Les ruines de Cayac 2013: la restauration a commencé

ASC_0162

Je suis retournée récemment voir le pèlerin et les ruines de Cayac et j’ai  constaté que la restauration est en cours.Ce jour-là, le pèlerin avait toujours la faveur des photographes…

ASC_0124

Voici les sources qui me permettent de retracer l’Histoire de Cayac:

1-Le site de la Ville de Gradignan

http://www.ville-gradignan.fr/menu-principal/tourisme-histoire/les-sites-a-decouvrir/le-prieure-et-leglise-de-cayac/

2-la plaquette « La Mémoire des Pierres » téléchargeable sur ce site.

3-Le livre : » Les chemins de Saint-Jacques en Gironde » de Francis Zapata aux Éditions Sud-Ouest.

***

06 12 09 046

Cayac, à la sortie de la Ville de Gradignan, à 10 km de Bordeaux est la dernière étape avant la terrible traversée des Landes :

Cet hôpital est cité dans un acte de 1229 .Un inventaire des lieux cité par Henri de Montaigne, commissaire du Parlement de Bordeaux, en 1673 décrit avec minutie cet établissement. Il s’agit probablement de l’oncle de Michel de Montaigne, qui siégea lui aussi au Parlement de Bordeaux ainsi que de nombreuses personnes de la famille de sa femme).

ASC_0156

Le petit « château » n’existait pas au Moyen-Age. A sa place se trouvait un autre bâtiment dont nous ignorons tout, qui servait de domicile aux religieux. Par la suite, il est démoli et reconstruit au XVe siècle avec les pierres de la bâtisse primitive. Il est restauré au XVIIe siècle et occupé par les pères Chartreux (d’où le nom de la rue de Chartrèze). Les fenêtres à meneaux datent de cette époque. Vers 1850, il est transformé dans l’esprit médiéval, alors à la mode (décoration de la grande salle et, à l’extérieur, tour carrée et créneaux). Les bâtiments annexes, tant ceux accolés à l’église que ceux situés du côté du château sont plus difficiles à dater. Il devait s’agir dès l’origine de dépendances agricoles, plusieurs fois transformées.

06 12 09 023

L’église et les trois portails sur le chemin, parties les plus anciennes, ont environ huit cents ans (fin XIIe ou début XIIIe siècle).

Après la Révolution française, l’église abrite une verrerie (1837-1860) et subit des mutilations (obturation d’ouvertures, fermeture de la nef sud, installation de fours).

En1940 : installation d’un atelier de mécanique.

Son évolution au cours de l’Histoire :

A la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème, le lieu avait une vocation d’accueil des pèlerins. Il était tenu par des religieux : les Frères Hospitaliers.

Du XIV ème au XVIIème siècle : transformation en prieuré, c’est-à-dire couvent dont la vocation première n’est plus l’accueil des pèlerins.(1304). Le prieuré prend des allures de propriété agricole.

Du XVIIème siècle à la Révolution, l’ensemble appartient aux pères Chartreux.(1618) Les pèlerins se font moins nombreux.

En 1649, lors de la Fronde, le prieuré a subi des dégradations lors d’une révolte paysanne. Il fut assiégé par les troupes du Duc d’Épernon.

En 1688, on constate de nombreuses brèches dans les murailles.

En 1731, les lieux sont désertés car il n’y a plus aucun office religieux.

1979-1988 : sauvetage de Cayac par la commune de Gradignan qui rachète tout d’abord l’Eglise à la famille Calvet puis ensuite le Prieuré à la famille Barbet.
1981 : déviation de la RN 10.
1982-1983 : fouilles dans l’église.
1988 : début de la restauration du prieuré.

ASC_0123

 Certains ont pu même envisager de raser le tout pour élargir la fameuse Nationale 10 qui passait entre les ruines et le château !

ASC_0160

 

La prochaine fois je vous invite sur le Chemin de L’Eau Bourde.

En attendant…Partagez le repos du pèlerin si vous le voulez bien.

