Eux aussi: Vivre ensemble.

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Ces deux-là, on ne les voyait jamais ensemble ou alors juste parce que Lui(à gauche) jouait à importuner l’Elle qui traversait la cour d’un pas nonchalant.

Par quel miracle les voilà partageant le même espace?

Eux aussi ont été touchés par la grâce?

Ou comment vivre ensemble…

♥♥♥

Plus sérieusement, je partage avec vous cette relecture:

Contre-Chant

 

Où en es-tu, Vie ?

Où en sommes-nous ?

 

Plaine d’encre. Supplices. Hécatombes.

Nasses du malheur. Phénix de la haine.

Beaux visages racornis.

Un temps pour chacun,

Et puis le gong final !

 

Si je te mesure à tes ombres,

La grêle des preuves te condamne.

 

Toi, dans la lagune aux couleuvres.

Toi, nid de mort.

Toi, pourrie par les racines.

Je te couvre du linceul de nos mains.

 

Pourtant, de toutes nos voix

Je te crie :             Bienvenue !

Bienvenue aux fenêtres

Qui criblent la muraille,

A l’âme sans séjour,

A nos corps continués,

Aux terrasses de demain où l’on veille,

A tes lopins d’infini où l’on croit.

 

Toi, plus vive que les ronces,

Bienvenue !

Toi, gravée d’espace

Et de cette terre des terres.

Toi, arquée au-dessus des nuits.

 

Vie, où en es-tu ?

 

Où nous en sommes.

ANDREE CHEDID/ CONTRE-CHANT 1968

27 commentaires

  1. Belle voix grave d’Andrée Chedid – et toujours ce mot « bienvenue » à la vie et à l’autre ! Bonne soirée, Maïté, ce sont tes chats ?

  2. Malgré les strophes « sombres » et terribles de la vie, un chant d’espérance et de « bienvenue » à la vie !
    Magnifique poème ! Un bonheur pour moi de le découvrir.
    Merci Maïté !

    Les animaux sont souvent des modèles pour nous et se comportent bien mieux que l’humain.

  3. Un sourire retrouvé par Chats interposés…
    Ils se sont observés puis sont arrivés à se comprendre et à partager…
    Que sera la Vie? Que deviendra l’Espoir? et le Monde?
    Une pause bienfaisante dans les énigmatiques regards qui se réservent peut-être le meilleur de la Vie !!!
    Trouver des respirations pour tenter de savoir où nous en sommes pour continuer au mieux le chemin si précieux de la Vie…
    Un sourire…
    Chats paisibles, belle image !

  4. @ Tania

    je lis et relis Andrée Chedid et j’y trouve toujours quelques poèmes à glaner,des thèmes si actuels, surtout dans les moments difficiles.
    Ce ne sont pas mes chats, mais je les vois souvent; ce sont des kattos de la campagne, libres d’aller et venir.Hélas! Pour moi, impossible d’avoir maintenant un animal avec l’évolution du quartier où je vis.

  5. @ Fifi

    Pour Emile Verhaeren, que j’ai mal orthographié sur ton site, si tu peux corriger, ça m’arrangerait.
    *
    Magnifique auteure, qui s’est trop tôt enfoncée dans la nuit de sa mémoire. J’avais l’embarras du choix pour le poème car les thèmes de la vie et celui de l’autre,sont omniprésents, comme le dit fort justement Tania, chez cette dame qui a souffert de ses origines sur des terres en guerre.
    Bonne journée Fifi.
    Pour une fois la pluie a fait place à la gelée…mais aussi au verglas.

  6. @ CeriseMarithé

    on ne peut rester dans le passé. Sont venus le temps de la réflexion et de l’espoir.
    Dans ce poème, les derniers vers m’interpellent:
    « Vie où en es-tu? » Puis un blanc de silence et de réflexion et puis: « Où nous en sommes »
    Pour nous qui sommes persuadés que nous avons tous notre rôle à jouer.
    Une nécessité de sortir du climat pesant et le clin d’œil était trop pertinent même si la qualité de la photo n’est pas optimale: c’était vraiment de l’imprévu à couper le souffle!
    Ah! ces kattos!Chacun avec son caractère: Lui, pacha indépendant,chasseur toutes griffes dehors,ayant perdu un œil,donc devenu très méfiant; Elle, âgée, très câline et recherchant notre présence.

  7. Si regarder dans la même direction quand on est deux… ou plusieurs… alors là… oui… c’est « être ensemble »… mais il y a tant d’illusions d’optique au sein du vivant que l’on parvient le plus souvent à se déconnecter les uns des autres ?…
    Bien à toi… Marie-Christine

  8. @alphathanoromega
    Merci de ta visite.
    Evidemment… évidemment.
    Mais n’est-ce pas à chacun d’entre nous de ne pas loucher ou diverger pour regarder dans la même direction?
    Déjà si toutes les personnes de bonne volonté se mettent à regarder la réalité en face et non de jouer en solo, ni d’écouter le chant des chimères …
    Bonne année, Marie-Christine.Mes vœux t’accompagnent.

  9. @ Apolline

    Merci Apolline. Bisou bien apprécié.
    Bien des choses à ton roi(j’aime bien l’expression) et à sa reine.
    Mille pensées en retour.

