Archive for the ‘Poésie’ Category
Vendredi, mars 22nd, 2013
« Que faut-il donc
pour faire de l’homme
un poème ouvert à tout vent ? »
Il faut sans doute
« D’un geste et d’un regard
Donner raison
A la beauté de l’autre
Affamer chaque instant
Voilà maçon
De la pierre à bâtir. »
Jean-Pierre Siméon
***

Je ne m’y attendais pas ; j’ai reçu un peu de magie dans mon quotidien, quelque connivence venue illuminer la grisaille de fin d’hiver, un pont de partage .
Tresser des liens de papier venu tout droit d’Inde, choisir du tissu de couleurs à caresser.
En faire des rouleaux, des carnets à confidences , réaliser une carte postale, une carte postée dans un temps volé au temps, après avoir été si finement brodée, fleurie en guirlande de fleurettes si délicates.
Recevoir des airs d’ailleurs au parfum d’orange et d’anis, des perles roulant sous les doigts, un petit haïku personnel et une citation de Christian Bobin…dont le dernier livre paru et commandé a pris, en ce qui me concerne le chemin des champs, puisqu’il se fait désirer !
Le tout, dont chaque détail avait été pensé par Anne à mon intention, fut livré dans cette enveloppe aux couleurs anis-printemps-espoir-fraîcheur des sentiments, reçue la veille du jour marquant la nouvelle saison.

Merci Anne. Une veilleuse d’humanité et d’amitié répond à ma faim d’instants de vie poétiquement vécus.Vous la retrouverez ici dans son univers de création qui m’enchante ici:
***

Comme un bonheur ne vient jamais seul et que je crois aux séries, aux coïncidences, j’enchaînai la trame poétique et littéraire avec une rencontre.
Il y eut, hier et avant-hier, dans le cadre de la Maison des Cinq sens,
ma deuxième maison, en quelque sorte, cette rencontre avec une voyageuse, traductrice, poète,peintre romancière ; une personnalité lumineuse qui répand la parole venue de l’Amérique du Sud : Françoise Laly.
Qu’ai-je trouvé dans cet univers si différent du mien, mais auquel je me rattache cependant par la langue espagnole ? L’absence de frontières, une langue qui m’est chère, même si je ne fais plus que la lire, le désir de voyage littéraire et contemporain.
Dans cette exposition conçue par en partenariat avec les auteurs argentins et chiliens que je ne fais qu’évoquer ici (à lire sur sur le blog de la Maison des Cinq Sens),
j’ai mis mes pas dans les traces de la voyageuse : elle a quelque chose des pèlerins évoqués récemment dans mes billets précédents par son charisme, son amour du voyage, son énergie à faire vivre cette littérature si proche et j’ai trouvé :
des livres susurrant l’ailleurs ; des livres imprimés de pensées profondes et de trames à épouser, des haïkus sans frontière, de ceux qui ont bourlingué et voyagé au-dessus de l’océan Atlantique.
En un mot j’ai aimé cette fenêtre donnant généreusement vers l’horizon poétique.

Pourquoi faire un lien entre l’artis-Anne , Françoise Laly et Jean-Pierre Siméon ?
J’ai trouvé dans le recueil de poèmes de Françoise Laly intitulé DICHO LIMITADO/ PAROLE LIMITÉE
Cet extrait de poème ; Il dit Françoise mais il me parle aussi d’Anne et de son amour pour L’Inde
« Elle portait des fleurs dans sa poche
Et les corps de soie vierge
La regardaient passer.
L’arc de ses cheveux
Dessinait sa prochaine planète
Et le dernier rire ébauché
Entre ses dents.
***
Llevó flores en su bolsillo
Y los cuerpos de seda virgen
la miraban pasar.
El arco de sus cabellos
dibujó su próxomo planeta
y la última risa que esbozó
entre sus dientes… » Françoise Laly
Quant à Jean-Pierre Siméon, il reste pour moi le poète à l’origine du Printemps des poètes et celui qui a écrit » SANS FRONTIÈRES FIXES« .
A toutes les rencontres, à celles et ceux qui nous font citoyens des songes, citoyens du monde
Sans frontières
Merci/ Gracias.
Maïté L
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Lundi, novembre 5th, 2012

