Archive for the ‘Danielle Bigata.Ruines de Cayac. Laurenzanne’ Category

Au revoir Danielle Bigata–9–

mardi, juin 24th, 2014

La promenade fut longue (sur le blog) la découverte vivifiante pour moi; Comme un rituel qui me donnait un cap à suivre.

Un dernier petit tour s’impose dans le parc LAURENZANNE sous le signe du silence et du respect, en privilégiant la parole de l’artiste.

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Il reste encore quelques personnages à visiter pêle-mêle au détour des pelouses et des arbres ,

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un certain nombre d’enfants,

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un bas-relief dédié à la musique,

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une sculpture prenant racine dans la mythologie pour une chevauchée fantastique,

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quelques échappées géographiques et beaucoup de rêve.

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Bigata, on aime ou pas… J’aime, j’approfondis.

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J’aime et je le dis:

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parce qu’à mon tour,j’ai voyagé longuement dans le temps, l’espace, j’ai mis en lien dans ma tête des petits bouts d’idées, de textes, de rencontres…

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« De retour à Saucats, je fais une sorte de synthèse de tous ces gens formidables que j’ai pu rencontrer et j’essaie de faire ressortir la personnalité de chaque peuplade dans l’une de mes sculptures »

Danielle Bigata

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« En sculpture, comme au travers de mes dessins, je souhaite mettre en valeur des ethnies qui sont en voie de disparition. Ce musée à ciel ouvert, crée dans ce parc, permanent, accessible, c’est pour moi un rêve, l’aboutissement de ma carrière  ».

Danielle Bigata

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« Sans fard ni calculs, ses dessins prennent place dans les jardins de nos instincts oubliés. Sa capture innocente des gestes traditionnels, son ombre généreuse qui se penche sur les mondes en passe d’être engloutis sont fait pour agir à la manière d’un baume bienfaisant dans la tourmente où nous sommes. La démarche de Bigata relève tellement de l’instinct de vie et d’une inspiration universaliste à la justice qu’on pourrait lui attribuer comme devise cette formule sortie de la gorge du grand poète martiniquais Aimé Césaire : « Liberté, mon seul pirate !  » 

Jean Vautrin

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Quelques liens très utiles nous permettent aussi de consulter des galeries de sculptures sur lesquelles je me suis appuyée parfois:

http://issuu.com/daniellebigata/docs/cataloguesculpturecomplet

 

http://issuu.com/sculpteurstatuaire/docs/brochure-escale-bigata/9

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Et juste avant de m’effacer sur la pointe des pieds, encore une fois les mots de Jean Vautrin:

« Souvent elle s’en va. Elle nous échappe. Elle est partie. Elle place une fois de plus son voyage au pays des soleils magnifiques ».

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Et cette digression qui me conduit tout droit vers Gabriel Mwene Okoundji:

« Le temps enseigne au temps que l’Homme, l’animal et l’arbre

Partagent, à part égale, les mêmes secrets, la même mortalité

Le même rêve, les mêmes énigmes, la même dignité de l’âme

Ainsi de l’arbre, de l’Homme, et de l’animal

Nul ne possède le monopole du plus grand numérateur »

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♥♥ ♥fin♥♥♥

Merci Danielle.Vous seule pouvez savoir pourquoi je vous dis merci du fond du cœur comme je dis merci à mes lecteurs.

Une page se tourne.

 

 

Promenade sous les cèdres dans le parc Laurenzanne/ Danielle Bigata-8_

jeudi, juin 12th, 2014

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«  La connaissance s’acquiert en lisant des livres, mais la connaissance la plus utile, celle du monde, ne s’acquiert qu’en lisant les hommes, avec soin, et dans toutes les éditions. »

LORD CHESTERFIELD

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DANIELLE BIGATA a fait sienne cette citation. Elle nous accueille de fort agréable manière à notre entrée dans le parc de la mairie de GRADIGNAN(33), entre pelouse et espaces arborés, entre grands cèdres et arbres plus communs.

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Nous avons fait notre entrée dans un lieu devenu un musée de plein air habité, par les sculptures de DANIELLE BIGATA, depuis le printemps 2011 LE PARC LAURENZANNE.

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Le site accessible en permanence offre  la rencontre avec 16 œuvres en bronze ou en en marbre.

