Archive for the ‘Poésie’ Category

Clair obscur

Vendredi, août 22nd, 2014

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Clair obscur

Sur les poubelles

Reposait nonchalamment

La belle alanguie

A la nuit tombée

Pas un cil, rien ne bougeait

Hormis le passant.

Comme il s’approchait

Il tiqua légèrement

Mais la raison sut garder

Se dit qu’en ces lieux

Des vacanciers désertés

Grand ménage fut fait

Plusieurs mains expertes

L’avaient disposée

Pour qu’une seconde vie fut offerte

A la rescapée

D’un zoo très familier

Où l’humeur avait changé.

Le cliché fut pris

La distance bien gardée

Dans le silence complice.

Qui choisirait-elle

Muscles et griffes bien cachés

Sous le poil lustré ?

Le rêve préservé,

Dans la nuit glissait

Au matin elle s’éveillerait…

♥♥

 Août 2014

Mon GRAND bonheur du jour: La boîte à couture lue par Sagine

Vendredi, décembre 6th, 2013

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Mon GRAND bonheur du jour,

c’est celui d’entendre  mon poème « La boîte à couture »

que j’ai intitulé

« Petite musique et mise au pas » ,

lu par MARTINE BRESSAN sur son site:

DE MES YEUX A MES OREILLES

 Vous pouvez l’écouter ici:

http://mesyeuxvosoreilles.free.fr/204-miseaupas-MLadrat

.

Sagine, je t’adresse mes plus vifs remerciements. Tu es loin de mesurer toute  la portée du plaisir que tu peux m’apporter pour bien d’autres raisons encore que celles que tu connais.

Je lis actuellement

LE GOÛT DES MOTS »

de  FRANÇOISE LHÉRITIER

et elle évoque justement ceci:

« je ne peux m’empêcher d’associer ce goût pour les mots au goût pour les boîtes qui me possède aussi depuis l’enfance et de tous les tiroirs remplis de ces choses délicieuses pour l’esprit que sont la mercerie et la passementerie, les boutons, fusettes, bobines, rubans, boutons-pression, gros-grains, extraforts, fils, laines, cotons mercerisés, dentelles, doublures, aiguilles, épingles de nourrice… »

Elle continue d’ailleurs avec la petite quincaillerie.

Je me sens très proche des sensations de cette grande dame avec mon texte écrit il y a de nombreuses années déjà, exhumé d’ un fond de tiroir.Lecteurs,vous m’avez prouvé que vous aussi êtes sur le même registre, dans mon billet précédent.

Petite musique et mise au pas

Mardi, novembre 26th, 2013

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***

A une fée de l’aiguille nommée Anne…

http://quilt007.free.fr/wordpress3/

 

De ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

S’échappaient par ses flancs

En faisant grincer sa fermeture

Des bouts de ficelle et des rubans,

Un joyeux méli-mélo coloré,

Des bouts de tout, des bouts de rien,

Des souvenirs amusants

Et des boutons dépareillés.

C’est si ennuyeux un bouton

Qui vient à manquer !

Elles sont si traîtresses

Les aiguilles piquées

Dans des bobines qui ne demandent

Qu’à tomber et se dérouler

Sous la patte de la chatte aux aguets !

Soudain surgit de nulle part

Un dé trop petit ayant accompagné

De mon enfance les premiers essais !

Voilà les doigts piqués, les jurons envolés

C’est dangereux une aiguille dédaignée !

De ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

Il fallait voir ses flancs pansus !

Ils menaçaient de déverser

Des épingles n’en faisant qu’à leur tête

Et d’autres pour réparer l’irréparable

Celles que l’on dit de sûreté.

Quant à ces bouts de tissu, ces perles amassées

Venus de cette robe-fleur, je les avais oubliés !

Pourtant elle avait accompagné des pas de deux

Dans un joyeux élan amoureux !

Vint le tour des écheveaux de laine abandonnés

Et des scratch bien pratiques qui faisaient scrouitch

Sur des étiquettes  qui disaient son nom

Quand le petit fit ses premières valises.

J’entrepris alors, parce qu’il le fallait bien,

De vider peu à peu tous ces bouts de vie

Ces « ça peut servir, ces bouts de rien

De mettre bon ordre au fouillis du passé.

