Archive for the ‘Poésie’ Category

Entre la misère et le monde rêvé: un mur d’eau et un mur d’indifférence

lundi, juin 8th, 2015

LES MOTS D’ALPHATHANOROMEGA:

« Mais entre « un mur d’eau »… et « un mur de lumière… !!!
Il y a le mur du son…
Le coeur joue du tambour…
Une poésie éclot… »

 

LES MOTS DE RE CHAB

unnamed

photo: naufragés maliens sur les côtes italiennes

Provenance Maliactu.net

PASSER LE MUR DE L’EAU

C’est sec, épineux, et ici on mange des pierres .

On survit comme on peut .

Et puis ceux qui ne peuvent pas,

Mangent leur désespoir.

Ils se décident alors, à franchir le mur.

Un mur différent des autres.

Pas de béton, ni de barbelés.

Il s’étend à l’horizontale,         liquide.

Tes frères ont embarqué

Dans des bateaux si lourdement chargés,

Qu’ils penchent de leur poids de misère .

La mer, puisque c’est elle,

Se termine dans les esprits, quelque part,

Bien au-delà de l’horizon ,

Par des pays que l’on dit riches .

C’est              ce que dit la télévision,

Le rêve est à portée de mer.

On ne sait ce qui est vrai,

( Ceux qui sont partis ne sont pas revenus ) ,

Le rêve entretient l’illusion,

Nombreux sont les candidats,

Ils ont misé leur vie pour un voyage

qui n’a rien d’une croisière :

Ils ont chèrement payé les passeurs

Comme en jouant à la roulette :

Faire confiance au destin,      aveugle

Sans savoir où il mène.

Les dés jetés sur le tapis bleu  :

Avec la question

« Coulera, coulera pas ? « 

Cela ne dépend plus de toi

Le mur d’eau        reste à franchir :

C’est un espace sauvage,

Avec tous ses dangers

La progression est lente ;

Elle n’en finit pas

On dit qu’il y eut de nombreux naufrages,

On dit,    (  car les morts ne parlent pas  ) ,

Mais les cris, avec le gémissement du vent,

Ou les vagues hostiles,

Qui se lancent avec fracas

Contre la frêle coque  …..

Si tu vois un jour les îles,

Des pays étrangers,

Tu auras eu la chance, beaucoup de chance,

– remercie les dieux –

De voir de tes yeux

Cette carte postale   ! –

Que tu pourrais envoyer,

– Si tu survis,-

Une fois arrivé  ,

A ceux de ton pays natal.

Maintenant, il te faut plonger,

Nager,           nager  jusqu’à épuisement

Car          la traversée ne comprend

pas de canots pour  naufragés.

Après cette épreuve redoutable,

Migrant, si ton corps

T’as permis d’arriver à bon port,

Te voilà sur le sable .

Mendiant de la vie

Avec une dizaine de rescapés  .

Ils ont eu comme toi la chance,

Que le hasard leur ait souri,

Touristes malgré eux, arrivés

Dans un club de vacances .

D’autres se sont échoués,

Dans la nuit, dans ce havre.

Mais ils sont immobiles,

Sur la plage lisse.

Ce sont des cadavres,

Que vient compter la police.

Au concert des nations,

Le mur de la mer,

Est aussi une frontière ,

D’où suinte la misère,

Celle des pays en guerre.

Un mur des lamentations .

Au sujet des touristes  « malgré  eux »…on pourra  se reporter  au film de Costa-Gavras,  « Eden à l’Ouest »

qu’à cet article tout récent relatant la juxtaposition des « vrais » touristes, aux migrants, sur l’île de Kos  ( Grèce )

***

DES ECHOS A BRISER L INDIFFERENCE

Regardez aussi par-ici chez Roger qui ne manque pas de s’indigner  et de le faire savoir grâce à ses écrits et surtout  en édifiant ses œuvres de land art.

http://rogerdautais.blogspot.fr

***

MES ECLATS DE MOTS

Un mur d’indifférence

On les dit sans-abri,

 sans papiers
Sans domicile fixe…

Pays de naissance : oublié

Dans la guerre, la misère

Les tueries, les massacres

L’ignominie.

