Au revoir Danielle Bigata–9–

juin 24th, 2014

La promenade fut longue (sur le blog) la découverte vivifiante pour moi; Comme un rituel qui me donnait un cap à suivre.

Un dernier petit tour s’impose dans le parc LAURENZANNE sous le signe du silence et du respect, en privilégiant la parole de l’artiste.

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Il reste encore quelques personnages à visiter pêle-mêle au détour des pelouses et des arbres ,

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un certain nombre d’enfants,

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un bas-relief dédié à la musique,

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une sculpture prenant racine dans la mythologie pour une chevauchée fantastique,

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quelques échappées géographiques et beaucoup de rêve.

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Bigata, on aime ou pas… J’aime, j’approfondis.

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J’aime et je le dis:

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parce qu’à mon tour,j’ai voyagé longuement dans le temps, l’espace, j’ai mis en lien dans ma tête des petits bouts d’idées, de textes, de rencontres…

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« De retour à Saucats, je fais une sorte de synthèse de tous ces gens formidables que j’ai pu rencontrer et j’essaie de faire ressortir la personnalité de chaque peuplade dans l’une de mes sculptures »

Danielle Bigata

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« En sculpture, comme au travers de mes dessins, je souhaite mettre en valeur des ethnies qui sont en voie de disparition. Ce musée à ciel ouvert, crée dans ce parc, permanent, accessible, c’est pour moi un rêve, l’aboutissement de ma carrière  ».

Danielle Bigata

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« Sans fard ni calculs, ses dessins prennent place dans les jardins de nos instincts oubliés. Sa capture innocente des gestes traditionnels, son ombre généreuse qui se penche sur les mondes en passe d’être engloutis sont fait pour agir à la manière d’un baume bienfaisant dans la tourmente où nous sommes. La démarche de Bigata relève tellement de l’instinct de vie et d’une inspiration universaliste à la justice qu’on pourrait lui attribuer comme devise cette formule sortie de la gorge du grand poète martiniquais Aimé Césaire : « Liberté, mon seul pirate !  » 

Jean Vautrin

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Quelques liens très utiles nous permettent aussi de consulter des galeries de sculptures sur lesquelles je me suis appuyée parfois:

http://issuu.com/daniellebigata/docs/cataloguesculpturecomplet

 

http://issuu.com/sculpteurstatuaire/docs/brochure-escale-bigata/9

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Et juste avant de m’effacer sur la pointe des pieds, encore une fois les mots de Jean Vautrin:

« Souvent elle s’en va. Elle nous échappe. Elle est partie. Elle place une fois de plus son voyage au pays des soleils magnifiques ».

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Et cette digression qui me conduit tout droit vers Gabriel Mwene Okoundji:

« Le temps enseigne au temps que l’Homme, l’animal et l’arbre

Partagent, à part égale, les mêmes secrets, la même mortalité

Le même rêve, les mêmes énigmes, la même dignité de l’âme

Ainsi de l’arbre, de l’Homme, et de l’animal

Nul ne possède le monopole du plus grand numérateur »

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♥♥ ♥fin♥♥♥

Merci Danielle.Vous seule pouvez savoir pourquoi je vous dis merci du fond du cœur comme je dis merci à mes lecteurs.

Une page se tourne.

 

 

Promenade sous les cèdres dans le parc Laurenzanne/ Danielle Bigata-8_

juin 12th, 2014

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«  La connaissance s’acquiert en lisant des livres, mais la connaissance la plus utile, celle du monde, ne s’acquiert qu’en lisant les hommes, avec soin, et dans toutes les éditions. »

LORD CHESTERFIELD

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DANIELLE BIGATA a fait sienne cette citation. Elle nous accueille de fort agréable manière à notre entrée dans le parc de la mairie de GRADIGNAN(33), entre pelouse et espaces arborés, entre grands cèdres et arbres plus communs.

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Nous avons fait notre entrée dans un lieu devenu un musée de plein air habité, par les sculptures de DANIELLE BIGATA, depuis le printemps 2011 LE PARC LAURENZANNE.

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Le site accessible en permanence offre  la rencontre avec 16 œuvres en bronze ou en en marbre.

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Le corps du bâtiment de la mairie est une maison noble  du XVII ème siècle qui voisine avec une serre dessinée par GUSTAVE  EIFFEL, laissée à l’abandon sur une propriété jusqu’en 1979.

