Nous n’en pouvons plus des parapluies ! Ils restent à la maison !

A temps humide, son soleil généreux

-Enfin !-

Ses nuages mousseux et son sentier boueux

Aux bulles en bande dessinée

A perte de vue.

-Il a beaucoup plu, vous savez !-

Les ronds d’eau sous nos pieds, les passants en reflets

Et leur zigzag.

La douceur du bleu est toute évanescente.

-Absence du vent

Au bord du Bassin.-

Parfois s’élèvent les cris des oiseaux

Eux font des ronds dans l’air, des glissés

Sur les rides des anciens marais salants

Pêchant de leur long bec, inaccessibles

Pourtant bien présents

Dans le calme, la solitude de leur élément.

Nos pensées entre ciel et eau, entre digues

Et buissons, et la terre qui colle aux semelles.

Suivre du regard le vol de l’oiseau, une mouette

Si je me souviens,

Elle se laisse porter par le courant d’air, elle !

-J’ai failli glisser dans la gadoue !-

Soudain, sur le sentier du retour,

La pluie s’invite et les grêlons…

Ils font d’autres ronds dans l’eau

Sur le sentier du Littoral

Ajoutent des bulles

Aux flaques généreuses.

Les vaches sont grasses. Elles épousent les marais

Impassibles vaches philosophent.

Nous ruminons le retour de la pluie.

Mais pour nous jailliront

L’arc-en-ciel autour de la cabane et des écluses

Toute cette riche palette des nuages

Tout cela vaut bien… une mémorable saucée.

© 04/02/2018

Une fée s’en est allée, fauchée à l’aurore des temps.

*

J’aurai juste croisé pour la première fois dimanche dernier, l’œuvre photographique d’ANN CANTAT-CORSINI à L’INSTITUT CULTUREL BERNARD MAGREZ, à Bordeaux, dans l’ambiance du PAVILLON BOÉTIE qui lui va à merveille. Elle s’y épanouit comme une fée entre réel et rêve dans la pénombre ambiante.

ANN CANTAT-CORSINI donnait une vision du monde, de la nature qui allait aux myopes dont je suis et pour lesquels le flou est une coquetterie de l’âge, mais aussi et surtout aux rêveurs et aux poètes. Brouillard, brumes et légers voiles nimbant les paysages de matins des origines, de soirs entre chien et loup ou de nuits étranges nous prennent par le bout du regard dans une autre dimension, celle de l’impalpable.

D’ailleurs quel bonheur ai-je ressenti lorsque je suis entrée dans le Pavillon Boétie, d’être ainsi accueillie poétiquement, non seulement par le titre m’invitant à « Respire »

 » La poésie plutôt qu’un enseignement, et plus même qu’un ensorcellement, une séduction, est une formes exorcisantes de la pensée. Par son mécanisme de compensation, elle libère l’homme de la mauvaise atmosphère, elle permet à qui étouffait de respirer. »

HENRI MICHAUX/ L’avenir de la poésie.

mais aussi à me ressourcer dans « L’Aurore des temps ». Petits formats regroupés par thèmes de couleurs, d’éléments : nuages, arbres, routes…, grands formats.

« Pourquoi la poésie? Parce que sans elle il n’est pas possible de respirer! Parce que sans elle nous ne vivons pas vraiment. »

Fabrice Midal/ Pourquoi la poésie?

Je ne sais d’où vient la lumière dans ses œuvres et je ne veux pas le savoir. Je peux faire un bout de chemin dans l’imaginaire, assise dans un véhicule à la nuit tombée, en jouant avec les différents éclairages, avec les lampadaires en appoint ou pas, avec ces lueurs occasionnelles. Je ne le sais pas mais n’est-ce pas plutôt parce qu’en Ann Cantat-Corsini brûlait une flamme intérieure qu’elle nous donnait à percevoir, à recevoir presque religieusement, une manière sensible et personnelle, intelligente de voir ce que nous ne savons pas voir, ce qui nous effleure en un souffle, une ambiance si particulière.

Mais hélas, la flamme de vie d’ANN CANTAT-CORSINI s’est éteinte prématurément à l’âge de 47 ans dans la nuit de mardi à mercredi.

Je ne savais RIEN d’elle avant la visite de cette exposition. Tout juste son nom me titillait-il. Je me promettais de me renseigner car elle m’avait prise par le bout de la poésie, elle m’avait envoûtée dans cette ultime manifeste impressionniste.