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Le corps du bâtiment de la mairie est une maison noble  du XVII ème siècle qui voisine avec une serre dessinée par GUSTAVE  EIFFEL, laissée à l’abandon sur une propriété jusqu’en 1979.

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La serre récupérée par la mairie a été entièrement reconstruite dans ce cadre enchanteur auquel elle donne  une note romantique, surtout lorsqu’en fin de journée, la lune vient taquiner la coupole.

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Plus loin, les asphodèles dans le vent jouaient avec les sombres sous-bois qui n’avaient rien d’un enfer ; mais il me tardait de revenir en pleine lumière lire le livre de souvenirs de voyages de Danielle Bigata, saisir au vol les dialogues du vent et des personnages, quelques accords de musique d’écorces et de bois, aux parfums d’herbe drue et de feuilles bruissantes.

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Il y a tant de soleils
A partager
Aux quatre coins de la terre
Tant d’amis , de sourires à illuminer,
Tant de lumières
Au zénith de nos sentiments
Tant d’espérances
A broder au point du jour,
Tant de souvenances
A ranger
Pour les heures grises ou velours
Tant de rayons
Annonciateurs d’amour
Ce soir c’est décidé :
Les soleils de nos cœurs
Gagneront la terre entière.

Maïté L

♥♥♥

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à suivre…

La MATERNITÉ YAO par DANIELLE BIGATA –7–

dimanche, mai 18th, 2014

 La Maternité Yao, sous le signe de la tendresse.

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Madones, Vierge à l’Enfant occupent une place importante dans l’iconographie et la peinture occidentale.

A partir de la Renaissance, les personnages gagnent en humanité lorsque transparaît l’intimité dans des scènes mêlant poésie et sensualité.

La Renaissance italienne quant à elle introduit la notion de décor naturel apportant une touche d’intemporel.

Le concept glisse doucement vers la prise en compte de la condition humaine en général chez les peintres flamands :  la Vierge et Jésus deviennent une mère et son enfant placés dans un décor naturel.

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Chez DANIELLE BIGATA, nous sommes au cœur du thème profane avec un souvenir de voyage cueilli dans le monde du travail, dans les rizières du Vietnam.

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Le décor de cette Maternité Yao  est celui que l’artiste lui  donne maintenant, tantôt décor intérieur de musée, tantôt décor et théâtre de verdure comme au parc Laurenzanne à Gradignan.Mais il y a comme un sentiment religieux chez ces deux-là, la mère dégage une énergie qu’elle nous transmet par le regard; l’enfant a les yeux tournés vers le monde, tout en étant dans la chaleur de sa mère. Les deux rayonnent en nous, vers nous.

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« L’ethnie Yao vit dans les terres montagneuses de tout le sud-est asiatique. La patine du bronze valorise le contraste entre les matières et met en scène l’imbrication entre la mère et l’enfant. La maternité n’est plus ethnique mais universelle. »/Danielle Bigata

 

Une berceuse sud-vietnamienne douce et envoûtante envoyée par Cerisemarithé

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DANIELLE BIGATA plante le décor dans lequel elle a recueilli cette vision avant de nous la faire partager :

« Quand on voit les femmes Yao éparpillées dans les rizières, avec leurs coiffes rouges, on a l’impression d’un champ de coquelicots. Comme les femmes africaines, elles privilégient le contact physique rapproché avec leur enfant enserré dans des voiles au plus près de leur corps. »

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J’avoue que cela me permet de faire le lien avec cette saison de coquelicots , notamment lorsque j’en rencontre lovés en cœur à cœur dans mon jardin.

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Ethnie des Dzao rouges ou yao

Les femmes Yao

« les femmes plus distantes sont plus grandes et plus distinguées, elles portent un amoncellement de foulards rouges empilés sur la tête, dont les bords se terminent par des franges au bout desquelles sont cousues des pièces et des perles.

Leur coquetterie : elles se rasent tout le devant du crâne pour faire apparaître un immense front dégagé sous le turban. »

DANIELLE BIGATA/AKUNA MATATA

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Je ne résiste pas au plaisir de la tendresse  mise en mots et susurrée à l’oreille des enfants par des mères aimantes. Berceuses de tous pays, chacune ayant son charme.

BERCEUSE  DOGON

 

Où est partie la mère du petit ?

