La Dune du Pilat: Face-à face: la Grande Montagne et l’océan–2–

Avec quelques photos, je m’en remets aux écrits des uns et des autres qui tombèrent amoureux de la Dune et de l’océan pour un jour ou une vie.

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dune du Pilat vue du Cap-Ferret

La Dune du Pilat vue depuis le Cap Ferret

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« L’océan au pied, en face et à l’infini »

YVES SIMON

« Le prochain amour »Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2,éditions Pimientos

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Située à l’entrée du Bassin d’Arcachon, face au banc d’Arguin et au Cap-ferret, « La Grande Montagne »est un désert formé par l’accumulation de sable due aux vents et aux courant marins.

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au loin le Cap Ferret vu depuis la dune du Pilat

Au loin, juste en face, la pointe du Cap Ferret

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60 millions de mètres cubes de sable  passés à travers le sablier du temps,se dressent entre la station balnéaire du Pyla-sur-mer créée au début du XX ème siècle et la forêt de la Teste-de Buch sur 3800 ha.

La plus haute dune d’Europe est soumise aux éléments; instable, en perpétuel mouvement, elle  ne cesse de reculer de plusieurs mètres carrés chaque année.

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La montée vers le sommet ne se situe plus à l’endroit où je l’ai connue dans ma jeunesse. Elle se faisait plus près du village du Pyla-sur-mer où les premières maisons semblent devoir être englouties par le sable.

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Le Pyla-sur-mer

Le Pyla-sur-mer vue depuis la Dune

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La Dune s’étend sur 3 km et culmine à 110 m. Ce site classé depuis 1943 est un site très visité et donc à protéger de toute urgence;il est géré depuis 2007 par un Syndicat mixte de la Grande Dune du Pilat formé par le Conseil Régional, le Conseil Général et la commune de la Teste-de-Buch.

 http://www.ladunedupilat.com/monument-exception/

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« Nulle part en France, les grands éléments naturels-juxtaposés sommairement, étalés sans limites-ne se présentent comme ici en grandes masses simples et homogènes, d’une pureté qu’on dirait native, comme au long d’une mangrove d’Afrique ou d’une grève de Papouasie : pas un golfe, pas un rocher, pas une embouchure, pas une île, pas un phare, pas un champ, une saline ou une pêcherie, mais simplement la forêt, la plage, la mer. Un soir de septembre, alors que le soleil allait se coucher dans un ciel très pur, à peine arrivés au Pyla avec B., nous escaladâmes la grande dune, à cette heure-là et dans la saison avancée déjà absolument déserte. Il soufflait de la mer avec le soir un vent merveilleusement froid et revigorant. De la crête, arrondie comme un ballon vosgien, de la montagne de sable si pure et si blanche, on ne dominait à perte de vue, à droite, que l’océan bleu, à gauche, que l’océan vert. La dune, sous la grande brise de mer levée avec le soir, fumait comme un erg saharien et semblait arracher d’elle une à une, ainsi que des voiles translucides, les très fines pellicules de sable que le vent faisait glisser sans trêve sur elle, comme dans un vertige de nudité. Devant moi, je vis B. se déchausser et se mettre à courir, à courir à perdre haleine au long de la crête, les cheveux défaits, une aigrette de sable ailant dans le vent enragé chacune de ses chevilles, saisie par je ne sais quelle ivresse de l’étendue et de la virginité. »

JULIEN GRACQ
Lettrines 2

Texte recueilli par Jean-Claude Garnung
« Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2, éditions Pimientos.