Deux mille 6, le Port De La Lune vu depuis la flèche Saint Michel
Dans le port de la Lune
Les eaux pleurent, gémissent, vomissent.
Elles ont le goût du café, poisseux de sueur luisante.
Noir, Nègre, Négritude,
Oubliés les cris à la dure.
Le sucre coulait de leurs veines, familles éclatées.
L’indigo colorait la marée, les jurons aussi, l’irrespect.
Un tonneau de vin valait un esclave et pas plus,
Toum tom et chaînes de fer à nègre,
Sur les quais, il n’y avait qu’à demander.
La pierre a figé l’empreinte
Des mascarons d’homme noir :
Vie écrasée, laminée, esclavagée.
Trente-six navires au meilleur des années…
Antilles, Guinée
Bordeaux, bordées, transbordées,
Corsaires transocéaniques des Droits de L’homme
La bourse pansue ou la vie :
Que vaut la vie, les blancs ont vite choisi.
Bordeaux, Amsterdam, Hambourg, Londres
Brillent les armes à feu, menaces de l’humanité
Empeste l’alcool, ravage, détruit, ensevelit
Et vogue la précieuse pacotille.
Noir, Nègre, Négritude, horreur!
Parfois le ton osait devenir marron
Dans les cales des navires partis
Du Port de la Lune.
Maité L
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Jeudi, novembre 1st, 2012

« Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle
Femme nue femme obscure!
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fait lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’est
Tam- Tam sculpté, tam-tam fendu qui grondes sous les doigts du Vainqueur
ta voix de contre-alto est le chant spirituel de l’Aimée. »
Léopold Sédar Senghor
***
Poussière de cacao,
tes étincelles de peau
Gravées dans le djembé,
tu chaloupes tes origines,
Bateau tangué à chaque pas.
Rythm and song and co,
éclairs de si claves dans le noir,
résonnent dans ta vie
des éclats de cacao
parsemés dans tes cheveux serrés,
quand deux billes incandescentes
lancent les flammes
qui accrochent le regard.
« Femme presque nue,
femme noire »
Tu dérives et tu tangues
Tu perles la sueur de la danse
Tu donnes aux échos du chant
Ton âme de cacao
de la poussière blanche
sur tes sillons de vie.
Les pieds bien à plat, paumes vers le ciel
le tissu habille le tambour
de tes jours, de tes nuits,
Tu es la savane et les flammes
tu es l’être sauvage
au cœur de l’humanité,
la fière femme noire
venue du fond des âges
frapper à la porte
de l’avenir d’un continent.
Maïté L, 2007
***
Actuellement, je suis confrontée à la fermeture de MULTIPLY(1er décembre) et de mon blog VOYAGE EN POÉMIE. Aussi ai-je décidé de sauvegarder quelques traces de ce qui fut mon premier blog et une formidable aventure de communication. Je lis, je relie par le bout des mots et des images, je fais mémoire et probablement quelques textes comme celui-ci , aboutiront-ils ici; ne serait-ce que parce que j’ai aimé ces premiers pas en expression, mes premières expressions de blog.
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Dimanche, octobre 7th, 2012

Rêves perlés d’estuaire
Bois de rose dans l’or du couchant
Perles de brume à peine voilée
et bleu-gris jeté dans les filets
des carrelets juchés sur leurs pieux
partis à la rencontre de la marée .

quand les rêves de silence
conduisent au bord de l’eau…

Soudain,
tout contre notre cœur frissonnant
tremblent les reflets émouvants
d’une barque comme posée
sur la ligne des flots…

Les roseaux sur le devant de la scène
opinent du bonnet et se courbent
en offrande à la brise
compagne discrète des premières virées.