Partie puiser de l’eau

Pas revenue de puiser de l’eau

Partie piler la feuille de baobab

Pas revenue de piler la feuille

Partie préparer les plats

Pas revenue de préparer les plats

Sur la falaise, sur la falaise

Un œuf de poule est suspendu(1)

Berceuse populaire chantée dans la boucle du Niger, quand un enfant, porté sur le dos, pleure.

(1)       Allusion au derrière du petit enfant suspendu dans le dos de la mère

/ Trésor de la poésie, anthologie de Pierre Menanteau

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Akatombo
berceuse du Japon
Dans le ciel au coucher du soleil,
Libellule rouge
Tu volais pendant que je rêvais
Sur le dos de maman
Je m’endors pendant que vient la nuit
Sur la plaine mauve
En planant ton aile vient fermer
Mes paupières doucement

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un petit intermède musical sur le thème, envoyé par Maria-D

https://www.youtube.com/watch?v=L9PJZrRWs6k

Don Quichotte faunesque par DANIELLE BIGATA–6–

lundi, avril 28th, 2014

Mon coup de foudre, mon coup de cœur:

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«  En El Quijote el pensamiento fundamental, la parte para todos interesante, el humanum, consiste en el contraste perpetuo entre el espíritu poético y el de la prosa ; entre el alma que solicita heroicas aventuras y el cuerpo que de ellas se cautela ».( Miguel Antonio Caro)

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Il aurait pu n’être que Don Quichotte héros mythique de Cervantes.

Homme rêveur, chevalier des grandes causes, parcourant les grands espaces de la Manche, dans la poussière et les mirages, dans le vent et la musique des ailes des moulins à vent.

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Vous pouvez le suivre ici,

chez Colo :

http://espacesinstants.blogspot.com.es/2013/04/rossinante-et-le-peche-de-la-chair.html

http://espacesinstants.blogspot.com.es/2013/04/ou-sancho-panza-conte-un-conte-donde.html

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A mon oreille, résonne aussi la chanson   « La Quête »  immortalisée

par Jacques Brel :

 

« Rêver un impossible rêve

Porter le chagrin des départs
Brûler d´une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu´à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D´atteindre l´inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l´étoile
Peu m´importent mes chances
Peu m´importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l´or d´un mot d´amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s´éclabousseraient de bleu
Parce qu´un malheureux

Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s´en écarteler
Pour atteindre l´inaccessible étoile ».

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Mais voilà…notre Don Quichotte  a dû, un jour ou l’autre, croiser la route de l’artiste DANIELLE BIGATA qui l’aura surpris dans ses œuvres de Faune à « l’heure fauve » de Mallarmé

http://patachonf.free.fr/musique/debussy/mallarme.php

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Ou bien use-t-il ses semelles sur les longues lignes droites des Landes girondines avant de s’enfoncer sous le couvert de nos bois de pins et de chênes, peuplés de légendes. Et pourquoi pas au milieu des chênes lièges, plus au sud, non loin des plages que les faunes modernes apprécient tout particulièrement.

https://www.youtube.com/watch?v=F5A4CkUAazI

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Ainsi, lorsque je le vis, Don Quichotte avait-il pris, à la croisée des chemins, les attributs de quelque représentant de la Faune fantastique et, mi-homme, mi bouc, s’était-il paré  de paillettes dorées, offrande de la lumière que j’imagine de fin d’été.

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C’est comme cela qu’il nous apparut au Château Lescombes ou bien au plus près de la nature, entre boutons d’or et printemps, en compagnie des oiseaux venus se percher sur son auguste tête dans le  parc de Laurenzanne.

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Partons donc sur les traces d’Arthur Rimbaud

pour  donner Au Don Quichotte une dernière note poétique :

  Tête de faune

« Dans la feuillée, écrin vert taché d’or,
Dans la feuillée incertaine et fleurie
De fleurs splendides où le baiser dort,
Vif et crevant l’exquise broderie,

Un faune effaré montre ses deux yeux
Et mord les fleurs rouges de ses dents blanches
Brunie et sanglante ainsi qu’un vin vieux
Sa lèvre éclate en rires sous les branches.

Et quand il a fui — tel qu’un écureuil —
Son rire tremble encore à chaque feuille
Et l’on voit épeuré par un bouvreuil
Le Baiser d’or du Bois, qui se recueille ».