Était-ce parfois la forêt des Landes ou bien celle de Brocéliande que je croyais voir ? Était-ce un avant ou un après orage ou bien la chanson du vent dans les cimes des pins qui me sont chers ou bien de tout autre arbre s’élevant comme un être vivant à part ? Était-ce ce ruban d’asphalte que je vois défiler lors des retours nocturnes hebdomadaires des Landes, celui qui me fascine aussi et qu’elle a su traduire si bien en mon nom de spectatrice ? Etait-ce ce spectre de couleurs ? Ou bien pourquoi pensais-je à ce premier film du cinéaste turc NURI BILGE CEYLAN et aux premières images de son film « Il était une fois en Anatolie » ?

Que dire ? Que je suis touchée de cette coïncidence d’avoir baigné dans ses lieux de mémoire, ses paysages qui disaient la liberté et qui m’enchantaient.

Oh, bien sûr, depuis j’ai cherché à en savoir davantage et j’ai rencontré son humanité lorsque son regard précis, joint à celui de son mari BRUNO CORSINI  œuvrait pour la mémoire bordelaise dans un court-métrage sur la Cité des Aubiers : un sacré moment d’Histoire locale, loin des clichés à charge.

Son œuvre et moi aurions pu nous rencontrer, lorsqu’elle exposa à la Base sous-marine ou lorsqu’elle reçut le Grand Prix Bernard Magrez en 2016. ( L’image « L’Aurore des temps » a reçu le prix d’Excellence Labottière lors du premier Grand Prix Bernard Magrez lancé en 2016). Cela ne se fit pas.

Mais dimanche, je me suis laissée envelopper d’un voile de poésie et de rêve.

Je n’étais pas venue spécialement pour elle, mais pour CHARLES FOUSSARD, lauréat Street-art du Grand Prix Bernard Magrez 2016 dont j’ai déjà parlé lors de l’exposition Transfert dans l’ancien Virgin, place Gambetta.

Je découvris aussi VALÉRIE BELIN, déjà exposée à Paris mais l’émotion me fut réservée, comme une cerise sur le gâteau par ANN CANTAT-CORSINI. Je compris, dès la prise de billet à l’accueil, en voyant les cartes postales d’ANN que quelque chose allait se jouer dans cette rencontre.

Ici la photographie va au-delà du sujet, au-delà de la Couleur-lumière. L’acuité affinée de la sensibilité traduit la perception en pures vibrations lumineuses.

« La poésie est le plus court chemin d’une sensibilité à une autre » A BEUCLER

Merci ANN CANTAT-CORSINI d’être qui vous avez été.

« Nous méritons toutes nos rencontres. Elles sont accordées à notre destinée ».

François Mauriac

Exposition « Respire » Ann Cantat Corsini | Institut Culturel Bernard Magrez – Bordeaux

 

« C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué..

Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ… »

Antoine de Saint- Exupéry/ Le Petit Prince

Au solstice d’hiver

Les dernières roses du jardin

Pétales soumis à la bruine

Dodelinent les pétales

Et tombent les feuilles.

*

Au solstice d’hiver

Les bienveillantes

Nous accompagnent

De leurs vœux

Vive chaque jour.

Que la nouvelle année soit

Doux velours et soie colorée.

Maïté L

Que l’année 2018 vous soit douce! Je vous souhaite le meilleur.♪♪ ♫♪ ♫

 

2-CHRISTOPHE MIRANDE

« Le travail sur cuivre est au cœur de mes créations;il en est la lumière, le souffle, la vie. »Christophe Mirande

Le prieuré à droite

Dans le prieuré situé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle,à côté duquel se repose d’ailleurs le pèlerin de Danielle Bigata, s’est tissé un dialogue inédit entre deux sensibilités, deux démarches autour de la lumière, du feu. Un dialogue en adéquation avec la sérénité et la beauté du lieu .

de l’ombre jaillit la beauté

Vitraux in situ de Raymond et émaux de Christophe

Un dialogue fait de jeux de lumière et d’ombre, de jeux d’absence et d’appropriation du souvenir et enfin transformation de celui-ci dans le présent et l’avenir de Christophe.

incandescence

spectacle sans cesse renouvelé

au centre

détail1

détail2

détail3

Poétiquement, le fil conducteur parti de l’atelier de Raymond, sans transmission directe de savoir-faire à son fils, a pris du temps pour éclore chez Christophe (né en 1967) : le temps d’une re-naissance, le temps de trouver sa voie faite d’émail sur cuivre, d’ajout de pâte de verre et de transparence, de contraste de zinc et d’ardoise, d’harmonie et de dépouillement dans le monochrome où chaque touche de couleur nous dit l’essentiel.

