Femme de La Renaissance: PERNETTE DU GUILLET
Couvent des Annonciades/ Bordeaux
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Taguée par Lali, tout simplement, je joue le jeu de La Femme de La Renaissance.
Et là…me voilà bien embarrassée car je la voudrais un peu rebelle, éprise d’art et bien de son temps.
Non, je ne peux choisir Aliénor d’Aquitaine puisqu’elle est née bien avant. Je me languis de cette infidélité historique: que ne sont-ils nés quelques années plus tard elle deux fois reine et ses troubadours.Je suis plus familiarisée avec le Moyen-Âge pour tout vous dire.
Non je ne peux choisir la reine Margot et son château de Cazeneuve en Gironde, lieu où elle cachait ses amours au roi Henri IV dans les souterrains et au bord du ruisseau:née trop tard! Pourtant je vous assure que ce personnage aurait été digne de la Renaissance.
Mais j’irai donc du côté de Lyon et je choisirai…une poétesse, jeune qui s’est consumée d’amour et dont la chandelle des ans s’est bien vite éteinte. Je veux citer PERNETTE DU GUILLET(1520 ?-1545) .
Dames, s’il est permis
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Dames, s’il est permis
Que l’amour appetisse
Entre deux coeurs promis,
Faisons pareil office :
Lors la légèreté
Prendra sa fermeté.
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S’ils nous disent volages
Pour nous en divertir :
Assurons nos courages
De ne nous repentir,
Puis que leur amitié
Est moins, que de moitié.
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Se voulant excuser,
Que leur moitié perdue
Peut ainsi abuser
Tant qu’elle soit rendue :
La loi pour nous fut faite
Empruntant leur défaite.
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Si j’eusse été apprise
Comme il fallait aimer,
je n’eusse été reprise
Du feu trop allumer
Qu’éteindre j’ai bien su,
Quand je l’ai aperçu.
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Ne nous ébahissons
Si le vouloir nous change :
Car d’eux nous connaissons
La vie tant étrange,
Qu’elle nous a permis
Infinité d’amis.
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Mais puis qu’occasion
Nous a été donnée,
Que notre passion
Soit à eux adonnée :
Amour nous vengera,
Quand foi les rangera.
(Chanson V)
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Elle rencontre MAURICE SCEVE au printemps 1536 ; il a trente-cinq ans et elle seize. Elle devient son élève. Leur amour impossible devient la source d’inspiration de ses poèmes, publiés post-mortem par son mari en1545 sous le titre Rymes de gentille et vertueuse dame, Pernette du Guillet. La plupart de ses vers ont été écrits pour être mis en musique et chantés. Quant à MAURICE SCEVE il publie Délie, un recueil de poèmes qu’il lui dédie sans la nommer.
PERNETTE DU GUILLET est morte à 25 ans, de la peste; hélas.
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MAURICE SCEVE a écrit ceci: quel sublime aveu qui me va droit au coeur:
Plutôt serons Rhône et Saône déjoints
Que d’avec toi mon cœur se désassemble;
Plutôt seront l’un et l’autre Monts joints,
Qu’avecques nous aucun discord s’assemble;
Plutôt verrons et toi et moi ensemble
Le Rhône aller contremont lentement,
Saône monter très violentement,
Que ce mien feu, tant soit peu, diminue,
Nique ma foi décroisse aucunement.
car ferme amour sans eux est plus que nue.
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Romantique moi? Peut-être…Peut-être…
Mais contente de trouver une belle romance, une poétesse dans ces ans où elles ne fleurissaient guère en nombre et puis
Je passe le flambeau du tag de la Femme de la Renaissance à Lautreje et à Maria-D ainsi qu’à Cerise-Marithé.
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Pour en savoir plus sur Pernette Du Guillet, rendez-vous ici
chez EUTERPE. Elle lui avait consacré un billet il y a un an.
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août 22nd, 2011 at 17 h 50 min
Très bon choix… et d’un romantisme!
J’approuve!
août 22nd, 2011 at 17 h 56 min
@ Lali
J’ai joué le jeu et cela m’a permis de me replonger dans LE LIVRE D’OR DE LA POESIE FRANCAISE de JEAN ORIZET : un livre que j’adore, justement parce qu’entre autres il fait connaître les poètes de façon plus exhaustive que d’habitude pour les périodes du Moyen-Âge et de la Renaissance. Mais pas seulement.
Merci de m’avoir donné cette opportunité de me creuser les méninges à propos de la Renaissance et de découvrir d’autres personnages à travers les différents blogs.
août 22nd, 2011 at 19 h 30 min
Chère Maïté/Alienor, je me suis régalée à vous lire. Merci de cette belle recherche. Je vous avoue que j’ai dû vérifier que le poème était de Pernette du Guillet. Je me demandais si le tag n’allait pas jusqu’à exiger un pastiche et ma foi je vous en savais capable
Je vais explorer votre blog plus avant, il me semble qu’il a changé par rapport à l’époque où j’étais venue (au début des posts chez « Jean ».