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Mais je laisse le mot de la fin

à DANIELLE BIGATA :

La métamorphose du personnage, mi-homme mi-bouc, et sa quête inassouvie sont ici matérialisées par le traitement de la matière tout en hérissements et en tensions. « Ma représentation de ce Don Quichotte, est volontairement décalée. II est âgé, marqué par tous ses rêves et fantasmes déçus. »

Mais qu’est-ce qu’il est beauuuuuuuuuuuuuu!

L’île de Pâques / Danielle BIGATA / L’homme-oiseau- 5-

mardi, avril 15th, 2014

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Dans son très beau livre d’art FACE A FACES qui prend la forme d’un carnet de voyages où les dessins de l’artiste côtoient  la préface de JEAN VAUTRIN, DANIELLE BIGATA écrit :

«  Je sillonne la planète à la recherche de ces rencontres extraordinaires, en me faisant la plus humble possible, la plus discrète, face à la générosité de ces gens qui peuvent nous apprendre la relativité de la gravité, de l’urgence, mais aussi surtout, l’accueil et l’échange ! »

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ÎLE DE PÂQUES, 2004

«  Cette destination faisait partie de mes rêves et de mes fantasmes… »

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l’homme-oiseau, bronze, vu au château Lescombes

RAPA NUI, L’HOMME- OISEAU

« J’ai pu assister à la compétition de l’homme-oiseau, qui perdure, même si elle a heureusement perdu son caractère de jeu mortel. Cela m’a fortement impressionnée et inspiré la sculpture du même nom.

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Ecoutez les données du challenge :

Imaginez une falaise abrupte de plus de cinquante mètres de hauteur. Il s’agit de plonger, c’est l’envol, puis de parvenir sur le rocher distant d’un kilomètre dans une mer toujours déchaînée et infestée de requins…

Comme nos enfants dans les jardins… C’est la chasse aux œufs de Pâques qui est ouverte, en l’occurrence  aux œufs de sterne. Le vainqueur doit ramener l’œuf ENTIER, après avoir escaladé la falaise…

Sportif, non ? »

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L’Homme-oiseau, pour ma part je l’ai croisé dans l’exposition du château LESCOMBES,

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dans le musée de plein air de LAURENZANNE, voir ci-dessous

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mais aussi plus récemment dans le musée GEORGES DE SONNEVILLEDANIELLE BIGATA expose ses dessins de voyages jusqu’au 11 mai.Ce musée se trouve aux ruines de Cayac, près du Pèlerin de Compostelle.

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J’ai d’ailleurs pu la rencontrer à cette occasion. Cette rencontre faisait partie de mes rêves les plus fous. Danielle est venue à ma rencontre, par le biais de mes billets déposés au fil des mois, ici-même. Ce fut une belle entrevue, pudique, chargée d’humanité, d’émotions partagées. D’emblée, j’ai ressenti la force et la détermination de l’artiste, citoyenne du monde. D’ores et déjà, rendez-vous est pris pour qu’un jour prochain nous nous retrouvions dans son atelier de SAUCATS.

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A l’occasion de cette exposition, DANIELLE BIGATA nous fait un beau cadeau : elle nous offre la possibilité de télécharger gratuitement son livre AKUNA MATATA.Rendez-vous sur son site.

http://www.bigata.com/

 

« AKUNA MATATA est un regard merveilleux porté sur la tolérance et le respect des différences.

A travers ces notes et ces croquis de voyages, je voudrais vous faire partager les rencontres, les joies, les peines, les impressions, les visages, les amusements, les coutumes, les émerveillements, les dangers, en un mot : ma vie, aux quatre coins du globe, pendant quelques milliers de kilomètres… »

J’ai donc téléchargé ce livre sur tablette et lorsque je l’ai ouvert, je n’ai cessé ma lecture qu’avec le mot FIN. J’y ai retrouvé DANIELLE BIGATA en baroudeuse, bien plus baroudeuse que je ne l’imaginais au volant d’une 4L, au guidon d’une moto HONDA 250, en avion, avionnette , pirogue, camion, en compagnie des lions, éléphants, partageant sa nuit avec une hyène… et toujours avec comme sésame ouvrant la porte des rencontres, son carnet de dessin, ses dessins offerts, comme un langage universel, qui, c’est injuste, devrait nous être un peu donné à nous aussi ! J’ai souvent éclaté de rire, j’ai sué sang, eau et moustiques avec  elle ; j’ai attendu en pleine chaleur que le chef de village vienne l’accueillir ici ou bien qu’on vienne la sortir de l’endroit où elle avait « bourbé ». Bref, j’ai parcouru en une soirée ces milliers de visages au fil des destinations et je me suis identifiée à elle, moi la voyageuse parfaitement immobile.