Raymond1

Je crois me souvenir que Raymond Mirande n’a pas vu l’installation des vitraux dans le prieuré.

dialogue d’œuvres.

ombre et lumières de la terre au ciel

plongée dans le contemporain

l’or vient rehausser l’élégance de l’installation

géographie des possibles, du cœur, de la lumière au bout des yeux.

Christophe se veut plasticien et émailleur. Plasticien jouant de la matière, émailleur d’art contemporain chez qui, le dépouillement, l’apparente simplicité le disputent à la réflexion entre prévisible, visible, caché et fruits du hasard des transformations.

 

détail de l’œuvre précédente

J’ai beaucoup aimé dans l’œuvre de Christophe cette adéquation du lieu et de ses installations. J’ai beaucoup aimé ce silence et cette petite musique du chatoiement soudain d’un reflet, d’un détail qui nous interpelle. Il faut prendre son temps, s’arrêter car la première impression est un choc de beauté qui frappe le cœur, avancer, reculer, contourner, jouer avec la lumière. Le spectateur devient acteur, crée son impression seconde, se lave du monde extérieur, communie dans cette élégance de l’art contemporain. Christophe Mirande aime cette implication du lecteur et il le dit dans le petit film sur son site. Il ne s’impose pas, n’impose pas une approche où tout serait dit d’emblée. Il écoute, dit, il explique, il vient sur nos terres, soutient nos yeux de profane, nous entraîne dans sa chapelle sacrée personnelle, dans son panthéon de possibles. Il faudra revenir, parce que la lumière aura changé, parce qu’un détail nous aura échappé, parce le dialogue passe par les voûtes du prieuré, les vitraux de Raymond Mirande, l’ombre voulue, la lumière travaillée et celle des saisons et des heures. J’ai aimé cette bulle d’apesanteur, j’ai aimé ces clins d’œil à Soulages, à Rothko ou bien à Nicolas de Staël, comme j’aimerai quelques semaines après partir sur les chemins de lumière de Soulages à Rodez ou à Conques.

Évidemment, je suis revenue au prieuré et au nom du fils, j’ai mieux compris le père.

le drakkar rouge aperçu dans un 2ème temps.

 

mon regard à l’œuvre aussi.

 

effets de matière.

 

Par chance, si lors de la première visite, le temps était à la pluie et que les couleurs, la poésie, et les thèmes de Raymond Mirande, en un mot la passion, réchauffaient l’atmosphère, lors de la deuxième visite, le soleil était de la partie. Si ma préférence va au travail de Christophe, cela m’a permis de découvrir avec d’autres yeux l’œuvre du père.

Je vous laisse admirer cette dernière œuvre de Christophe dans ce billet:

Sol béni

détail. Calligraphie? Perles de vie et de lumière? Une œuvre magnétique.

Pour en savoir plus sur Christophe Mirande, une visite s’impose ici, pour prolonger la magie de la découverte.

http://mirande.eu/

Je remercie Christophe Mirande d’avoir si gentiment répondu à mes questions ainsi que tous ceux qui sont à l’origine du si beau livre d’exposition qui m’a bien aidé pour réaliser ce billet.

« Le feu ayant ce pouvoir d’accélérer les métamorphoses, les fusions, l’émailleur et le verrier le vénèrent, lui confient leurs songes : ils ajoutent au feu l’inconnu dont la force et la violence remuent, émeuvent leurs âmes. »

Raymond Mirande/Préface du catalogue d’exposition à Mérignac 1993

 

Alchimie Mirande,

Une exposition,

Deux approches de l’art au travers des œuvres de RAYMOND et CHRISTOPHE MIRANDE.

L’«  Alchimie Mirande » père et fils ne pouvait que s’épanouir dans le cadre de verdure du Musée de Sonneville pour le premier, et dans le prieuré de Cayac, pour un dialogue entre les deux.

1- RAYMOND MIRANDE,

 la poésie  l’habite tout entier, jaillit de son monde, celui qui l’entoure, la nature, les animaux,les masques celui qu’il imagine, celui qui le relie à la mythologie et au sacré,les vitraux, les émaux.