De ma vieille boîte à couture

De toutes les images de ses trente ans

J’ai déroulé à mon tour ce symbole de femme

Parce que chacune se devait

D’avoir son trésor, sa boîte d’intervention

En urgence ou en décoration.

Et je me souviens maintenant

De ces rares après-midi

Où ma mère enfin s’asseyait

Dans un cérémonial bien ordonnancé :

ELLE AVAIT DE LA COUTURE !

Chaque bouton était renforcé

Et les misères reprisées

Les ourlets c’était de la bagatelle

On vous tournait un col de chemise

On remplaçait de la jupe, l’élastique :

Deuxième jeunesse obligée !

Que reste-t-il de la couture

Dans un monde de  prêt-à- jeter ?

J’aime toujours revoir les  boutons,

Ils fleurirent parfois à la boutonnière.

J’aime faire un point par-ci, un point par-là

Comme si les aiguilles esquissaient sur la toile

Un simple pas de danse.

J’aime fouiller dans la boîte

Trouver le petit chose, le petit rien

Qui fera qu’ avec ma boîte à couture

Vieille de plus de trente ans

Je trouve enfin le tout  petit bonheur du jour.

 

Texte inédit jusque- là  Maïté Ladrat/ novembre 2013

***

Un portrait de dame réalisant un boutis.

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Novembre: L’envers du décor

Vendredi, novembre 22nd, 2013

photo Maïté L 3

 **

 « Un homme est plus un homme par les choses qu’il tait que par celles qu’il dit. »

ALBERT CAMUS/ Le mythe de Sisyphe

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photo Maïté L 4

**

Dans la vie de tous les jours :

Indifférence : chemins parallèles où le regard est vide, où pousse le silence froid de l’hiver. L’oubli y fait aussi son lit.

Le brouillard a peint en gris
le ciel, les rues, les passants.
Il a tout pris dans ses voiles
Mis les sons en sourdine
rangé les couleurs de l’automne.
Les heures du jour sans surprise
s’allongent du matin au soir.

Différence : bulles hermétiques posées à même le sol. Brume cachant le ciel. Vue bouchée. Au pire, le brouillard et vous, assis(e) sur un rocher au milieu des flots. Vous ou Sisyphe. Solitude face à la complaisance qui rassemble…mais ailleurs, dans un autre monde que celui de l’amer.

Les heures du jour sans surprise
s’allongent du matin au soir.
Puis la nuit est venue
plus grise, plus noire,
plus humide.

Circonférence : le cercle des idées consensuelles. Les amis des amis. Le tourbillon est tel que vous restez sur le bord du chemin. Différent(e). Oublié(e) Estourbi(e).

Ballet de lumières
Lucioles des rues
Passants noirs corbeaux
Chacun se hâte,
Maison chaude et volets clos.

 

 

Con-férence : les pages lues et relues.

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photos Maïté L 2

**

Vous, face à l’absurdité de

L’OUBLI

Oublier et faire silence…ou écrire pour oublier…écrire sur les vagues d’un ailleurs, ou écrire l’ici où s’amarrer.
Écrire l’eau tons feuilles mortes flottant à la dérive
écrire le gris insidieux de la pluie lavant les ailleurs. Frissons.
à l’intime de soi d’aujourd’hui
là …le doigt glissant sur la peine
en pleine page, l’encre larme du détachement de l’oubli.

***

photo Maïté L 5

***
                          

RELIRE :

« FRAGILES »

un recueil d’aquarelles si fines, si délicates, soulignées par des mots qui se dessinent sous leurs plumes conjointes de poètes: l’enfance, l’amitié, l’absence , bien d’autres mots …et pour commencer, l’oubli.
 » L’oubli
Il ne restera rien qu’une courbe d’épaule ».
MARTINE DELERM

et

PHILIPPE DELERM, un auteur poète qui me va comme un gant….