Belle soirée.
août 22nd, 2011 at 20 h 13 min
@ Michèle
Comme vous y allez!Je n’ai essayé de pasticher le demi-vieux français qu’une fois et c’était pour rendre hommage à Aliénor d’Aquitaine: quelques vers seulement.
Il m’aurait fallu m’imprégner du poème et faire maints et maints essais. Attendre l’inspiration ou me dédoubler.
Je ne suis pas capable d’écrire avec les mots de l’époque; quant aux tournures…
mais il est vrai que j’aime lire Guillaume d’Aquitaine ou Jaufré Rudel et la Ballade des dames du temps jadis de Villon.
Mon site a sans doute évolué avec moi depuis mes débuts. Quid de l’évolution; c’est une autre question.
Belle soirée Michèle et vous êtes la bienvenue ici.
Merci.
août 22nd, 2011 at 20 h 13 min
@ Lali:
merci. Donnant, donnant.
août 24th, 2011 at 6 h 38 min
merci Belle Dame,
je fouille dans un livre de Claude Bonnefoy Anthologies de la poésie française… je plonge dans les vers de la belle Pernette, elle croise Louise Labbé… Mais ce flambeau est trop lourd à porter !
Merci de ton invitation !
août 24th, 2011 at 18 h 30 min
Un beau défi relevé, Aliénor ! On n’aime guère sortir de ce qui nous est familier et pourtant que de bonnes surprises !
Bonne soirée à vous ! Merci de vos visites !
août 24th, 2011 at 19 h 27 min
@ Lautreje
je comprends très bien qu’à la rentrée, tu aies bien autre chose à faire. Merci pour le lien vers cette autre anthologie et bon courage pour la reprise.
Sur internet, on a un aperçu intéressant de la poésie de Pernette ici:
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/pernette_du_guillet/index.html
août 24th, 2011 at 19 h 32 min
@ fifi
Ronronner conduit à un doux langage mais il faut bien accepter de jouer et de chercher chaussure à son pied.
Bonne soirée aussi.
août 24th, 2011 at 23 h 08 min
http://www.youtube.com/watch?v=87g34eZoAuQ
août 25th, 2011 at 6 h 38 min
@ Maria-D
merci de votre délicate attention.
Je trouve très beau l’accompagnement en images d’époque fait par PatrickMaréchal;par ailleurs, cette chanson est ma préférée chez Georges Brassens.
août 27th, 2011 at 6 h 08 min
merci pour le lien, je garde !
septembre 8th, 2011 at 7 h 41 min
Merci pour cette belle participation. J’ai publié ce billet sur mon blog. C’est le quarantième !
septembre 9th, 2011 at 13 h 42 min
@ Euterpe
merci à vous aussi pour vous être fait l’écho de ma participation après avoir initié la démarche.
Je reviens de ce pas chez vous.
septembre 9th, 2011 at 17 h 53 min
Ses purs ongles très hauts
Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,
L’angoisse, ce minuit, soutient lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore.
Sur les crédences, au salon vide: nul ptyx,
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore).
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
Stéphane Mallarmé (1887)
Je ne peux résister au plaisir, plus que modeste dactylographe de Monsieur Mallarmé, de poster ce chef d’oeuvre sur votre site. L’âme du poème qui résonne comme une voûte, au sens musical du terme. Il me semble de plus en harmonie avec votre publication.
La reine Margot a résidé dans le Puy de Dôme au château royal de saint Saturnin (une superbe charpente en forme de navire), puis à Usson où elle avait restauré un véritable lieu de culture et de charme. De ce château bâti sur une butte, il ne reste que quelques ruines au dessus du vieux village
septembre 10th, 2011 at 8 h 10 min
@ Frantz
Je connais peu Mallarmé. Je me suis donc penchée attentivement sur ce poème et j’y ai vu dans le miroir le souvenir de cette belle poétesse morte prématurément.En littérature, on parle des « 27″, ceux qui doués et reconnus sont morts prématurément et dont on se demande tout ce qu’ils auraient pu nous apporter encore. Pernette n’a même pas atteint les 27 ans.
Quant à Mallarmé, je le déguste dans l’immanence de la poésie qui se nourrit d’elle-même, de sa musicalité, de son inventivité, de sa fascination pour les larmes du Styx répandues sur les corps et les cris d’une fin injuste.
En ce qui concerne la reine Margot, vous en trouverez trace ici:
http://alienor.multiply.com/photos/album/120
http://alienor.multiply.com/photos/album/122
et dans d’autres albums autour de ceux-ci.