avec ce personnage haut en couleurs que j’ai commencé à re-visiter Bordeaux avant de pousser plus loin mes découvertes. C’est toujours un moment inoubliable.
    Vous pourrez le retrouver en photo sur le blog la Maison des Cinq Sens(dans mes favoris) pour laquelle je prépare un compte-rendu de la visite à La Bastide en sa compagnie .
    Merci Frantz et bon courage.

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