1er janvier 2015 : Lettre ouverte à qui voudra lire, se souvenir, comprendre…

janvier 1st, 2015

Devise Bernard Magrez

à mes très  proches,

à  mes  vrais amis dans la vie de tous les jours,

à ceux qui se sont rapprochés de moi, de nous, généreusement dans ces circonstances,

à mes amis de la toile tissée peu à peu, à coup de mots, d’images de messages entre les mots,

à  mes lecteurs de passage,

à tous ceux qui ont œuvré pour ma rémission, formidables membres du corps médical ou détenteurs de connaissances en marge,

à ceux qui  m’ont fait bénéficier de leur savoir-faire autant que de leur savoir-être,

à ceux qui m’ont accueillie pour me remettre le pied à l’étrier, lorsque les traitements lourds ont cessé,

un immense MERCI.

Le temps qui  passe...

 

Je n’ai jamais douté ; je n’ai jamais renoncé ; j’ai gardé le sourire.

Certains ont voulu croire que c’était « facile ».

D’autres ont cherché leurs mots, ont enfoui leurs silences dans la peur : peur pour moi, certes… mais aussi peur pour eux ?

Certains se sont détournés dès la première minute : être femme et avoir un cancer du sein est encore tabou.

renoncer aux larmes et lutter.

J’ai eu mal au plus profond de moi-même pour avoir été laissée au bord de la route. J’en ai aujourd’hui tiré les leçons.

J’ai senti de la lassitude dans la bonne volonté de l’accompagnement au long terme : les traitements sont longs, sans aucune pause.

Mais combien sont belles les voix, les présences qui se sont élevées, qui se sont mobilisées, jusqu’au bout, qui respectaient la fatigue mais ne laissaient jamais tomber.

« L’accompagnement » prenait ainsi tout son sens. Chaque signe était un don.

Dans les épreuves, je me suis sentie portée par vous.

Merci à tous ceux qui m’ont accompagnée jusqu’au bout.

J’ai une pensée particulière bien sûr pour mes très proches, si attentifs, si bousculés dans leurs certitudes et leur vie, si inquiets et impuissants devant la douleur lorsqu’elle s’est présentée, toujours prêts à chercher à me faciliter la vie, à me gâter.

Car j’ai été gâtée… J’ai trouvé sur ma route des trésors d’affection, d’amour et d’amitié, qui effacent tout le reste dans ces quatorze mois entre parenthèses.

Il y a ceux et celles qui « savaient »  pour avoir vécu dans la même tourmente. Leur expérience et leurs encouragements m’ont été précieux. Il y a aussi ceux qui ne savent pas, qui ressentent naturellement de l’empathie et dont j’espère qu’ils ne « sauront » jamais.

Il y a ceux qui continuent à lutter…

à Paloma...

Mais à vous  tous, je veux dire mon espoir, mon désir de changer ce qui peut l’être pour ne jamais revenir sur ces sentiers ardus, je veux témoigner qu’après une pente, surgit une autre pente, qu’après un défi surgit un autre défi, autant de problèmes à résoudre ; Je veux dire que l’on trouve en soi des trésors de forces, de rage de vivre. De petites victoires succèdent à de petites victoires.

Et puis après chaque étape vient l’oubli des jours difficiles, la place nette et le besoin d’aller de l’avant.

Chaque jour, je mets dans mes pensées ceux qui souffrent et je sais que j’aiderai certains d’entre eux comme j’ai été aidée : par un petit mot, une attention, une présence, la persuasion, le silence habité;  le partage prend différentes formes.

Qu’espérer de plus beau pour 2015 que le retour des couleurs de la vie. Qu’espérer pour chacun d’entre vous sinon le meilleur sur votre chemin de vie.

Ne jamais renoncer.

Vivre debout.

Je vous aime.

MERCI.

Maïté

L'équilibre et l'harmonie1

1-La devise de Bernard Magrez est inscrite sur le mur à l’entrée du château Labottière/ Institut culturel Bernard Magrez(Bordeaux).

2-Le temps qui passe…comme le tram décoré aux couleurs de l’été métropolitain.