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La serre récupérée par la mairie a été entièrement reconstruite dans ce cadre enchanteur auquel elle donne  une note romantique, surtout lorsqu’en fin de journée, la lune vient taquiner la coupole.

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Plus loin, les asphodèles dans le vent jouaient avec les sombres sous-bois qui n’avaient rien d’un enfer ; mais il me tardait de revenir en pleine lumière lire le livre de souvenirs de voyages de Danielle Bigata, saisir au vol les dialogues du vent et des personnages, quelques accords de musique d’écorces et de bois, aux parfums d’herbe drue et de feuilles bruissantes.

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Il y a tant de soleils
A partager
Aux quatre coins de la terre
Tant d’amis , de sourires à illuminer,
Tant de lumières
Au zénith de nos sentiments
Tant d’espérances
A broder au point du jour,
Tant de souvenances
A ranger
Pour les heures grises ou velours
Tant de rayons
Annonciateurs d’amour
Ce soir c’est décidé :
Les soleils de nos cœurs
Gagneront la terre entière.

Maïté L

♥♥♥

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à suivre…

La MATERNITÉ YAO par DANIELLE BIGATA –7–

mai 18th, 2014

 La Maternité Yao, sous le signe de la tendresse.

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Madones, Vierge à l’Enfant occupent une place importante dans l’iconographie et la peinture occidentale.

A partir de la Renaissance, les personnages gagnent en humanité lorsque transparaît l’intimité dans des scènes mêlant poésie et sensualité.

La Renaissance italienne quant à elle introduit la notion de décor naturel apportant une touche d’intemporel.

Le concept glisse doucement vers la prise en compte de la condition humaine en général chez les peintres flamands :  la Vierge et Jésus deviennent une mère et son enfant placés dans un décor naturel.

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Chez DANIELLE BIGATA, nous sommes au cœur du thème profane avec un souvenir de voyage cueilli dans le monde du travail, dans les rizières du Vietnam.

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Le décor de cette Maternité Yao  est celui que l’artiste lui  donne maintenant, tantôt décor intérieur de musée, tantôt décor et théâtre de verdure comme au parc Laurenzanne à Gradignan.Mais il y a comme un sentiment religieux chez ces deux-là, la mère dégage une énergie qu’elle nous transmet par le regard; l’enfant a les yeux tournés vers le monde, tout en étant dans la chaleur de sa mère. Les deux rayonnent en nous, vers nous.

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« L’ethnie Yao vit dans les terres montagneuses de tout le sud-est asiatique. La patine du bronze valorise le contraste entre les matières et met en scène l’imbrication entre la mère et l’enfant. La maternité n’est plus ethnique mais universelle. »/Danielle Bigata

 

Une berceuse sud-vietnamienne douce et envoûtante envoyée par Cerisemarithé

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DANIELLE BIGATA plante le décor dans lequel elle a recueilli cette vision avant de nous la faire partager :

« Quand on voit les femmes Yao éparpillées dans les rizières, avec leurs coiffes rouges, on a l’impression d’un champ de coquelicots. Comme les femmes africaines, elles privilégient le contact physique rapproché avec leur enfant enserré dans des voiles au plus près de leur corps. »

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J’avoue que cela me permet de faire le lien avec cette saison de coquelicots , notamment lorsque j’en rencontre lovés en cœur à cœur dans mon jardin.

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Ethnie des Dzao rouges ou yao

Les femmes Yao

« les femmes plus distantes sont plus grandes et plus distinguées, elles portent un amoncellement de foulards rouges empilés sur la tête, dont les bords se terminent par des franges au bout desquelles sont cousues des pièces et des perles.

Leur coquetterie : elles se rasent tout le devant du crâne pour faire apparaître un immense front dégagé sous le turban. »

DANIELLE BIGATA/AKUNA MATATA

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Je ne résiste pas au plaisir de la tendresse  mise en mots et susurrée à l’oreille des enfants par des mères aimantes. Berceuses de tous pays, chacune ayant son charme.

BERCEUSE  DOGON

 

Où est partie la mère du petit ?