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Avec l’aimable participation de DANIELLE BIGATA, photographiée près d’une œuvre en 3D.

Aïda, une femme dans le déchirement /Danielle Bigata–4–

mardi, avril 8th, 2014

Danielle Bigata et le personnage d’Aïda:

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Au château Lescombes,nous avons pu admirer un buste d’Aïda, alors que dans le PARC  LAURENZANE à GRADIGNAN où je vous emmènerai plus tard, se trouve une  autre sculpture saisissante du même personnage.

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L’opéra de Giuseppe VERDI met en scène, au temps des pharaons,  Aïda. Esclave éthiopienne et fille du roi Amonastro elle se débat avec son amour impossible pour ’un officier égyptien Radamès qui  combat son père et son peuple :

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« Jamais sur terre il n’y eut de cœur plus cruellement déchiré. Ces mots sacrés, père, amant : ni l’un ni l’autre je ne peux prononcer. Pour l’un, pour l’autre, je pleurerai et je prierai ».

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Dans le PARC  LAURENZANE, Aïda est représentée assise, en position de soumission mais son corps et son visage expriment le  déchirement. Ses yeux ont cette expressivité au plus près des sentiments, alors que Danielle Bigata est allée en Ethiopie  rencontrer et dessiner des femmes pour être au plus près de la représentation sculptée.

Il y a aussi une étude pour la tête d’Aïda:

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Medici TV: la soprano AMARILLI NIZZA parle d’AÏDA:un personnage intemporel selon elle

« Pour moi le personnage d’Aïda est d’une extrême modernité, c’est vraiment une femme d’aujourd’hui parce que c’est une femme à qui l’on demande de faire revivre et d’incarner des valeurs très fortes comme la patrie, la famille. A une époque où ces valeurs se font plutôt rares, mettre sur le devant de la scène une femme comme Aïda qui porte en elle ces valeurs solides et qui est prête à mourir pour elles, c’est extrêmement moderne et actuel.”

“D’autant que la situation des femmes dans les trois quarts des pays de la planète est comparable aujourd’hui à celle d’Aïda.”

« Un rôle que la chanteuse lyrique connaît très bien car c’est celui qu’elle a le plus interprété dans sa carrière.Pourtant, chanter Aïda reste un défi à chaque représentation ».

“C’est un rôle très varié, avec de multiples facettes, et cela requiert beaucoup de technique : beaucoup de “couleur” dans la voix, de “chiaroscuro” (clair-obscur), un grand phrasé et il faut jouer sur le legato. Cela peut être, par moments, très lyrique et élegiaque et à d’autres, dramatique et incisif : donc il faut disposer d’un bagage technique très solide pour respecter les indications que Verdi a inscrites sur sa partition, et c’est loin d‘être une tâche aisée.”

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https://www.youtube.com/watch?v=F7V4WfwY1gQ

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Au château Lescombes, « Elles » étaient à l’honneur –3–

vendredi, mars 28th, 2014

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LES ENFANTS

Tous les enfants, vous le savez, sont des navires
qu’un proverbe pareil aux brises les plus douces
conduit, syllabe après syllabe, au continent
où les pingouins dorés murmurent des poèmes.

Tous les enfants, vous le savez, sont des bouleaux
qui, dans la nuit, en demandant pardon, écartent
leurs branches, leur écorce, et vont jusqu’au vertige
danser sur la grand-place au milieu des poulains.

Tous les enfants, vous le savez, sont des comètes
venues nous rendre hommage au nom d’un autre azur,
d’une autre vérité, d’une autre fable, et nous,

adultes par défaut, saurons-nous les convaincre
de s’attarder ici le temps d’un bref bonheur,
avant de repartir chez les étoiles folles?

Alain Bosquet.

