Archive for 2017

Notre printemps océanique

dimanche, mars 19th, 2017

Notre printemps océanique

Toc, toc, toc !

C’est le printemps,

Pétales roses et pétales blancs !

Chatons de saule et mimosa

Se sont éclipsés

Au bord des routes,

 Et dans les sous-bois.

Au ras du sol : la primevère

Soit le troisième œil,

Celui qui, de son sourire

Annonce le retour du beau temps.

Dans mon jardin

Narcisses ou pervenches

Et corolles au vent,

Coronilles jaune lumière,

Jacinthes en rang serrés

Et par-ci, par-là

Des arbustes vaporeux

Posés en pointillés

Sur fin d’hiver déshabillé.

Ailleurs, une profusion

De buissons japonais

Et de généreux camélias.

Toc, toc, toc !

C’est le printemps !
pétales roses et pétales blancs

Ô mon ciel bleu

Depuis si longtemps le prunus t’attendait…

Mais tout cela ne dure qu’un instant

Quand souffle le vent

Quand survient la pluie

De pétales roses, de pétales blancs !

Tandis que coucous des bois

Et discret myosotis

S’invitent aux abords

Du blanc buisson de perles,

La mésange regagne son nichoir

Les merles sautillent dans la prairie

Entre les pissenlits aux dents de lion

Et les pâquerettes à profusion.

Le printemps va et vient

Entre chapeau de paille et parapluie

Mais petit à petit la nature s’enhardit

Bientôt la froidure tombera dans l’oubli,

Déjà… je vois poindre les premiers coquelicots :

Le printemps fait son numéro !

♠Maïté L/ printemps 2017♠

DésaCorps, une exposition remarquable de l’EHPAD La Maison de Fontaudin à Pessac

vendredi, février 17th, 2017

DésaCorps

Désaccords entre le corps qui vieillit et la tête qui ne perd pas une miette de son enfance ; Des accords malgré tout parce que le résultat est époustouflant.

et si l’on dansait

Des corps à corps ; des corps à cris ; des corps à vivre, à supporter, à sourire et à rire le plus souvent possible.

duo

Oui, bien sûr parfois la mémoire s’en va laissant des bulles de vide, des blancs, des points d’interrogation, des points de suspension. Silences toujours.

Et puis soudain du mouvement, du projet où dansent les corps, aux mains qui s’affairent, semaine après semaine, mois après mois… PUIS surgit la parole.

en avant la musique

Celle de Yves, Madeleine, Paulette, Reine, Marie-Josée, Félix, Christiane, Edith ; précieuse dans ce qu’elle imagine, ce qu’elle dit et ne dit pas, ce qu’elle cache du naufrage de la vieillesse et celle qui dit le bonheur d’être là, de vivre.

swing

en accord

tous réunis

C’est tout cela que l’on ressent en entrant dans l’exposition DésaCorps à la médiathèque Jacques Ellul de Pessac (Gironde). Tout à coup nous voilà en proie à l’émotion, alors que la musique d’antan nous accompagne. Nous entrons dans l’intimité de ces personnes de L’EHPAD La Maison de Fontaudin, toujours à Pessac ; nous entrons dans le projet de leurs accompagnants qui y ont cru et l’ont mené à son terme.

attentive

Il s’agit là d’un projet de longue haleine où les mains ont pétri, façonné, malaxé, où les acteurs se sont confrontés à la difficulté de la réalisation, celle qui crée un abîme entre le corps vécu, imaginé, représenté en deux dimensions par le biais de la photo avant de parvenir à le traduire en trois dimensions. Mais il y avait aussi le corps à saisir en mouvement au cours du bal festif: difficulté supplémentaire!

au piano

Il y a aussi les « petites souris » qui ont guetté chaque instant et nous donnent à voir l’album de l’avancement du projet, toutes les expressions et la concentration des acteurs.

chaque histoire est singulière

face à face

Justement, ces fameux traits du visage, ces particularités de la silhouette, il fallait les croquer et faire émerger la beauté du geste, la beauté intrinsèque à chacun. Avoir habillé chaque sculpture avec les habits portés par leur double humain nous projette dans une tranche de vie ; le décor soigné, coloré, chaleureux est aussi un témoignage des jeunes années de nos anciens.