3-Renoncer aux larmes et lutter/ Claude Lévêque/ collection Bernard Magrez/ Institut culturel Bernard Magrez.

4-A Paloma, ma compagne d’infortune : une bouteille XXL, décorée par sa fille, réalisée en performance publique/ Bordeaux fête le vin ; exposée actuellement dans le parc du château Labottière.

5-L’équilibre et l’harmonie : une vue classique de Bordeaux.Avec mes meilleures pensées et vœux adressés à chacun(e) d’entre vous.

L’Hermione quitte le port de Bordeaux — 5–

décembre 22nd, 2014

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Lundi 13 octobre au matin :

Tandis que l’équipage se prépare à appareiller, que le commandant Yann Cariou et son second Charlène Gicquel sont à leur poste, que les canons sont chargés, tous ceux qui sont à bord de l’Hermione ne peuvent que  le constater :une fois encore le public est venu  nombreux au rendez-vous.

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Pour saluer et remercier les spectateurs, l’équipage chante. Même si le vent est faible, quelques voiles sont hissées, pour notre plaisir. Bientôt retentira  la 25 ème symphonie de Mozart.

http://www.hermione.com/blog-de-l-hermione/1055-escale-a-bordeaux-2.html

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« Salve ! » : l’ordre est donné,  et retentit aussitôt  le bruit du canon Bientôt la fumée se répand dans le Port de la Lune et l’atmosphère devient brumeuse avec une lumière particulière qui me fait penser aux tableaux de Turner.

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Il y a des marins dans les haubans et sur les vergues quand L’Hermione accompagnée d’une parade,passe devant nous puis  s’approche du Pont Chaban-Delmas.

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Certes le départ de l’Hermione n’est pas aussi spectaculaire que celui du Cuauhtemoq mais l’émotion est cependant très forte.

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Nous ressentons au départ de l’Hermione un très grand vide :elle a marqué les quais de son empreinte et le cœur des bordelais. Les bateaux ne doivent pas rester à quai trop longtemps.Juste le temps de voir passer une maquette  Bientôt, l’aventure continuera vers l’Amérique.

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Que de chemin parcouru depuis le début de l’aventure de la construction :

http://www.sudouest.fr/2014/12/21/revivez-la-saga-de-l-hermione-de-sa-construction-a-son-retour-en-mer-1772733-5165.php

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« La mer vous a rendus à votre destinée

Au-delà du rivage où s’arrêtent nos pas.

Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;

Il vous faut des lointains que je ne connais pas. »

Jean De La Ville de Mirmont

 

Juste pour le plaisir :écouter Julien Clerc et rêver encore un peu.

https://www.youtube.com/watch?v=CI5KlxC0HdU

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L’Hermione à la nuit tombée — 4–

décembre 19th, 2014

« Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence et la résignation »

La Fayette

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Vendredi 10 octobre 2014

Il faisait très doux pour la saison et dès le début de la mise en lumière, la foule se pressait toujours aux abords de l’Hermione. Certains spectateurs habitués aux mises en lumière grandioses des bâtiments du XVIIIème siècle et aux feux d’artifice,  s’attendaient à ce qu’il en fût de même ici mais rien de tout cela. L’éclairage de la frégate se voulait léger, sans artifices ni couleurs inutiles, afin de souligner de manière poétique le passage de l’Hermione. Elle était mise en lumière chaque soir dès 20 heures par Éric Le Collen scénographe et metteur en scène, et Jeff Brard, concepteur lumière.

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Ce soir-là, il y avait sans doute réception à bord et la musique parvenait à nos oreilles.

Comme d’habitude, nous nous promenâmes sur les quais afin de varier les points de vue.

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«  Du premier moment où j’ai entendu prononcer le nom de l’Amérique, je l’ai aimée; dès l’instant où j’ai su qu’elle combattait pour la liberté, j’ai brûlé du désir de verser mon sang pour elle :les jours où je pourrai la servir seront comptés pour moi, dans tous les temps et les lieux, parmi les plus heureux de ma vie »

La Fayette

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Sur la goélette la Victoire, La Fayette vint s’engager auprès de la démocratie américaine naissante, car proclamée seulement un an plus tôt afin de consolider les acquis face  aux Anglais.

La Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis à l’initiative de Thomas Jefferson, le 4 juillet 1776 à Philadelphie proclamait solennellement :

« TOUS LES HOMMES SONT NES EGAUX »

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En 1780, La Fayette revint à bord de l’Hermione, à la demande de George Washington, pour prendre la tête des troupes de Virginie, lors de la bataille décisive de Yorktown.

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La fonderie de L’Isle-d’Espagnac, près d’Angoulême(Charente), a fabriqué les 32 canons de l’Hermione ; la société charentaise s’est associée à l’IUT de Sillac, à Angoulême : une centaine d’étudiants ont planché sur la réalisation des moules des canons.

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Tout-à-coup , l’or s’installa sur les mâts; le soir se fit théâtre, l’Histoire frappait à nos consciences.

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« J’ai pu me tromper mais je n’ai jamais trompé personne. »

La Fayette

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« Aucun obstacle, aucun mécompte, aucun chagrin ne me détourne ou me ralentit dans le but unique de ma vie : le bien-être de tous, et la liberté partout. »

La Fayette écrivit ceci 6 mois avant sa mort.

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 Les voiles se faisaient fils tissage, la coque alliait le tigre au lion toujours majestueux, tandis qu’un marin renouait avec la modernité du téléphone portable.

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Une dernier regard à la blancheur des voiles mise en avant, juste avant de s’éloigner et de d’emporter des bribes de lumières de L’Hermione.

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L’Hermione continuerait à vivre sans nous durant la fin de la semaine.Il fallait laisser la place à ceux qui n’avaient pu s’en approcher .Rendez-vous était pris pour son départ.

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Vue depuis le Pont de pierre, l’Hermione se fit discrète.

à suivre…

L’HERMIONE: un instant poétique — 3–

décembre 12th, 2014

jeudi 9 octobre

à proximité de L’HERMIONE, au bord du miroir d’eau,une pensée pour:

- Le génial paysagiste et enseignant MICHEL COURAJOUD, concepteur du  » Miroir d’eau »  décédé il y a peu.

*

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*

Mille pattes à l’endroit,

Têtes à l’envers

Lampes dans l’eau

L’eau dans le ciel

Voiles à l’endroit

A l’envers des voiles

Le miroir réfléchit et

Se demande s’il ne devrait pas

Faire main basse

Sur ce joyau…

Garder L’Hermione

Dans le port.

*

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*

Fourmis zig-zag

Jambes en ciseaux

A cheval sur le mât

Nuages à portée

De main.

Ou comment monter à bord de L’Hermione

Sans billet !

 *

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*

Dans le brouillard blanc

Un soupçon de L’Hermione.

Le voile tiré, reste

la voile pointée.

*

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*

Soliste de ballet.

S’éloignent

La ville et le pont en filigrane.

*

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*

Dans un monde féerique

Dans le rêve blanc

La frégate et l’enfant.

*

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*

Tout s’efface…

Douceur

Doux cœur à bois, cœur à voiles.

*

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*

Par-delà la brume je te regarde

Tu apparais tel un mirage.

Pour moi seule.

*

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*

-une autre pensée pour JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT,

Lire ici :

 http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/jean-de-la-ville-de-mirmont-le-poete-soldat-oublie-de-bordeaux-20-10-2013-3243027.php

 Mort  au début de la guerre de 14-18, l’écrivain a célébré le Port de la Lune en ces vers :

 

« Je suis né dans un port et depuis mon enfance

J’ai vu passer par là bien des pays divers

Attentif à la brise et toujours en partance

Mon cœur n’a jamais pris le chemin de la mer… »

***

à suivre;;; car après le jour viendra la nuit.

Les Gars et les Filles de L’Hermione sur le pont et dans la mâture –2–

décembre 2nd, 2014

Mercredi 8 octobre et jeudi 9 octobre

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L’Hermione est maintenant à quai et sa présence jour après jour draine des foules compactes. C’est devenu la promenade incontournable .

