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Illusion d’été

Étrange

La réalité est là

Au bord du torrent

Sur les pavés chauffés à blanc

La réalité

Qui est

Et qui n’est pas.

Cœur de mélisse

Chant des flots impétueux,

La sente des menthes et des dravasses

  Les odeurs de cabanes huîtrières

Que l’eau vient taquiner.

Le canal clapote

Grand large

L’onde de choc suspend ses rets

Que survolent les papillons

Monologues  de terres

Et d’eaux

De la fleur au plateau

Du torrent au canal…

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ILLUSIONS D’ÉTÉ

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16 octobre 2013

BELLES 09 - Copie

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 Vol-au-vent ,

autour d’une racine, d’une boucle de cheveux où viendrait musarder un rayon mordoré.

Puits des loups, puits des fous.

Miroir sous la pluie.

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Feuilles mortes.

Morte l’embellie

Dévolue au passé,

Révolue -ne pas se retourner-

Révolution

D’éclats en mots bus

A petite gorgée.

Pourquoi n’ai-je pas eu vent

Du vol des oies sauvages

Annonçant la morte saison ?

 

13 octobre 2013

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Ombre et lumière

Rose et blanche

Timide aiguille du soleil

Rasant de l’automne.

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Le tout et l’infime

Particule traquée

Dans ses retranchements

De chair et de sentiments.

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Pluie et bruyère

La vie des abeilles

Leur concert affairé

D’ailes et de parfum d’enfance.

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Récolte d’octobre

Et le froid qui s’insinue

Lumière et ombres

Aux pieds d’éléphants.

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12 octobre 2013

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en préambule à des expressions.

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Une expression. Celle  qui porte au dehors les arpèges des nénuphars, le velours des roses, les soleils des asters, le miel de la bruyère, les feux de l’espoir.

Le choix de dire à mots comptés.

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Terre à terre

Corps à corps.

La fleur au harpon

De la falaise abrupte

Au magma des jours

Loin de l’océan invisible.

La grisaille s’étoile sans merci

Sans rame à son bord.

Riment les couleurs

Obsèdent les odeurs.

Le sous-bois de feuilles mortes

Et le bruit des pas

Pas à pas

Dans les couloirs à l’angle droit.

Rectitude du blanc

Tandis que la rose se noue

Sur la poitrine.

Le ruban flotte au vent

Des mots tendres-glissés entre deux

Des mots de miel-verveine odoriférante

Des mots tapis-au creux du tiroir de la mémoire

Dégustés à l’instant propice

Où le temps aiguille les heures

Goutte à goutte.

Hier la violette pâle –mais elle était là

Les deux pensées

Et la primevère

Ont orienté la flamme

Vers la belle saison

Celle de l’épaule douce

Celle des lèvres fleuries

Celle du vent d’espoir.

 

10 octobre 2013

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« Souvent, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe ».

BALZAC.

Cette citation me fut envoyée par Anne, l’artis-Anne .

Pour moi, cette exposition dans la ville de Bordeaux des sculptures, maquettes, lithographies… de JAUME PLENSA, s’apparente à un voyage estival qui, s’il peut paraître immobile à ceux qui sont épris de paysages lointains, fut l’occasion d’un voyage intérieur. Le but de l’artiste est donc atteint puisqu’il écrivait dans la revue de présentation :

Mes sculptures sollicitent physiquement le spectateur. Ce n’est pas un travail de voyeurisme, il faut pouvoir la partager, marcher autour, passer au travers, la pénétrer. C’est une nécessité. La sculpture est en fait un prétexte pour provoquer un mouvement, intérieur, certes, mais aussi physique.”

JAUME PLENSA

Mais l’artiste était-il conscient que la sollicitation des spectateurs irait jusqu’au vandalisme ? J’ai appris ce matin-même, que la sculpture qui suit ,AINSA II ,a été vandalisée par trois individus, malgré ses 450 kg et qu’elle s’est écrasée au sol. SELF PORTRAIT et AINSA I ont été également vandalisées.

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Fils de pub et fils d’inox, homme de paille et homme de lettres avec un petit air de chevalier en armure venu jusqu’à nous, à coup de lettres et de signes sur le Cours de l’Intendance :voici

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Ainsa II, 2013, en acier inoxydable et pierre, 320 x 225 x 350 cm

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Ainsa est le nom d’un petit village médiéval, perché  près de Huesca dans les Pyrénées aragonaises.

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Un joli petit village avec ses remparts, son clocher, ses ruelles aux maisons de pierre,( son figuier couvert de fruits), sa place et la fraîcheur sous ses arcades.