Ils se sont abîmés

Dans le refus des recrutements mafieux.


Personnages mouvants

Devenus « migrants »

Le mot est aigre, acide pour les nantis.

Ils ont risqué leur vie.

On la leur a prise

En toute impunité

Et jetée à la mer

Contre pactole.

Poches retournées

Désespérément vides

Et rêves rapidement brisés.

S’ils en réchappent

Epuisés

Au milieu des cadavres empilés

Affamés

Traumatisés

Parqués

Emprisonnés

Leur vie vacille

Ou bien
Ils n’ont pour ciel de lit
Que la Voie Lactée,
Une fenêtre déchirée
Dans le tissu élimé
De la vie.
Sur un tas de journaux
Bien ficelé
Pour ne pas répandre
La misère,
Ils étendent leurs maux
où les mots ne rencontrent
Que froid, silence
Et regards fuyants.


De leur passé d’êtres blessés

niés
Ne restent que des yeux vides
De souvenirs gommés,
Arrachés,
Oubliés,
Dans une absence de grenier.
Chez « ces gens-là »,  on n’a pas d’armoire
Seulement la clé des champs
en sautoir de jours noirs

Des camps d’infortune

La promiscuité

Des barbelés

Des  déserts

et des montagnes

traversés.


Chez « ces gens-là »

On n’a  dans ses poches
Que la vie de l’instant…
Et si les jours cassent les nuits,
et si les nuits attaquent les jours
Une seule dignité reconnue
par de trop rares hommes et femmes phares
sur les marées des déshérités.
Indifférence coupable

Peu de chantres de la misère

Pour les sans-abri, les sans-papiers
Les sans-domicile fixe.


Les mains dans les poches pour les réchauffer,
Les pieds usés de trop espérer
La voix cassée des déshérités…

Ils restent là,  à la merci de ceux qui les recueillent.

C’est la loterie

La loi du numéro

Le croupissement

Deux mondes qui s’entrechoquent

Dont un ignore l’autre

Devinez lequel…

L’expulsion

Les camions

Les frigos

L’enfer toujours recommencé.

Mais quand tout cela s’arrêtera-t-il ?

Maïté L

***

Cette semaine dans Télérama, la une mais aussi un article  » Le grand Naufrage »

LE CRI DE TELERAMA:

making-of d’une photo de une saisissante

  • Traduction : Martine Massenavette
  • Publié le 11/06/2015.
  • le-cri-de-telerama-making-of-d-une-photo-de-une-saisissante,M229557
  • Un bateau isolé, une mer calme et la mort qui rôde… La photo d’Alfredo D’Amato, photographe italien, illustre la une de notre magazine, cette semaine, consacrée au drame des migrants. Mais comment l’a-t-il prise ? Explications.
  • Alfredo D’Amato est né en 1977. Après des études dans les domaines du documentaire, de l’art et du design, il s’est tourné vers la photographie et mène des projets sur le long terme. En 2014, il a collaboré avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.
  • “Dans la nuit du 3 octobre 2013, 368 Africains avaient péri après que leur bateau eut chaviré près de l’île de Lampedusa. Leur mort avait provoqué la consternation et c’est alors que le gouvernement italien avait chargé une flottille composée de 851 hommes embarqués sur cinq navires, de secourir les migrants qui tentaient de traverser la Méditerranée.
  • Il avait fallu deux jours au San Giorgio, le vaisseau principal sur lequel j’avais embarqué, pour atteindre sa zone d’affectation à environ 200 miles des côtes libyennes. Mais nous avons dû attendre quelques jours encore que la mer se soit calmée pour lancer les opérations de sauvetage. Depuis l’hélicoptère dans lequel j’avais pris place, nous avions repéré un radeau en caoutchouc avec environ 200 personnes à bord, puis un autre en bois bleu , puis un autre, et la mer avait semblé d’un coup recouverte de ces frêles embarcations.
  • A l’approche du San Giorgio les gens s’agitaient et criaient à l’aide. Un homme tendait un bébé à bout de bras pour nous faire comprendre qu’il y avait des enfants à bord. A la fin de la journée plus de 1200 personnes avaient été secourues : des malades, des blessés, des femmes enceintes, tous hébétés par leur effroyable périple, trempés et souvent sans chaussures, ils s’étaient effondrés sur le bateau. Ils devraient attendre encore deux jours avant d’accoster en terre d’accueil, mais cela ne représentait rien en comparaison avec ce qu’ils avaient vécu, comme l’avait fait remarquer un Nigérien, la chemise maculée de sang. Puis les téléphones portables avaient recommencé à émettre. L’excitation des migrants était devenue palpable. Certains avaient agrippé des sacs en plastiques scotchés dans lesquels ils avaient enfermés des habits neuf achetés spécialement pour leur arrivée dans leur nouvelle vie. Les femmes avaient changé leurs voiles et s’étaient parfumées, les enfants avaient recommencé à jouer.”
  • L’opération Mare Nostrum a permis de sauver 160 000 personnes avant d’être remise en cause par le gouvernement de Bruxelles et remplacée par le controversé projet Triton, mené par la communauté européenne.
  • le-cri-de-telerama-making-of-d-une-photo-de-une-saisissante,M229658

***

 

LA CONTRIBUTION D’ALEZANDRO

 

Mourir sur une plage ou mourir naufragés,

Sur un rafiot sordide, impasse aux libertés,

Le cœur dans la tourmente et les yeux chavirés,

Tournés une ultime fois vers l’exil mythifié,

Abandonnés des hommes en toute lâcheté,

Et d’une Europe obèse en manque d’humanité,

Vouloir glaner sa place pour simplement oser,

Une vie sans entrave, un brin de dignité,

L’espoir d’une nouvelle chance et ne pas crever

Seuls, résolument seuls tels des chiens sans collier.

***

LA CONTRIBUTION DE SERGE

« Quel sujet complexe que celui des flux migratoires qui ne sont pas près de se tarir. Le monde de demain verra ce phénomène s’intensifier. La genèse est à trouver du côté de situations politiques instables, dictatures, droits de l’homme bafoués, terrorisme, guerres. L’occident a une grande part de responsabilité dans ce qui se produit en Asie Mineure. Bush en s’en prenant à Saddam Hussein pour de mauvais prétextes à déstabilisé complètement une région déjà partitionnée au début du 20e siècle par les anglais et les britanniques. Je suis d’accord sur le fait qu’il est scandaleux de laisser les italiens confrontés à la majorité des flux migratoire. Je n’ai jamais eu une bonne opinion sur l’Europe qui s’est construite autour de la protection du capital au détriment des citoyens. Ce qui se passe actuellement ne fait que me conforter dans mon opinion.
Je voudrais élargir aussi les points de vue : La France a une grand responsabilité sur la déstabilisation du système politique libyen (fût-il oh combien imparfait) mais on mesure le résultat des courses – pays vivant dans l’anarchie et une guerre civile totale, déstabilisation du Sahel imposant une présence militaire permanente.
Quant aux Etats Unis, il ne me semble pas qu’ils contribuent à éponger les flux migratoires dont ils sont en grande partie responsable en ce qui concerne le conflit en Irak et en Syrie. »

Dans le sable blond de la Dune du Pilat- 1_

mardi, septembre 23rd, 2014

DSC_2250

DSC_8033

DSC_8050

Assise là

au sommet de la Dune, dune venant après la Dune, venant après

les creux et les faux plats, pas à pas d’un premier matin du monde,

Toutes voiles de coton dressées, comme un bateau de terre,  un bateau fragile

Je jette mes maux au vent, je lance mes pensées à l’océan.