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Côté Pont de pierre et côté quais…

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Pour notre part, nous y avons pris goût aussi, depuis que dans l’attente, nous avons aperçu le haut des trois-mâts au-dessus des arbres,

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que nous avons vu les couleurs de la coque,

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puis le lion sculpté par Andrew Peters à la proue ;

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lorsque nous avons vu L’Hermione prendre ses aises en virant de bord, et faire enfin escale dans le Port de La Lune.

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Nous  retournons donc la voir, sous le soleil, par grand vent, avec un ciel animé et le Pont de pierre pour témoin.

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Il nous faut parfois jouer des coudes, nous armer de patience, avancer, reculer mais toujours dans la bonne humeur.

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Je n’ai jamais perçu la moindre impatience autour de nous.Nous avons lié conversation avec des personnes venues de loin spécialement pour L’Hermione.Certains ont traversé la France pour la voir.

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Seule concession à la modernité et aux normes, l’utilisation de moteurs imposés pour rentrer au port laissa quelque amertume chez certains spectateurs qui auraient aimé voir arriver L’Hermione toutes voiles dehors (2200 m2 de voilure en lin).On ne badine pas avec les normes !

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La promenade sur les quais est aussi l’occasion de parcourir l’exposition, de lire les panneaux explicatifs qui nous donnent à voir les étapes de la construction de la frégate ou bien l’inventaire des nombreux  métiers en présence.

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Je laisse volontiers de côté le folklore du village d’époque (XVIIIème siècle)…

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Pas de nostalgie non plus à l’idée de ne pas avoir pu prendre un des 10 000 billets vendus 6 mois auparavant pour monter à bord.

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L’équipage de L’Hermione reconnaissable à son tee-shirt rouge garance   est composé de 18 membres professionnels, et de bénévoles.

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Le commandant de bord n’est autre que Yann Cariou, ancien commandant du Belem.

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Les marins de L’Hermione(Le commandant, le maître voilier, deux forgerons, quatre gréeurs et un bénévole de l’association) ont suivi un entraînement à bord du voilier russe le «  SHTANDART » qui est un navire-école.

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« Même s’il est plus petit (2), le “Shtandart” est un navire assez similaire à “L’Hermione”. Et, à ce titre, il constitue une excellente base d’entraînement à la navigation à l’ancienne, comme l’est également le voilier suédois le “Göteborg”. » Pour le coup, l’équipage a été servi. « Sur ces navires, toutes les manœuvres se font à la main. Mais, autrefois, ils étaient 150 marins à faire ce que nous avons dû faire à seulement à 26 durant la traversée. Il faut sans cesse changer de poste, savoir monter dans l’armature à 30 mètres de hauteur, faire des quarts de nuit et entretenir le bateau. »Sud-Ouest 27/10/2013

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(2) L’Hermione » a une longueur de 64 mètres et un poids de 1 100 tonnes, contre 34 mètres et 300 tonnes pour le « Shtandart ».

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 Cet après-midi-là, le vent forcit dans le Port de la Lune.

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Les membres d’équipage grimpent afin de replier les voiles, pour notre plus grand plaisir.

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Je trouve une petite place sur un banc et j’observe…

à suivre…

 

 

 

L’Hermione, la frégate de la liberté à Bordeaux le 7 octobre 2014–1–

novembre 22nd, 2014

mardi 7 octobre

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L’Hermione effectuant son premier voyage officiel, passe sous le Pont Chaban-Delmas avec quelques minutes d’avance. Tout au long de la journée, nous avons pu suivre dans la presse ou à la radio, sa remontée de l’estuaire. La nuit précédente avait été très rude, comme une mise à l’épreuve pour cette sortie officielle.

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Guidée par le bateau-pilote  Le Quinoa la célèbre réplique de la frégate de La Fayette a jeté l’ancre à la nuit tombée dans le Port de la Lune après avoir fait donner du canon et avec quelques minutes d’avance. L’Hermione était joliment accompagnée d’une parade nautique .

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Beaucoup d’émotion pour accueillir la réplique exacte de la frégate sur laquelle le marquis de La Fayette a rallié en 1780 les insurgés américains, en lutte pour leur indépendance.