Partie puiser de l’eau

Pas revenue de puiser de l’eau

Partie piler la feuille de baobab

Pas revenue de piler la feuille

Partie préparer les plats

Pas revenue de préparer les plats

Sur la falaise, sur la falaise

Un œuf de poule est suspendu(1)

Berceuse populaire chantée dans la boucle du Niger, quand un enfant, porté sur le dos, pleure.

(1)       Allusion au derrière du petit enfant suspendu dans le dos de la mère

/ Trésor de la poésie, anthologie de Pierre Menanteau

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Akatombo
berceuse du Japon
Dans le ciel au coucher du soleil,
Libellule rouge
Tu volais pendant que je rêvais
Sur le dos de maman
Je m’endors pendant que vient la nuit
Sur la plaine mauve
En planant ton aile vient fermer
Mes paupières doucement

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un petit intermède musical sur le thème, envoyé par Maria-D

https://www.youtube.com/watch?v=L9PJZrRWs6k

Don Quichotte faunesque par DANIELLE BIGATA–6–

avril 28th, 2014

Mon coup de foudre, mon coup de cœur:

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«  En El Quijote el pensamiento fundamental, la parte para todos interesante, el humanum, consiste en el contraste perpetuo entre el espíritu poético y el de la prosa ; entre el alma que solicita heroicas aventuras y el cuerpo que de ellas se cautela ».( Miguel Antonio Caro)

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Il aurait pu n’être que Don Quichotte héros mythique de Cervantes.

Homme rêveur, chevalier des grandes causes, parcourant les grands espaces de la Manche, dans la poussière et les mirages, dans le vent et la musique des ailes des moulins à vent.

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Vous pouvez le suivre ici,

chez Colo :

http://espacesinstants.blogspot.com.es/2013/04/rossinante-et-le-peche-de-la-chair.html

http://espacesinstants.blogspot.com.es/2013/04/ou-sancho-panza-conte-un-conte-donde.html

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A mon oreille, résonne aussi la chanson   « La Quête »  immortalisée

par Jacques Brel :

 

« Rêver un impossible rêve

Porter le chagrin des départs
Brûler d´une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu´à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D´atteindre l´inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l´étoile
Peu m´importent mes chances
Peu m´importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l´or d´un mot d´amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s´éclabousseraient de bleu
Parce qu´un malheureux

Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s´en écarteler
Pour atteindre l´inaccessible étoile ».

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Mais voilà…notre Don Quichotte  a dû, un jour ou l’autre, croiser la route de l’artiste DANIELLE BIGATA qui l’aura surpris dans ses œuvres de Faune à « l’heure fauve » de Mallarmé

http://patachonf.free.fr/musique/debussy/mallarme.php

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Ou bien use-t-il ses semelles sur les longues lignes droites des Landes girondines avant de s’enfoncer sous le couvert de nos bois de pins et de chênes, peuplés de légendes. Et pourquoi pas au milieu des chênes lièges, plus au sud, non loin des plages que les faunes modernes apprécient tout particulièrement.

https://www.youtube.com/watch?v=F5A4CkUAazI

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Ainsi, lorsque je le vis, Don Quichotte avait-il pris, à la croisée des chemins, les attributs de quelque représentant de la Faune fantastique et, mi-homme, mi bouc, s’était-il paré  de paillettes dorées, offrande de la lumière que j’imagine de fin d’été.

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C’est comme cela qu’il nous apparut au Château Lescombes ou bien au plus près de la nature, entre boutons d’or et printemps, en compagnie des oiseaux venus se percher sur son auguste tête dans le  parc de Laurenzanne.

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Partons donc sur les traces d’Arthur Rimbaud

pour  donner Au Don Quichotte une dernière note poétique :

  Tête de faune

« Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l’exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui — tel qu’un écureuil —
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l’on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d’or du Bois, qui se recueille ».

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Mais je laisse le mot de la fin

à DANIELLE BIGATA :

La métamorphose du personnage, mi-homme mi-bouc, et sa quête inassouvie sont ici matérialisées par le traitement de la matière tout en hérissements et en tensions. « Ma représentation de ce Don Quichotte, est volontairement décalée. II est âgé, marqué par tous ses rêves et fantasmes déçus. »

Mais qu’est-ce qu’il est beauuuuuuuuuuuuuu!