Actuellement, sur ma table de chevet du même auteur :

» LES MOTS QUE J’AIME »

Bientôt, « LE GOÛT DES MOTS » de FRANÇOISE HÉRITIER

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photo Maïté L 6

**

Merci à vous, mes lectrices et lecteurs fidèles d’être là…

**** ♥****

ET LE PRINTEMPS APPORTA SON VENT DE POÉSIE SANS FRONTIÈRES…

Vendredi, mars 22nd, 2013

«  Que faut-il donc

pour faire de l’homme

un poème ouvert à tout vent ? »

Il faut sans doute

 « D’un geste et d’un regard

Donner raison

A la beauté de l’autre

 

Affamer chaque instant

 

Voilà maçon

De la pierre à bâtir. »

Jean-Pierre Siméon

***

Copie de DSC_0603

Je ne m’y attendais pas ; j’ai reçu un peu de magie dans mon quotidien, quelque connivence venue illuminer la grisaille de fin d’hiver, un pont de partage .

 Tresser des liens de papier venu tout droit d’Inde, choisir du tissu de couleurs à caresser.

 En faire des rouleaux, des carnets à confidences , réaliser une carte postale, une carte postée dans un temps volé au temps, après avoir été si finement brodée, fleurie en guirlande de fleurettes si délicates.

Recevoir des airs d’ailleurs au parfum d’orange et d’anis, des perles roulant sous les doigts, un petit haïku personnel et une citation de Christian Bobin…dont le dernier livre paru et  commandé a pris, en ce qui me concerne le chemin des champs, puisqu’il se fait désirer !

Le tout, dont chaque détail avait été pensé par Anne à mon intention, fut livré dans  cette enveloppe aux couleurs anis-printemps-espoir-fraîcheur des sentiments, reçue  la veille du jour marquant la nouvelle saison.

Copie de DSC_0594

Merci Anne. Une veilleuse d’humanité et d’amitié  répond à ma faim d’instants de vie poétiquement vécus.Vous la retrouverez ici dans son univers de création qui m’enchante ici:

http://quilt007.free.fr/wordpress3/

***

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 http://www.sudouest.fr/2012/01/19/francoise-laly-et-les-ecrivains-latino-americains-609211-2752.php

Comme un bonheur ne vient jamais seul et que je crois aux séries, aux coïncidences, j’enchaînai  la trame poétique et littéraire avec une rencontre.

Il y eut, hier et avant-hier, dans le cadre de la Maison des Cinq sens,

http://www.maisondes5sens.fr/

 

ma deuxième maison, en quelque sorte, cette rencontre avec une voyageuse, traductrice, poète,peintre romancière ; une personnalité lumineuse qui répand la parole venue de l’Amérique du Sud : Françoise Laly.

Qu’ai-je trouvé dans cet univers si différent du mien, mais auquel je me rattache cependant par la langue espagnole ?  L’absence de frontières, une langue qui m’est chère, même si  je ne fais plus que la lire, le désir de voyage littéraire et contemporain.

Dans cette exposition  conçue par  en partenariat avec les auteurs argentins et chiliens que je ne fais qu’évoquer ici (à lire sur sur le blog de la Maison des Cinq Sens),

 j’ai mis mes pas dans les traces de la voyageuse : elle a quelque chose des pèlerins évoqués récemment dans mes billets précédents par son charisme, son amour du voyage, son énergie à faire vivre cette littérature si proche et j’ai trouvé :

des livres susurrant l’ailleurs ; des livres imprimés de pensées profondes et de trames à épouser, des haïkus sans frontière, de ceux qui ont bourlingué et voyagé au-dessus de l’océan Atlantique.

En un mot j’ai aimé cette fenêtre donnant généreusement vers l’horizon poétique.

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Pourquoi  faire un lien entre l’artis-Anne , Françoise Laly et Jean-Pierre Siméon ?

J’ai trouvé dans le recueil de poèmes de Françoise Laly intitulé DICHO LIMITADO/ PAROLE LIMITÉE

Cet extrait de poème ; Il dit Françoise mais il me parle aussi d’Anne et de son amour pour L’Inde

« Elle portait des fleurs dans sa poche

Et les corps de soie vierge

La regardaient passer.

L’arc de ses cheveux

Dessinait sa prochaine planète

Et le dernier rire ébauché

Entre ses dents.

***

Llevó flores en su bolsillo

Y los cuerpos de seda virgen

la miraban pasar.

El arco de sus cabellos

dibujó su próxomo planeta

y la última risa que esbozó

 entre sus dientes… » Françoise Laly

Quant à Jean-Pierre Siméon, il reste pour moi le poète à l’origine du Printemps des poètes et celui qui a écrit  » SANS FRONTIÈRES FIXES« .

A toutes les rencontres, à celles et ceux qui nous font citoyens des songes, citoyens du monde

Sans frontières

Merci/ Gracias.

Maïté L

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http://www.maisondes5sens.fr/article-une-exposition-ouverte-sur-le-monde-avec-fran-oise-laly-116359180.html

http://www.maisondes5sens.fr/article-un-pont-par-dessus-l-atlantique-116431824.html

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Deux mille 6, le Port de la Lune

Lundi, novembre 5th, 2012

Deux mille 6, le Port De La Lune vu depuis la flèche Saint Michel

Dans le port de la Lune
Les eaux pleurent, gémissent, vomissent.
Elles ont le goût du café, poisseux de sueur luisante.
Noir, Nègre, Négritude,
Oubliés les cris à la dure.
Le sucre coulait de leurs veines, familles éclatées.
L’indigo colorait la marée, les jurons aussi, l’irrespect.
Un tonneau de vin valait un esclave et pas plus,
Toum tom et chaînes de fer à nègre,
Sur les quais, il n’y avait qu’à demander.
La pierre a figé l’empreinte
Des mascarons d’homme noir :
Vie écrasée, laminée, esclavagée.
Trente-six navires au meilleur des années…
Antilles, Guinée
Bordeaux, bordées, transbordées,
Corsaires transocéaniques des Droits de L’homme
La bourse pansue ou la vie :
Que vaut la vie, les blancs ont vite choisi.
Bordeaux, Amsterdam, Hambourg, Londres
Brillent les armes à feu, menaces de l’humanité
Empeste l’alcool, ravage, détruit, ensevelit
Et vogue la précieuse pacotille.
Noir, Nègre, Négritude, horreur!
Parfois le ton osait devenir marron
Dans les cales des navires partis

Du Port de la Lune.

Maité L

Femme noire

Jeudi, novembre 1st, 2012

« Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue femme obscure!
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’est
Tam- Tam sculpté, tam-tam fendu qui grondes sous les doigts du Vainqueur
ta voix de contre-alto est le chant spirituel de l’Aimée. »


Léopold Sédar Senghor

***

Poussière de cacao,
tes étincelles de peau
Gravées dans le djembé,
tu chaloupes tes origines,
Bateau tangué à chaque pas.
Rythm and song and co,
éclairs de si claves dans le noir,
résonnent dans ta vie
des éclats de cacao
parsemés dans tes cheveux serrés,
quand deux billes incandescentes
lancent les flammes
qui accrochent le regard.
« Femme presque nue,
femme noire »
Tu dérives et tu tangues
Tu perles la sueur de la danse
Tu donnes aux échos du chant
Ton âme de cacao
de la poussière blanche
sur tes sillons de vie.
Les pieds bien à plat, paumes vers le ciel
le tissu habille le tambour
de tes jours, de tes nuits,
Tu es la savane et les flammes
tu es l’être sauvage
au cœur de l’humanité,
la fière femme noire
venue du fond des âges
frapper à la porte
de l’avenir d’un continent.

Maïté L, 2007

***

Actuellement, je suis confrontée à la fermeture de MULTIPLY(1er décembre) et de mon blog VOYAGE EN POÉMIE. Aussi ai-je décidé de sauvegarder quelques traces de ce qui fut mon premier blog et une formidable aventure de communication. Je lis, je relie par le bout des mots et des images, je fais mémoire et probablement quelques textes comme celui-ci ,  aboutiront-ils ici; ne serait-ce que parce que j’ai aimé ces premiers pas en expression, mes premières expressions de blog.

Rêves perlés d’estuaire -2-

Dimanche, octobre 7th, 2012

Rêves  perlés d’estuaire

Bois de rose dans l’or du couchant
Perles de brume à peine voilée
et bleu-gris jeté dans les filets
des carrelets juchés sur leurs pieux
partis à la rencontre de la marée .


quand les rêves de silence
conduisent au bord de l’eau…


Soudain,

tout contre notre cœur frissonnant
 tremblent les reflets émouvants

d’une barque comme posée
sur la ligne des flots…

Les roseaux sur le devant de la scène

 opinent du bonnet et se courbent
en offrande à la brise
compagne discrète des premières virées.

Février descend sur l’estuaire apaisé

Il est temps de suivre les lueurs

Menant à la ville trop tôt retrouvée.

© Maïté L

Le port de Sète

Lundi, septembre 10th, 2012

© Le port de Sète 61×38/* Marithé*

http://cerisemarithe.wordpress.com/2012/08/16/le-port-de-sete/

et ce que ce tableau m’a dit à l’oreille…

 

Sète

Était-ce le reflet

 Des cabanes colorées  échues à  la margelle de l’eau ?

Était-ce du ciel de traîne

La réponse de la terre à mer en damier

Pianotant la caresse d’un ultime souffle d’air ?

Tout se consume, s’unifie, se joue furtivement

sous la coque du bateau majestueux effaçant le mouillage.

Et puis

l’Univers finement poudré,

se répand

 dans la lumière irréelle du rêve.

S’offre alors une heure incertaine

le velouté du silence, la profondeur invisible

Tandis que perle le couchant chaleureux

inondé

De ciel-vert- ou d’eaux sémillantes

La part de Sète-ou d’ailleurs- la vie suspendue dans ses reflets,

Sans un frémissement.

Là, le géant posé sans une ride

pour un baiser de nuit

Aux cabanes.

Les mâts qui leur disaient oui

Qui leur disaient non

C’était au temps d’avant

Dans l’outre primitive du plein jour.

Puis désormais ils scandent doucement l’harmonie

 Immobile…immobile…immobile.

 

© Maïté L 10/09/2012

***

Oter des maux aux mots

Idolâtres et sans repères, les Noms Dupes errent,
De leurs combes et leurs failles. Arrondis les caps,
Droit devant, aligne les passes d’un port clément,
Sans mal de terre, encore en vie tout simplement.

Fi des dérives, de destruction et sur le môle repose
Les pieds là où tes jambes te porteront. Contemple
Sans nostalgie les reflets irisés d’huiles odorantes,
L’étrave de ton esquif, la proue rouille du chalutier.

Œil sans orgueil sur la mer, sans ton désordre, elle
Demeure. Adieu ne convient et à jamais fleure trop
Vulgaire. L’eau saline garde ta coque de noix à flot.
A quai hume le rivage la foule les enfants et dévore.

Dans ce jardin, garde un peu de ta folle sauvagerie,
Sème un rien d’harmonie. Sans mépris mélange toi,
Avec respect vas ton chemin selon ton goût. Dépose
Tes peurs, ta timidité, et fais droit au temps à courir.

Frantz

 

***

Le Ciel, l’Eau, les Reflets,
Jeux de couleurs, Nuances en fondus,
Ici ou ailleurs,
Un peu de liberté…
Autant de prétextes-espoirs,
Espoirs d’une atmosphère qui désire émerger
Et faire naître sensations, émotions, rêves…
Tout est calme… Le temps est suspendu…
Dans l’attente d’une harmonie nacrée …

Marithé

A la mode de…

Mercredi, avril 11th, 2012

***

Un merle sur l’appentis haut perché

Tenait en son bec des propos printaniers.

Gonflant ses plumes par la pluie froissées

 Et se secouant sans arrêt, comme un prunier,

Il lui importait d’être  bien plus que princier,

De convier dans son royaume, haut et fort

La belle promise à plusieurs couvées

 Et de ses amours se faire le troubadour.

La girouette à tous les vents capricieux vouée

Faillit en perdre l’équilibre et le nord.

Le merle plein ouest ouvrait grand le bec

Gonflait sa gorge, piétinait et d’audace

Trillait, sifflait, et s’assoiffait sur la scène

Avant de redevenir un simple oiseau du jardin.

Il lui fallut bien redescendre au ras des pâquerettes

Boire à petites gorgées répétées car il s’était démené

Et s’ébrouer généreusement dans le baquet  prévu à cet effet.

Devant un public ravi, et qui ne ménagea pas ses compliments,

Il décida qu’on l’y reprendrait à venir réchauffer l’atmosphère

Des jours mouillés d’un temps pas toujours grisant.

Maïté L

 

 

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Photos  à la mode de  chez nous.