Archive for the ‘océan’ Category

D’Arès à Bordeaux: femmes de légendes

Mardi, septembre 20th, 2011

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 Un jour de tempête et d’orage, un Lutin devint un peu fou : il parlait aux arbres, aux cailloux ; il courait en tous sens. Puis lui vint l’idée d’un piège et il s’empara de

la Demoiselle

qu’il enferma dans la Cabane du Résinier. La Demoiselle trouva bien vite le moyen de se délivrer et grâce au chant des oiseaux elle reprit le chemin de son Royaume. Désormais, la Demoiselle ne se montra plus sous sa vraie apparence. Aujourd’hui, ne reste que la Cabane du Résinier pour s’informer sur les pratiques du gemmage des pins.

La Demoiselle, devenue femme, hante-t-elle toujours les pins  dont François Mauriac disait :

« Mais qu’ils sont calmes aujourd’hui entre le sable et l’azur! Chacun porte sur son écorce une cigale pour l’endormir. A l’horizon, leur foule pressée sur la crête des dunes pâles sépare les eaux et le ciel…. »

A quelques kilomètres des dunes, elle n’a sûrement pas entendu beaucoup de cigales cet été : l’été fut vraiment trop bref et trop arrosé.   Dans son royaume Vert, situé sur la réserve des Prés Salés d’Arès le souvenir de la Demoiselle ne se dévoile qu’en secret, sur quelque bout de parchemin ou dans l’oreille du vent.

Ne reste plus qu’à méditer là où la terre, l’océan et le ciel ne font qu’un, sur les petits chemins de végétation rase où la marée s’insinue à l’approche de la nuit, petits chemins qu’il faut connaître sous peine de se retrouver prisonniers aussi de la marée.

Et puis face au Bassin, au bout des cabanes d’Arès, nourrie d’embruns et de traits de lumière

la Femme Océane

ondule, douce, sensuelle; femme liane, souvenir de la forêt tropicale, montant à l’assaut du ciel, elle fait vague, elle fait corps, elle fait peau.

Niangon

est son nom et son cœur rose bat au rythme des saisons. Au baiser du soleil répond la caresse ; à la caresse, la fluidité des eaux, les doigts et les frissons; aux eaux, la matrice, l’aventure de la coquille ; à la coquille, les pieux, le sel et les pierres ; Les pierres acérées et la laine; les pierres aiguisent leurs dents au gré du vent et rafraîchissent la laine étendue sur l’océan.
Les moutons ont chevauché l’accord des dernières vagues à l’assaut des prés.
Filez écheveaux de laine, parsemés sur la conche. Plus près des cieux, une touche de blanc mousseux sur ciel d’argent.
Et quand la pierre de laine habillera ses échos, tous les chevaux du monde écumeront les mugissements d’avant silence. Au loin les cabanes de chasseurs, le petit pont, les petites et les grandes rivières. La nuit viendra  en demi- teintes où la Femme Océane tentera quelques touches d’or.

 Bordeaux,

ce matin, le hasard de la rencontre. Si près de  l’hôpital, le square où suinte la maladie, la souffrance et soudain,

Femme Euterpa

Pao Rosa

s’élance, entre les arbres. Femme d’air, femme d’eau, même combat de douceur encore. Une si belle rencontre qui vague dans la ville, qui vague dans la ville de la ville, une muse des pavés, dans la compagnie des arbres et des vélos : un hommage aux soignants : ce n’est pas si courant. Une bulle de soie. Les veines apparentes et la main serpente.

Femmes, il vous aime, IL vous love au creux de nos paysages.

   Les lieux: Arès, port ostréicole

Bordeaux:esplanade du CHU

Le sculpteur: PIOS

http://dominique.pios.pagesperso-orange.fr/exposition.htm

 

http://dominique.pios.pagesperso-orange.fr/presentation.htm

Et en toute liberté, sur la base de l’histoire de la Demoiselle lue un jour: Maïté L

 

 

 

Couleurs cabanes dans un écrin méconnu: Biganos

Mercredi, septembre 7th, 2011

Et ce qu’elles m’inspirent…

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Cabanes d’enfance

Cabanes de vacances

De solitaires errances

Cabanes d’eau

Loupiots dans les roseaux

Blottis dans leur nid comme des oiseaux

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Cabane se pare de brande ou de fougères

A l’orée de la forêt usagère

 Se cache un petit pied-à-terre

Nous portons tous en nous

Nos rêves de bâtisseurs fous

Nos repères de petits filous

De cathédrales éphémères

De grottes bâties sous la mer

Dont nous serions propriétaires.