Seule, dans ce matin au soleil hésitant, livrée à l’envolée de grains cinglants

Je deviens calice, je deviens matrice de silence et d’infini.

En contrebas, les voiles blanches effleurent le tableau du rêve, tandis qu’au loin,

très loin, les bateaux que j’aperçois, glissent dans un écrin de  distance

échangent leurs traînées d’écume rectilignes, sur des chemins d’eau tracés au cordeau.

Parfois les humains vont par deux, sans oser l’abrupte pente menant à la plage, parfois,

ils s’assoient savourant l’émotion du grand bleu d’outremer à turquoise

venant mourir de tendre écume aux abords des langues de terre du Banc d’Arguin.

Parfois, ils s’élancent dans la fougue de la jeunesse et finiront sur la grève

Que j’imagine, dont l’odeur me ravit, mais que je ne vois pas. Ce sont aussi

Les pas d’un enfant : il reprend son souffle, dans ce sable qui avale ses petits pieds.

Et toujours le vent sur les crêtes : il cingle, étreint, donne le vertige, sème le doute

Et décourage ceux qui ne se donnent pas à La dune du Pilat, cette grande fille à la merci

de ciels, qui au fil des tempêtes, la livrent en pâture aux caprices des éléments.

A chacun sa Dune : faite d’impatience, à peine cueillie en une fois, du  seul  regard

quand, pour le contemplatif, au contraire,  elle se drape de pans changeants ;

elle rôde alors, nous entoure, nous parcourt en entier : c’est l’oubli providence

qui nous fait entrer en communion, arrêtant la montre aux portes du désert retrouvé.

Dune vertige, Dune en escaliers, Dune en arbre mort qui ne cède pas d’un pouce

Dune  sans cesse recommencée, Dune des millénaires, Dune phare,

Dune liberté des ailes retrouvées, Dune victoire Octobre rose.

Comme un défi, un jalon dans la reconquête du présent et du mouvement

Une offrande claire aux jours qui s’en viennent. Une longue aspiration blonde,

 La Vie majuscule.

Maïté Ladrat/ 16 septembre 2014

DSC_8022

DSC_2258

Clair obscur

vendredi, août 22nd, 2014

DSC_7711

Clair obscur

Sur les poubelles

Reposait nonchalamment

La belle alanguie

A la nuit tombée

Pas un cil, rien ne bougeait

Hormis le passant.

Comme il s’approchait

Il tiqua légèrement

Mais la raison sut garder

Se dit qu’en ces lieux

Des vacanciers désertés

Grand ménage fut fait

Plusieurs mains expertes

L’avaient disposée

Pour qu’une seconde vie fut offerte

A la rescapée

D’un zoo très familier

Où l’humeur avait changé.

Le cliché fut pris

La distance bien gardée

Dans le silence complice.

Qui choisirait-elle

Muscles et griffes bien cachés

Sous le poil lustré ?

Le rêve préservé,

Dans la nuit glissait

Au matin elle s’éveillerait…

♥♥

 Août 2014

Mon GRAND bonheur du jour: La boîte à couture lue par Sagine

vendredi, décembre 6th, 2013

06 07 2010 033

Mon GRAND bonheur du jour,

c’est celui d’entendre  mon poème « La boîte à couture »

que j’ai intitulé

« Petite musique et mise au pas » ,

lu par MARTINE BRESSAN sur son site:

DE MES YEUX A MES OREILLES

 Vous pouvez l’écouter ici:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/204-miseaupas-MLadrat

.

Sagine, je t’adresse mes plus vifs remerciements. Tu es loin de mesurer toute  la portée du plaisir que tu peux m’apporter pour bien d’autres raisons encore que celles que tu connais.