  10. Je vivrai si mal sans la poésie et j’ai toujours le même plaisir à lire cette grande poétesse, Andrée Chedid.
    Tes chats ne se sont pas confiés à toi, mais c’est bien une histoire d’amour qui les lie.
    Amitiés.

    Roger

  11. @ Roger Dautais

    Merci Roger d’être passé.
    La poésie m’est également indispensable.

    En ce qui concerne les chats,va savoir… Un certain amour les lie, c’est certain, puisqu’ils sont issus de la même fratrie.Il y a entre eux un lien de petit dernier à vieille sœur.
    En toute amitié, je te souhaite le bon jour, celui qui te permet de pratiquer ton art du vivre passionnément.

  12. « Jeunesse qui t’élances
    Dans le fatras des mondes
    Ne te défais pas à chaque ombre
    Ne te courbe pas sous chaque fardeau
    Que tes larmes irriguent
    plutôt qu’elles ne te rongent
    Garde-toi des mots qui dégradent
    Garde-toi du feu qui pâlit
    Ne laisse pas découdre tes songes
    Ni réduire ton regard
    Jeunesse entends-moi
    Tu ne rêves pas en vain. »

    Un poème d’Andrée Chedid que j’aime beaucoup, une poétesse à relire, certes !

  13. Bonjour chère Maïté, je suis désolée du retard et je viens aussi te remercier de tes mots chez moi. Comme tu le sais, j’apprécie beaucoup.

    Les mots d’Andrée Chedid sont très beaux et ses poèmes me touchent toujours.

    Ces deux chats sont trop mignons et il est vrai que les animaux nous en apprennent.

    Que ton week-end soit très agréable 🙂

    Gros bisous et mes douces pensées.

  14. Merci Maïté pour ton magnifique poème !
    Le ciel n’était pas ce matin celui des belles lueurs orangées mais de neige et de froid humide.
    Un câlin à tes deux comparses
    et un gros bisou de bonne soirée pour toi !!!

  15. @ Danièle

    apparemment oui, puisqu’il faut s’y prendre très tôt et que le vivre ensemble n’est pas résolu à l’âge adulte… du moins chez les humains:mais heureusement il y a chez eux comme chez nous de beaux exemples qui viennent contredire ce fait.
    Merci Danièle d’être venue. Bon dimanche à toi.

  16. @ Tania
    merci pour ta contribution au sujet avec ce poème d’Andrée Chedid dont je découvre toujours de nouveaux écrits.Nous sommes au cœur du problème avec l’espoir déçu de nos jeunes.
    Une amie d’Australie m’a aussi envoyé ce poème d’Andrée Chedid, dévoilant un autre aspect de sa pensée, que je partage ici:en en pensant à ce même » Dieu » pour lequel les croyants de tous bords(ou presque) se déchirent à moins qu’il ne devienne pour certains au fil de temps immémoriaux un prétexte pour asseoir un pouvoir.

    Aux enfants innocents

    Seigneur, prends pitié de ces enfants

    dont les yeux n’ont plus rien d’innocent,

    à force de rencontrer des hommes armés

    et de voir le sang.

    Seigneur, prends pitié de leur faiblesse.

    Leur âge est fait pour les jeux

    et les grands moments de tendresse,

    non pour la violence et pour le feu.

    Prends pitié de nous, Seigneur,

    qui leur donnons cette terre déchirée,

    et qui minons la vie même que nous leur préparons !

    Nous aurons besoin de leur pardon.

    Seigneur, prends pitié de nous

    qui formons à notre école les hommes de demain.

    Donne-nous la force d’oublier les discordes,

    les différences d’opinion, de race et de religion,

    afin que nos enfants puissent croire

    à la paix du sourire,

    à l’amour de Dieu

    et à la fraternité entre les hommes.

    Seigneur, prends pitié de nous.

  17. @ Denise

    merci chère Denise. c’est toujours un plaisir de te rendre visite ou de recevoir la tienne ici.Un plaisir de sentir ta gentillesse et ton intérêt aussi. Je sais combien tu apprécies la poésie puisque tu es une source inépuisable de textes à partager.
    Bon dimanche, Denise.
    Nous aurons peut-être la visite de la neige, mardi…
    Je t’embrasse fort.

  18. @ Fifi

    toujours un plaisir pour moi d’apprécier tes belles photos et de cueillir au vol les mots qui me viennent à leur propos.Une écriture spontanée venue du cœur.
    Bon dimanche sous la neige sans doute.
    Il en tombe beaucoup dans les Pyrénées et nous devrions avoir des flocons mardi aux dernières nouvelles.
    Affaire à suivre.
    J’ai transmis ton câlin à « mes  » deux gredins qui cette fois se prélassaient chacun sur un fauteuil, prenant leurs aises en l’absence de leur Deux-Pattes.
    Je t’embrasse fort.

  19. Ah, vivre ensemble, ronronner tranquillement comme ces chats!
    Merci pour ce magnifique poème de vie. Oui.
    Je t’embrasse fort …fort car je retrouve peu à peu des forces.

  20. @ Colo

    Je suis ravie d’avoir de tes nouvelles.
    Chouchoute-toi et laisse-toi porter. Laisse le temps à tes forces de revenir.
    Merci d’avoir fait l’effort de passer et bon rétablissement.
    Je t’embrasse fort.

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