De ballades en balades, sur les traces de Guillaume IX -4-

Une petite précision s’impose car dans les titres de mes articles précédents, j’avais choisi de jouer avec les mots et de mettre en avant le terme « ballades » grâce auxquelles une partie de la vie d’Aliénor d’Aquitaine et de ses contemporains est mise en lumière dans des textes et ainsi, est parvenue jusqu’à nous.

« Ballade » dont voici la définition : Au Moyen-Âge, il s’agit de poème lyrique d’origine chorégraphique d’abord chanté, puis destiné seulement à la récitation.

Poème de forme libre ou légendaire.

A partir du XIV ème siècle, poème à forme fixe, composé de trois strophes suivi d’un envol d’une demi-strophe. (exemple : La Ballade des pendus de Villon)

Quant à la « Balade », elle a consisté pour moi au cours de toutes ces années bordelaises à partir en balade sur les traces encore visibles de cette période.

Basilique Saint-Seurin1

 

Mais retrouvons Guillaume IX le grand-père d’Aliénor d’Aquitaine de son enfance à son avènement intervenant à sa majorité (15 ans), un mois après la mort de son père, Guillaume VIII mort à la chasse dans la forêt de Chizé.  « Il ne s’agit pas d’une décision extraordinaire car, si c’est une innovation en Aquitaine, c’est une pratique courante dans la tradition germanique où elle est fixée à quatorze ans ».

La cérémonie d’investiture a lieu à Limoges. Elle sera suivie, quelques semaines plus tard d’un service solennel à Saint-Seurin de Bordeaux.

Cet article est donc émaillé de photos de la basilique Saint-Seurin de Bordeaux.

Basilique Saint-Seurin2

Mais comment le jeune Guillaume est-il devenu comte de Poitiers, duc d’Aquitaine ?

Portrait de Guillaume IX :

« C’est un garçon de taille moyenne, bien découplé, mais qui n’a pas la stature robuste de son père. En revanche, il possède des traits fins et une beauté naturelle que certains trouvent trop délicate, en ce siècle où la virilité brutale est la qualité essentielle des hommes de guerre. Mais il ne faut pas se fier à son aspect trop élégant ; Guillaume sait le cas échéant se faire obéir, et comme il se doit, il fait montre de courage au combat, compensant son manque de force brute par son intelligence et sa souplesse. De plus il se dégage de sa personne un charme personnel assez exceptionnel dont il joue avec bonheur. Les chroniqueurs ont évoqué son pouvoir de séduction sur les femmes ; cependant, il convient de ne pas oublier qu’il a su inspirer des fidélités sans faille parmi ses familiers, même dans les périodes les plus difficiles de sa vie. La loyauté envers son seigneur est la première obligation de la société féodale, mais en ce qui concerne Guillaume, l’attachement de sa personne, au-delà du simple devoir, sera toujours le lien de l’amitié. Il n’est pas exclu d’y voir l’influence de ces récits que les jongleurs de passage racontaient aux veillées, récits qui seront, plus tard, à l’origine des chansons de geste.

Guillaume a été un enfant sensible, d’une intelligence précoce, qui, dès qu’il a su lire, a découvert le monde de l’imaginaire dans les livres qu’avait réunis son grand-père Guillaume le Grand, prince cultivé. »

L’éducation du petit Guillaume fut très complète :

« La formation militaire comprend essentiellement trois volets : l’équitation, la chasse et le maniement des armes d’une part: l’enfant est mis en selle vers l’âge de 4 ans et à 8 ans doit être un cavalier accompli : il faut monter à crû, lancer son cheval au galop, le guider avec les genoux pour pouvoir manier les armes, dresser des chevaux…entraînement à la lutte, à la course, au saut, à l’escalade…

Guillaume apprend le latin, l’occitan, il saura se faire comprendre en français, en espagnol, en italien et sans doute at-il des notions d’arabe.

« Il apprend également à écrire en utilisant des tablettes enduites de cire ou des écorces, car le parchemin coûte cher. Enfin il s’initie au calcul par l’emploi de l’abaque… »

« Sans avoir les connaissances d’un clerc, il aura abordé les arts majeurs et en particulier le trivium. Celui-ci comprend la grammaire, la rhétorique et la dialectique… ». Le chant fait partie de l’éducation de base.

Il n’est donc pas étonnant que Guillaume IX, dont la formation s’inscrit dans cette tradition de culture, se soit révélé comme un excellent artiste, poète, ayant développé les traits de sa personnalité qui, au départ auraient pu être un lourd handicap.

dans le chœur, panneaux d’albâtre racontant la vie de saint Martiel et saint Seurin

Le duc d’Aquitaine mourra le 10 février 1126. A cette époque, son fils Guillaume X, père d’Aliénor était déjà marié.

Toutes les citations et les informations sont extraites du livre de Michel Dillange/ GUILLAUME IX D’AQUITAINE le duc troubadour

trône épiscopal du XVéme siècle

sarcophage mérovingien

tombeau de saint Fort

Pour en savoir plus sur la basilique Saint-Seurin dont l’Histoire relatée dès la fin du VIéme siècle, part de la crypte :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Basilique_Saint-Seurin_de_Bordeaux

D’autres balades suivront…

Un grand merci à Maria-D qui m’a permis de connaître les mises en musique des poèmes de Guillaume IX et de les insérer ici.

15 commentaires

  1. Très beau reportage sur la Basilique Saint-Seurin ! J’aime la couleur ocre clair de la pierre que tes images mettent en valeur. Superbe balade pour nous conter les origines d’Aliénor. Je me réjouis de te suivre pour la prochaine balade qui nous rapprochera d’Aliénor.
    Bonne fin de semaine, Maïté ! Je t’embrasse !!

  2. @ Fifi

    Tu as raison, chaque jour qui passe nous rapproche d’Aliénor, un peu comme si je faisais durer le plaisir d’écrire ce sujet qui mûrissait depuis tant d’années.
    Les photos de la basilique Saint-Seurin datent de 2007 et à l’époque , j’étais plus centrée surla légende qui veut que cette basilique soit liée aussi au passage de Roland et de ses compagnons.
    En cette année 2007, des bénévoles nous avaient gentiment proposé de visiter la crypte. Je ne connaissais pas alors l’histoire de cette basilique.
    Bon dimanche, Fifi. Je t’embrasse et merci d’être passée.

  3. @ Maria-D
    Merci pour ta contribution dont je suis très heureuse.
    Tu es géniale! Je ne pense jamais aux ressources de YouTube. Je suis trop dans les livres, pas assez dans la musique. Cette complémentarité écrit/musique nous transporte dans la continuité des troubadours.Mais comment n’y ai-je pas pensé?
    Je regarderai et j’écouterai avec attention « le livre d’Aliénor » auquel je ferai allusion plus tard.
    Bon dimanche. Je t’embrasse.

  4. St- Seurin, oui, ça me rappelle Bordeaux. Ton article est riche, empli de choses et photos précieuses. Il est fouillé et on prend le temps chez toi, si nécessaire au milieu de la course……….Plein d’amitiés à toi!

  5. @ Anne
    prendre le temps de laisser mûrir est un peu ma marque de fabrique. Le sujet peut m’habiter durant des années, il se modifie dans ma tête, alors que l’écriture est rapide.
    Merci et belles balades à la voyageuse.

  6. Je découvre cette basilique romane et la richesse des sculptures. Grâce à ton travail de recherche, je fais aussi un voyage dans le temps pour aller à la rencontre de Guillaume IX grand-père d’Aliénor. Ceci me permet d’avoir une information éclairée sur le destin d’Aliénor.

  7. Un tout grand merci d’abord pour ces photos absolument superbes! Chapiteaux et bas reliefs dont on peu voir tous les détails.
    Tu te balades et pas seulement dans l’histoire, et tu nous fais languir.
    Merci pour tous ces détails si intéressants, je t’embrasse

  8. @ Sergio
    Comme tu as ou le voir, cette basilique a des origines très anciennes et a été modifiée par restauration et ajouts au fil des siècles.
    Tu as raison: mon but est bien de remonter le temps et de comprendre comment le destin d’Aliénor s’est inscrit sur des bases familiales solides. Le Moyen-Age n’est pas seulement ce que l’on a parfois voulu nous faire croire. Idem pour la personnalité d’Aliénor.

  9. @ Colo
    ces photos, tu l’imagines, font partie d’un ensemble bien important mais le but n’était pas d’alourdir le billet mais simplement de mettre l’accent sur un lieu d’Histoire et de donner envie de le découvrir.La basilique Saint-Seurin est vraiment à deux pas de l’hyper centre ville.
    Je reconnais que les billets sont espacés et que rentrer dans le vif du sujet avec Aliénor c’est un peu comme lors d’un voyage: il y a l’excitation de la préparation, le voyage et la page qui se tourne… Mais celle-ci se tournera-t-elle jamais car il y a toujours quelque chose à approfondir.
    Bisessssssssssss

  10. Bonjour chère Maïté, grâce à toi, j’ai appris beaucoup de chose sur les origines d’Aliénor, c’est passionnant. Ton billet est magnifique et j’admire la basilique Saint-Seurin de Bordeaux, sa couleur douce et toutes ces superbes sculptures. Un grand merci.
    Je te souhaite un bel après-midi.
    Gros bisous ♥

  11. @ Denise
    merci d’être venue.
    Je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des édifices anciens sont construits avec la pierre de Gironde de couleur blonde. cette pierre est issue des carrières de L’Entre-Deux-Mers, aussi célèbre que le vin de cette partie de la Gironde.
    Je te souhaite un beau mois de mai, Denise et je t’embrasse.

  12. Tu fais bien de rappeler la distinction entre « ballade » et « balade » à une époque où beaucoup envoient balader l’orthographe.
    Merci pour les gros plans sur les sculptures.

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