Je lis actuellement

LE GOÛT DES MOTS »

de  FRANÇOISE LHÉRITIER

et elle évoque justement ceci:

« je ne peux m’empêcher d’associer ce goût pour les mots au goût pour les boîtes qui me possède aussi depuis l’enfance et de tous les tiroirs remplis de ces choses délicieuses pour l’esprit que sont la mercerie et la passementerie, les boutons, fusettes, bobines, rubans, boutons-pression, gros-grains, extraforts, fils, laines, cotons mercerisés, dentelles, doublures, aiguilles, épingles de nourrice… »

Elle continue d’ailleurs avec la petite quincaillerie.

Je me sens très proche des sensations de cette grande dame avec mon texte écrit il y a de nombreuses années déjà, exhumé d’ un fond de tiroir.Lecteurs,vous m’avez prouvé que vous aussi êtes sur le même registre, dans mon billet précédent.

Petite musique et mise au pas

mardi, novembre 26th, 2013

DSC_0834

***

A une fée de l’aiguille nommée Anne…

http://quilt007.free.fr/wordpress3/

 

De ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

S’échappaient par ses flancs

En faisant grincer sa fermeture

Des bouts de ficelle et des rubans,

Un joyeux méli-mélo coloré,

Des bouts de tout, des bouts de rien,

Des souvenirs amusants

Et des boutons dépareillés.

C’est si ennuyeux un bouton

Qui vient à manquer !

Elles sont si traîtresses

Les aiguilles piquées

Dans des bobines qui ne demandent

Qu’à tomber et se dérouler

Sous la patte de la chatte aux aguets !

Soudain surgit de nulle part

Un dé trop petit ayant accompagné

De mon enfance les premiers essais !

Voilà les doigts piqués, les jurons envolés

C’est dangereux une aiguille dédaignée !

De ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

Il fallait voir ses flancs pansus !

Ils menaçaient de déverser

Des épingles n’en faisant qu’à leur tête

Et d’autres pour réparer l’irréparable

Celles que l’on dit de sûreté.

Quant à ces bouts de tissu, ces perles amassées

Venus de cette robe-fleur, je les avais oubliés !

Pourtant elle avait accompagné des pas de deux

Dans un joyeux élan amoureux !

Vint le tour des écheveaux de laine abandonnés

Et des scratch bien pratiques qui faisaient scrouitch

Sur des étiquettes  qui disaient son nom

Quand le petit fit ses premières valises.

J’entrepris alors, parce qu’il le fallait bien,

De vider peu à peu tous ces bouts de vie

Ces « ça peut servir, ces bouts de rien

De mettre bon ordre au fouillis du passé.

De ma vieille boîte à couture

De toutes les images de ses trente ans

J’ai déroulé à mon tour ce symbole de femme

Parce que chacune se devait

D’avoir son trésor, sa boîte d’intervention

En urgence ou en décoration.

Et je me souviens maintenant

De ces rares après-midi

Où ma mère enfin s’asseyait

Dans un cérémonial bien ordonnancé :

ELLE AVAIT DE LA COUTURE !

Chaque bouton était renforcé

Et les misères reprisées

Les ourlets c’était de la bagatelle

On vous tournait un col de chemise

On remplaçait de la jupe, l’élastique :

Deuxième jeunesse obligée !

Que reste-t-il de la couture

Dans un monde de  prêt-à- jeter ?

J’aime toujours revoir les  boutons,

Ils fleurirent parfois à la boutonnière.

J’aime faire un point par-ci, un point par-là

Comme si les aiguilles esquissaient sur la toile

Un simple pas de danse.

J’aime fouiller dans la boîte

Trouver le petit chose, le petit rien

Qui fera qu’ avec ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

Je trouve enfin le tout  petit bonheur du jour.

 

Texte inédit jusque- là  Maïté Ladrat/ novembre 2013

***

Un portrait de dame réalisant un boutis.