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Même dans un carton

Où faire le dos rond

A en perdre l’horizon

On peut quand même naviguer

Et cultiver ses visées

Vers des contrées inexplorées

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Se raconter des histoires

Remplir son quotidien d’illusoire

Depuis son observatoire

S’isoler en pleine nature

Du temps qui passe n’avoir cure

Vivre au ras de la verdure

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Compter ses trésors, ses bouts de ficelle

Perché dans les arbres-nacelles

 Au bout  du bout de l’échelle

Et dans la chaleur du foin

Etre tout près, laisser croire qu’on est loin

Prendre les étoiles et la lune à témoin

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Avec un marteau, des planches et quelques clous

Un pinceau,  un drap, le tout sens dessus-dessous

Jouer les loups de mer un drapeau à la proue

Il ne manque que quelques mots

Dans cet écheveau de possibles, un scénario

Un seul, pour jouer à si j’étais un héros.

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Toutes ces cabanes-ci sont très sérieuses: ostréicoles: pour cultiver les huîtres dit-on. Je vois aussi qu’ici on cultive un art de vivre: le vélo et le barbecue, les grandes tablées, les rires et le bon temps sont au rendez-vous d’un dimanche après-midi au bord de l’eau.

Les souvenirs de cabanes, j’en ai quelques uns, au milieu de tous ces mots accompagnant le petit port charmant de Biganos.

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A l’ombre des cabanes en fleurs

Lundi, août 29th, 2011

Au jardin du ciel

elle clignait à tout cœur

La rose trémière

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« Baiser ! Rose trémière au jardin des caresses ! »

Paul Verlaine

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Notre chemin revient souvent par ici, comme se déployant en éventail, entre les cabanes du port ostréicoles d’Andernos. Au cours des années, nous avons vu ce petit port évoluer vers des normes européennes avec ses cabanes aux couleurs gaies et ses hangars normalisés. Mais toujours nos pas sont attirés par  ces espaces fleuris au ras de l’eau, ces professionnels de la mer, les tuiles chaulées et parfois dans le ciel bleu d’arrière saison les  vols d’oies sauvages en partance vers d’autres territoires.

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Fidèle,

une pinasse de terre fleurit chaque année de ses filets treillis dispensant un peu d’ombre aux belles épanouies.Elle a fini sa course mais nous rappelle que d’autres évoluent au gré de la marée et rentrent chargées du fruit conjugué de la mer et des hommes: pour combien de temps encore?

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La vigne court

tout semble pousser avec amour sur des cailloux, de la grave et si peu de terre dans cette contrée d’eau. Voulez-vous un peu de bleu sur ces portes attendant leurs parqueurs?

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Le village ostréicole est situé près de l’église Saint-Eloi, tout près des vestiges gallo-romains . Il n’est donc pas étonnant que ce lieu nous attire. Les romains avaient du goût et connaissaient déjà les bienfaits des lieux pour la santé. Cela me paraît à la fois magique, envoûtant comme ressenti. Il y a de nombreuses années aussi que l’on venait en nombre remplir les bouteilles d’eau à la source: il se disait que c’était la même nappe que l’eau des Abatilles.

Dans les milieux branchés, vous entendrez rarement parler d’Andernos. On préfère « le Ferret » avec le Bassin, la mer et la piscine: qui peut le plus, peut le moins.

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Juste un peu de lumière d’un soir: l’immobilité apparente du temps qui passe. Compter les minutes de sérénité au gré de la marche en front de mer sur 2 km. Rien qu’un peu de vent et le luxe de s’arrêter au gré de ses envies.

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La Vague : sur un tableau de Cerise-Marithé

Mardi, août 23rd, 2011

 

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Sur un tableau de Cerise-Marithé(65×46), un prolongement en mots.

Mes remerciements vont à celle qui sait donner des couleurs à mes rêves.

http://cerisemarithe.wordpress.com/

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La Vague

 Intrépide elle frémit

 Comme en liesse

Vient à la rencontre

Du ciel limpide,

Comme timide.

 Elle creuse

Façonne les parois

Du vertige,

Attise  son élan, joue ses gammes

Tout en nuances.

Elle danse

Toujours plus haut, la gueuse.

Dans sa main de rosée, coquille boudeuse

Elle jette ses lèvres et des baisers plume,

D’écume.

Sitôt née, elle dit adieu

De son corps de féline moisson

Souple, joyeuse et nacrée.