Février descend sur l’estuaire apaisé
Il est temps de suivre les lueurs
Menant à la ville trop tôt retrouvée.
© Maïté L

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Lundi, septembre 10th, 2012

© Le port de Sète 61×38/* Marithé*
et ce que ce tableau m’a dit à l’oreille…
Sète
Était-ce le reflet
Des cabanes colorées échues à la margelle de l’eau ?
Était-ce du ciel de traîne
La réponse de la terre à mer en damier
Pianotant la caresse d’un ultime souffle d’air ?
Tout se consume, s’unifie, se joue furtivement
sous la coque du bateau majestueux effaçant le mouillage.
Et puis
l’Univers finement poudré,
se répand
dans la lumière irréelle du rêve.
S’offre alors une heure incertaine
le velouté du silence, la profondeur invisible
Tandis que perle le couchant chaleureux
inondé
De ciel-vert- ou d’eaux sémillantes
La part de Sète-ou d’ailleurs- la vie suspendue dans ses reflets,
Sans un frémissement.
Là, le géant posé sans une ride
pour un baiser de nuit
Aux cabanes.
Les mâts qui leur disaient oui
Qui leur disaient non
C’était au temps d’avant
Dans l’outre primitive du plein jour.
Puis désormais ils scandent doucement l’harmonie
Immobile…immobile…immobile.
© Maïté L 10/09/2012
***
Oter des maux aux mots
Idolâtres et sans repères, les Noms Dupes errent,
De leurs combes et leurs failles. Arrondis les caps,
Droit devant, aligne les passes d’un port clément,
Sans mal de terre, encore en vie tout simplement.
Fi des dérives, de destruction et sur le môle repose
Les pieds là où tes jambes te porteront. Contemple
Sans nostalgie les reflets irisés d’huiles odorantes,
L’étrave de ton esquif, la proue rouille du chalutier.
Œil sans orgueil sur la mer, sans ton désordre, elle
Demeure. Adieu ne convient et à jamais fleure trop
Vulgaire. L’eau saline garde ta coque de noix à flot.
A quai hume le rivage la foule les enfants et dévore.
Dans ce jardin, garde un peu de ta folle sauvagerie,
Sème un rien d’harmonie. Sans mépris mélange toi,
Avec respect vas ton chemin selon ton goût. Dépose
Tes peurs, ta timidité, et fais droit au temps à courir.
Frantz
***
Le Ciel, l’Eau, les Reflets,
Jeux de couleurs, Nuances en fondus,
Ici ou ailleurs,
Un peu de liberté…
Autant de prétextes-espoirs,
Espoirs d’une atmosphère qui désire émerger
Et faire naître sensations, émotions, rêves…
Tout est calme… Le temps est suspendu…
Dans l’attente d’une harmonie nacrée …
Marithé
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Mercredi, avril 11th, 2012

***

Un merle sur l’appentis haut perché
Tenait en son bec des propos printaniers.
Gonflant ses plumes par la pluie froissées
Et se secouant sans arrêt, comme un prunier,
Il lui importait d’être bien plus que princier,
De convier dans son royaume, haut et fort
La belle promise à plusieurs couvées
Et de ses amours se faire le troubadour.
La girouette à tous les vents capricieux vouée
Faillit en perdre l’équilibre et le nord.
Le merle plein ouest ouvrait grand le bec
Gonflait sa gorge, piétinait et d’audace
Trillait, sifflait, et s’assoiffait sur la scène
Avant de redevenir un simple oiseau du jardin.
Il lui fallut bien redescendre au ras des pâquerettes
Boire à petites gorgées répétées car il s’était démené
Et s’ébrouer généreusement dans le baquet prévu à cet effet.
Devant un public ravi, et qui ne ménagea pas ses compliments,
Il décida qu’on l’y reprendrait à venir réchauffer l’atmosphère
Des jours mouillés d’un temps pas toujours grisant.
Maïté L

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Photos à la mode de chez nous.
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Mardi, août 23rd, 2011