DSC_0030

 

Novembre: L’envers du décor

vendredi, novembre 22nd, 2013

photo Maïté L 3

 **

 « Un homme est plus un homme par les choses qu’il tait que par celles qu’il dit. »

ALBERT CAMUS/ Le mythe de Sisyphe

**

photo Maïté L 4

**

Dans la vie de tous les jours :

Indifférence : chemins parallèles où le regard est vide, où pousse le silence froid de l’hiver. L’oubli y fait aussi son lit.

Le brouillard a peint en gris
le ciel, les rues, les passants.
Il a tout pris dans ses voiles
Mis les sons en sourdine
rangé les couleurs de l’automne.
Les heures du jour sans surprise
s’allongent du matin au soir.

Différence : bulles hermétiques posées à même le sol. Brume cachant le ciel. Vue bouchée. Au pire, le brouillard et vous, assis(e) sur un rocher au milieu des flots. Vous ou Sisyphe. Solitude face à la complaisance qui rassemble…mais ailleurs, dans un autre monde que celui de l’amer.

Les heures du jour sans surprise
s’allongent du matin au soir.
Puis la nuit est venue
plus grise, plus noire,
plus humide.

Circonférence : le cercle des idées consensuelles. Les amis des amis. Le tourbillon est tel que vous restez sur le bord du chemin. Différent(e). Oublié(e) Estourbi(e).

Ballet de lumières
Lucioles des rues
Passants noirs corbeaux
Chacun se hâte,
Maison chaude et volets clos.

 

 

Con-férence : les pages lues et relues.

**

photos Maïté L 2

**

Vous, face à l’absurdité de

L’OUBLI

Oublier et faire silence…ou écrire pour oublier…écrire sur les vagues d’un ailleurs, ou écrire l’ici où s’amarrer.
Écrire l’eau tons feuilles mortes flottant à la dérive
écrire le gris insidieux de la pluie lavant les ailleurs. Frissons.
à l’intime de soi d’aujourd’hui
là …le doigt glissant sur la peine
en pleine page, l’encre larme du détachement de l’oubli.

***

photo Maïté L 5

***
                          

RELIRE :

« FRAGILES »

un recueil d’aquarelles si fines, si délicates, soulignées par des mots qui se dessinent sous leurs plumes conjointes de poètes: l’enfance, l’amitié, l’absence , bien d’autres mots …et pour commencer, l’oubli.
 » L’oubli
Il ne restera rien qu’une courbe d’épaule ».
MARTINE DELERM

et

PHILIPPE DELERM, un auteur poète qui me va comme un gant….

Actuellement, sur ma table de chevet du même auteur :

» LES MOTS QUE J’AIME »

Bientôt, « LE GOÛT DES MOTS » de FRANÇOISE HÉRITIER

**

photo Maïté L 6

**

Merci à vous, mes lectrices et lecteurs fidèles d’être là…

**** ♥****

ET LE PRINTEMPS APPORTA SON VENT DE POÉSIE SANS FRONTIÈRES…

vendredi, mars 22nd, 2013

«  Que faut-il donc

pour faire de l’homme

un poème ouvert à tout vent ? »

Il faut sans doute

 « D’un geste et d’un regard

Donner raison

A la beauté de l’autre

 

Affamer chaque instant

 

Voilà maçon

De la pierre à bâtir. »

Jean-Pierre Siméon

***

Copie de DSC_0603

Je ne m’y attendais pas ; j’ai reçu un peu de magie dans mon quotidien, quelque connivence venue illuminer la grisaille de fin d’hiver, un pont de partage .

 Tresser des liens de papier venu tout droit d’Inde, choisir du tissu de couleurs à caresser.

 En faire des rouleaux, des carnets à confidences , réaliser une carte postale, une carte postée dans un temps volé au temps, après avoir été si finement brodée, fleurie en guirlande de fleurettes si délicates.