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Beaucoup de spectateurs, malgré le mauvais temps, se sont rassemblés sur les quais depuis le Pont Chaban Delmas jusqu’au ponton d’honneur Richelieu, applaudissant à tout rompre. Nous avons choisi d’être au plus  près du lieu d’amarrage afin de voir L’Hermione manœuvrer et profiter plus longtemps du spectacle.

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Depuis 1992, l’association Hermione-La Fayette s’est lancée dans la formidable aventure de la construction à l’identique de la frégate de la liberté, bateau du XVIIIème siècle. La frégate L’Hermione avait été mise en chantier en 1778, à Rochefort, ville nouvelle du XVII ème siècle, implantée autour d’un arsenal du Royaume de France.

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L’Hermione avait pris la mer le 21 mars 1780, était arrivée à Boston après 38 jours de mer, avait sombré en 1793. Son épave a été découverte en 1984 et la construction de la réplique a commencé en 1997.

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L’Hermione actuelle gagnera l’Amérique au printemps 2015.

Pour en savoir plus :

http://www.hermione.com/accueil/

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Tout est prêt pour saluer la Ville, le Port, les spectateurs. Des bordées sont tirées à hauteur des hangars, puis à l’arrivée au ponton d’honneur.

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L’équipage est en costume d’époque. Il paraît qu’il y a même un chat à bord.

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La frégate est imposante avec ses mâts qui taquinent le ciel, dans une atmosphère très humide, légèrement brumeuse.

Mais bientôt le bateau pilote repart: mission accomplie.

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Dernières bordées… La nuit est là.

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à suivre…

Pour retrouver L’Hermione en pleine mer, c’est par ici chez Paul Kerrien: de superbes photos. Merci à Serge de m’avoir donné le lien.

mais…

Il faut tout de même avoir à l’esprit que la première traversée de L’atlantique par La Fayette  avait eu lieu en 1777 sur le bateau  La Victoire depuis Bordeaux. Ce bateau avait été construit ici, dans les chantiers du quartier de Bacalan. Le départ sur La Victoire fut mouvementé afin d’échapper au roi de France. Il y eut de nombreuses péripéties entre Bordeaux et Pauillac avant de pouvoir  rejoindre Pasajes, de rebrousser chemin vers Bordeaux, de repartir vers Pasajes(Espagne) et de faire(enfin) cap vers L’Amérique le 26 avril 1777.

Quelques heures d’océan aujourd’hui, le 28 octobre

octobre 28th, 2014

Le Grand Crohot 28 octobre, 14h.

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Tout de même! 23 °. Ciel bleu sans nuages.Puis quelques traînées blanches en éventail.

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Beaucoup de douceur, une légère brume au loin, langues de terre et langues de mer.

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Bleus mêlés de l’océan à marée basse.

Un bateau file à vive allure.

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Un passage vers la dune, entre deux mamelons.

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2 heures de marche sur le sable, loin de toute foule.

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Le spectacle est ici, partout.Au ras des flots,

Sur le sable,

Des papillons de sable inédits (vus par Lou)

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dans les mystères d’un château,

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dans le bal des cailloux, fusées de sable,

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dans les scintillements,

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face au soleil

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dans les ombres du « cow-boy »

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ou  les reflets des marcheurs

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Sur le sable encore où on met des limites sympa

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16h 40: il est temps de reprendre la route et de laisser au loin la rumeur mélodique de l’océan.

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Merci à cerisemarithé pour cette mise en lumière de ma démarche:

« Après « l’ombre de la réalité »,
la pleine lumière vivifiante…
Vamos !

Après les douloureux bleus de l’âme,
les doux bleus des cieux cléments
mêlés aux transparences de l’écume,
à la fluidité des sables,
aux traces de vie si diverses pour qui sait les déceler…
Vamos !

Une échappée vitale
pour retrouver respiration et légèreté…
Messages éphémères si précieux,
ondes bienfaisantes,
sensations libératrices……
Vamos ! »

Cerisemarithé

in memoriam

octobre 25th, 2014

A patrickmodiano

In memoriam

A Patrick ou les maux du silence…

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Un triste soir d’octobre, j’ai lu un avis de décès. Froid. Sec. Professionnel.

