Les quais de PAUILLAC -1-

 Pauillac est située à mi-chemin entre Bordeaux et La Pointe de Grave, au bord de l’estuaire de la Gironde.

Son histoire remonte à la préhistoire,mais les quais nous parlent du  XVIIIe siècle et de l’expansion du vignoble qui a façonné l’image de la ville.  Les façades des hôtels en pierre blonde appartenant aux négociants et aux marins attirent d’emblée notre regard .

Aux XIXe et XXe siècles des industries se sont implantées à Pauillac ( hauts-fourneaux, industries pétrolières…).

Assoiffé d’aventures, malgré l’opposition de sa famille,  Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, part de Pauillac dès 1777 pour l’Amérique, sur une frégate affrétée à ses frais, grâce à une avance sur sa fortune afin d’aller défendre les Insurgents.  Une stèle en bronze érigée sur L’Esplanade  de Pauillac commémore cet évènement.

Dans une lettre à sa sœur, il explique son engagement : «Défenseur de cette liberté que j’idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république si intéressante, je n’y porte que ma franchise et ma bonne volonté, nulle ambition, nul intérêt particulier; en travaillant pour ma gloire, je travaille pour leur bonheur. […] Le bonheur de l’Amérique est intimement lié au bonheur de toute l’humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l’honnêteté, de la tolérance, de l’égalité et d’une tranquille liberté» (Lettre du 7 juin 1777).

Il a 19 ans quand il débarque à Georgetown le 15 juin 1777. Un an plus tôt, les Insurgents, bien qu’en minorité dans les Treize Colonies anglaises d’Amérique du nord, ont proclamé unilatéralement leur indépendance.

Depuis la fin du Moyen-Age les navires qui voulaient gagner Bordeaux avaient recours à d’incontournables marins pauillacais .

 En 1789 il y avait là 200 bateaux de pêcheurs.

Pauillac est connue pour ses grands vins mais aussi pour l’agneau à consommer au printemps.

La prochaine fois je vous emmène au bord de l’estuaire à la tombée de la nuit et puis ensuite vers une île proche.

à bientôt.

Maïté L

 

16 commentaires

  1. L’image de Pauillac gastronomique est plus sympathique que celle industrielle comme elle apparaît dans le cliché numéro 2. De toute apparence les nombreux bateliers du 18e siècle ont été remplacés par les plaisanciers et l’on comprend que ici aussi l’ouverture maritime revêt toute son importance. Après cette halte, j’attend la rencontre à la fin du jour avec l’estuaire de la Gironde.

  2. L’histoire de Pauillac joliment contée par tes images et tes mots, Maïté ! Le Marquis de La Fayette se prénommait donc: Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert Motier. On peut se demander par quel prénom sa mère et son père avaient choisi de l’appeler ? 🙂

  3. en ce temps et dans le milieu de la noblesse….
    Je ferais bien d’aller manger, le ventre creux ne me réussi pas 🙂 Mais promis je ne mangerais pas d’agneau !

  4. Pauillac ! un vignoble qui me fait rêver … un de mes crus préférés du Bordelais, avec le Margaux, son voisin, d’un peu plus au sud!!! Tu reconnaîtras là un de mes péchés mignons, les bons vins ! …
    Grâce à toi, je vais en savoir un peu plus sur bien des autres plans, avec témoignages photos à l’appui !
    Un régal !

  5. Grâce à toi et à tes photos, je découvre un bel endroit pour flâner sur les quais. J’aime le style des maisons.
    Les vins de bordeaux sont réputés pour être très bons et on doit certainement bien manger dans la région.
    Merci Maïté pour ton récit très intéressant. Je me réjouis de la suite 🙂
    Bisous

  6. …. »Grains de sable, et crissent les cris en infrabasses
    « Vous n’êtes rien
    Et nous sommes le pouvoir
    Nous vous briserons les rêves
    Vos vies sont nôtres ! »
    Grains de sable
    Ferrailles acerbes des monstres engendrés
    La tempête est furie
    Et les souffrances hurlent aux quatre points cardinaux
    Ne pas oublier l’étoile dans le grain
    Ne pas oublier…
    Revenir au point-mousse
    En lichen hasardeux sur une peau ouverte
    Et y lire les lignes entre les cils
    Battement de grain sous la pulpe
    Fluctuence des sangs éparpillés
    Revenir à l’essentiel
    Ouvrir ses sens au ciel
    C’est grand l’ciel
    Un grain de sable dans « l’unité centrale »
    Sourire… quand même… »

    ^^^^^^^^^^^^^^^^

    Un poème trouvé sur l’estuaire mais je n’ai pas retrouvé le nom de l’auteur.
    C’est vrai, on les oublie souvent, le sable, le limon, las vases, transportés par
    l’estuaire, pour nous offrir une terre.