L’île de Pâques / Danielle BIGATA / L’homme-oiseau- 5-

avril 15th, 2014

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Dans son très beau livre d’art FACE A FACES qui prend la forme d’un carnet de voyages où les dessins de l’artiste côtoient  la préface de JEAN VAUTRIN, DANIELLE BIGATA écrit :

«  Je sillonne la planète à la recherche de ces rencontres extraordinaires, en me faisant la plus humble possible, la plus discrète, face à la générosité de ces gens qui peuvent nous apprendre la relativité de la gravité, de l’urgence, mais aussi surtout, l’accueil et l’échange ! »

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ÎLE DE PÂQUES, 2004

«  Cette destination faisait partie de mes rêves et de mes fantasmes… »

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l’homme-oiseau, bronze, vu au château Lescombes

RAPA NUI, L’HOMME- OISEAU

« J’ai pu assister à la compétition de l’homme-oiseau, qui perdure, même si elle a heureusement perdu son caractère de jeu mortel. Cela m’a fortement impressionnée et inspiré la sculpture du même nom.

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Ecoutez les données du challenge :

Imaginez une falaise abrupte de plus de cinquante mètres de hauteur. Il s’agit de plonger, c’est l’envol, puis de parvenir sur le rocher distant d’un kilomètre dans une mer toujours déchaînée et infestée de requins…

Comme nos enfants dans les jardins… C’est la chasse aux œufs de Pâques qui est ouverte, en l’occurrence  aux œufs de sterne. Le vainqueur doit ramener l’œuf ENTIER, après avoir escaladé la falaise…

Sportif, non ? »

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L’Homme-oiseau, pour ma part je l’ai croisé dans l’exposition du château LESCOMBES,

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dans le musée de plein air de LAURENZANNE, voir ci-dessous

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mais aussi plus récemment dans le musée GEORGES DE SONNEVILLEDANIELLE BIGATA expose ses dessins de voyages jusqu’au 11 mai.Ce musée se trouve aux ruines de Cayac, près du Pèlerin de Compostelle.

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J’ai d’ailleurs pu la rencontrer à cette occasion. Cette rencontre faisait partie de mes rêves les plus fous. Danielle est venue à ma rencontre, par le biais de mes billets déposés au fil des mois, ici-même. Ce fut une belle entrevue, pudique, chargée d’humanité, d’émotions partagées. D’emblée, j’ai ressenti la force et la détermination de l’artiste, citoyenne du monde. D’ores et déjà, rendez-vous est pris pour qu’un jour prochain nous nous retrouvions dans son atelier de SAUCATS.

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A l’occasion de cette exposition, DANIELLE BIGATA nous fait un beau cadeau : elle nous offre la possibilité de télécharger gratuitement son livre AKUNA MATATA.Rendez-vous sur son site.

http://www.bigata.com/

 

« AKUNA MATATA est un regard merveilleux porté sur la tolérance et le respect des différences.

A travers ces notes et ces croquis de voyages, je voudrais vous faire partager les rencontres, les joies, les peines, les impressions, les visages, les amusements, les coutumes, les émerveillements, les dangers, en un mot : ma vie, aux quatre coins du globe, pendant quelques milliers de kilomètres… »

J’ai donc téléchargé ce livre sur tablette et lorsque je l’ai ouvert, je n’ai cessé ma lecture qu’avec le mot FIN. J’y ai retrouvé DANIELLE BIGATA en baroudeuse, bien plus baroudeuse que je ne l’imaginais au volant d’une 4L, au guidon d’une moto HONDA 250, en avion, avionnette , pirogue, camion, en compagnie des lions, éléphants, partageant sa nuit avec une hyène… et toujours avec comme sésame ouvrant la porte des rencontres, son carnet de dessin, ses dessins offerts, comme un langage universel, qui, c’est injuste, devrait nous être un peu donné à nous aussi ! J’ai souvent éclaté de rire, j’ai sué sang, eau et moustiques avec  elle ; j’ai attendu en pleine chaleur que le chef de village vienne l’accueillir ici ou bien qu’on vienne la sortir de l’endroit où elle avait « bourbé ». Bref, j’ai parcouru en une soirée ces milliers de visages au fil des destinations et je me suis identifiée à elle, moi la voyageuse parfaitement immobile.

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Avec l’aimable participation de DANIELLE BIGATA, photographiée près d’une œuvre en 3D.