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Sur un tableau de Cerise-Marithé(65×46), un prolongement en mots.
Mes remerciements vont à celle qui sait donner des couleurs à mes rêves.
***
La Vague
Intrépide elle frémit
Comme en liesse
Vient à la rencontre
Du ciel limpide,
Comme timide.
Elle creuse
Façonne les parois
Du vertige,
Attise son élan, joue ses gammes
Tout en nuances.
Elle danse
Toujours plus haut, la gueuse.
Dans sa main de rosée, coquille boudeuse
Elle jette ses lèvres et des baisers plume,
D’écume.
Sitôt née, elle dit adieu
De son corps de féline moisson
Souple, joyeuse et nacrée.
Tendue vers le ciel jaillit la tentation
En échos diaprés.
Le sel goutte à goutte réveille la clarté
D’aurore
Venue pour la chevaucher en
Ailes au cœur de pierre
La belle précieuse.
La Vague
Elle surgit à sa guise
Jamais aucun humain ne l’a prise
Jamais, dans ses mains il ne l’a tenue.
Elle s’élève jusqu’au paroxysme
Et puis se fond en glissant dans l’oubli.
La suivante sera plus sauvage, plus rugissante
Ou plus docile, plus captive
Plus ensorceleuse aussi.
Les forces abyssales ou célestes
Garderont la mémoire lilas de la lumière
Et le parfum du sable mêlé aux frissons
Des profondeurs vertébrées d’émeraudes.
Elle va, elle vient
Vague après vague
Elle divague
De ciel en mer
La Vague
L’unique
Celle de l’instant.
Maïté L
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Lundi, août 22nd, 2011

Couvent des Annonciades/ Bordeaux
***
Taguée par Lali, tout simplement, je joue le jeu de La Femme de La Renaissance.
Et là…me voilà bien embarrassée car je la voudrais un peu rebelle, éprise d’art et bien de son temps.
Non, je ne peux choisir Aliénor d’Aquitaine puisqu’elle est née bien avant. Je me languis de cette infidélité historique: que ne sont-ils nés quelques années plus tard elle deux fois reine et ses troubadours.Je suis plus familiarisée avec le Moyen-Âge pour tout vous dire.
Non je ne peux choisir la reine Margot et son château de Cazeneuve en Gironde, lieu où elle cachait ses amours au roi Henri IV dans les souterrains et au bord du ruisseau:née trop tard! Pourtant je vous assure que ce personnage aurait été digne de la Renaissance.
Mais j’irai donc du côté de Lyon et je choisirai…une poétesse, jeune qui s’est consumée d’amour et dont la chandelle des ans s’est bien vite éteinte. Je veux citer PERNETTE DU GUILLET(1520 ?-1545) .
Dames, s’il est permis
***
Dames, s’il est permis
Que l’amour appetisse
Entre deux coeurs promis,
Faisons pareil office :
Lors la légèreté
Prendra sa fermeté.
***
S’ils nous disent volages
Pour nous en divertir :
Assurons nos courages
De ne nous repentir,
Puis que leur amitié
Est moins, que de moitié.
***
Se voulant excuser,
Que leur moitié perdue
Peut ainsi abuser
Tant qu’elle soit rendue :
La loi pour nous fut faite
Empruntant leur défaite.
***
Si j’eusse été apprise
Comme il fallait aimer,
je n’eusse été reprise
Du feu trop allumer
Qu’éteindre j’ai bien su,
Quand je l’ai aperçu.
***
Ne nous ébahissons
Si le vouloir nous change :
Car d’eux nous connaissons
La vie tant étrange,
Qu’elle nous a permis
Infinité d’amis.
***
Mais puis qu’occasion
Nous a été donnée,
Que notre passion
Soit à eux adonnée :
Amour nous vengera,
Quand foi les rangera.
(Chanson V)
***
Elle rencontre MAURICE SCEVE au printemps 1536 ; il a trente-cinq ans et elle seize. Elle devient son élève. Leur amour impossible devient la source d’inspiration de ses poèmes, publiés post-mortem par son mari en1545 sous le titre Rymes de gentille et vertueuse dame, Pernette du Guillet. La plupart de ses vers ont été écrits pour être mis en musique et chantés. Quant à MAURICE SCEVE il publie Délie, un recueil de poèmes qu’il lui dédie sans la nommer.
PERNETTE DU GUILLET est morte à 25 ans, de la peste; hélas.
***
MAURICE SCEVE a écrit ceci: quel sublime aveu qui me va droit au coeur:
Plutôt serons Rhône et Saône déjoints
Que d’avec toi mon cœur se désassemble;
Plutôt seront l’un et l’autre Monts joints,
Qu’avecques nous aucun discord s’assemble;
Plutôt verrons et toi et moi ensemble
Le Rhône aller contremont lentement,
Saône monter très violentement,
Que ce mien feu, tant soit peu, diminue,
Nique ma foi décroisse aucunement.
car ferme amour sans eux est plus que nue.
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Romantique moi? Peut-être…Peut-être…
Mais contente de trouver une belle romance, une poétesse dans ces ans où elles ne fleurissaient guère en nombre et puis
Je passe le flambeau du tag de la Femme de la Renaissance à Lautreje et à Maria-D ainsi qu’à Cerise-Marithé.
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Pour en savoir plus sur Pernette Du Guillet, rendez-vous ici
chez EUTERPE. Elle lui avait consacré un billet il y a un an.
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Lundi, février 7th, 2011