Tendue vers le ciel jaillit la tentation

En échos diaprés.

Le sel goutte à goutte réveille la clarté

D’aurore

Venue pour  la chevaucher en

Ailes au cœur de pierre

La belle précieuse.

La Vague

Elle surgit à sa guise

Jamais aucun humain ne l’a prise

Jamais, dans ses mains il ne l’a tenue.

Elle s’élève jusqu’au paroxysme

Et puis se fond en glissant dans l’oubli.

La suivante sera plus sauvage, plus rugissante

Ou plus docile, plus captive

Plus ensorceleuse aussi.

Les forces abyssales  ou célestes

Garderont la mémoire  lilas de la lumière

Et le parfum du  sable mêlé aux frissons

Des profondeurs  vertébrées d’émeraudes.

Elle va, elle vient

Vague après vague

Elle divague

De ciel en mer

La Vague

L’unique

Celle de l’instant.

Maïté L

Rêves zébrés à marée basse: Ô temps! suspends ton vol…

Samedi, août 20th, 2011

                      Le Rêve

« Bulles de temps. bulles légères. A peine un souffle et l’eau se gonfle de secret, se détache, s’envole. A peine un souffle, et la mélancolie part en voyage. Un peu plus haut, les frontières s’effacent, un peu plus loin. Les peines s’apprivoisent dans l’espace. La terre devient bulle et la bulle une terre. »

PHILIPPE ET MARTINE DELERM

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MON  RÊVE

De mon  voyage sans valise

Au  bout  d’une terre promise,

 Mes pas semblent effleurer  le sable

Aux contours impalpables.

Vibrations d’été…

 Parfois,  dans la clarté tissée

 De fils d’or et d’or blanc,

 S’élèvent les frémissements

De mon ombre sur la voie de l’éclat.

 S’enroulant de-ci de-là

Autour de la ligne d’horizon,

Ou surlignant mes désirs d’évasion,

Au loin les eaux pétillent

 De leur saveur menthe ou bien vanille.

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« Il rêve, il a l’esprit perdu dans le monde incompréhensible.On le voit souvent seul au sein des foules actives, courbé sous des retours, son mystère et ses larmes. Soit qu’il songe au passé d’une vie qui s’effeuille et tombe, mystérieuse, inconnue, sur son corps qu’elle opprime, soit qu’un tourment l’accable,soit qu’un mal d’infini l’élève encore au faîte des aspirations humaines, à l’extrême désir des heures suprêmes et inespérées, il rêve, il rêve toujours. Il a les yeux fixés sur les plus beaux nuages et regarde, sans cesse, du plus haut de ses songes, l’éclat immaculé d’une merveilleuse féerie. »

ODILON REDON/ NOUVELLES ET CONTES FANTASTIQUES

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Peu importe aux amoureux de ces paysages que l’eau se retire si loin;il y a toujours un filet d’espoir venant vers la plage, un chenal qui capte le regard, s’accroche à la promesse qu’ELLE reviendra.Je me souviens de l’étonnement d’un ami venu de très loin qui n’en revenait pas de voir ces étendues de sable,de vase et de prairies aquatiques mises à nu, semblant propulser l’esprit à travers ces contrées immobiles. Il y a toujours ceux qui cherchent refuge dans les ombres et sous les pins agités par la brise. Et puis il y a ceux qui ne résistent pas et qui chargés de seaux et d’épuisettes s’en vont à sa rencontre , là-bas où glissent les bateaux.Souvent leur chemin passe par la vase et on les reconnaît à leurs pieds noirs et leur maillot maculé de boue.

Les QUINCONCES, c’est un peu de tout ça, au bout du sentier blanc et des prunelles.

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 LES QUINCONCES

Foi de mouette planante,
ou d’hirondelle, frôlant
la basse langue de terre.
Accrochez des virgules de ciel bleu
parsemant le sable blanc.
Les voiles au loin et les cygnes
glissent sur la marée.
Minuscule plage sauvage,
à écouter les clapotis
des vaguelettes, crevant
sur les touffes d’herbes salées.
La tête renversée sur l’été,
Abandonnée dans le ciel bleu,
Découpant la cime du pin
Chargé de pommes vertes,
De pommes sèches.
Vent frais du soir,
sur simple peau d’orange.