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Au château Lescombes, au sein  de cette exposition d  « ’ELLES »,  j’avais hâte de retrouver les œuvres de   DANIELLE BIGATA , à qui l’on doit notamment « Le Pèlerin de Compostelle ».

http://www.eclats-de-mots.fr/2013/02/17/le-pelerin-au-repos-des-ruines-de-cayac/

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Voici tout d’abord cette salle où DANIELLE BIGATA exposait quatre sculptures  d’enfants, êtres  croqués sur le vif avec leur palette de sentiments: visage d’enfant curieux, boudeur, malin,attentif .

Ils ne sont pas sans rappeler « La petite châtelaine » de CAMILLE CLAUDEL.

http://www.roubaix-lapiscine.com/publications/113/la-petite-chatelaine.html

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Ces quatre visages, empruntés au quotidien, empreints de fraîcheur  entraient en dialogue avec des dessins de personnages hors du commun rapportés  des lointains voyages dont DANIELLE BIGATA est coutumière.

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Enfance

En ce temps-là

je portais toute ma force dans mon cœur

C’était l’orgueil

celui du premier prince magnanime

de la première victoire

du drapeau bleu flottant sur la terre du juste

C’était la colère

l’impétueuse

flammes inoubliables

frissons de sang en prismes de pardon

C’était le désir agile

prenant pied dans la découverte

créant les îles de cristal

réinventant la magie blanche

C’était le péché de perle

mon vrai péché

la coupable bonté

l’admirable confusion d’amour

Je portais toute ma force dans mon cœur

sans cuirasse de mensonges

comme un enfant invulnérable

Achille Chavée

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En nos enfants grandis tressaillent les voiliers d’impatience. Nous écarter pour leur ouvrir passage, c’est leur faire don d’une autre naissance.

Notre place n’est plus où commence leur combat singulier.

Andrée Chedid

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Au bord de l’Eau Bourde depuis Cayac

mardi, mars 5th, 2013

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Au bord de L’Eau Bourde

Cheminement

Dans l’œil du vert

Sous couvert du vent.

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L’Eau Bourde est une jolie rivière de la communauté urbaine bordelaise ; 5 communes sont arrosées par cet affluent de la rive gauche de la Garonne.

Autrefois haut lieu d’activités, notamment pour moudre le grain des habitants contre redevance (droit de ban), l’Eau Bourde garde le souvenir des moulins qui appartenaient à des nobles ou des communautés ecclésiastiques. Presque tous les moulins ont disparu tout au long de ses chemins ombragés. On peut cependant encore voir un moulin restauré avec sa roue à aube et son bief.

Les moulins pratiquèrent ensuite d’autres activités : fabrique de chocolat, de pains de glace, d’engins explosifs, pulvérisation de silex, fabrique de tapis vendus sur place, tannerie au moulin de Cazaux de 1903 à 1955 (150 employés). Celui de Cayac fut le seul à rester jusqu’à la fin un moulin à farine.

Aujourd’hui, le chemin de l’Eau Bourde est un chemin très fréquenté, dès que revient le beau temps !

Qu’i passe gén coum sou camin de Sen-Jacques. (se dit d’un chemin très fréquenté)

Ou avec une autre formulation:

Tan bau lou camin de Sen-Jacques !

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A la source de L’Eau Bourde, dans le parc des Sources de Cestas, on pouvait voir avant la mémorable tempête qui eut raison de son chêne multi séculaire, un panneau indiquant que Napoléon et ses troupes avaient bivouaqué là, sur le chemin de L’Espagne.

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L’Eau Bourde serpente sur 22,5 km ; on rencontre sur ses berges une grande richesse d’arbres : chênes, châtaigniers, aulnes, frênes et saules. On peut aussi observer des érables champêtres, des charmes, des trembles, des ifs, des peupliers, de l’aubépine, des pins sylvestres. Voici quel est le royaume des poules d’eau, martins pêcheurs, (il m’a été donné d’en apercevoir un sans pouvoir le photographier) hérons, tortues de marais. La rivière est paraît-il, d’après les pêcheurs, le territoire du goujon, du chevaine et du gardon mais aussi de la loche franche, de l’anguille, du chabot, de la lamproie de planer et du vairon.

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J’aime tout particulièrement ses reflets, la multitude d’approches rendue possible grâce aux différents parcs qui la jalonnent dans une grande coulée verte, ses passerelles, ses visages si différents selon les saisons. Rendez-vous compte : elle a même son « Petit-Arcachon » et sa plage sablonneuse de poche, pour ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) profiter du Grand.