Aïda, une femme dans le déchirement /Danielle Bigata–4–

avril 8th, 2014

Danielle Bigata et le personnage d’Aïda:

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Au château Lescombes,nous avons pu admirer un buste d’Aïda, alors que dans le PARC  LAURENZANE à GRADIGNAN où je vous emmènerai plus tard, se trouve une  autre sculpture saisissante du même personnage.

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L’opéra de Giuseppe VERDI met en scène, au temps des pharaons,  Aïda. Esclave éthiopienne et fille du roi Amonastro elle se débat avec son amour impossible pour ’un officier égyptien Radamès qui  combat son père et son peuple :

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« Jamais sur terre il n’y eut de cœur plus cruellement déchiré. Ces mots sacrés, père, amant : ni l’un ni l’autre je ne peux prononcer. Pour l’un, pour l’autre, je pleurerai et je prierai ».

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Dans le PARC  LAURENZANE, Aïda est représentée assise, en position de soumission mais son corps et son visage expriment le  déchirement. Ses yeux ont cette expressivité au plus près des sentiments, alors que Danielle Bigata est allée en Ethiopie  rencontrer et dessiner des femmes pour être au plus près de la représentation sculptée.

Il y a aussi une étude pour la tête d’Aïda:

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Medici TV: la soprano AMARILLI NIZZA parle d’AÏDA:un personnage intemporel selon elle

« Pour moi le personnage d’Aïda est d’une extrême modernité, c’est vraiment une femme d’aujourd’hui parce que c’est une femme à qui l’on demande de faire revivre et d’incarner des valeurs très fortes comme la patrie, la famille. A une époque où ces valeurs se font plutôt rares, mettre sur le devant de la scène une femme comme Aïda qui porte en elle ces valeurs solides et qui est prête à mourir pour elles, c’est extrêmement moderne et actuel.”

“D’autant que la situation des femmes dans les trois quarts des pays de la planète est comparable aujourd’hui à celle d’Aïda.”

« Un rôle que la chanteuse lyrique connaît très bien car c’est celui qu’elle a le plus interprété dans sa carrière.Pourtant, chanter Aïda reste un défi à chaque représentation ».

“C’est un rôle très varié, avec de multiples facettes, et cela requiert beaucoup de technique : beaucoup de “couleur” dans la voix, de “chiaroscuro” (clair-obscur), un grand phrasé et il faut jouer sur le legato. Cela peut être, par moments, très lyrique et élegiaque et à d’autres, dramatique et incisif : donc il faut disposer d’un bagage technique très solide pour respecter les indications que Verdi a inscrites sur sa partition, et c’est loin d‘être une tâche aisée.”

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https://www.youtube.com/watch?v=F7V4WfwY1gQ

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Au château Lescombes, « Elles » étaient à l’honneur –3–

mars 28th, 2014

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LES ENFANTS

Tous les enfants, vous le savez, sont des navires
qu’un proverbe pareil aux brises les plus douces
conduit, syllabe après syllabe, au continent
où les pingouins dorés murmurent des poèmes.

Tous les enfants, vous le savez, sont des bouleaux
qui, dans la nuit, en demandant pardon, écartent
leurs branches, leur écorce, et vont jusqu’au vertige
danser sur la grand-place au milieu des poulains.

Tous les enfants, vous le savez, sont des comètes
venues nous rendre hommage au nom d’un autre azur,
d’une autre vérité, d’une autre fable, et nous,

adultes par défaut, saurons-nous les convaincre
de s’attarder ici le temps d’un bref bonheur,
avant de repartir chez les étoiles folles?

Alain Bosquet.

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Au château Lescombes, au sein  de cette exposition d  « ’ELLES »,  j’avais hâte de retrouver les œuvres de   DANIELLE BIGATA , à qui l’on doit notamment « Le Pèlerin de Compostelle ».

http://www.eclats-de-mots.fr/2013/02/17/le-pelerin-au-repos-des-ruines-de-cayac/

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Voici tout d’abord cette salle où DANIELLE BIGATA exposait quatre sculptures  d’enfants, êtres  croqués sur le vif avec leur palette de sentiments: visage d’enfant curieux, boudeur, malin,attentif .

