A la mode de…

***

Un merle sur l’appentis haut perché

Tenait en son bec des propos printaniers.

Gonflant ses plumes par la pluie froissées

 Et se secouant sans arrêt, comme un prunier,

Il lui importait d’être  bien plus que princier,

De convier dans son royaume, haut et fort

La belle promise à plusieurs couvées

 Et de ses amours se faire le troubadour.

La girouette à tous les vents capricieux vouée

Faillit en perdre l’équilibre et le nord.

Le merle plein ouest ouvrait grand le bec

Gonflait sa gorge, piétinait et d’audace

Trillait, sifflait, et s’assoiffait sur la scène

Avant de redevenir un simple oiseau du jardin.

Il lui fallut bien redescendre au ras des pâquerettes

Boire à petites gorgées répétées car il s’était démené

Et s’ébrouer généreusement dans le baquet  prévu à cet effet.

Devant un public ravi, et qui ne ménagea pas ses compliments,

Il décida qu’on l’y reprendrait à venir réchauffer l’atmosphère

Des jours mouillés d’un temps pas toujours grisant.

Maïté L

 

 

***

*******

Photos  à la mode de  chez nous.

18 commentaires

  1. Ta première photo est géniale ! Belle mise en valeur aussi du merle par le fond flou ! Avec ton poème assorti, tu me mets un grand sourire dans la tête et l’envie d’aller marcher pour écouter « les propos printaniers » !
    Bisous de bonne journée, Maïté !

  2. Bravo Maïté pour tes belles photos du merle nous offrant ses beaux messages printaniers 😉 Il est joli avec son bec ouvert et chantant la mélodie du printemps…
    Merci pour tes mots savoureux 🙂
    Bises amicales

  3. Quand viendra le temps des cerises… Siflera bien mieux le merle moqueur !
    C’est une belle mise en vers d’un oiseau familier de nos jardins.
    Bisous et bonne fin de semaine sous les charme des joyeuses trilles.

  4. C’est très beau Maïté, bien observé. j’aime

    pour vous en écho

     » Le merle

    Un oiseau siffle dans les branches
    Et sautille gai, plein d’espoir,
    Sur les herbes, de givre blanches,
    En bottes jaunes, en frac noir.

    C’est un merle, chanteur crédule,
    Ignorant du calendrier,
    Qui rêve soleil, et module
    L’hymne d’avril en février.

    Pourtant il vente, il pleut à verse ;
    L’Arve jaunit le Rhône bleu,
    Et le salon, tendu de perse,
    Tient tous ses hôtes près du feu.

    Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
    Comme des magistrats siégeant.
    Leur blanc tribunal examine
    Un cas d’hiver se prolongeant.

    Lustrant son aile qu’il essuie,
    L’oiseau persiste en sa chanson,
    Malgré neige, brouillard et pluie,
    Il croit à la jeune saison.

    Il gronde l’aube paresseuse
    De rester au lit si longtemps
    Et, gourmandant la fleur frileuse,
    Met en demeure le printemps.

    Il voit le jour derrière l’ombre,
    Tel un croyant, dans le saint lieu,
    L’autel désert, sous la nef sombre,
    Avec sa foi voit toujours Dieu.

    A la nature il se confie,
    Car son instinct pressent la loi.
    Qui rit de ta philosophie,
    Beau merle, est moins sage que toi !  »

    Théophile GAUTIER

  5. @ Fifi

    merci pour ton passage ici. Les merles sont volubiles en ce moment et se laissent parfois admirer. Nous entendons des mésanges partout: en ville comme à la campagne.Cette vie qui grouille est très agréable.
    Bisous et bon we Fifi, au milieu des vignes. J’ai visité mais n’ai pu encore déposer un mot.