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Je vous laisse vagabonder sur ses chuchotis, ses éclats surpris entre les arbres, sa géométrie poétique, ses souvenirs ; ses silences sur ses bancs accueillants ;

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je vous laisse imaginer ses rencontres insolites : un chat à vélo (mais oui, vous lisez bien !), ses chiens , ses marcheurs nordiques, ses enfants en vacances et centre aéré, ses heureux riverains et les habitants du coin tout étonnés de rencontrer l’intérêt de « bordelais »(ils ont tôt fait de nous qualifier, nous bordelais d’adoption !)

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Je ne sais pas si les pèlerins ont suivi les bords de l’Eau Bourde, ailleurs qu’à Cayac, Cestas… ou s’ils n’ont fait que traverser la rivière.

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 Il m’a semblé que le paysage devait être si important à leurs yeux en fonction du temps que  j’ai cherché chez

FELIX ARNAUDIN,

dans son RECUEIL DE PROVERBES DE LA GRANDE LANDE

des mots immémoriaux dans la langue gasconne, celle qui venait à l’oreille des pèlerins du Moyen-Âge.

Lou diabble que danse sous parcs.(l’ardeur du soleil est telle qu’elle fait trembler

l’air sur le toit des bergeries)

***

Lou renart que se maride.(Le renard se marie, temps de soleil et de pluie)

***

Lou téms qu’a l’amne negue.(Le ciel est noir, il médite un mauvais coup, littéralement il a l’âme noire)

***

Mourane que hey bragué.(Mourane est le nom d’une vache donné au ciel, vache qui a le pis gonflé à l’approche du vêlage , comme le ciel où les nuages s’amoncellent)

***

Héy pa sou, ni pluye, ni bén:

Semble esta les dames en un coumbén.(Il n’y a ni soleil, ni pluie ni vent, comme chez les dames du couvent…ça ne bouge pas; se dit d’un ciel couvert et temps doux)

***

en été

 ****adichats!

Les ruines de Cayac 2013: la restauration a commencé

dimanche, février 24th, 2013

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Je suis retournée récemment voir le pèlerin et les ruines de Cayac et j’ai  constaté que la restauration est en cours.Ce jour-là, le pèlerin avait toujours la faveur des photographes…

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Voici les sources qui me permettent de retracer l’Histoire de Cayac:

1-Le site de la Ville de Gradignan

http://www.ville-gradignan.fr/menu-principal/tourisme-histoire/les-sites-a-decouvrir/le-prieure-et-leglise-de-cayac/

2-la plaquette « La Mémoire des Pierres » téléchargeable sur ce site.

3-Le livre : » Les chemins de Saint-Jacques en Gironde » de Francis Zapata aux Éditions Sud-Ouest.

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Cayac, à la sortie de la Ville de Gradignan, à 10 km de Bordeaux est la dernière étape avant la terrible traversée des Landes :

Cet hôpital est cité dans un acte de 1229 .Un inventaire des lieux cité par Henri de Montaigne, commissaire du Parlement de Bordeaux, en 1673 décrit avec minutie cet établissement. Il s’agit probablement de l’oncle de Michel de Montaigne, qui siégea lui aussi au Parlement de Bordeaux ainsi que de nombreuses personnes de la famille de sa femme).

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Le petit « château » n’existait pas au Moyen-Age. A sa place se trouvait un autre bâtiment dont nous ignorons tout, qui servait de domicile aux religieux. Par la suite, il est démoli et reconstruit au XVe siècle avec les pierres de la bâtisse primitive. Il est restauré au XVIIe siècle et occupé par les pères Chartreux (d’où le nom de la rue de Chartrèze). Les fenêtres à meneaux datent de cette époque. Vers 1850, il est transformé dans l’esprit médiéval, alors à la mode (décoration de la grande salle et, à l’extérieur, tour carrée et créneaux). Les bâtiments annexes, tant ceux accolés à l’église que ceux situés du côté du château sont plus difficiles à dater. Il devait s’agir dès l’origine de dépendances agricoles, plusieurs fois transformées.

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L’église et les trois portails sur le chemin, parties les plus anciennes, ont environ huit cents ans (fin XIIe ou début XIIIe siècle).

Après la Révolution française, l’église abrite une verrerie (1837-1860) et subit des mutilations (obturation d’ouvertures, fermeture de la nef sud, installation de fours).