Tu avais choisi le silence si souvent par le passé. Il semble que cette fois-ci il t’ait emporté au pays de Folon :

« Comme dans les dessins de Folon
Ceux qu’on aimait nagent à l’envers
Oiseaux de l’eau, poissons de l’air
Perdent le fil de nos saisons

Dans la brume de leur prison
Ceux qu’on aimait toujours s’effacent
Derrière les voiles de l’espace
Comme dans les dessins de Folon ».

 

Tu écrivais comme on respire. La poésie coulait de source. Nous avions en commun l’océan, la poésie et Van Gogh. Nous étions aussi deux des trois « trolls » qui luttions contre les idées nauséabondes. Nous défendions le devoir de mémoire quand d’autres voulaient faire table rase du passé.

Grâce à toi, je lus Patrick Modiano . C’était au temps du PEDIGREE ; à tous ceux qui croyaient reconnaître en toi Patrick Modiano tu écrivais  ce que tu intitulais : AVEU :

« J’ai grandi depuis la place de l’Etoile. Mûri et vieilli. Les livres de Patrick Modiano ont été des compagnons de vie au fil des années. Des romans qui se lisaient au chevet. Jusqu’à entretenir un fétichisme de l’écrivain, à défaut de culte. Je sais son lectorat multiple et fidèle. « Un pedigree » n’est pas un roman. Il n’en revendique pas le titre. Il n’est pas une auto-biographie qui s’ignore(-rait).
Je crains le testament. La mort littéraire. Le chagrin des orphelins. L’encre qui sèche et s’efface. Il nous donnait des clés; il nous lègue désormais le trousseau…
Je me cache sous un pseudo éponyme un peu présomptueux. Je préfère désormais l’anonymat… »

Tu n’auras pas vu le prix Nobel de Littérature attribué à Patrick Modiano en 2014. Quelle misère…

Pourquoi ?

Partir

valise au vent.
Avec des mots
avec des verbes…
à quia avais-tu dit et

J’avais découvert cette expression du passé.
Zeus n’était pas muet
il se dégonflait à l’aune du temps
de pacotille.
Avec ta valise de rêves,
 ta valise d’herbe et de vent
entrouverte au passant.

J’étais cette passante

De la terre de Graves,

 j’étais cette passante

qui comprenait entre les maux.

Tu partais vers le silence, silence, silence…
Ta valise était le fléau
de la balance d’argent.
Zeus lançait des éclairs,
Des rires sarcastiques,
Narcoleptiques d’antan.
Tu es parti en rubans,
Taquiner la pieuvre,
Glisser atout vent,
dégonfler la voile
noire à serpent.

Sur le chemin, tu croisas maintes fois
une vénéneuse parure
si peu sûre
par soir pas clair.

Alors tu lanças ta valise au vent
à quia tu te mis.

Pour toujours.

In memoriam.

*

Tu revins parfois, et de ta voix rocailleuse, tu disais tes peines, tu disais ton chant d’amour et ton désespoir. Tu me fis héritière d’un manuscrit : Le Procès de Van Gogh écrit par tes soins, en bonne et due forme .S’y mêlaient l’artiste ; les considérations sur le suicide et les petits cailloux blancs des titres des livres parus de PATRICK MODIANO.

Au détour d’une page on peut lire sous ta plume: :
« Le suicide est un moyen de locomotion céleste et dans la vie d’un peintre qui déraille la mort n’est pas l’horaire le plus inflexible »
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Je te répondis ceci :

 

Les champs de blé courbés,
Des vagues de vagues de murmures
Les tournesols fanés,
et le soleil éclaté
En mille pleurs d’abandon.
L’homme à l’oreille coupée,
chemise rouge étoilée
de souffrance, de fulgurance
A rejoint le ciel tourmenté.
Pinceaux, tableaux abandonnés
orphelins. Des couleurs dispersées,
Semées aux quatre vents de folie
Rouge , rouge profond du fossé,
incarnat, grenade de la vie
fauchée sur le bas-côté,
en lisière d’inflexibles sentiments
La mort au rendez-vous
Blottie tout contre la démence.
Vincent V. Vie Vécue . Vie rendue sans conditions.

Un jour où toi, l’autre moi-même, attrait du suicide mis à part, m’avait souri en revenant à la vie, je dis :

Etre nu sans rime, échoué sur les rives

Des rêves d’hier si souvent inassouvis

Mais patienter aux frontières invisibles et mouvantes.

 

Fuir l’absurde silence couperet

Les paumes en prière simplement dressées

Comme pour apaiser nos sombres racines.

 

Aller jusqu’à la douce délivrance

Sans consentir le moindre prix du sang

Et combler avec demain la déchirure du présent.

 

Déposer en creux, en intime repousse sur l’amer

Comme la mousse saprophyte habille l’arbre

Les zébrures profondément gravées du souvenir.

 

Oser présenter nos  nuits à la lueur de la flamme

Découvrant ainsi la vérité sous le charme

Eclosion velours du jour couleur de l’espoir.

 

C’était en 2007…

Il y eut 2008 et cette rencontre qui ne put avoir lieu….

 

Patrick… ou les mots du silence

Dis-moi un peu…
où s’en vont les mots du silence? Sont-ils relégués dans un coin? Englués?Tourmentés de poussière? Sursautent-ils au moindre courant d’air? Sont-ils troués, mités, rapiécés du cœur, ou bien laissent-ils s’écouler la lave de l’esprit trop longtemps contenue, Explosent-ils à la face du monde?

Il y a quelques jours, j’ai lu sur le blog de Colo Octavio Paz et les vers ont vibré en moi.

Destino del Poeta

Octavio Paz

« ¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

*

 

 


Destin du poète

Octavio Paz 

 

Mots? Oui, d’air,

et dans l’air perdus.

 

Laisse-moi me perdre parmi les mots,

laisse-moi être l’air sur des lèvres,

un souffle vagabond sans contours

que l’air dissipe.

 

Même la lumière se perd en elle-même. »

(trad: Colo)

 

 

Quel gâchis…Je ne saurai jamais comment tu es parti…Au fond de moi, je le sais.

Tu étais trop jeune…

Et je suis si triste pour toi.

Il y a quelques jours aussi, j’ai reçu »Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » et «  Villa triste »…

**

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« Il aurait voulu plonger dans cette matière sombre, renouer un à un les fils brisés, oui, revenir en arrière pour retenir les ombres et en savoir plus long  sur  elles. Impossible.

Alors il ne restait plus qu’à retrouver les noms. Ou même les prénoms, ils servaient d’aimants. Ils faisaient resurgir des impressions confuses que vous aviez du mal à éclaircir.

Appartenaient-elles au rêve ou à la réalité ? »

Patrick Modiano. L’Horizon.

***

Merci Marithé pour cet élan poétique qui me touche, comme il aurait touché Patrick alias patrickmodiano

« Quand l’Étoile n’est plus à sa Place
et que la Nuit fait sa Ronde
les Boulevards se font Obscurs
comme les Boutiques
et les Villas se font Tristes.
Passe la Jeunesse dans les Quartiers Perdus.
Du Vestiaire de l’Enfance
aux Noces en Voyage
à travers les Fleurs de Ruine
un Cirque est Passé
dans un Printemps de Chien
jusqu’à l’Accident Nocturne
vers les 28 Paradis.
Pas de Remise de Peine
Fragilité du Temps…

Quand les mots se font silences
les maux s’imposent encore plus fort…

… Et voilà un autre silence
qui nous laisse démuni, affecté…

Alors coulent les mots du cœur
Les mots qui vibrent
Les mots de l’émotion
Les mots qui livrent
Pour délivrer…
Pour ne Pas se Perdre…

Restent les mots secrets
Les mots discrets
Les mots du Poète………. »

Marithé

*Emprunts de Mots aux titres de Patrick Modiano, comme autant d’hommages à l’un et à l’autre… *

 

La Dune du Pilat: Jeux de sable–3–

octobre 16th, 2014

De sable le temps,

de temps le sable

 

à la lisière

où s’enlise

 

un soupçon

d’océan.