« La poésie voit le soleil de l’invisible. A l’heure où dehors tout semble se savoir, elle nous conduit par mille millions de labyrinthes, au feu qui n’a pas de nom : le mystère, mot debout comme un cerf à l’orée de l’ineffable. »RAYMOND MIRANDE

Il y a quelques années, j’avais aimé la rencontre avec les vitraux de Raymond Mirande (1932-1997) dans l’église proche du port ostréicole à ANDERNOS . Mais cela ne représentait qu’une des facettes de son œuvre.

L’exposition du MUSÉE de SONNEVILLE, à GRADIGNAN,  lui rend hommage 20 ans après sa disparition et nous montre l’étendue de son art avec, bien sûr des vitraux, mais aussi des émaux, des dessins, des esquisses préparatoires et des poèmes. Je retiens d’ailleurs cet univers poétique dans lequel baignait cet artiste trop tôt disparu, à l’aise dans l’art coloré des vitraux aussi bien que dans celui des mots.

« Je vous dis, avec le poète Norge : veuillez croire que ma poésie n’a qu’un sens, c’est trouver le cœur des hommes. »

Raymond Mirande (préface de son recueil poétique l’Apparence et le Feu)

 

J’ai aimé découvrir ses mots, notamment sur le support de la porte vitrée, accompagnant ses œuvres ou bien dans le magnifique livret d’exposition.

Je lui sais gré de s’être exprimé sur la poésie et en poésie, ainsi que sur l’art du vitrail.

Toujours fascinée par les vitraux, cette fois-ci j’ai aimé les approcher, sans me contorsionner, saisir son travail aussi dans les différentes phases d’élaboration.

« Du Soleil au Cœur par le rayon qui perce le vitrail. » Raymond Mirande

 

un vitrail horizontal

détail2

détail3

esquisses et travaux préparatoires

« Toutes voiles dehors, le vitrail parcourt l’insondable poésie de l’univers. »

Raymond Mirande/Texte poétique dédié à son ami l’abbé Max Cloupet.

*

 

Saint François

*

J’ai aimé ses arbres-émaux représentés à chaque saison,

Forêt de sapins sur la mer

« Vieux arbres où dorment 

les légendes montées de la mer

je vous appelle au secours

*

vos fruits incendiés au sein des nuages

tombent dans la mer et flottent

comme des phares

*

les sirènes les éteignent

et votre île à mon rivage

n’offre plus qu’un visage de cendres.

Raymond Mirande

*

masques et portraits

 

reine barbare

les animaux tutélaires

chouette des neiges

Il était aussi à l’aise dans une palette colorée très vive que dans des tons crème, blanc cassé de certains de ses émaux.

morses et masques

et surtout son coffret romantique en hommage à  Tristan et Yseult,

Tristan et Yseult

Tristan et Yseult

son coffret de Noël

étoile de Noël

les clins d’œil à la mythologie avec Orphée

« Orphée au centre assis au bord de la mer, jouant de la lyre. Ses bras entourent la lyre comme un cœur. La musique est au cœur et au centre de tout être vivant. Encore faut-il la libérer de sa prison et faire qu’elle rayonne et gagne les confins de l’univers. Orphée s’en charge. Orphée dont l’image se confond avec celle du Christ sur les peintures des catacombes.l’émail extérieur qui entoure Orphée décrit les innombrables créatures que la musique attire et enchante., Vagues, oiseaux, poissons se pressent autour du poète, pour qu’il leur donne un nom, leur vrai nom mystérieux, invisible à l’œil nu.L’émail signifie encore plus de choses, au-delà du langage. Que l’œil « écoute » la musique de l’image. » Raymond Mirande, 29 mai 1994

La prochaine fois, rendez-vous avec Christophe Mirande, au prieuré de Cayac, Gradignan où se révèle réellement l' »Alchimie Mirande.