ASC_0165

 

*******Adichats!

Tags:

26 Responses to “Les ruines de Cayac 2013: la restauration a commencé”

  1. Maria-D Says:

    Merci pour le voyage
    je m’assieds là à ses côtés
    en silence et prière

  2. Breizh Shot Says:

    Le détail du repos du pèlerin montre le travail fin de sculpture avec la besace qui paraît aussi vraie que nature. Ces lieux ont donc connu une histoire mouvementée pour finalement arriver en état d’être restaurés. La mémoire est ainsi préservée.

  3. JEA Says:

    plate question venant d’un pays presque plat, mais la statue montre un pèlerin aux pieds libres, or retirer ses chausses en chemin, c’est prendre le risque de ne pouvoir s’y réintroduire sans mal pour poursuivre son étoile
    à moins que ne soit évoqué un marcheur rêveur plein d’ardeurs et va nus pieds ?

    nb : la France est aussi pays d’attirance pour des étrangers comme moi eu égard à cette foultitude de vestiges architecturaux tordus par le temps et malmenés par les hommes mais semés aux quarante mille coins au moins des horizons, autant de points d’interrogations et d’inspirations
    merci d’en avoir si bien illustré un, ici et que voulait pourfendre la N 10 – elle en eût été maudite -…

  4. Anne Says:

    Zut, mon message est parti aux oubliettes!!!Fausse manoeuvre! Merci de nous faire découvrir cette région, tu sembles bien la connaître et tu nous la fait (re) découvrir…………….bises, comme le vent soufflant

  5. Denise Says:

    Merci Maïté pour l’histoire de ce magnifique lieu, c’est passionnant et suis heureuse de revoir le pèlerin sous un autre angle. Cette sculpture est de toute beauté.
    Bises.

  6. fifi Says:

    Le pèlerin de cette série a bénéficié d’une lumière beaucoup plus avantageuse par rapport à ta première série. J’aime beaucoup tes deux cadrages: la première avec son fond de ciel bleu et d’arbre qui traverse l’image et puis le zoom sur le chapeau et la besace ! Cette belle sculpture suscite vraiment beaucoup d’émotion ! Merci de nous avoir rapporté l’histoire mouvementée de ces lieux !

  7. colo Says:

    Chapeau, besace, mais pas de souliers….curieux! Marcher pieds nus, pénitence…

    Ce bâtiment est vraiment beau par ses proportions, si harmonieuse. Merci de nous raconter son histoire, j’aime beaucoup connaître les différents usages des lieux.
    Penser qu’un autoroute aurait pu le faire disparaître fait frémir!

    Belle journée Maïté!

  8. DUTEIL Danièle Says:

    Voilà de beaux trésors à aller découvrir. Merci, Maïté !

  9. cerisemarithe Says:

    Adishatz, Maïté !
    « Au long camin, lo baston que pesa »… Proverbe gascon !
    Le chemin est long aussi pour cette rénovation ! Elle en vaut vraiment la peine…
    Et ce pèlerin qui fait halte pour reposer son corps garde le regard et l’esprit en éveil… Ce fier profil marque une volonté d’aller au bout de ses engagements, de ses convictions…

  10. Alienor Says:

    @ Maria-D
    le lieu est propice à des émotions, à des démarches personnelles, à des réflexions: il est toujours possible de répondre à l’invitation d’un banc, sous les très grands arbres avec le pèlerin en point de mire.

  11. Alienor Says:

    @ Breizh Shot

    comme toi j’admire le travail du bronze avec un rendu plus vrai que nature.Nous le verrons plus tard aussi avec les statues de Danielle Bigata.
    J’ai été heureuse de voir que les travaux sont en cours: une bonne surprise et un approfondissement du sujet pour moi, à bon escient.

  12. Alienor Says:

    @ JEA

    je n’en sais pas plus pour l’absence de chaussures.
    Voici l’énoncé de ce que l’on peut lire sur le panneau de présentation du pèlerin:

    « Le Pélerin : le repos

    Il a marché longtemps… ses veines gonflées en témoignent
    Sur le chemin du retour, il fait halte au « PRIEURE de CAYAC » où il sait, que depuis le 13° siècle, les pélerins de Compostelle sont accueillis…
    Il nous offre la sérénité intérieure qu’il a acquise, après avoir vécu toutes les expériences de son long périple… »
    Et voici quelques notes trouvées qui donnent la mesure du travail accompli:

    « Le challenge était d’envergure car Danielle Bigata n’avait jamais créé d’oeuvre en bronze de cette taille, près de 3 m de haut. En dehors de l’aspect strictement créatif, il fallait trouver une entreprise du fonderie d’art capable de suivre exactement les exigences de l’artiste : une première pour l’usine Alfa-Arte dEibar en Pays Basque Espagnol. Transporté un matin à faible allure depuis sa métairie de Saucats où vit et travaille Danielle Bigata, le pèlerin, de retour de Santiago comme les coquilles qu’il porte le montrent bien, trône désormais devant l’église, assis sur un banc. Sa grande taille a été spécialement étudiée pour permettre au public de s’approprier le monument de le toucher. De symbole de la tradition compostellane, le géant devient alors objet de jeu pour les enfants, prétexte à la promenade à Cayac, toile de fond pour la photo des nouveaux mariés… »
    ***
    J’aime aussi les lieux de mémoire qui parfois n’ont plus que le souvenir de leur histoire passée.Je trouve important de les faire revivre lorsqu’ils nous ont parlé.Comme vous, qui vous attachez à faire œuvre de mémoire engagée.

  13. Alienor Says:

    @ Anne

    Je connais surtout la grande richesse de la région où je suis née et que je n’ai jamais quittée.J’aime à en savoir toujours plus et à faire partager mes découvertes.Je suis insatiable quant aux découvertes que nous pouvons faire au fil des jours, grâce aux livres, aux lieux, aux rencontres avec les personnes qui savent,parfois rencontres fortuites, mais aussi les passionnés. Je suis tenue en éveil par les liens qui se tissent peu à peu entre les diverses connaissances, l’une poussant l’autre vers une meilleure vue d’ensemble.

  14. Alienor Says:

    @ Denise

    Evidemment, il faut faire des choix dans la présentation des photos car dans l’observation de ce bronze, on fait toujours des découvertes. Cette fois-ci, sous le soleil, les couleurs changeantes du bronze de la besace, du chapeau et de l’autre pied me sont apparues différemment.Je me régale à chaque fois et j’ai beaucoup de mal à ne pas tout faire partager.Mais il faut inciter chacun à vouloir voir de ses propres yeux, suggérer, sans lasser. Lorsque des personnes me disent qu’elles sont allées découvrir Cayac, à la suite de nos discussions ou de mes articles, j’en suis ravie.

  15. Alienor Says:

    @ Fifi
    en effet; les autres photos avaient été faites en plein hiver, par temps de brouillard.Cette fois-ci, c’était le grand beau temps qui nous avait poussés vers Cayac et le chemin des moulins.
    Chaque fois, l’atmosphère est particulière.

  16. Alienor Says:

    @ Colo

    Au fond, chacun peut interpréter comme il veut l’absence de chaussures, curieuse, il est vrai.
    Seule, Danielle Bigata pourrait nous donner la clef.
    Je peux y voir une manière beaucoup plus forte et symbolique de montrer les manifestations physiques de la marche au long cours(bien plus parlant que les chaussures en bronze);
    ou bien la pénitence ajoutée au cheminement spirituel: une sorte d’auto flagellation(j’ai connu cela).
    Si je repense à tous les dangers rencontrés, je n’exclue pas le vol des souliers par les bandits de grand chemin(n’a-t-on pas vu des sans domicile se faire voler, en pleine ville leurs maigres effets) ou l
    ‘usure et destruction des souliers au fil des km et l’impossibilité de les remplacer.
    Ce n’ets pas une autoroute qui aurait pu passer ici mais bien la Nationale 10 qui aurait pu être élargie au détriment du patrimoine.