En1940 : installation d’un atelier de mécanique.

Son évolution au cours de l’Histoire :

A la fin du XIIème siècle et au début du XIIIème, le lieu avait une vocation d’accueil des pèlerins. Il était tenu par des religieux : les Frères Hospitaliers.

Du XIV ème au XVIIème siècle : transformation en prieuré, c’est-à-dire couvent dont la vocation première n’est plus l’accueil des pèlerins.(1304). Le prieuré prend des allures de propriété agricole.

Du XVIIème siècle à la Révolution, l’ensemble appartient aux pères Chartreux.(1618) Les pèlerins se font moins nombreux.

En 1649, lors de la Fronde, le prieuré a subi des dégradations lors d’une révolte paysanne. Il fut assiégé par les troupes du Duc d’Épernon.

En 1688, on constate de nombreuses brèches dans les murailles.

En 1731, les lieux sont désertés car il n’y a plus aucun office religieux.

1979-1988 : sauvetage de Cayac par la commune de Gradignan qui rachète tout d’abord l’Eglise à la famille Calvet puis ensuite le Prieuré à la famille Barbet.
1981 : déviation de la RN 10.
1982-1983 : fouilles dans l’église.
1988 : début de la restauration du prieuré.

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 Certains ont pu même envisager de raser le tout pour élargir la fameuse Nationale 10 qui passait entre les ruines et le château !

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La prochaine fois je vous invite sur le Chemin de L’Eau Bourde.

En attendant…Partagez le repos du pèlerin si vous le voulez bien.

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*******Adichats!

Le pèlerin au repos près des ruines de Cayac

dimanche, février 17th, 2013

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Nous devons ce pèlerin  à DANIELLE BIGATA.

Il se trouve sur le site des ruines Cayac alors que pendant des années la Nationale 10 a coupé l’ensemble des bâtiments en deux, occasionnant des dégradations des porches romans et gothiques importantes, jusqu’en 1981 où l’axe routier a été dévié.Il s’agissait d’un hospice sur la route de Saint-Jacques- de- Compostelle.

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Vous aurez un aperçu de l’œuvre de cette artiste ici:

http://www.bigata.com/

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 Le pèlerin

 

Vêtu de sa cape alourdie par les  notes  fantasques du vent,

Portant la richesse de toutes les  bribes de ses silences,

 Il a parcouru tous les horizons  au rythme de ses rêves les plus fous.

Les fougères ont enlacé ses chevilles malmenées

Et les ruisseaux, rafraîchi  ses veines et ses paumes écorchées.

Aveuglé par les tourbillons et les  grains de poussière

Il a parfois dû momentanément renoncer.

Nourri du chant des oiseaux et du halo pur des aurores,

Ses lèvres se sont scellées aux heures écrasantes du jour à son apogée.

Il a péniblement avancé, voûté  sur son solide bourdon.

Sa main lourde s’appuyait  sur le pommeau luisant

Sur  ce bois  cueilli, comme il se doit,  à la pleine lune

En morte sève, et mis à sommeiller jusqu’à l’heure

De s’élancer dans les paysages aux brumes fantomatiques.

Il a dormi à la belle étoile, celle du berger à la houppelande,

S’est tenu pieusement et comme une ombre en haut de la dune,

Ne laissant à chaque départ qu’une  empreinte chaude au  creux du sable.

Parfois la forêt et les sentiers ont retenti de ses pleurs :

Cent fois il faillit abandonner !

Son langage s’est forgé immobile et bossué en se frottant à ses peurs,

A ses ardeurs toujours renouvelées et à la grandeur de ses doutes.

Sa peau s’est patinée à l’égal de son bourdon :

Il est devenu chêne, nervuré, à l’écorce pétrie de fatigue.

Ses pas portaient tant de plaies, tant  de crevasses, malgré cela

Il réussit à magnifier la souffrance jusqu’à s’illuminer.

Tendu comme un arc vers l’ultime but des jacquets,

Il a tant cherché la réconciliation avec cet autre lui-même,

Qu’un jour béni, aux pieds de Saint Jacques il s’est jeté.

Le voilà de  retour, le temps d’une halte,  à l’ombre du prieuré.

Au bord de l’Eau Bourde, sous les arbres, avec sa fidèle coquille.

Le voyageur sans bagages songe à tout ce qui en  lui, a changé.

Maïté L

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