    ***

    @ Dominique Hasselmann

    sourire à vos mots,et sourire encore lorsque j’ai informé le merle et le coq que je partais chercher mon appareil photo pour immortaliser la scène. Je suis toujours étonnée lorsqu’un oiseau m’autorise cela.Je vais finir par croire qu’ils aiment la parole humaine( ou les intonations bienveillantes).
    Le merle regardant d’un œil puis de l’autre, sa dernière œillade semble en effet indiquer le sud! Vous êtes perspicace. 😎

    ***

    @ Denise
    Merci de ta bienveillance à l’égard de mes photos de merle. Il a beau m’avoir « attendue », j’étais cependant dans l’urgence et je n’avais pas trop le temps de peaufiner les réglages. Un mur nous séparait (la distance de sécurité pour lui?) et il me fallut également me percher en équilibre instable: j’étais la troisième du genre! On ne peut pas dire que ce soit ma tasse de thé. 😎

    ***

    @ Colo

    le petit moment de grâce improvisée par l’oiseau valait bien un clin d’œil de mots, ne serait-ce que pour continuer à m’amuser moi aussi. Même si je n’ai pas l’aisance de celui qui a marqué nos moments poétiques dans nos jeunes années.
    Belle fin de semaine à toi aussi Colo. J’ai lu chez toi et je vais y revenir.
    Merci.

    ***

    @ Sergio
    De belles références en ces temps de printemps.

    Il suffit d’un rayon de soleil pour que les trilles s’envolent et que les merles – car ils s’y mettent à plusieurs- se répondent.

    Merci . Bisous fleuris lilas et bon we aussi.

    ***

    @ Apolline
    Tout cela nous rappelle qu’il faut cueillir les instants lorsqu’ils se présentent de si jolie façon. ce sont les joies de nos activités de jardinage. tant qu’il restera des jardins et des amoureux de la verdure en ville; car nous sommes plutôt sur une tendance de construction intensive et de densification du tissu urbain: va y comprendre quelque chose!
    Merci Apolline et bon combat d’idées pour toi.

    ***

    @ Maria-D
    Merci pour cet apport poétique que je ne connaissais pas.
    Si je l’avais connu, aurais-je couché mes mots de tous les jours sur le papier? Pas sûr!
    Une belle manière de parler de cet infatigable visiteur fidèle toute l’année dans nos jardins et de le mettre en relation avec la nature et les humains.
    ***

    Bon we à tous.

  6. Laisse toi gâter par le chant du merle et les couleurs printanières, Maïté !
    Bon week end à toi !
    Le vérificateur me dit: « férien » Peut être il est devin et me dit que tu vas partir en « vacances » 🙂
    Moi en tout cas, je vais faire une petite sieste !

  7. @ Danièle

    Dame Merlesse ne dit mot mais consent! Comme la plupart des femelles elle est trop occupée pour venir chanter ou plus discrète et je ne connais pas la couleur de son chant qu’elle réserve peut-être à l’intimité.
    😎
    ***

    @ Fifi

    merci pour ces souhaits mais tu sais, je pars très rarement en vacances, profitant de petites échappées ici ou là. Je me suis affranchie des périodes de vacances sur le mode scolaire de toute manière, bien que mon activité épouse encore ce rythme.
    La sieste est nécessaire parfois.
    Bonne semaine pour toi.
    ***

    Merci Ulysse: un merle cabotin n’est jamais à négliger.C’est un peu de malice, un zeste de confiance et beaucoup d’à-propos.Dernièrement, j’ai failli « cueillir » le merle avec les brins de romarin destinés au potage.Il suit nos élans jardiniers et inspecte la terre grattée tandis que les mésanges trouvent leur nourriture sur les rosiers.
    ***

  8. Un belle série de photos accompagné d’un jolie texte. Le cadrage de la première photo est superbe. Voilà que la promenade matinale s’annonce bien.

  9. Merci Maïté pour ton texte ! Tes mots suivent le mouvement fascinant des étourneaux et rythment si joliment l’image !
    Belle journée printanière à toi !

  10. @ Armando

    belle journée alors. Merci de ta visite comme un rayon de soleil.

    ***
    @ Mitch

    Merci Mitch: toujours du bonheur à l’observation des oiseaux.

    ***

    @Fifi

    Mon texte ne pouvait qu’épouser le rythme impulsé par une belle image comme tu en as le secret.
    Quant aux étourneaux, il suffit de les observer dans ma région au-dessus des grands champs à perte de vue pour savoir comment ils procèdent. leus mouvements de troupe sont imprimés en moi.
    Belle journée que j’espère printanière pour toi. ici gris et la pluie n’est pas loin.

    ***

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *