
Crépuscule au bord du lac.
Après maintes et maintes péripéties , le blog peut enfin rouvrir et j’en suis très heureuse.
Et je vais pouvoir reprendre le chemin de vos blogs.

Crépuscule au bord du lac.
Après maintes et maintes péripéties , le blog peut enfin rouvrir et j’en suis très heureuse.
Et je vais pouvoir reprendre le chemin de vos blogs.

**** **** **** « A la grâce de l’océan, des étoiles et du vent » André Velter **** **** ****
**** **** **** à tous ceux qui passent par là
Je vous souhaite une Bonne Année 2026**** **** ****
avec la santé comme premier vœu.
Les années passent et avec un fort pouvoir de résilience, oublions tous les ennuis et ne retenons de chaque année que les excellents moments et les petits bonheurs.
Il y a une forme de légèreté dans le seul fait d’exister et de pouvoir s’enthousiasmer, chaque jour ou presque. C’est la nouvelle année, tous les espoirs sont permis.
Bien à vous…
NB: Cette carte a été réalisée conjointement avec notre petit Loup. Nous avons appris, dans la joie, à préparer les décorations de Noël en utilisant les restes de papier cadeau de l’année précédente, les chutes de découpages et à agrémenter le tout grâce aux stylos magiques et à « la trouilloteuse ». Comment? Vous ne connaissez pas, Il s’agit de la perforatrice.
Pour terminer ce sujet, juste quelques photos, au gré des rues du village.
Toujours en compagnie des mots de Christian Bobin

« La grâce de Conques, c’est qu’il n’y a presque rien. Je reconnaissais cette sensation, la même qu’à la lecture d’un grand poème : une grâce d’apesanteur, un ralenti princier. »







Et la conclusion de Christian Bobin que j’ai beaucoup aimée:
« Je pose sur la table le manuscrit de La nuit du cœur.
Il est à toi, maintenant. »
Continuons la visite, toujours en compagnie de CHRISTIAN BOBIN dans La Nuit du Cœur
« Je parle de tout cela depuis la forêt, à distance. Je tiens l’abbatiale entre le pouce et l’index. Et je serre. Si je ne serre pas, elle s’envole. »
Il en est de même pour moi : S’envole-t-elle ou s’efface-t-elle de ma mémoire ? Le temps qui passe fait son œuvre. Comme le souligne si bien Tania dans son « billet du jour », » notre psychisme est ainsi fait que nous oublions »
http://textespretextes.blogspirit.com/archive/2025/04/01/derniere-lecture-3372116.html
Nous oublions d’autant plus que nous ne portons pas le même intérêt à tout.

Mais cependant, découvrir le tympan du Jugement dernier sur le portail de l’abbaye Saint-Foy de Conques est une aventure inoubliable. Œuvre grandiose, sculpture romane monumentale de la première moitié du XIIe siècle, elle donne à voir plus de 100 personnages autour du Christ en majesté.


Traditionnellement, l’enfer représenté d’un côté, le paradis de l’autre concouraient à répandre la bonne parole, à faire l’éducation des fidèles pour qui n’existait pas de culture livresque : un mode d’emploi pour gagner le paradis !


Et puis, il y a ces » petits curieux » qu’il faut chercher bien haut : un clin d’œil des sculpteurs, un brin d’humour, un miroir de ce que nous sommes devant le tympan : des voyeurs ! Des petits personnages facétieux dont seul dépassent le nez retroussé, les yeux malicieux bien ouverts et les cheveux coiffés en bandeaux.
« Sur le tympan de l’abbatiale des personnages dont on ne voit que les mains relèvent une couverture de pierre. Leur visage dépasse. On les appelle des « curieux ». Stupéfaits, ils regardent ce monde que nous avons voulu et qui prospère sur notre destruction. »
« La lumière de Conques est blonde. Diables et anges sur le tympan semblent sculptés dans le sable d’une plage. La grande marée de l’éternel reprendra tout. Il restera, après la fin de tout, un papillon blanc. »



Lorsque nous pénétrons plus avant, ce qui nous frappe, c’est l’élancement de l’édifice, l’étroitesse du vaisseau central que viennent distraire la beauté des grilles romanes en fer forgé, les chapiteaux à entrelacs, à feuilles d’acanthe et les représentations historiées faisant référence à la Chanson de Roland et aux récits épiques.

« Mon âme se réveille au bruit d’une goutte de lumière tombant sur une dalle du onzième siècle. »
« Les pierres de Conques respirent très lentement. Un siècle passe entre une expiration et l’inspiration suivante. »
Ce n’est tout de même pas un hasard si CHRISTIAN BOBIN a placé l’expiration avant l’inspiration et le double sens de ces deux mots : passé, présent se côtoient, se frôlent, affleurent, se dissolvent, réapparaissent, se modifient mutuellement.
Ce n’est tout de même pas un hasard si mes yeux furent aimantés par les vitraux dans un premier temps. Par le tympan baigné par la lumière de fin d’après-midi ensuite.
« L’abbatiale de Conques est un aimant puissant. Mes songes se plaquent sur ses parois, attirés par le vide qui bourdonne à l’intérieur. »



Et pour terminer, hautement symbolique de la Région


« Je pose sur la table le manuscrit de La nuit du cœur.
Il est à toi maintenant. »
Lorsque Christian Bobin a publié son livre LA NUIT DU CŒUR en 2018, il ne pensait sûrement pas qu’une lectrice lambda en ferait son miel, et le prendrait au pied de la lettre dans sa conclusion.
Automne 2017:
De belles journées d’automne nous poussent vers la découverte de Pierre Soulages et de ses œuvres en Aveyron.
En route, nous avons décidé de commencer la visite par l’abbaye de Conques et ses célèbres vitraux, œuvre de Pierre Soulages.
Pour y arriver, il faut cheminer dans le relief montagneux et ses interminables lacets, synonymes de lenteur alors que je brûle d’impatience à l’idée de cette rencontre.J’ai une pensée pour les pèlerins arrivant au terme d’une longue marche.
Conques se mérite.
Conques résiste à la vue avant d’apparaître enfin dans son écrin, comme une coquille posée sur la pente, enveloppant le village et l’abbaye, entre feuillages et montagnes.

Nous arrivons à Conques en fin de matinée sous un ciel d’un bleu intense , avec la chaleur de l’été indien.
« A l’approche de Conques, les arbres descendent en courant jusqu’au bout de la route étroite, pour voir ce qui se passe dans ce désert . »
Christian Bobin a passé une nuit à Conques, sur la petite place médiévale, chambre 14, proche de l’abbaye Sainte Foy du même nom.
De là est né son récit poétique La nuit du cœur.
Il n’a pas oublié. Depuis Le Creusot,il écrit une sorte de lettre d’amour.Comme il en écrira une un peu plus tard à Pierre Soulages : Pierre.
« A six cents kilomètres de l’abbatiale j’entends le chuchotement de ses vitraux. »
Et plus loin:
« Ainsi à six cents kilomètres de l’abbatiale me réapparaissent les toits en éventail de l’abbatiale et ceux enchevêtrés du village. »
Tout est dit et je m’inscris très modestement, dans la même pensée : on ne revient pas indemne de Conques, du village et surtout de son abbaye. J’y pense, j’ai éprouvé des sensations qui sont de l’ordre du langage intime des émotions et du cœur. Et Christian Bobin dit si bien ce que je ressens.
350 km me séparent de Conques et je vois comme un autre signe de connivence que Christian Bobin établisse, dans son livre, un lien entre ma ville de Bordeaux et Conques.
il s’est senti agressé par la découverte de la grande ville de Bordeaux:« Bordeaux déchire les yeux ».
Il s’est trouvé démuni car ne pouvant l’appréhender avec le cœur, sans doute, mais il dit qu’il « a aimé cette ville parce qu’elle lui parlait de son contraire, l’abbatiale de Conques, la petite à tête dure. »
Nous faisons halte à l’entrée de Conques. Conques se découvre à pied.


Comme ces nuages déterminés, qui s’en vont bavarder avec le ciel.
Que l’année vous apporte des bulles de vie,douces, légères, chaleureuses.
Soyez au mieux et vivez chaque jour avec la passion de la vie.
« La douceur vient de la force. La force vient du ciel.
Une parole, pour nous toucher, ne doit peser d’aucun savoir; Juste une goutte d’eau sur le cœur nénuphar »
Christian BOBIN/ La NUIT DU COEUR

Les ciels d’octobre sont roses- parfois- tantôt au levant, tantôt au couchant,leur palette illuminant les yeux des humains, les bêtes sauvages et les silhouettes des arbres dénudés.
Et puis tout à coup OCTOBRE finissant tourna à la teinte ROSE, celle qu’on voudrait oublier; celle qui s’appuie sur la Recherche ou celle qui donne de l’espoir quand son ciel fait mine de vous tomber sur la tête.
2024 fut pour moi, une année d’absence ici, une année tellement difficile par ailleurs. Tellement pleine de mauvais moments et aussi de beaux moments de communion avec la nature.
Et me revoilà revenue, pas tout à fait au même point de départ qu’il y a 11 ans…mais quand même!
Il y eut récemment la plongée dans les Mille et une nuits vécues dans le sablier d’une petite heure . Vous savez quoi? Quand vous enfilez la traditionnelle charlotte, la chemise assortie à la culotte bouffante, le pantalon qu’il ne faut pas oublier de serrer et les mules dernier cri du 36 au 42, où j’aurais pu mettre les deux pieds dans une seule. Sauf que pour suivre mon guide chantant des mille et une nuits, il ne fallait pas perdre en route ces mules magiques, ces babouches qui vous emmènent ailleurs.
Me voilà donc de retour, battante s’il en est…
Et je pense à Michel Pastoureau que j’espère bientôt lire : « Rose, histoire d’une couleur »

L’HIVER est arrivé.
Il peut être météorologique ou bien calendulaire ou bien encore
ENCHANTÉ
comme ici au Bois du Bouscat dans la proche banlieue bordelaise.
Le soir, à la tombée de la nuit, prenez une petite lampe de poche et entrez dans le monde magique d’une enfance perpétuelle où petits et grands y trouvent leur compte.
Prenez alors un sentier qui, d’œuvre en œuvre dans
une » MARCHE ENCHANTÉE »
vous conduira tranquillement au Nouvel An.



Suivez les puits de lumière pas à pas et ils vous amèneront tranquillement entre ciel,
mer et
terre jusqu’au Nouvel An.
Que 2024 soit pour vous une année sereine.
Qu’elle vous apporte douceur et santé.
De tout cœur, je vous souhaite
un chemin lumineux
et ENCHANTÉ
Une exposition à l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux(28 janvier-26 février 2023)
L’estampe, une œuvre d’art à part entière.
PIERRE SOULAGES( 1919-2022) s’est passionné pour la technique de l’eau-forte dès 1951. Cette technique utilisée depuis le XVe siècle consiste à graver une plaque de métal par l’acide, puis à l’encrer et la presser sur des feuilles de papier.
Une eau-forte de 1957 a permis à l’artiste de découvrir de nouvelles formes nées d’un « accident ». En laissant agir trop longtemps l’acide, la plaque fut perforée et une fois passée sous presse, elle laissa entrevoir des effets insoupçonnés.


Entre 1952 et 1998, Pierre Soulages produit une quarantaine d’eaux-fortes où varient les couleurs, les formes, les textures. 34 de ses créations sont présentées sous la forme de tirages numérotés au Château Labottière, en collaboration avec la Maison Millon et grâce à un collectionneur passionné, avant une mise aux enchères à Paris.
J’ai eu l’immense joie de visiter également le musée Pierre Soulages à Rodez, ce qui me permets de vous présenter quelques eaux-fortes et leurs matrices.
à Rodez, les aux-fortes étaient présentées dans un écrin noir (outrenoir?), sombre, dans l’unique éclairage des vitrines. Cette première approche d’une technique qui ne m’était pas familière a été sublimée par la visite de l’exposition bordelaise, dans une salle vitrée et très lumineuse.






A Rodez, c’était une approche technique dans une sorte de cocon intime. Au Château Labottière, j’ai pu contempler une exposition rayonnante. Je serais bien restée là à contempler les eaux-fortes: un vrai bonheur.



Merci aux organisateurs de nous avoir permis d’approcher l’Oeuvre de Soulages.
« Pour la gravure comme pour la peinture, je travaille poussé par une passion, et quand je me passionne pour quelque chose, je ne fais que ça. J’ai des crises de lithos, j’ai des crises de gravures,comme j’ai des crises de peintures. »
Pierre Soulages

Aux Bassins des Lumières, à Bordeaux dans l’ancienne Base sous-marine allemande de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce nouveau centre d’art numérique, les spectacles consacrés à des peintres se succèdent dans un lieu unique, avec ses bassins se jouant des reflets.C’est féérique.
la projection « Gustav Klimt, d’or et de couleurs » a eu lieu lors de l’été 2021.
J’ai eu envie, pour accompagner mes vœux lors du passage à l’année 2023, de vous offrir (de nous offrir?) cet Arbre de Vie, condensé de lumière, d’harmonie et de symboles notamment la sagesse,la renaissance et le cycle de vie au travers d’emprunts à plusieurs civilisations.
A l’origine, Il s’agissait pour Klimt de réaliser une fresque murale (1902-1909) de grandes dimensions(7mx2m) pour un palais bruxellois. Autant dire que cette projection de l’Arbre de Vie à la Base sous-marine respecte cet aspect initial.
Après une année difficile , plus ou moins pour chacun d’entre nous, je suppose, nous avons tous besoin de ces spirales, de ces feuilles d’or, de ces symboles protecteurs afin de garder l’espoir et d’aller de l’avant.
Et puis comment oublier que Christian Bobin nous a quittés, lui qui nous invitait à vivre poétiquement.
» Le poétique c’est avant l’écriture, c’est une manière d’être, une manière d’aller dans la vie, de taper avec le cœur sur le cœur de l’autre.
Vivre poétiquement c’est essayer d’avoir une tenue de langue et d’âme qui ré-enflamme la vie, qui redonne le courage et l’envie de vivre et qui nous remette à la hauteur de la splendeur qu’est cette vie. »
J’ai relevé ces mots dans l’hommage à Christian Bobin rediffusé sur France Inter. Il s’agissait d’un entretien avec Laure Adler dans L’HEURE BLEUE enregistré en décembre 2018.
*
Bonne et heureuse année 2023!