 

 

 

 

« A la grâce de l’océan, des étoiles et du vent. »

André Velter (Solitudes)

de sable et d’argent, au loin les vagues

« Une douceur apaisante propice à la rêverie…
Toute une tendresse exprimée dans une lumière quasi irréelle…
L’évasion est au rendez-vous…
L’esprit s’allège dans l’harmonie d’un nuancier irisé…
Les fardeaux régressent en ces instants privilégiés…
Sillons, lignes, effilochées, courbes écumeuses,
Traces délicatement déposées,
Dans les murmures et bruissements
Entre ciel, sable et mer…
Moments de bien-être ô combien précieux ! »

CeriseMarithé

Le Grand Crohot, jeudi 23 novembre 2017

Par une belle journée d’arrière-saison, surtout ne pas résister à l’appel de l’océan : nous marchons sur la plage, presque seuls au monde, dans une atmosphère légèrement brumeuse qui ajoute de la poésie au lieu.

convergence sur la pente menant à l’eau.

Marée basse, quelques vagues au loin, une impression de calme, de sérénité ; peu de personnes, rapidement estompées par le voile de brume.

Jeux de pleins et de vides, frissons de sable, palette brossée à grand coup de pinceaux d’eau.

Mais il ne faut pas s’y fier car sous couvert de calme, nous remarquons des tourbillons formés par les courants contraires.

qui du sable ou de l’eau hésite à regagner la ligne d’écume?

géographie de ruisselets.

pétales de fleurs de sable d’automne, cheveux au vent, mèche rebelle.

Une petite brise très agréable, un soleil voilé et comme la mer s’est retirée assez loin, une plage en creux et monticules et du sable assez dur facilitant la marche.

Points à la ligne, courbes de l’océan au féminin pluriel.

Le ciel est bleu par-dessus la dune où il reste quelques panicauts.

l’oiseau aux ailes déployées

 

La marée, le sable et l’eau font œuvre graphique, tout comme les véhicules qui ont suivi l’estran sur des km ou bien les dessins des semelles des promeneurs, couplées aux traces d’oiseaux.

bécasseaux sanderling?

Et puis il y a ces petits boules de plumes patineuses qui forcent notre admiration par leur vélocité au rythme des vaguelettes : à la pêche d’un œil, à la course toujours gagnée, de l’autre.

land art, art de la mer: c’est cadeau

nuancier du jour, à la grâce de l’océan

Quelques bois flottés mis en valeur : oiseau de bois ou baleine, troncs d’arbre venus de je ne sais où, peut-être d’Espagne.

Nous repartirons en gardant au fond de nous, le plus longtemps possible, le bruit de l’océan alors que la marée commence à vider son seau de vagues avec bruit ; juste avant de plonger sous le couvert de la pinède et regagner la voiture.

baleine échouée

en tutoyant le ciel, habiter une histoire d’ocre et de bleu.

…« Ivres d’embruns, de vent

Nous mordons dans le sable

 

De nos désirs enfouis

Au goût d’algues séchées »

François Cheng ( Le livre du Vide médian).

l’Arena

Cette petite balade nous a conduits quai de la Souys, côté rive droite, quartier des rives de FLOIRAC où nous avons découvert L’ARENA, future salle de spectacle.

plan

Ce bâtiment voisinera dans quelques années avec un nouveau pont reliant FLOIRAC à BORDEAUX et BÈGLES. Son nom est déjà choisi : ce sera le pont SIMONE VEIL, en hommage à cette grande dame qui nous a quittés récemment.

portail d’entrée du chantier

En attendant, le chantier en bord de Garonne, constitue l’envers d’un décor enchanteur.

porte bien son nom.

Il est délimité par 600 m de barrières ; avec la complicité de l’entreprise DUBREUILH, de la Métropole de Bordeaux, de la mairie de Floirac, et le soutien du Ministère de la Culture, une fresque monumentale est née.

Imaginons…

le collectif

L’association ARTELI et les artistes ont mené à bien une mission afin de fédérer les habitants de ce quartier, de la ville, de les impliquer dans ce projet de rénovation urbaine. Les paroles récoltées auprès des habitants, des enfants d’une école et de leurs parents (130 personnes au total) ont été restituées plastiquement par les artistes associés :

MÉLANIE RIBAILLIER, directrice d’ARTELI et plasticienne,

le street artiste JONE,

le sculpteur JEAN FRANÇOIS ANDRÉ

la vedette de la fresque

coucou!

original

Nous avons trouvé là en cette fin d’été, une scène très animée où l’exotisme, l’humain ; le vivant et le rêve apportent leur touche poétique. Un livre à ciel ouvert, comme si artistes, personnages et habitants s’étaient unis pour se donner la main et raconter un futur le plus agréable possible.

La présentation du projet est inclue dans le décor; ici se dessine, se sculpte un paysage urbain entre ciel, terre et eau.

broderie d’or et transparence

 

Les végétaux sont omniprésents parce qu’il est important de leur donner une grande place dans le cadre à vivre. Comme des lianes, ils font lien et sont le fil conducteur des réalisations.

n’est-ce pas?

Des fenêtres mettent en scène l’arrière-plan.

Des sorties de cadre en nous projetant vers le ciel nous font voir le monde ambiant autrement, dans toutes les directions.

vers le pont de pierre

L’envers du décor est-ce le chantier, les abords de la Garonne neutralisés ou bien comme dans ces habits réversibles passons-nous de l’envers à l’endroit avec les belles photos du passé, la construction de l’Arena et du pont, la parole du présent se nourrissant du passé et du futur?

Quel décor voulons-nous pour nous et nos enfants rive droite?

un avenir en bleu?

ou en gris?

ENFIN un avenir émerge pour un lieu en friche ! quartier super, désiré, pluriel, Liaison enfin !

Des lettres et des mots font sens au milieu des animaux, des couleurs, du nom des artistes, du lettrisme toujours.

comme les intervenants, les habitants, les espoirs, les paysages…

Des onomatopées « vraoum » nous rappellent que notre monde est mouvement L’humour est omniprésent. Les expressions joliment illustrées expriment une qualité de vie. J’en ai relevé quelques unes :city zen, zen, cool.

Mais ce qui me paraît très important ce sont ces liens dont le concept de pont s’entoure : complicité, joie, pont, liaison, fleuve, Garonne, échanges, trait d’union, échanges, rive

Merci à ces artistes qui nous enchantent grâce à leur inventivité et à la fraîcheur de leurs réalisations.De plus , je trouve excellente l’idée de rencontrer là un sculpteur.

Merci pour ce trait d’union actuel et celui à venir.

ou

 

ET puis la signature des artistes: sympa!

Merci… Merci…

La fresque est visible jusqu’au 30 juin…2020

Mais où est donc passé le collectif TRANSFERT? Nous l’avons cherché et merci au journal SUD-OUEST qui signalait sa présence ici ou là.

Depuis plusieurs années nous l’attendions chaque été et nous nous régalions de son inventivité, dans des lieux emblématiques comme à Bacalan où dans des lieux voués à la démolition comme l’ancien commissariat de Casteja ou place Gambetta, dans les anciens murs de Virgin.

Cette année TRANSFERT est revenu à ses origines, à la rue, aux murs mais de façon éclatée, non plus sur un lieu unique mais dans plusieurs villes de la Métropole. S’ensuit sans doute une perte de visibilité, en revanche, cela aura peut-être permis de sensibiliser d’autres publics à Bassens ou encore Carbon-Blanc.

Ceux que nous avons choisi de suivre ont pour nom KENDO, ODEG, JONE, ROOBLE, TRAKT, DISKETER, MIOTER, ROPAZE

Pour trouver leurs œuvres, il faut partir du parvis de la gare Saint-Jean,

*

puis, suivre le pont du Guit, admirer au passage la verrière de côté

gare vue de côté

*

et arriver à l’arrière de la gare que nous découvrons, dans le quartier Belcier où nous n’avons jamais l’occasion d’aller.

Là, les artistes ont investi les piles du pont. La présentation des fresques au public s’est perdue dans l’euphorie de l’arrivée de la LGV, début juillet. Sur ces huit fresques, on  voit une évocation de la gare, des trains, des planètes, des visages, des techniques différentes. Pas beaucoup  de recul pour photographier mais TRANSFERT est bien là, même si nous restons un peu sur notre faim par rapport aux années passées.

Un peu plus loin, nous avons rencontré des fresques déjà anciennes sur des maisons qui semblent abandonnées.

Le quartier est en pleine mutation.

quartier Euratlantique en lien avec la LGV

Toujours derrière la gare, rue Terres-de-Bordes, REPAZE et LANDROÏD  nous offrent sur un mur de vieille maison abandonnée elle aussi, un thème inhabituel, une poêle à frire avec son œuf rissolant sur un coin de planète en péril. Un coup de ripolin bleu  pour le fond et le message engagé passe ; le train aussi passe à proximité d’ailleurs ; espérons que les voyageurs jetteront un œil par ici.

Je constate que partout, le bleu domine.

La terre est bleue comme une orange (trop mûre?)

à suivre…