Recevoir des airs d’ailleurs au parfum d’orange et d’anis, des perles roulant sous les doigts, un petit haïku personnel et une citation de Christian Bobin…dont le dernier livre paru et  commandé a pris, en ce qui me concerne le chemin des champs, puisqu’il se fait désirer !

Le tout, dont chaque détail avait été pensé par Anne à mon intention, fut livré dans  cette enveloppe aux couleurs anis-printemps-espoir-fraîcheur des sentiments, reçue  la veille du jour marquant la nouvelle saison.

Copie de DSC_0594

Merci Anne. Une veilleuse d’humanité et d’amitié  répond à ma faim d’instants de vie poétiquement vécus.Vous la retrouverez ici dans son univers de création qui m’enchante ici:

http://quilt007.free.fr/wordpress3/

***

DSC_0530

 

 http://www.sudouest.fr/2012/01/19/francoise-laly-et-les-ecrivains-latino-americains-609211-2752.php

Comme un bonheur ne vient jamais seul et que je crois aux séries, aux coïncidences, j’enchaînai  la trame poétique et littéraire avec une rencontre.

Il y eut, hier et avant-hier, dans le cadre de la Maison des Cinq sens,

http://www.maisondes5sens.fr/

 

ma deuxième maison, en quelque sorte, cette rencontre avec une voyageuse, traductrice, poète,peintre romancière ; une personnalité lumineuse qui répand la parole venue de l’Amérique du Sud : Françoise Laly.

Qu’ai-je trouvé dans cet univers si différent du mien, mais auquel je me rattache cependant par la langue espagnole ?  L’absence de frontières, une langue qui m’est chère, même si  je ne fais plus que la lire, le désir de voyage littéraire et contemporain.

Dans cette exposition  conçue par  en partenariat avec les auteurs argentins et chiliens que je ne fais qu’évoquer ici (à lire sur sur le blog de la Maison des Cinq Sens),

 j’ai mis mes pas dans les traces de la voyageuse : elle a quelque chose des pèlerins évoqués récemment dans mes billets précédents par son charisme, son amour du voyage, son énergie à faire vivre cette littérature si proche et j’ai trouvé :

des livres susurrant l’ailleurs ; des livres imprimés de pensées profondes et de trames à épouser, des haïkus sans frontière, de ceux qui ont bourlingué et voyagé au-dessus de l’océan Atlantique.

En un mot j’ai aimé cette fenêtre donnant généreusement vers l’horizon poétique.

DSC_0549

Pourquoi  faire un lien entre l’artis-Anne , Françoise Laly et Jean-Pierre Siméon ?

J’ai trouvé dans le recueil de poèmes de Françoise Laly intitulé DICHO LIMITADO/ PAROLE LIMITÉE

Cet extrait de poème ; Il dit Françoise mais il me parle aussi d’Anne et de son amour pour L’Inde

« Elle portait des fleurs dans sa poche

Et les corps de soie vierge

La regardaient passer.

L’arc de ses cheveux

Dessinait sa prochaine planète

Et le dernier rire ébauché

Entre ses dents.

***

Llevó flores en su bolsillo

Y los cuerpos de seda virgen

la miraban pasar.

El arco de sus cabellos

dibujó su próxomo planeta

y la última risa que esbozó

 entre sus dientes… » Françoise Laly

Quant à Jean-Pierre Siméon, il reste pour moi le poète à l’origine du Printemps des poètes et celui qui a écrit  » SANS FRONTIÈRES FIXES« .

A toutes les rencontres, à celles et ceux qui nous font citoyens des songes, citoyens du monde

Sans frontières

Merci/ Gracias.

Maïté L

***************

http://www.maisondes5sens.fr/article-une-exposition-ouverte-sur-le-monde-avec-fran-oise-laly-116359180.html

http://www.maisondes5sens.fr/article-un-pont-par-dessus-l-atlantique-116431824.html

***************************************

 

Deux mille 6, le Port de la Lune

lundi, novembre 5th, 2012

Deux mille 6, le Port De La Lune vu depuis la flèche Saint Michel

Dans le port de la Lune
Les eaux pleurent, gémissent, vomissent.
Elles ont le goût du café, poisseux de sueur luisante.
Noir, Nègre, Négritude,
Oubliés les cris à la dure.
Le sucre coulait de leurs veines, familles éclatées.
L’indigo colorait la marée, les jurons aussi, l’irrespect.
Un tonneau de vin valait un esclave et pas plus,
Toum tom et chaînes de fer à nègre,
Sur les quais, il n’y avait qu’à demander.
La pierre a figé l’empreinte
Des mascarons d’homme noir :
Vie écrasée, laminée, esclavagée.
Trente-six navires au meilleur des années…
Antilles, Guinée
Bordeaux, bordées, transbordées,
Corsaires transocéaniques des Droits de L’homme
La bourse pansue ou la vie :
Que vaut la vie, les blancs ont vite choisi.
Bordeaux, Amsterdam, Hambourg, Londres
Brillent les armes à feu, menaces de l’humanité
Empeste l’alcool, ravage, détruit, ensevelit
Et vogue la précieuse pacotille.
Noir, Nègre, Négritude, horreur!
Parfois le ton osait devenir marron
Dans les cales des navires partis

Du Port de la Lune.

Maité L

Femme noire

jeudi, novembre 1st, 2012

« Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue femme obscure!
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’est
Tam- Tam sculpté, tam-tam fendu qui grondes sous les doigts du Vainqueur
ta voix de contre-alto est le chant spirituel de l’Aimée. »


Léopold Sédar Senghor

***

Poussière de cacao,
tes étincelles de peau
Gravées dans le djembé,
tu chaloupes tes origines,
Bateau tangué à chaque pas.
Rythm and song and co,
éclairs de si claves dans le noir,
résonnent dans ta vie
des éclats de cacao
parsemés dans tes cheveux serrés,
quand deux billes incandescentes
lancent les flammes
qui accrochent le regard.
« Femme presque nue,
femme noire »
Tu dérives et tu tangues
Tu perles la sueur de la danse
Tu donnes aux échos du chant
Ton âme de cacao
de la poussière blanche
sur tes sillons de vie.
Les pieds bien à plat, paumes vers le ciel
le tissu habille le tambour
de tes jours, de tes nuits,
Tu es la savane et les flammes
tu es l’être sauvage
au cœur de l’humanité,
la fière femme noire
venue du fond des âges
frapper à la porte
de l’avenir d’un continent.

Maïté L, 2007

***

Actuellement, je suis confrontée à la fermeture de MULTIPLY(1er décembre) et de mon blog VOYAGE EN POÉMIE. Aussi ai-je décidé de sauvegarder quelques traces de ce qui fut mon premier blog et une formidable aventure de communication. Je lis, je relie par le bout des mots et des images, je fais mémoire et probablement quelques textes comme celui-ci ,  aboutiront-ils ici; ne serait-ce que parce que j’ai aimé ces premiers pas en expression, mes premières expressions de blog.

Rêves perlés d’estuaire -2-

dimanche, octobre 7th, 2012

Rêves  perlés d’estuaire

Bois de rose dans l’or du couchant
Perles de brume à peine voilée
et bleu-gris jeté dans les filets
des carrelets juchés sur leurs pieux
partis à la rencontre de la marée .


quand les rêves de silence
conduisent au bord de l’eau…


Soudain,

tout contre notre cœur frissonnant
 tremblent les reflets émouvants

d’une barque comme posée
sur la ligne des flots…

Les roseaux sur le devant de la scène

 opinent du bonnet et se courbent
en offrande à la brise
compagne discrète des premières virées.

Février descend sur l’estuaire apaisé

Il est temps de suivre les lueurs

Menant à la ville trop tôt retrouvée.

© Maïté L