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« L’amour comme la mort-qui naviguent hors du temps-lissent nos fronts, affinent nos visages.
Au bord de ce qui est vaste, le regard n’erre plus; et le souffle, complice de l’angoisse et des jours, trouve enfin sa paix«
ANDREE CHEDID
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Ceux qui me connaissent un peu savent combien j’ai eu de plaisir à revenir souvent dans les écrits d’Andrée Chedid pour les lire et les faire connaître. Souvent ses citations accompagnaient mes photos.
L’âge était là. Et très récemment j’ai eu envie de lire son roman » Les QUATRE MORTS DE JEAN DE DIEU ». Je me doutais que ce combat des héros face à la mort était prémonitoire. Ce livre m’a fait très mal surtout à la fin. mais il recèle aussi tant de beauté, tant d’amour, tant de douleur! la fin m’a laissée très démunie. Je ne dévoilerai rien de plus que ce que vous pourrez lire par ailleurs si vous faites la démarche de découvrir ce livre.
Je ne peux imaginer Isabelita que flottant, flottant comme Andrée Chedid au-dessus des siens: ses enfants et nous ses lecteurs qui savions que la fin était proche.
Parmi ses poèmes, je pourrais en citer certains qui s’accordent avec la nouvelle de sa mort: » LA TRAVERSEE DE L’ABSURDE » ou bien encore « EN FRICHE ».
***
Mais je terminerai plutôt sur
Brève invitée
à ma fille
Ma lande mon enfant ma bruyère
Ma réelle mon flocon mon genêt
Je te regarde demain t’emporte
Où je ne saurais aller.
***
Ma bleue mon avril ma filante
Ma vie s’éloigne à reculons,
A toi les oiseaux et la lampe
A toi les torches et le vent.
***
Mon cygne mon amande ma vermeille
A toi l’impossible que j’aimais
A toi la vie, sel et soleil,
A toi brève invitée.
ANDREE CHEDID
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Vendredi, février 4th, 2011

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C’est avec cette dernière image emportée du Domaine de Certes que j’ai souhaité rendre hommage à
EDOUARD GLISSANT.
Non pas que je me targue de connaître ce poète. J’avais simplement envie de le lire et j’avais acheté récemment son livre
Pays rêvé, pays réel.
Je lui laisse donc la parole. Parce que ses mots continueront à habiter longtemps les terres d’eaux dont il était issu.
« Je suis partisan du multilinguisme en écriture, la langue qu’on écrit fréquente toutes les autres. C’est-à-dire que j’écris en présence de toutes les langues du monde. Quand j’écris, j’entends toutes ces langues, y compris celles que je ne comprends pas, simplement par affinité. C’est une donnée nouvelle de la littérature contemporaine, de la sensibilité actuelle : fabriquer son langage à partir de tant de langages qui nous sont proposés, par imprégnation, et par la télévision, les conférences, les musiques du monde, poèmes islandais ou chants africains. Non pas un galimatias, mais une présence profonde, et peut-être cachée, de ces langues dans votre langue. »
Propos recueillis par Lila Azam Zanganeh et publiés dans Le Monde en 2006.
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» Au chemin qui navigue est un clos où des rus s’enlacent,
l’esprit qui veille est un danseur, soûl de ses mains lassées. »
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« Maintenant c’est la nuit,l’étape a posé sa ruche dans le silence.
Une étoile dessine à l’aquavive son vieux rêve.
Des tessons brûlent à demi. »
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« L’oeil dérobé nous a suivis, où l’eau dormait en son givre:
L’ordre des mots ne distrait pas le monde. »
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« L’INNOMÉ
Les yeux en gale les yeux
Brûlent autour de vous
La mort en parchemin
Crayonne les os un à un. »
Edouard Glissant
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