Patiras: » Les chemins de la parole. » Les mains dans les Pioches » – 4-

«  Je suis les liens que je tisse »

Théodore Monot

Sentinelles sur la digue

Drapeaux rouges de la mémoire

Ne le dites à personne :

 Quand le vent vous visite

Quand les étoiles filantes suivent l’arc ou la voûte

Quand la rosée monte ou le chant des grillons

Quand le village de huttes se met à danser

Ou bien à claquer de ses tissus serpents

Ne dites à personne que dedans égale dehors

Que le mauvais temps égale l’haleine de l’estuaire

Que l’île verte égale toutes les gouttes nuages rideaux tirés

Que vous volez la vedette au phare impassible

Trop haut les marches

Trop haut le flot la magie

Trop haut le bouche à oreille.

Tout se joue contre le grain de la terre

Tout se joue dans la rumeur des arbres

Le cahier des histoires au jour le jour

Une histoire pousse l’autre au jour le jour

Les murs tombent au jour le jour.

Va et vient

La parole.

 

©Maïté L

***

« Elle  lui dit:

Il suffit d’une pensée et la colline est fleurie. Ma pensée est une prière. »

Au Matin De La Parole/ Gabriel MWènè Okoundji/ Dialogue d’Ampili et de Pampou

19 commentaires

  1. j’aime beaucoup le clin d’oeil à Théodore Monot grand voyageur humaniste et naturaliste qui est pour moi un personnage culte. J’aime bien aussi la conclusion qui renforce l’introduction dans l’idée que la force positive de l’esprit peut éclairer notre destin : Entre les deux ton évocation de la mémoire suggérée par cette exposition temporaire sur un lieu qui s’y prête à merveille.

  2. Que veux-tu que j’écrive après ce texte? c’est tout simplement (simplement?) superbe, et superbement illustré; oui, il suffit d’une pensée pour illuminer un lieu……

  3. Que tout est beau Maïté. J’y sens une douce atmosphère et quoi de plus important que des liens forts entre amis. Je m’imprègne de tes mots tellement beaux. Belle union aussi représentée par tes photos.

  4. Tipis-mémoires
    Espaces entre les fils
    Pour laisser danser les espoirs…

    Drapeaux et rubans rouges
    Pour que flotte une saine vigilance…
    Rester en alerte…
    Tisser des liens sur les fils de la vie
    Et entre les espaces…

    Tipis-symboles
    Où pourront chanter à tout vent
    De vibrants espoirs…

  5. @ Sergio

    Thédore Monot était un humaniste que j’aimais beaucoup et je reviens régulièrement vers ses écrits.
    La mémoire est présente aussi dans la démarche de Gabriel Okoundji que j’ai eu l’occasion d’écouter dans une conférence en l’honneur d’ Aimé Césaire. La mémoire de ses racines au Congo transparaît dans ses écrits vers lesquels je reviens aussi; le dialogue avec Ampili et Pampou en est une preuve.Nous sommes au carrefour des mémoires, si j’ajoute l’opéra Leena qui se jouait aussi sur l’Île à travers des extraits significatifs.

    ***

    @Anne
    ce sont les lieux, les rencontres et les émotions qui guident les mots mémoire en suivant les élans du cœur.Je ne suis qu’une passante ayant recueilli quelques bribes.

    ***

    @ Denise
    L’atmosphère était douce, en cette fin d’après-midi mais non dénuée de passion, contenue, exprimée, chantée, dite et suggérée: chaque instant comptait.

    ***

    @ Danièle
    tu as fait en sorte de créer de solides liens au bout du monde (être tenue par le bout des haïkus et leur monde c’est quelque chose!). Ici; ce sont les accents du monde qui viennent à nous.

    ***

    @ Jea
    hélas! tant de tentatives de séparations quand l’homme devrait bâtir des ponts.
    et une très belle citation d’Octavio Paz.

    ***

    @ Colo
    ah! le langage des arbres : il faut prendre le temps d’écouter pour se laisser pénétrer par leur message

    ***

    @ Marithé

    Tipis-mémoires…qui ouvrent d’autres horizons de mémoire;
    Espoir…

    ***
    Bonne journée pour tous et un grand merci pour votre participation.

  6. Je n’ai pas le mot exact, je dit donc simplement: joli texte qui provoque,qui construit en nous des pensées positives.
    Que le vent l’emporte et souffle fort au portes closes..

  7. « Je suis les liens que je tisse », finalement, nous ne sommes que cela, aussi les liens que j’ai malmenés, ceux que j’ai tentés de réparer, ceux qui se sont effilochés, les nouveaux tissages au jour le jour…Et quand nous aurons fini de tisser, la tapisserie de nos vies sera la « mémoire » du monde: comme un immense patchwork d’humanité, de joies, de peines, de tendresses quotidiennes…
    Patiras, un moment de bonheur pour toi, cela se sent dans tes images et tes mots, Maïté ! Coup de coeur pour ta première image, les visiteurs, de toutes les couleurs:-) encadrés dans un cercle de verdure

  8. mon commentaire ne s’est pas affiché, il s’est peut être perdu ? Je reviens tout à l’heure Maïté pour voir s’il n’est pas de retour 🙂

  9. @ Maria-D
    tout ce qui nous fait, nous oppresse ou nous rassure; tout à la fois.

    ***

    @ Fifi
    heureusement que tu m’as alertée sur ton premier message qui avait filé, sans me prévenir dans la case « indésirables »…va savoir pourquoi!
    Je trouve ton éclairage sur les liens particulièrement pertinent : la vie, la toile; les liens en étoile: des images très parlantes de vérité.
    Coup de cœur pour moi aussi pour la première photo aussi dont les acteurs sont les chanteurs de la chorale Croq’Notes ayant participé à l’opéra Leena.

    ***

    @ Bonheur du Jour
    bienvenue en ces pages et merci de participer à l’élaboration de ce partage qui m’est cher.
    Bon we pour vous aussi, en espérant que vous n’êtes pas touchés par les inondations du Var.

    ***
    @ Ulysse
    un évènement qui laisse des traces dans les mémoires.

  10. La Vie Théodore

    On s’ennuie tellement,
    On s’ennuie tellement,
    On s’ennuie tellement,
    On s’ennuie tellement,

    Alors la nuit quand je dors,
    Je pars avec Théodore
    Dehors, dehors, dehors, dehors.
    Marcher dans le désert
    Marcher dans les pierres
    Marcher des journées entières,
    Marcher dans le désert
    Dormir dehors,
    Couché sur le sable d’or
    Les satellites et les météores
    Dormir dehors,
    Il faut un minimum
    Une bible, un coeur d’homme
    Un petit gobelet d’aluminium
    Il faut un minimum
    Si loin de la nature ici
    Le coeur durcit
    On est si loin de l’air
    On est si loin du vent
    Si loin du grand désert
    Si loin de l’océan (…)

    Alain Souchon

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *