Archive for the ‘Le Chemin des grands jardins’ Category

Écoutez le frémissement des bambous sous le vent

jeudi, juin 30th, 2016

PETIT PARC AUX BAMBOUS 001

Roger Dautais

Partagé en mode public  –  11 juin 2016

L’homme  prendra modèle sur la terre
La terre prendra modèle sur le ciel
Le ciel prendra  modèle sur la Voie
La Voie, elle se  modèle sur le naturel.

Lao Tseu  –  Tao te king

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS
http://rogerdautais.blogspot.com

Photo  : création land art de Roger Dautais
 » Espace vital  » pour Maïté/Alienor
Parc aux bambous  – Caen – Normandie

***

avec mes remerciements et l’expression de ma profonde amitié; j’ai écrit en un souffle ceci:

 

Écoutez le frémissement des bambous sous le vent

Pierre après pierre

Les bambous la prison

Les grilles cloisonnent

La maison

Le ciel ou

La terre où

S’agrippent les mains des vivants

Où sont

Leurs idées rangées dans les alvéoles

Le ciel avec le ciel

La terre sang dessus dessous

La voix des pierres aux pierres

Des trous où couver les rêves

Des bribes de bambous ou

le souffle du vent, qui siffle

Qui chante contre les trous

De la mémoire

Sur la voie ayant pour nom la sagesse.

Mais les pieds à peine posés sur de périlleuses pierres

Où enfoncer les ongles

Où les cheveux s’entortillent

Et poussent les bambous, se courbent au vent

Hommage Heureux : il y a des portes où fleurit du vert

 Des fenêtres, des étais pour le souffle court

De la poitrine

Ecrasée, tourmentée

Par le présent, les absents.

Il y a des coups de pioche

Des coups du sort

Des bambous-bougies réguliers

Puis enfin un drapeau victoire

Des tubes comme des munitions

Du bonheur

Des larmes joyeuses de bambou

Du solide

Du creux, du sombre et de l’emmêlé

Du bâti, du strié, de l’acheminé en vérité.

Il y a du gai, du rangé dans la boîte à mémoire

Il y a de la vie du côté des bambous,

Du côté de la maison-monde

Du troglodyte et des ermites

Le naturel au galop dans nos têtes.

29 juin 2016

 

 

Utopie/ Le chemin des grands jardins

mardi, mai 10th, 2016

ENTRE AVRIL ET MAI 16 015

ROGER DAUTAIS/ UTOPIE

lundi 2 mai 2016

*

« L’envie d’une belle lumière capable de tout réparer » Roger Dautais

UTOPIE

Une île… Toute l’île de vert parée

 Où tout recommencerait.

Zéro… Zéro… Une étincelle… Et puis le départ donné

 À l’offrande de mains jointes

À l’île de mousses sauvages

 Au rêve d’écumes vertes douces, douces

 Cadeau aux mains offertes et puis,

 Au centre de tout :

Trois petits œufs

Trois petits yeux

À l’abri de la contamination

Un berceau là… Ailleurs… Nulle part où aller bien loin

Juste se blottir tout contre la falaise

Primitive, pour imaginer une Cité

À reconstruire de un à trois pas de géant.

 Avec des étoiles dans les yeux : ça pétille.

 Avec des étoiles dans le nid : ça frétille.

Dans le sillage des branches, une

 Balancelle coup de pouce au rêve et

Du lierre de la bouche au cœur

 Jusqu’au berceau silencieux des commencements.

Point zéro… Tout l’avant est effacé.

Sourire surgi d’entre  les paumes ;

Et de la chaleur de la couvaison du rêve

À l’utopie grandissante, galopante,

Sur la portée des brindilles, trois notes

Sur celle des lichens, symbiose des matins du monde mais

Pairs, mer oubliés : il faut apprendre à monter à bord du rêve,

 Flotter sur le renouveau de l’île où la vie éclot.

 Pour une vie de lumière, une orgie de lumière, un bain de jouvence où

Trois points cerisent à l’abri du vent

Dans la pouponnière des idées.

Du silence qui nous veloute le regard  naîtront des projets

De partage, d’amitié, de rêve, de tolérance

Dites-moi que plus rien ne sera ourdi contre Nature

Sans notre consentement éclairé :

Les feuilles des mortes, les instincts de chute

Les doigts noueux de terre, le ciel à teneur de plomb

Les terres inhospitalières où règne la terreur.

Ici… Nous serons heureux

Heureux comme la pluie d’harmonie qui veille

Quand veillent les reflets rouge ardent.

Trois dans un nid enfantent leur à venir

Suivent la course du soleil sans crainte

Bientôt sans frontières pourront rêver.

Hors le nid… Essaimer. Et… s’aimer ?