GEORGES-EMMANUEL CLANCIER

VIVE  FUT L’AVENTURE

Poèmes, éditions Gallimard

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Sable

Les grains de sable
surfent sur la dune,
caressent la lande.
Emportés par le vent
sur des vagues de pierre.
Accrochées à des branches d’étoiles,
Les bulles de sable
jouent à cherche-minuit,
au milieu des horloges
où s’incruste la mousse,
dans des sillons creusés
à même la peau.
Des langues de sable
s’allongent sur les ombres,
cathédrales de verdure
où jamais n’iront
ni les nuages
ni les images
ni les certitudes
d’un monde
à l’endroit.

Maïté L

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La Dune du Pilat: Face-à face: la Grande Montagne et l’océan–2–

octobre 8th, 2014

Avec quelques photos, je m’en remets aux écrits des uns et des autres qui tombèrent amoureux de la Dune et de l’océan pour un jour ou une vie.

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dune du Pilat vue du Cap-Ferret

La Dune du Pilat vue depuis le Cap Ferret

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« L’océan au pied, en face et à l’infini »

YVES SIMON

« Le prochain amour »Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2,éditions Pimientos

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Située à l’entrée du Bassin d’Arcachon, face au banc d’Arguin et au Cap-ferret, « La Grande Montagne »est un désert formé par l’accumulation de sable due aux vents et aux courant marins.

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au loin le Cap Ferret vu depuis la dune du Pilat

Au loin, juste en face, la pointe du Cap Ferret

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60 millions de mètres cubes de sable  passés à travers le sablier du temps,se dressent entre la station balnéaire du Pyla-sur-mer créée au début du XX ème siècle et la forêt de la Teste-de Buch sur 3800 ha.

La plus haute dune d’Europe est soumise aux éléments; instable, en perpétuel mouvement, elle  ne cesse de reculer de plusieurs mètres carrés chaque année.

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La montée vers le sommet ne se situe plus à l’endroit où je l’ai connue dans ma jeunesse. Elle se faisait plus près du village du Pyla-sur-mer où les premières maisons semblent devoir être englouties par le sable.

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Le Pyla-sur-mer

Le Pyla-sur-mer vue depuis la Dune

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La Dune s’étend sur 3 km et culmine à 110 m. Ce site classé depuis 1943 est un site très visité et donc à protéger de toute urgence;il est géré depuis 2007 par un Syndicat mixte de la Grande Dune du Pilat formé par le Conseil Régional, le Conseil Général et la commune de la Teste-de-Buch.

 http://www.ladunedupilat.com/monument-exception/

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« Nulle part en France, les grands éléments naturels-juxtaposés sommairement, étalés sans limites-ne se présentent comme ici en grandes masses simples et homogènes, d’une pureté qu’on dirait native, comme au long d’une mangrove d’Afrique ou d’une grève de Papouasie : pas un golfe, pas un rocher, pas une embouchure, pas une île, pas un phare, pas un champ, une saline ou une pêcherie, mais simplement la forêt, la plage, la mer. Un soir de septembre, alors que le soleil allait se coucher dans un ciel très pur, à peine arrivés au Pyla avec B., nous escaladâmes la grande dune, à cette heure-là et dans la saison avancée déjà absolument déserte. Il soufflait de la mer avec le soir un vent merveilleusement froid et revigorant. De la crête, arrondie comme un ballon vosgien, de la montagne de sable si pure et si blanche, on ne dominait à perte de vue, à droite, que l’océan bleu, à gauche, que l’océan vert. La dune, sous la grande brise de mer levée avec le soir, fumait comme un erg saharien et semblait arracher d’elle une à une, ainsi que des voiles translucides, les très fines pellicules de sable que le vent faisait glisser sans trêve sur elle, comme dans un vertige de nudité. Devant moi, je vis B. se déchausser et se mettre à courir, à courir à perdre haleine au long de la crête, les cheveux défaits, une aigrette de sable ailant dans le vent enragé chacune de ses chevilles, saisie par je ne sais quelle ivresse de l’étendue et de la virginité. »

JULIEN GRACQ
Lettrines 2

Texte recueilli par Jean-Claude Garnung
« Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2, éditions Pimientos.

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Le banc d’Arguin

Le ,banc d'Arguin