  17. Alienor Says:

    @ Danièle
    il y a tant de trésors comme cela!Ce serait une bonne idée n’est-ce pas?

  18. Alienor Says:

    @ CeriseMarithé

    tu as su saisir au bond le clin d’œil à cette langue gasconne qui me tient à cœur, puisqu’elle a été une de mes deux langues d’enfance dans le bain quotidien.
    Effectivement, à cette période, et bien plus tard, la langue gasconne était probablement celle que les pèlerins de toute origine entendaient sur leur chemin à partir de la Gironde jusqu’aux Pyrénées.
    Jusqu’à la révolution, le bas peuple parlait gascon, la haute bourgeoisie s’était mise au français.Je ne sais ce qu’il en était des religieux, à l’exception de l’un d’entre eux, élu député et qui combattit pour le gascon.
    Pour ma part, la langue gasconne a été une réalité jusqu’à la mort de mon père.
    Merci pour la citation que je ne connaissais pas.

  19. fifi Says:

    Merci Maïté pour « l’arbre paré » ! Guère de ciel bleu aujourd’hui. Ainsi c’est à chaque fois un cadeau quand il réapparait :-)
    Bonne soirée à toi !

  20. Alienor Says:

    @ FIFI

    ciel bleu ici, mais pollution intense qui va avec.
    Bonne fin de semaine, Fifi.

  21. fifi Says:

    Je t’envoie un « schmoutzele » (bisou) spécial anti-grippe qui chasse virus et Cie loin de soi !!!

    Il faut s’armer de patience et de boissons chaudes…
    Le soleil qui revient va t’aider aussi …
    Je t’embrasse très fort !

  22. Alienor Says:

    @ Fifi

    je prends et t’en remercie!
    Bisessssssssss

  23. Djemaa Says:

    Bon début de semaine à toi et amitiés ensoleillées du Sud de la France, Pascal.

  24. Alienor Says:

    @ Pascal

    Bienvenue sur mon site.
    merci de ta visite. Bon début de semaine aussi et bonne écriture.J’ai visité ton site.
    Ici temps gris et grand vent.
    à +

  25. Frantz Says:

    Nous sommes allés voir le lieux, avant notre départ, un peu précipité, pour Digne (Pb de santé avec ma mère; je ne sais pas s’ils vont pouvoir rester dans leur appartement…)

    Les lieux et la statue de bronze, cette fois, sont superbes. Aux veines tortueuses prés du Pélerin.

    Une jolie poésie sur ce thème, trouvée sur Internet:

    Première recherche

    Des routes. Ou dans les fleurs.
    Ou dans les eaux
    de la rivière.
    Nous pensons les trouver
    Dans la voûte de nuages,
    À la lumière du soleil
    À la lumière de la lune
    … devons-nous chercher
    Il est difficile de discerner
    Le chemin. Indistincts les traces.
    Où peuvent-ils être
    Les Signes Sacrés ? Aujourd’hui peut-être
    Nous ne les trouverons pas.
    Mais demain il fera jour.
    Je sais
    « Gardien, dis-moi pourquoi
    Fermes-tu cette porte ?
    Que gardes-tu inlassablement ? »
    « Je garde
    Le secret de la quiétude »
    « Mais la quiétude est vide.
    Des gens dignes de confiance
    L’ont dit : ‘Il n’y a rien’. »
    « Je connais le secret de la quiétude
    Et j’ai pour mission de le garder »
    « Mais la quiétude est vide ! »
    « Pour toi, elle est vide ! »
    répondit le gardien du seuil.

    Nicolas Roërich

  26. Alienor Says:

    @ Frantz

    merci . J’aime bien ce poème et l’idée de quiétude.
    Je suis désolée pour vous de ce qui arrive à votre mère. Je vous souhaite du courage.
    Je suis ravie d’apprendre que ces billets vous ont donné l’envie d’aller y voir de plus près.

Leave a Reply