Maïté L

 

Corps infinis/ Le chemin des grands jardins

vendredi, avril 22nd, 2016

TERRE-MER ( BIS ) AVRIL 16 001

Roger Dautais/ Corps infinis

samedi 16 avril 2016

*

GUILLEVIC/Etier, dans le  poème Encore

 

…« Comme si c’était modeste

De réunir en soi

Limites brisées,

Indiscernables,

 

Le temps de la mer

Et l’eau de l’instant

*

Ainsi donc

Tant que tu pourras,

 

Tant que la lumière

Te portera.

 

Celle des horizons,

Celle des regards.

 

Celle qui vient des pierres,

Celle qui vient des mains. »

 

***

En écho de ma part

en résonance avec Éliane Biedermann semble-t-il

dont Roger a choisi un poème.

à Roger Dautais

 

Une évidence :

Cela venait du nuage

Complice… chapeautant

L’infiniment bleu

L’effort solitaire

Le silence attentif

Cet entre-deux.

Soudain,

Une passerelle de ciel

Cueille à l’infini le regard

L’embrume ou le mouille

Corps céleste ou le vide

Comment savoir ?

Cheminant dans un jour nouveau… la pensée s’égare.

Dans tes bras, comme tes enfants

L’un après l’autre venus,

Frottés au front de la mer,

Galet après galet

chacun… de l’arrondi à l’aplati vibre

Du poli au rugueux , toujours l’emprise

Chacun pulse son langage … les bruits de leur cœur

Contre ton cœur,

Irradiant… pierre… soleil… lumière

Après froid… détachement… distance,

Chaque galet-sirène t attirant, tu répondis.

Ils furent  portés à bras-le-corps

Jaugés…hissés…vrillés…apprivoisés…montés sur mamelon.

Le sein offert à la vie nouvelle

Offrande de mousse : laitance de vie, elle

Fait partie du voyage

De millénaire à l’infini.

Puis un simple collier de nuages et

L’horizon aime la perfection,

Comme cela, mine de rien.

J’entends… J’entends

Un cri sans cesse recommencé

Une chanson du passé

Millénaire,

Une chanson infinie qui porte

Haut et fort le renouveau.

Nous sommes à côté de l’alphabet

Nous sommes hors de portée du cri

Nous sommes ce que nous sommes

Nous,

A côté de ces signes ténus… Bientôt Nus

Dans cette contemplation finale… Un

Vertige devant  la verticale, une

Certitude ou interrogation, c’est selon.

La ligne de vie qui prolonge tes bras

De mousse et de galets, infinis ces

Corps résonnent… Ils suintent la flamme…

Infinis car sans cesse recommencés

Offerts à l’écho… à la parole… aux mots

Infinis…& infinis les corps issus de la vie.

Maïté L

OBJETS TROUVÉS sur le chemin des grands jardins

vendredi, janvier 22nd, 2016

SECOND PAS JANV ( BIS )16 011

« OBJETS TROUVÉS »

un cairn élevé dans le Golfe du Morbihan

une photo que je lui emprunte

une dédicace

de ROGER DAUTAIS à mon intention

sur

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

sur sa route 73, billet du 18 janvier 2016

*

« Nommer chaque chose à part

          est le commencement de tout

Mais dire ce qui surgit d’entre elles

         toujours neuf

                      et imprévu

C’est

          Chaque fois

                       re-commencer le monde… »

FRANÇOIS  CHENG/ A l’orient de tout

 

Juste pour faire mentir avec  l’œuvre de Roger Dautais et avec ALEXANDRE JOLLIEN, ceux qui nous préféreraient « pauvres et muets, sans paroles et sans rêves »

Vous l’aurez peut-être apprécié lors de l’émission LA GRANDE LIBRAIRIE, en compagnie de MATTHIEU RICARD et CHRISTOPHE  ANDRÉ   à l’occasion de la parution du livre qu’ils ont conçu ensemble: « Trois amis en quête de sagesse » L’iconoclaste Allary éditions

***

MES MOTS:

DE LA VIE MINUSCULE A LA VIE MAJUSCULE

OBJETS TROUVÉS

*Dans ce chaos moutonné

Objets Trouvés, êtes-vous une arme

Un lance-pierre à l’horizon

Un va-et-vient du temps

Un passage à la mer

Une respiration en marge

Entre ce qui s’offre

Ce qui se désire

 Et ce qui s’élève

Au gré des courants ?

 

*Celui  qui s’appuie

Sur l’épaule de pierre,

De pierre secourable,

Lui, Sur la tranche hissé

Est-il l’homme de pierre,

Au cœur battant

Ou bien  son compagnon

L’homme de sang

Au galbe si poli ?

Entre nuages et vent

Soumis au cri des bernaches

Danse de plume, danse sa  pierre

Toque le cri des éléments

A coups de becs et d’ongles.

 

*A l’hiver Les Objets Trouvés

Font flèche atout ciel

Au détour d’une moue

Soudain, ils sortent du chaos

 Et se déploient en rêves inassouvis.

Cruauté et violence

N’ont pas dit leurs derniers mots.

*L’homme siffle le début de la partie

Evite  l’affrontement quand pulse son sang.

Les mains usées de tout hisser

Le corps brisé mais

La tête dans les étoiles

Au cirque, le dompteur

Face  aux domptés des  embruns jamais lassés

Offre de clairs échos aux fragances de liberté.

Le chant des paroles rivières, presqu’île ou grève

Lui donne corps, lui redonne vie.

 

*Le chant des baies et des pierriers

Crisse sous les pas

Quand jaillit la lumière, l’impalpable vie

Celle que l’on sent frémir sous la peau

Des mots… Objets trouvés au détour d’un rêve…

Maïté L

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

dimanche, août 10th, 2014

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Aujourd’hui, je vous invite à suivre LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

http://rogerdautais.blogspot.fr/

et à retrouver ROGER DAUTAIS, à le découvrir, si cela n’est pas encore fait.

Cela fait des années que je me promène de ce côté-là, que je savoure son approche du LAND ART, que j’y puise du réconfort, de l’émotion, des connaissances, de la réflexion. mais ce n’est que récemment que j’ai osé laisser une trace pour la première fois. J’étais très intimidée.

Je vous invite à lire en particulier le dernier billet à ce jour datant du 6 août où j’ai eu la joie de découvrir avec émotion que Roger Dautais a fait battre pour moi « Le tambour du monde ».

Voici ma réponse:

 

A Roger

Comme à chaque fois, Roger, je viens ici tâter le goût de la terre, du ciel, de l’eau et du feu, prendre part au festin des mots, des couleurs, des odeurs, écouter pulser les sortilèges  de la levée polyphonique  des voix. Puis je m’éloigne pour un temps, forte de toutes ces graines qui se sont insinuées en moi et ne me laisseront de cesse que lorsque je serai  revenue au bord des cairns et des mandalas, guetter avec la marée cet apaisement de la tête soumise à un tourbillon de feux. J’écouterai les voix présentes, les absentes, les cris d’amour, le tambour de la vie et toute cette énergie que je puise car perceptible, dans l’apaisement et dans l’harmonie de la tâche accomplie.

Être le maître des éléments, les modeler et les mêler au passé, au présent, n’est-ce pas recueillir dans le creux de la paume endolorie le sel des embruns, cet estran dénudé dont tu parles si bien.

Convoquer ici les croix et les cris, le coude-à coude des fruits, les points cardinaux, la fleur de pétales d’énergie au centre en un va-et-vient qui rythme, envoûte. Il y a là une bataille , boucliers au vent, une croisade pacifique et la pierre qui se refroidit ou se réchauffe selon l’humeur.

Car aujourd’hui, j’ai vu le tambour du monde. Mais l’ai-je vraiment vu ?

J’ai écouté le tambour du monde ? Ai-je su l’écouter et aller au-delà pour qu’il sache trouver la porte ouverte ?

J’ai goûté à chaque fruit perlé de patience, à chaque brin de fougère minuscule flèche, aiguille du temps qui bat le tambour.

L’énergie du centre est si puissante qu’elle renvoie des ondes !

Aux armes les pois de senteurs marines !Rosissez vos prétentions !

Et vous bâtonnets feuillus de la roue de la vie, soyez mandala, soyez verte prairie des sentiments.

Roger, en guise de remerciement, je t’offre ces quelques mots d’un poète que j’aime beaucoup, à cheval entre deux mondes, voire plus, un poète à cheval sur les civilisations : Gabriel Mwènè Okoundji.

Dans son livre « Prière aux ancêtres » il écrit :

« Toute réponse est parole et toute parole est nombreuse

Un lézard portant un papillon, cela est une parole

Le coq appelant une poule, cela est aussi une parole

Le hibou chantant sa mélopée à la nuit, cela est encore une parole

La parole n’a pas de père, pas de mère, pas d’ancêtres

Elle est immortalité divine, grossesse et enfantement miraculeux

Elle est esprit du vent : aucun mortel ne peut donner rendez-vous au vent ! »

Mais aussi :

«  C’est à la fin du chemin que commence le cheminement

Qui n’a pas bon pied ne peut reconnaître sa trace

L’audace du premier pas éveille l’impossible quête de l’espace

Seule est nommée gloire, la période où la douleur du cosmos épargne l’homme »

Ne perdons pas la boussole. Merci de m’en avoir offert une que je garderai dans mon cœur.

PS : je crois que j’ai rêvé des années durant qu’un jour tu m’associerais, moi, l’inconnue, à une élévation d’âme. MERCI.

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