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L’artiste sélectionne les blocs de pierres dans une carrière de pierre de Huesca servant de socle à ses personnages de transparence. Les photos d’Ainsa ont été prises en 1997 avec un appareil argentique.

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« La pensée ne peut tenir dans l’homme.

C’est pourquoi elle se lance comme un bélier contre le ciel,

Fichée comme un coin entre couleur et couleur,

Cherchant son lieu

Dans le corps du monde.

*

Sa charge de puissance nue

Ravage les bords et le fond,

Comme un courant barbare

Qui dévore son lit.

La pensée est une liberté plus grande que l’homme. »

 ROBERTO JUARROZ (V,36)

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Pour terminer ce parcours, voici quelques œuvres de dentelle,plus éclectiques sous forme de maquettes dans le salon de l’Hôtel de Ville

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ou bien quelques lithographies de la Galerie ARRÊT SUR L’IMAGE mettant au premier plan la musique ; juste pour faire le pendant des « mélomanes » du Jardin Public.

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Place donc à Berlioz, Verdi, ou encore Bartok.

Place à la musique parce qu’elle est aussi et avant tout écriture et langage.

Un dernier petit tour et s’en iront les  sculptures disséminées dans la ville…

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FIN…

 Maïté L

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«L’architecture de nos corps est le palais de nos rêves».

 JAUME PLENSA

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SELF-PORTRAIT: place Camille Jullian

2013, acier inoxydable, 350 x 325 x 325 cm

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L’Homme-Monde agenouillé dans sa sphère, individu parti à la découverte de l’universalité du langage,la diversité des cultures. L’individu inscrit dans un tout, une forêt de signes, dont il ne peut se dissocier .

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Arrive un jour

où la main perçoit les limites de la page

et sent que les ombres des lettres qu’elle écrit

S’échappent du papier.

*

Derrière ces ombres,

elle se met alors à écrire sur les corps dispersés par le

  monde,

sur un bras tendu, sur un verre vide,

sur les restes de quelque chose.

*

Mais vient un autre jour

où la main sent que chaque corps

furtivement et précocement dévore

l’obscur aliment des signes.

*

Le moment est venu pour elle

d’écrire dans l’air,

de se conformer presque à son geste.

Mais l’air aussi est insatiable

et ses limites obliquement étroites.

*

La main décide alors son dernier changement

et se met humblement

à écrire sur elle-même.(V,2)

ROBERTO JUARROZ

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THOUGHTS : Place Fernand Lafargue

2013, acier inoxydable et pierre, 310 x 200 x 270 cm

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« Thoughts est constituée de phrases, de pensées qui s’entrecroisent et se chevauchent sur de grands bandeaux en acier inoxydable.

Elle illustre parfaitement cette recherche de la construction de la pensée dans l’espace, les croisements de langues et de langages plastiques et littéraires chers à l’artiste » /Dossier spécial Bordeaux Délices

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Depuis 1992, l’artiste a été honoré par les titres de Chevalier des Arts et des Lettres du Ministère de la culture en France (1993), et celui de Docteur Honoris Causa de la School of the Art lnstitute of Chicago (2005).

Il expose régulièrement ses oeuvres d’art à la Galerie Lelong à Paris, Galerie Lelong à NewYork et Richard Gray Gallery à Chicago et à New York.

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“Il [le sculpteur] a regagné sa liberté publique, il n’a plus besoin de décorer ni de commémorer, il peut à nouveau parler de sculpture. C’est-à-dire poser de petites questions, inscrire sur le mur très discrètement un petit point d’interrogation : je crois que c’est la véritable fonction de la sculpture d’aujourd’hui.”

JAUME PLENSA

 ***

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******* à suivre  pour un ultime billet…

« Voici venir la nuit.

 

Aux enclumes du soir

frappent les rayons de lune.

 

Voici venir la nuit.

FEDERICO GARCIA LORCA/ Eau dormante, Air final.

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Voici venir la nuit bleue

 

« Bleue est la couleur du regard, du dedans de l’âme et de la pensée, de l’attente, de la rêverie et du sommeil »

JEAN-MICHEL MAULPOIX

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 ***

Ce soir-là les réverbères tâtonnaient tandis que les nuages dans un grand tourbillon de nuit bleue, couleurs non modifiées, donnaient de la voix, donnaient ce rien de velouté qui nous enveloppait sur les pavés.

« Au bout du jour, la nuit me dresse à voir plus clair »aurait dit CLAUDE SERNET à moins que ce ne fut l’impassible penseur qui eût pu le dire.