Ils ne sont pas sans rappeler « La petite châtelaine » de CAMILLE CLAUDEL.

http://www.roubaix-lapiscine.com/publications/113/la-petite-chatelaine.html

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Ces quatre visages, empruntés au quotidien, empreints de fraîcheur  entraient en dialogue avec des dessins de personnages hors du commun rapportés  des lointains voyages dont DANIELLE BIGATA est coutumière.

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Enfance

En ce temps-là

je portais toute ma force dans mon cœur

C’était l’orgueil

celui du premier prince magnanime

de la première victoire

du drapeau bleu flottant sur la terre du juste

C’était la colère

l’impétueuse

flammes inoubliables

frissons de sang en prismes de pardon

C’était le désir agile

prenant pied dans la découverte

créant les îles de cristal

réinventant la magie blanche

C’était le péché de perle

mon vrai péché

la coupable bonté

l’admirable confusion d’amour

Je portais toute ma force dans mon cœur

sans cuirasse de mensonges

comme un enfant invulnérable

Achille Chavée

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En nos enfants grandis tressaillent les voiliers d’impatience. Nous écarter pour leur ouvrir passage, c’est leur faire don d’une autre naissance.

Notre place n’est plus où commence leur combat singulier.

Andrée Chedid

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Au château Lescombes : un chat au musée et quelques chats-mots –2–

février 22nd, 2014

« Petit à petit les chats deviennent l’âme de la maison »

Jean Cocteau

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 Il était une fois un chat-Le CHAT du château-  qui gravit en catimini l’escalier et vint à l’étage du musée, histoire de voir peut-être l’invisible au plus près de chaque tableau.

« Le plus petit des félins est une œuvre d’art.  »
Leonard de Vinci

Voulait-il écrire un nouveau chat- pitre dans l’histoire de cette exposition ?

« Il n’y a pas de chat ordinaire.  »
Colette

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 il s’enquit des visiteurs en se frottant à nos mollets, curieux d’accompagner les « Elles », les cinq artistes représentées, de son air concentré comme tout un chat- qu’un. Il rencontra bien sûr une amie des chats qui lui parla et lui demanda très poliment de poser devant l’œuvre de son choix.

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Il fit beaucoup mieux car de tableau en tableau, il prit le temps du détail,  désireux de chat-part-der quelque faune invisible peuplant  les espaces des cimaises…

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« Les chats sont malins et conscients de l’être.  »
Tomi Ungerer

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Ce chat féru d’art, s’arrêta donc,  inspiré devant les œuvres de l’étage, allant jusqu’à se mettre debout, ou ressentant la nécessité de chat-sser à distance une  vue d’ensemble, chat-loupant sur la rambarde assurément pas très large de la galerie…donnant sur le vide …

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Avec le pas assuré de celui qui n’en est pas à son coup d’essai. Chat- peau le chat qui n’a pas le vertige !

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« Je crois que les chats sont des esprits venus sur terre. Un chat, j’en suis convaincu, pourrait marcher sur un nuage.  »
Jules Verne

Les chats ont souvent été les complices des artistes, écrivains… Certains les adulaient. Je terminerai donc ce moment de grâce, sur une citation qui en dit long :

« Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat.  »
Alberto Giacometti

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Au château Lescombes (Eysines) , un peu d’Histoire –1–

février 20th, 2014

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J’aime aller régulièrement au château Lescombes devenu un centre d’art contemporain depuis 1998 lorsque le lieu a été acheté par la Ville. C’est un lieu où je me sens bien, un lieu à taille humaine où il n’y a jamais foule et qui permet de profiter au mieux des expositions offertes.

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Le château de Lescombes , bâti au milieu du XVIème siècle a été victime d’un incendie et reconstruit au siècle suivant.

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Une borne de juridiction, devant l’entrée principale du château délimitait la juridiction de Bordeaux, figurée par 3 croissants, d’avec la seigneurie du  Thil . La décision datait de 1297 sous le règne du  roi Philippe Le Bel. Placée au bord de la route elle ne dépassait du sol que de 80 cm

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Le parc abrite aujourd’hui un parc paysager, un potager pédagogique, un pigeonnier classé du XVIème siècle, un musée des outils du maraîchage et un centre d’art contemporain.

Le pigeonnier est bâti au-dessus du puits du château. Il permettait de notifier l’appartenance à la noblesse de son propriétaire.