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Le banc d’Arguin

Le ,banc d'Arguin

15 commentaires

  1. Bonjour chère Maïté, j’aime tes photos et je les dévore des yeux. Cette dune est merveilleuse et la vue à couper le souffle sur la première photo.
    Merci pour tes mots et pour ceux de Julien Gracq.
    Merci aussi pour ce deuxième billet sur les dunes. C’est magique.
    Gros bisous

  2. Bonjour Maïté, j’aime la dune et j’adore surtout la 1° photo, superbe. Enfin,j’aime Julien Gracq (que mon oncle a bien connu!) j’ai dévoré le rivage des scyrtes,pas les Lettrines, mais ce texte m’en donne l’envie………….si tu l’as lu, peux-tu me dire de quoi il parle exactement dans cet ouvrage?
    Je t’embrasse!

  3. Je ne connais pas cet endroit, et souvent je me dis qu’il faudrait que j’aille y faire une excursion … souvent je me le dis… et …

    merci chère Maïté pour vos pensées

  4. Une dune, énorme, qui marche, se déplace…de mini humains l’imitent, la colonisent délicatement.
    Quelle merveille cet espace! L’océan. le sable et nous au vent.
    Merci chère Maïté, un beso!

  5. @ Denise
    merci d’apprécier ce petit coin de paradis et les extraits d’écrits que j’ai choisis.
    Je t’embrasse et je souhaite aussi toujours me régaler avec les environs du Lac Léman.

  6. @ Anne

    C’est notre petit « Everest » à nous à découvrir sous toutes les lumières.
    Je ne connais pas les écrits de Julien Gracq sauf à lire des extraits ici ou là et surtout j’ai voulu mettre en avant cette superbe collection de livres « Je vous écris de Bordeaux, du Bassin d’Arcachon…) qui permet d’appréhender les lieux que nous aimons à partir des extraits d’écrivains ayant voyagé chez nous et écrit à travers les siècles. Ils disent tellement mieux ce que nous avons peine parfois à exprimer.
    Ton message était en attente de modération, tâche dont je me charge bien volontiers.
    Merci Anne.

  7. @ Colo

    Tu as très bien résumé la situation.
    J’adore fouler notre sable fin mais lorsqu’il se met à faire de gros tas de cordons dunaires, c’est une autre histoire!C’est un peu notre spécificité sur cette côte atlantique de Gascogne.
    besos, amiga.

  8. Joli mélange duno-épistolaire….j’ai aussi grimpé la dune autrefois quand il n’y avait pas d’escalier , quel bonheur de découvrir au sommet les eaux bleues et turquoises autour ddu banc d’Arguant

  9. @ Ulysse

    tu as bien résumé le plaisir que nous avons à grimper encore et encore sur la dune pour profiter du spectacle.Le bonheur des vues en contrebas.

  10. Je ne connaissais pas l’existence de la Dune du Pilat. Mais grâce à toi et tes merveilleuses photos c’est fait.
    Mais bien-sûr, rien ne vaut de pouvoir fouler soi même cette montagne blanche avec le ciel bleu comme horizon.
    Et le texte de Julien Gracq accompagne tes images en beauté !
    Coup de coeur particulier pour ta première image !
    Je t’embrasse Maïté !

  11. @ Fifi

    merci d’être passée. Peut-être est-ce ton retour? J’irai voir.
    Cette première photo date de 2004. La Dune du Pilat s’approche, se saisit sous divers angles au fil du temps. Ce jour-là était particulier, voire exceptionnel quant à sa luminosité. Ce jour-là aussi j’ai vu la mer caracoler au-dessus de la mer comme un cheval au galop.Je n’ai jamais revu ce phénomène depuis.
    Je t’embrasse aussi, Fifi.

  12. Douceur des sables rosés,
    Force des verts aux senteurs de résine,
    Mouvements des bleus nacrés,
    Des turquoises, violets, gris variés, blancs…
    Lumières et transparences…
    Liberté des ciels si vivants !
    Simplicité et complexité qui se combinent si magnifiquement!
    Un souffle ……………. La Vie………..

  13. @ Cerisemarithé
    tous les sens en éveil. Je reconnais dans ton commentaire la sensibilité de peintre.
    Merci pour la vie qui s’exprime encore et toujours.

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