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 » Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »

LAMARTINE

Voile noire, voile blanche

Jeudi, août 18th, 2011

 

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« Battements d’ailes de feu

Au-dessus des battements de vagues-

Soleil…Soleil. »

GUILLEVIC

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Voile noire, voile blanche

Voile pas si noire, effet lumière

Voile noire est passée

D’un port au suivant

Zébrant les flots

Et la marée montante scintille

Scintille sous la brise.

 Immobile Voile blanche

Semblant dompter les clapotis

Immobile bateau faisant

Des ronds sur l’eau.

Sur la scène de l’été

Pianotent les reflets

Les roseaux s’égrènent

La mer fait le gros dos

Et les poissons viennent toucher

Le bout de la terre endiablée

Par l’ombre des pins

Et les sentiers.

Voile noire, voile blanche

Ont glissé et sont rentrées

Le soir s’en est allé le long de la digue

Chercher un dernier instant à flâner

Le long des cabanes où affluait

Le fruit de la journée à écailler.

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Ce jour-là sur la plage des Quinconces, la marée s’appliquait à peigner les roseaux, toujours dans le même sens: ça montait sans à-coups, ça clapotait sans effrayer ni les roseaux, ni les passants; ça poussait vers la plage et vers les pins; ça semblait si naturel.

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Restait l’épine dorsale des roseaux et les vaguelettes qui leur grattaient le dos.Comme ça, tout simplement. Avec l’air de ne pas y toucher. Avec l’assurance tranquille d’un temps réglé sur quelques heures. Qui jamais ne s’épuise à recommencer son travail de marée, de lune, de sable et de soleil. Sous les yeux fascinés des rêveurs.

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Il faut malgré tout écrire le mot FIN,pour ce soir; même avec des roseaux qui tremblent dans les flots et ne savent que faire de leurs plumes.

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Toujours au même endroit, les mots, les flots et les voiles, sur le Bassin, à Andernos

Sur le sentier du Littoral: des cygnes et peu d’hommes

Lundi, août 15th, 2011

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Sur fond d’été retrouvé

Impassibles les cygnes se laissent porter

Les roseaux sont coiffés

De plumes parsemées

Qui attendent d’être libérées

Par les eaux rampantes de la marée.

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« Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la terre

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Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leur cœur est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse … »

Françoise Hardy

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Chez nous

Ils savaient qu’ils pouvaient entrer

Pour déposer leurs bagages

Et de leurs soucis se délester.

Cependant

Certains ont bien vite oublié

Les longs mois à se refaire une santé

Ils ont pratiqué la politique de la terre brûlée.

Qu’importe !

Je n’ai jamais vraiment voyagé

Cherchant au cœur des reflets

A percer l’intime et l’humanité

Dans les yeux des êtres rencontrés.

Mes amis des lointaines contrées

Je ne vous verrai peut-être jamais

Et pourtant vous m’ êtes familiers

Depuis de nombreuses années.

D’autres  avec nous aiment toujours à partager

Le gîte, le couvert et les paysages

Ils sont toujours là en filigrane, en pointillé

Nous avons fait un sacré bout de chemin ensemble

On ne l’oubliera jamais.

Pas de rancœur, la sagesse l’interdirait

Mais des pages tournées…

Ainsi vont des saisons les trajets

La terre n’arrête pas de tourner.

Aujourd’hui, la maison est vidée

Tous les oiseaux s’en sont allés.

On n’entend plus bruire dans l’été

Les rires de la jeunesse encanaillée.

D’autres viendront cueillir l’harmonie de pensée

Sur les chemins d’Aliénor, d’Aquitaine et des marées.

Et si le destin avance solitaire désormais

Ce n’est que juste pendant des heures affairées.

Sur le tableau blanc restent les lettres assemblées

De l’amitié, la vraie qui ne cherche pas à dominer.

Il y aura toujours de solides amitiés

Que seule la mort viendra briser.

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Comme la marée sans cesse coud et découd ses colliers d’algues, modifie les paysages, les chemins serpentent; faits de fausses routes et d’avancées sablonneuses, de traces et d’indices au royaume des oiseaux de passage. Entre Andernos et Arès, quelques pas tranquilles  à recueillir des images, des mots, des souvenirs;et si le vent ramène vers nous le bruit des plans d’eau surpeuplés, c’est pour mieux nous faire apprécier le calme de ces lieux

Maïté L

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Scènes ciel et eau: poussières de chuchotis

Samedi, août 13th, 2011

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Les fêtes intimes d’une amitié éprise du même langage, la marche côte à côte sur le sentier des étangs où chacun suspend son pas aux rumeurs amoureuses des oiseaux

Louis-René Des Forêts/ Ostinato

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Entre le ciel et nous  

Les lampions du soleil

Rouge treillis infranchissable

où les plans d’eau refuge

peaufinent la vie

les cris des mouettes

le calme

solitaire

aussi.