Son utilité première était d’abriter les pigeons nichant dans des corbeilles d’osier, chargés de débarrasser  les vignes des pucerons, chenilles…En 1794, le propriétaire d’alors, Pierre Duret a décidé d’utiliser le pigeonnier pour moudre son grain avec « un moulin  à bête ».

Le pigeonnier accueille le musée du maraîchage, activité  agricole encore présente de nos jours à Eysines.

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Autour du château, chaque visiteur peut apprécier le calme, la variété des essences de plantes et les arbres  multi séculaires remarquables.

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Ici , un sophora japonica aux proportions remarquables offre dans ses hauteurs, le gîte à des fougères.

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MORGINS (Suisse) un Carillon de la Paix original

janvier 31st, 2014

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MORGINS est une jolie  station suisse, nichée à la frontière franco-suisse.  La douane de Morgins marque la limite avec la France voisine et la commune de CHÂTEL (Haute Savoie) que l’on peut rallier à pied en passant par le Pas de Morgins, le long du lac.

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Le nom de MORGINS est  dérivé du radical celtique morga (ou murgo) qui signifie limite. Lors de mon premier passage à Morgins, j’ai tout de suite compris combien les suisses sont fiers de leurs origines celtes.

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A l’époque des Celtes, le Pas de Morgins formait la limite entre la tribu des Nantuates (en Chablais) et celle des Allobroges (en Savoie).

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Sur la Place du village, en plein air, ce qui contribue à son originalité, se trouve Le Carillon de la Paix  qui rythme musicalement les heures de la journée.

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Il lui  fallait 23 cloches pour être homologué parmi les carillons de Suisse. Il en compte effectivement 25 puisque lui sont associées les deux cloches de l’église.

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La sculpture en inox, toute en transparence se marie parfaitement avec la pierre de l’église. Avec ses portes largement ouvertes sur le XXIème siècle, elle a été conçue par un artiste genevois : ANDRÉ BUCHER

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Bucher_(sculpteur)

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Les quatre supports de la tour centrale représentent les quatre évangélistes et les quatre points cardinaux.

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Au centre se trouve le globe terrestre autour duquel une chaîne humaine tente de construite l’Unité et la Paix.

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Les câbles tirent la terre vers le haut et vers le bas pour symboliser le Bien et le Mal.

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La mappemonde accueille petit à petit des sachets de terre de tous les pays, symbolisant la solidarité internationale et l’entraide entre les peuples.

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 Le but de la FONDATION DU CARILLON POUR LA PAIX  est de promouvoir la Paix dans le monde, » sans distinction de races ou de religions, au moyen de la formation et de l’éducation, éléments essentiels de la dignité humaine ».

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La Fondation soutient des projets de développement en faveur des jeunes de tous pays.

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« La fondation s’est fixée pour but d’aider et de collaborer avec les associations qui soutiennent les apprentis et les étudiants dans les pays en voie de développement, car aider des jeunes qui deviendront formateurs pour d’autres jeunes c’est permettre de créer des chemins de paix pour l’avenir. La mappemonde entourée d’une chaîne humaine de l’artiste ANDRÉ BUCHER rappelle cette nécessaire solidarité pour la paix et l’équilibre du monde dont les câbles qui soutiennent en tension le globe sont le symbole dans le monument. Cette mappemonde accueillera petit à petit des sachets de terre provenant de tous les pays de la planète.
La fondation désire aussi éveiller les jeunes de chez nous toujours davantage à une meilleure connaissance des autres cultures en leur présentant des témoins qui travaillent aujourd’hui à construire un monde plus juste et plus humain. Pour réaliser cela, des rencontres seront organisées à Morgins qui favoriseront une éducation à la solidarité et à la paix. »

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Les effigies gravées sur les cloches forment un ensemble sur la vie de Jésus. Sculptées par des moniales de VOIRON en Haute Savoie, ces effigies sont reproduites au bas du carillon, sur la place et ainsi accessibles pour chaque visiteur.

http://www.carillondemorgins.ch/

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« Si tu t’asseyais sur un nuage tu ne verrais pas ce qui sépare un pays d’un autre, ni les pierres qui divisent une prairie d’une autre. Qu’il est dommage que tu ne puisses t’asseoir sur un nuage. »

KHALIL GIBRAN