D’aucuns ont compris l’importance du regard « Tant que ses yeux ne parlent pas, on ne peut saisir qui elle est ». Ce regard qui nous caractérise, qui n’appartient qu’à nous et nous accompagne jusqu’au dernier jour, laisse entrer la lumière, la joie et restitue au centuple ces précieuses expériences de vie.

Il me reste à saluer aussi bien ceux qui font bouger la vie à l ‘EHPAD avec un projet d’une telle sensibilité et d’une telle ampleur ainsi que les participants.

L’exposition se termine à la médiathèque Jacques Ellul mais elle ira réveiller d’autres consciences ailleurs.

Merci.

Il y eut ceux de passage qui se prirent au jeu du dialogue, du mouvement:

on se connaît?

tu te rappelles le bon vieux temps?

Du lieu à l’âme et vice-versa

jeudi, janvier 26th, 2017

 

« Vers le soir, les eaux du fleuve sont au rendez-vous du couchant. Elles consentent à se muer en nuages flamboyants, selon les lois de la transfiguration. L’univers, immensément là, se montre un instant miraculeusement émouvant ; et quelqu’un perdu là, au sein de l’éternité, un instant l’a vu et s’est ému. Tout cela relève, je le sais, de l’âme. Je me reporte alors à cet instant d’il y a près de quarante ans. »

FRANÇOIS CHENG/ DE L’ÂME / ALBIN MICHEL

François Cheng écrit depuis la Touraine la première lettre à une amie perdue de vue depuis un certain nombre d’années et retrouvée qui vient de l’interpeller au sujet de l’âme.

Voici la réponse de François Cheng : « Votre phrase : « Sur le tard, je me découvre une âme », je crois l’avoir dite à maintes reprises moi-même. Mais je l’avais aussitôt étouffée en moi, de peur de paraître ridicule. Tout au plus, dans quelques- uns de mes textes et poèmes, j’avais osé user de ce vocable désuet, ce qui sûrement vous a autorisée à m’interpeller. Sous votre injonction, je comprends que le temps m’est venu de relever le défi… »

Pour notre plus grand bonheur de lecture et de réflexion.

Un essai de définition de ce grand homme que j’admire.

« L’âme est la marque indélébile de l’unicité de chaque personne humaine »/ TROISIÈME LETTRE

 

 

Nous voici de passage, venus de la terre ferme

A l’heure où le crépuscule s’immisce dans l’inattendu,

Marie la terre et les eaux, aimante notre route.

Mariés aussi par ces trop rares instants précieux

Jaillis, d’entre bleus à l’âme et nuages mouvants

D’orange vanille pétillant à rose poudré fugace

Dans la douceur des secondes où se complaisent

Nos yeux dernièrement trop sollicités par les larmes.

Quelques Vols d’oie en silence. Échapperont-elles

À la sombre et patiente traque des hommes

Aux habits dont la vue me glacerait le sang ?

Au bord du lac paisible, la grâce du désert

S’étend entre les roseaux habillés du noir hiver.

Les nuages s’avancent, happent la fulgurance colorée

Leur signature d’eaux se perd dans leur gueule ouverte.

La plage est immobile, le port s’enfonce dans le noir

Les eaux en silence nous prennent par le cœur

Dans ce lieu magique qui a le pouvoir de panser nos blessures.

Maïté L

Sanguinet/ 21 01 2017

A voix nue / France Culture

 

1/5 L’enfance et l’adolescence

https://www.youtube.com/watch?v=HQwSl8JZv88

 

2/5 Paris et l’apprentissage du français

https://www.youtube.com/watch?v=AuXDtqXhIIA

 

3/5 La méditation

https://www.youtube.com/watch?v=GLjy1boRK8w

 

4/5 La beauté Le mal La mort

https://www.youtube.com/watch?v=MQ7AwJEHaqg

 

5/5 L’amitié l’amour la gastronomie

https://www.youtube.com/watch?v=D1mp1e0tDVM