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Jaume Plensa aurait-il eu en tête ce soir-là le poème Élévation

de CHARLES BAUDELAIRE :

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par-delà le soleil, par-delà les éthers,
Par-delà les confins des sphères étoilées,

 

 

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

 

 

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

 

 

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

 

 

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

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***à suivre, mais avec d’autres sculptures: les dernières?***

 

Avec la complicité involontaire des passants que je remercie.

La porte ouverte à leurs regards, leur admiration, leurs caresses, leur escalade.

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Le penseur croqueur de façade du XVIII ème siècle

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« Il y a une porte ouverte

Et pourtant il faut la forcer.

 

Nous ne savons ce qu’il y a derrière,

Mais de là vient l’appel.

 

Nous pouvons aller ailleurs,

Mais nous venons d’ailleurs.

 

Nous sommes dehors et le savons,

Mais peut-être que tout est dehors.

 

Toujours nous cherchons cette porte

Mais elle devrait être fermée.

 

Ici l’ouvert est infranchissable.

Comment franchir ce qui n’existe pas ?

 

Il faut fermer l’unique porte

Afin peut-être de pouvoir entrer. (VI, 104) »

ROBERTO  JUARROZ

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Dialogue avec les Trois Grâces

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« Le jeu du dedans

Se fait parfois complice

Du jeu du dehors

Et tel ou tel des deux

Utilise les marionnettes de l’autre,

Les masques, le hasard et les pièges de l’autre.

Ainsi les deux jeux se fondent

En un jeu cynique

Où peut aller jusqu’à disparaître le joueur.

 

Serait-ce que pourrait aller jusqu’à disparaître du jeu

Le jeu lui-même (VI,100) »

ROBERTO JUARROZ

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dans les bras du penseur

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*** à suivre***

à  JEA, trop tôt disparu

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J’aurais tant aimé qu’il continue à goûter les sculptures de Jaume Plensa, mais surtout à vivre intensément pour tous les combats de grand humaniste qu’il menait, pour la vie auprès des siens…

Il avait apposé cette citation sur un des volets du sujet  et je lui avais promis de la reprendre très prochainement. Voici le temps venu :

RENÉ CHAR :

« La poche d’un poète comme un carré de ciel, une pincée de terre, contient ce qu’un poète ne sait pas : les mousses et les brumes de sa propre vie. Et des gouttes de soleil et de sang »…

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HOUSE OF KNOWLEDGE :

  • « 2008, acier inoxydable, 800 x 550 x 530 cm
    Place de la Bourse
    Composée d’une multitude de lettres soudées, cette grande forme humaine est comme une invitation permanente au voyage dans l’espace et dans la sculpture elle-même. Encourageant la contemplation silencieuse ainsi que l’exploration physique et sensorielle en invitant le public à entrer et à marcher à l’intérieur, le vide monumental se transforme ici en réceptacle de nos émotions et de nos rêves. »
  • **
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Sapere? Cognoscere?

Méli de pensées, Mélo du monde, depuis l’intérieur de la tête du penseur.

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Toi tu me hantes

Quand tu m’ouvres ta porte

symbolique

Sur la nuit, sur le jour, sur le ciel.

De lettre en lettre, tu files le néant

Le déclines  en clair, en obscur.

**

Toi, l’immobile quêteur de temps

Qui passe,

Le tourbillon autour de toi

Te laisse, ausculté par des curieux

 Aux caresses de doigts voyageurs.

**

Toi qui cueilles le vent en entre-deux,

La vie en quelque sorte

Du dehors au-dedans

 Toi, qui fais grotte qui fais clan

Tu me hantes.

***

Toi la créature de l’artiste

La maison ouverte aux passants

**

Toi tout  l’été pelotonné

Sur les rives de l’ailleurs.

**

Toi que l’on escalade

Dans le vertige du sa-voir

Tête en mouvement

House ok knowledge

Frôlant la folie

 des étoiles

Qui une à une s’allument

Comme  les réverbères.

**

 « Les rois ne touchent pas aux portes » écrit Francis Ponge

« Ils ne connaissent pas ce bonheur ».

 J’ai frôlé ton invisible absence

Tes invisibles frontières.

Regard  parti à l’assaut

dans la cheminée de ton cerveau.

**

Transparence

sur ta peau de dentelle

Sorti de la prison :

A livre ouvert ! tu es LIBRE !

**

Une porte ouverte sur le rien

Mais le rien devient un tout,

Un creux où la pierre essaime

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Le ciel essaime

La ville essaime.

Au pays de l’homme monde qui laisse entrer et sortir le monde.

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**à suivre** sur le même sujet…

«   En tant que sculpteur je travaille essentiellement dans le domaine des idées et non pas avec la matière ou les formes, même si chaque idée exige bien évidemment une matière et une forme mais là n’est pas ma préoccupation principale. »

JAUME PLENSA

*

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Esplanade Edmond Géraud 
The Poets, 2012 (Body Soul, Country,Water fire), résine et acier inoxydable, 800 x 152 x 31 cm

Nous sommes loin des bronzes  de  RODIN, de son «  Penseur «

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Penseur

ou de sa sculpture « Méditation avec bras »

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 « Les Poètes apparaissent comme une suite poétique de » La Llarga Nit », en référence au poème du poète catalan Vicent Andrés Estellés. »

http://www.mallorcaweb.com/magteatre/estelles/1956-71.html

Colo pourra peut-être nous en dire plus sur le poète catalan et le contenu du poème « la Llarga Nit ».

Son blog :

http://espacesinstants.blogspot.fr/

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« (The Poets) Ils se présentent comme des figures de lumière assis sur des mâts, les yeux fermés et isolés dans une position accroupie méditative. Chacun effectue un geste distinct avec ses mains : Body Soul cache ses oreilles, Country, ses yeux, et Water Fire, sa bouche. Ils sont la métaphore de l’énergie interne de la pensée humaine. » (Présentation de l’exposition dans la revue Bordeaux Délices)

 Le symbole des trois singes revisité:

« Les trois petits singes ont été introduits par un moine Bouddhiste de la secte Tendai vers le 7ème siècle. A l’origine, ils étaient associés à la divinité Vadjra.
Mizaru (l’aveugle), Kukazaru (le sourd) et Iwazaru (le muet) exprime le message de sagesse suivant :
Je ne vois pas le mal

Je n’entends pas le mal

Je ne dis pas le mal »

ce que je traduirais volontiers par:

* je cherche à voir ce qui est positif

* J’entends d’une oreille sélective

* Je ne dis que l’essentiel

 

« Selon ce principe et si l’on respecte ces trois conditions, le mal nous épargnera. Ce fut également la devise de Gandhi qui avait toujours avec lui une petite sculpture des trois petits singes »

 Petit clin d’œil :

En visitant le blog de Fifi, cette photo ne pouvait que me faire penser  au symbole des trois singes :

http://aufilafil.blogspot.fr/2013/09/en-famille.html

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 Il suffit ensuite de passer le Pont de pierre, d’attendre la nuit,

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pour arriver, rive droite au pied des trois sculptures, figures à la lumière changeante su plus bel effet.

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  Leur position  me fait penser aux Stylites, en haut de leurs perches qui dans la solitude se tenaient loin des turpitudes humaines  du sol et plus près des dieux.

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Ici, point de prière pour se sauver ou sauver l’humanité mais la solitude et le silence. La vision sera toute différente de jour.

*

« La poésie est une solitude,  et nous sommes des moines qui échangeons des silences ».

                       JEAN COCTEAU

*

Mais aussi :

« Il n’est pas de poésie sans silence ni solitude. Mais la poésie est  sans doute aussi la façon la plus pure d’aller au-delà du silence et de la solitude. Elle ressemble en cela à la prière, pour celui qui peut encore prier. Pour le poète, la poésie occupe le lieu de la prière ; elle la remplace et, en même temps, la confirme ».

                         ROBERTO JUARROZ

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La présence voulue de ces trois personnages rive droite, faisant face à l’effervescence de la rive gauche, surplombant le Port de la Lune n’est pas innocente non plus.

On aperçoit de loin les trois poètes aux postures figées, y compris depuis la rive gauche,

l’un « se fait » sourd…

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l’autre aveugle…

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et le dernier muet.

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« Le vrai silence est au bout de mots

Mais les mots justes ne naissent

Qu’au sein du silence »

FRANCOIS CHENG

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On aimerait se hisser sans bruit à leur hauteur pour lire sur leurs yeux, leurs lèvres ou leurs oreilles les messages écrits. Leurs forces s’unissent finalement en un seul personnage dont on suit l’évolution dans la méditation, afin d’arriver à  une maturité de la pensée  ou bien à l’inaccessible étoile.

*

 « L’univers est une catastrophe tranquille, le poète démêle, cherche ce qui respire sous les décombres et le ramène à la surface de la vie ».

                         SAINT-POL  ROUX

 

Plus que jamais vrai dans notre monde actuel, dans les jours sombres que nous vivons ; il est nécessaire de prendre du recul, de fuir l’excitation médiatique, de sentir le poids de la réflexion.

THE POETS, dans » la Llarga Nit », « in the Long Night » ne  sont-ils pas  proches, de  HOUSE OF KNOWLEDGE, Place de la Bourse,  aperçue depuis la rive droite:

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Ce sera notre prochaine étape.

***

« La poésie c’est une sculpture du silence »

GUILLEVIC