Dans le sable blond de la Dune du Pilat- 1_

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Assise là

au sommet de la Dune, dune venant après la Dune, venant après

les creux et les faux plats, pas à pas d’un premier matin du monde,

Toutes voiles de coton dressées, comme un bateau de terre,  un bateau fragile

Je jette mes maux au vent, je lance mes pensées à l’océan.

Seule, dans ce matin au soleil hésitant, livrée à l’envolée de grains cinglants

Je deviens calice, je deviens matrice de silence et d’infini.

En contrebas, les voiles blanches effleurent le tableau du rêve, tandis qu’au loin,

très loin, les bateaux que j’aperçois, glissent dans un écrin de  distance

échangent leurs traînées d’écume rectilignes, sur des chemins d’eau tracés au cordeau.

Parfois les humains vont par deux, sans oser l’abrupte pente menant à la plage, parfois,

ils s’assoient savourant l’émotion du grand bleu d’outremer à turquoise

venant mourir de tendre écume aux abords des langues de terre du Banc d’Arguin.

Parfois, ils s’élancent dans la fougue de la jeunesse et finiront sur la grève

Que j’imagine, dont l’odeur me ravit, mais que je ne vois pas. Ce sont aussi

Les pas d’un enfant : il reprend son souffle, dans ce sable qui avale ses petits pieds.

Et toujours le vent sur les crêtes : il cingle, étreint, donne le vertige, sème le doute

Et décourage ceux qui ne se donnent pas à La dune du Pilat, cette grande fille à la merci

de ciels, qui au fil des tempêtes, la livrent en pâture aux caprices des éléments.

A chacun sa Dune : faite d’impatience, à peine cueillie en une fois, du  seul  regard

quand, pour le contemplatif, au contraire,  elle se drape de pans changeants ;

elle rôde alors, nous entoure, nous parcourt en entier : c’est l’oubli providence

qui nous fait entrer en communion, arrêtant la montre aux portes du désert retrouvé.

Dune vertige, Dune en escaliers, Dune en arbre mort qui ne cède pas d’un pouce

Dune  sans cesse recommencée, Dune des millénaires, Dune phare,

Dune liberté des ailes retrouvées, Dune victoire Octobre rose.

Comme un défi, un jalon dans la reconquête du présent et du mouvement

Une offrande claire aux jours qui s’en viennent. Une longue aspiration blonde,

 La Vie majuscule.

Maïté Ladrat/ 16 septembre 2014

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18 commentaires

  1. Oh flûte, j’ai écrit un long commentaire et quand on ne le renseigne pas, il disparaît …dans les sables du virtuel………………..Pardon! Pourtant, j’ai tant aimé ce texte aussi grandiose que la dune elle-même………..

  2. Quel magnifique texte ma chère Maïté et cette dune est merveilleuse. Cela doit être une grande joie de la gravir. Je pense bien à toi.
    Douce après-midi avec mes amitiés bien chaleureuses.
    Gros bisous

  3. Une page merveilleuse en images et avec tes mots, Maïté !
    Ce n’est pas rien que de gravir cette dune et l’émotion est au rendez-vous, tu nous la partage si finement.
    Je t’embrasse très fort !

  4. @ Denise

    la Dune a beau ne pas être éloignée (une heure à peine), je ne l’ai pas vue souvent; chaque fois c’est un réel plaisir. Cette fois-ci le temps couvert était avec moi, malgré le vent. Par temps ensoleillé, j’aurais dû renoncer.
    En fait nous étions là pour la faire découvrir à notre ami suisse venu passer quelques jours en notre compagnie.
    Un vrai bonheur.
    Je t’embrasse, Denise.

  5. @ Fifi

    oui, c’est vrai, l’émotion était au rendez-vous à plusieurs titres.
    La nuit d’avant, je n’étais plus si sûre d’arriver non pas à la grimper dans sa première partie grâce à l’escalier, mais à progresser ensuite vers l’océan à travers le sable des autres montées. J’ai atteint mon objectif.
    Je t’embrasse aussi très fort, d’autant plus que je ne suis pas très présente… Je publie chaque fois qu’une amie australienne me houspille et me fait remarquer que je n’ai rien mis depuis longtemps! En fait je profite du beau temps, moi qui ai été si empêchée de sortir les mois d’avant.

  6. @ Apolline

    merci de ta visite. Je pense à toi et t’espère en bonne forme.

    En fait je ne reste jamais très longtemps devant l’ordi… car j’ai besoin de bouger.
    Alors …tout se passe dans ma tête et je publie très peu.
    Je t’embrasse.

  7. Je viens de lire ta réponse à Émilien et j’en suis heureuse !!!
    Merci pour mon papillon, Maïté !
    Profite du temps favorable pour bouger et savourer l’automne 🙂
    Je t’embrasse très fort !

  8. Plaisir de découvrir tes mots et la dune magique.
    Immense plaisir aussi de voir que tu as récupéré des forces…sans doute le vent, le large y sont-ils pour quelque chose…
    Je t’embrasse fort

  9. @ Colo

    l’océan souvent rêvé et l’océan parfois vécu m’ont toujours donné des ailes.
    Puiiset_il en être de même pour toi.
    Je t’embrasse fort aussi et te souhaite un bon we.

  10. Tu me fais rêver avec cette Dune du Pilat. Je ne l’ai jamais vue et j’aimerais beaucoup la découvrir un jour (hors saison pour qu’il n’y ait pas trop de monde !). Elle est vraiment magnifique, majestueuse et trône comme une reine. Merci de ce partage. Bises.

  11. @ Martine

    je te conseille aussi de la découvrir hors saison. Tu ne seras pas déçue. Elle se trouve sur le chemin du littoral qui mène jusqu’à l’extrême sud.
    Bises et merci de ta visite.

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