  7. @ Sergio

    Oui tu as bien compris: il s’agit de la Centrale nucléaire du Blayais sur la photo n°2.Pas très réjouissant.

    ***

    @ Fifi
    Il manquait un prénom au marquis pour en avoir un pour chaque jour de la semaine.
    Je vois que tu ne manques pas d’humour, Fifi. L’important est tout de même que le marquis ne soit pas tombé à l’eau.
    Je ne mange pas d’agneau non plus; l’appellation est protégée et l’élevage date du XVIII ème.
    Il est un peu tard pour te souhaiter bon appétit alors je te dis: bonne nuit.

    ***

    @ Marithé
    un péché? Je n’en suis pas sûre! Mignon mais oui, lorsqu’on parle œnologie!
    J’ai découvert Pauillac assez récemment, un jour d’hiver d’abord avec toute la luminosité accrochée aux jours de froidure, puis une autre fois au début de l’été avec un ciel mitigé comme je les aime.
    La dernière fois, ce fut pour embarquer…

    ***

    @ Ulysse
    L’hôtel de France et d’Angleterre, je le situe bien, sur les quais, pour avoir assisté à un vernissage dans ses murs.
    Pour le programme de réjouissances à Pauillac, je te fais confiance.

    ***

    @ Denise
    la région est très connue dans le monde entier, pour ses vins, sa gastronomie, ses monuments, son climat, ses plages…Une région très riche historiquement et géographiquement.
    Bisous.

    ***
    @ Frantz

    Merci pour cette illustration bien appropriée.
    Les gens d’estuaire ont une culture bien vivante et certains s’attachent à la faire revivre à travers les mots. J’en ai eu un aperçu cet été.
    J’ai retrouvé l’intégralité du poème et le nom de l’auteur: Christophe Pilard
    Nous sommes plus que jamais entre terre et mer.

  8. Je découvre avec un mélange de plaisir de et sourires l’histoire de Pauillac. Petit sourire à la lecture de la lettre..grand sourire à la vue de tes photos, une belle ambiance gris-bleutée.
    Agneaux ici aussi au printemps…entre terre et mer!
    Belle journée Maïté.

  9. @ Maria-D

    un désir de faire partager la région où j’habite.

    ***

    @ Colo

    Tout est en effet question d’ambiance pour apprécier le lieu qui vient en ce moment sous les feux de l’actualité en pleine crise de l’emploi.
    Des échauffourées sur fond de religion et de travail des vignes sous-payé.

    ***
    @ JEA
    Merci pour ce lien. j’ai vu qu’il y a matière à s’informer, en effet!

  10. Je ne savais pas que Lafayette avait embarqué de chez toi …
    Voyage décisif … Fort de cette incroyable expérience de la naissance d’une démocratie, Lafayette a été, à son retour, l’un des trois négociateurs de l’Edit de 1787 qui a mis fin aux persécutions religieuses dans notre Pays (les deux autres : Malesherbes et le Pasteur Rabaud St Etienne) : ne laissons aucun groupe, aucune « faction », recommencer les persécutions.
    Tes images sont magnifiques. Je reviendrai voir ces quais que je verrai grâce à toi avec de nouveaux yeux.
    Plein de bisous

  11. @ Ulysse

    Il faut dire que la largeur de l’estuaire lui facilite l’entrée.

    ***

    @ Ladyapolline

    Je sais combien l’Histoire te tient à cœur.

    Toute note de ce type vaut pour l’exemple et l’engagement en faveur d’une prise de conscience que rien n’est jamais acquis, à mesure que défilent les générations.
    Ces quais largement ouverts sur le large tiennent leurs promesses soit d’évasion, soit de retour sur le passé, en effet. Ils méritent le détour.
    Plein de bisous aussi.

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