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L’aigrette garzette

Et les cigognes venues en voisines

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Un instant parmi tant d’autres sur le sentier du littoral

au Domaine de Certes

pas à pas et photos mots à mots: Maïté L

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Le ciel en partage ou comment sortir du silence

Mardi, août 9th, 2011

 

 

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Domaine de Certes, au bord du Bassin

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« Tout ce qui ne peut se dire qu’au moyen du silence, et la musique, cette musique des violons et des voix venues de si haut qu’on oublie qu’elles ne sont pas éternelles »

Louis-René Des Forêts/ OSTINATO

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Géo-graphiquement l’absence

Les lignes parallèles infranchissables

Le ciel comme boussole vive

Et ses messagers les nuages

L’imaginaire ombre et soleil

Orfèvre dorant le pourtour

D’un trait fin peut-être,  enfin le sourire

Entre ciel, terre et eau

Le regard aimanté pour

Ne pas perdre le sud et l’ouest

Où se couchent les incertitudes

Parfois plus terre que ciel pluie de fer-blanc.

Mettre les pas dans les dialogues d’ oiseaux

Et l’oubli de la condition de mère

Jetant au vent des lambeaux de roseaux

Un jour sur le plateau de Gergovie

Là-haut le père et l’enfant

Mêmes cirés bleu marine sur les monts

Aux herbes folles, absence de bateaux,

Inaudibles pas, vision fugitive, frêles tentatives de l’être

Toute parole inutile, sifflements vengeurs de l’Histoire.

Mirage aux heures des sentiers tracés

Au bord des pieux iodés ; l’eau, avec la marée

Clapote et emporte au loin les pans immobiles

Du passé retiré dans les limbes de l’enfance.

D’autres Géo-graphies viendront

Sur les pas incertains courant à l’aventure

D’autres destins croisés, des petites mains potelées

Cueillant le sud au détour d’un sentier

Où fleurit la Celtitude

Où les mûres rappellent  l’été

Les senteurs légères d’une vie à inventer.

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Photos Maïté L et les mots jetés au vent aussi.


Lettres choisies dans le Livre de la mer: Baroque -5- et fin

Lundi, juillet 18th, 2011

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« Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;

Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. »

 

Baudelaire/ Harmonie du soir

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Baroque

 

Mais ce soir, je suis raisonnable      

à l’orée de ton sable

refuge
Je viens surprendre ta nuit et je souris…

nostalgie.
Quel est ce paysage

mirage

Que frôlent les oiseaux de passage?

Quelle ligne de partage

fébrile
Unit le ciel à l’eau sans ambages?

On dirait un incendie

Une rixe contre l’oubli

interdit
entre le soleil qui couronne en secret
Les flots apaisés par le crépuscule enflammé
Et l’homme qui meurt peu à peu et devra s’en aller,

destin.
Chercher l’ailleurs, recréer l’unité
de la nuit, de ses non lieux retrouvés.
Exister, il faudra exister
par le je, par l’homme, par le défloré

condamné.
Exit la marée
Le grain subtil du respiré, de l’exhalé

soupir.
Exit ce doux bruit
Sons lancinants, l’air en catimini

saisi.
La main tendue vers la lune
Exit le jeu, ressac tourmenté à la une
Il faut raccrocher les étoiles au sommet de la dune

transie ;

De la grève abattre les cartes sur le tapis,

Qu’importe la rumeur des lames belles de nuit

primitives

 rouge et noir laminoir use le jusant impassible

Les points et les tentacules de l’étale sont la cible

De  la cavalcade au doux baiser en creux,

Amour lucide.

L’introverti, le géant d’organdi nerveux

A figé les vagues, vagues et vagues canailles

Qui bruissent et chuchotent des mains de paille

 La liturgie.

Des doigts de glace sur le miroir des encorbellements

Où  la dune s’endeuille à la nuit de crêpe et d’errements

hiératiques ;

La dune, les vagues, les vagues encore viennent mourir ou pas

La dune les enfouit et silence la nuit où basculent ses éclats.

L’épée du soir a signé sang et or l’oriflamme du néant.

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Ainsi se referme le livre de la mer, aux mots tendres ou volcans

Sans fin la lave l’écume les vagues aux confins du jour.

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fin

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Photos et textes Maïté L