Au bord de l’Eau Bourde depuis Cayac
Au bord de L’Eau Bourde
Cheminement
Dans l’œil du vert
Sous couvert du vent.
L’Eau Bourde est une jolie rivière de la communauté urbaine bordelaise ; 5 communes sont arrosées par cet affluent de la rive gauche de la Garonne.
Autrefois haut lieu d’activités, notamment pour moudre le grain des habitants contre redevance (droit de ban), l’Eau Bourde garde le souvenir des moulins qui appartenaient à des nobles ou des communautés ecclésiastiques. Presque tous les moulins ont disparu tout au long de ses chemins ombragés. On peut cependant encore voir un moulin restauré avec sa roue à aube et son bief.
Les moulins pratiquèrent ensuite d’autres activités : fabrique de chocolat, de pains de glace, d’engins explosifs, pulvérisation de silex, fabrique de tapis vendus sur place, tannerie au moulin de Cazaux de 1903 à 1955 (150 employés). Celui de Cayac fut le seul à rester jusqu’à la fin un moulin à farine.
Aujourd’hui, le chemin de l’Eau Bourde est un chemin très fréquenté, dès que revient le beau temps !
Qu’i passe gén coum sou camin de Sen-Jacques. (se dit d’un chemin très fréquenté)
Ou avec une autre formulation:
Tan bau lou camin de Sen-Jacques !
A la source de L’Eau Bourde, dans le parc des Sources de Cestas, on pouvait voir avant la mémorable tempête qui eut raison de son chêne multi séculaire, un panneau indiquant que Napoléon et ses troupes avaient bivouaqué là, sur le chemin de L’Espagne.
L’Eau Bourde serpente sur 22,5 km ; on rencontre sur ses berges une grande richesse d’arbres : chênes, châtaigniers, aulnes, frênes et saules. On peut aussi observer des érables champêtres, des charmes, des trembles, des ifs, des peupliers, de l’aubépine, des pins sylvestres. Voici quel est le royaume des poules d’eau, martins pêcheurs, (il m’a été donné d’en apercevoir un sans pouvoir le photographier) hérons, tortues de marais. La rivière est paraît-il, d’après les pêcheurs, le territoire du goujon, du chevaine et du gardon mais aussi de la loche franche, de l’anguille, du chabot, de la lamproie de planer et du vairon.
J’aime tout particulièrement ses reflets, la multitude d’approches rendue possible grâce aux différents parcs qui la jalonnent dans une grande coulée verte, ses passerelles, ses visages si différents selon les saisons. Rendez-vous compte : elle a même son « Petit-Arcachon » et sa plage sablonneuse de poche, pour ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) profiter du Grand.
Je vous laisse vagabonder sur ses chuchotis, ses éclats surpris entre les arbres, sa géométrie poétique, ses souvenirs ; ses silences sur ses bancs accueillants ;
je vous laisse imaginer ses rencontres insolites : un chat à vélo (mais oui, vous lisez bien !), ses chiens , ses marcheurs nordiques, ses enfants en vacances et centre aéré, ses heureux riverains et les habitants du coin tout étonnés de rencontrer l’intérêt de « bordelais »(ils ont tôt fait de nous qualifier, nous bordelais d’adoption !)
Je ne sais pas si les pèlerins ont suivi les bords de l’Eau Bourde, ailleurs qu’à Cayac, Cestas… ou s’ils n’ont fait que traverser la rivière.
Il m’a semblé que le paysage devait être si important à leurs yeux en fonction du temps que j’ai cherché chez
FELIX ARNAUDIN,
dans son RECUEIL DE PROVERBES DE LA GRANDE LANDE
des mots immémoriaux dans la langue gasconne, celle qui venait à l’oreille des pèlerins du Moyen-Âge.
Lou diabble que danse sous parcs.(l’ardeur du soleil est telle qu’elle fait trembler
l’air sur le toit des bergeries)
***
Lou renart que se maride.(Le renard se marie, temps de soleil et de pluie)
***
Lou téms qu’a l’amne negue.(Le ciel est noir, il médite un mauvais coup, littéralement il a l’âme noire)
***
Mourane que hey bragué.(Mourane est le nom d’une vache donné au ciel, vache qui a le pis gonflé à l’approche du vêlage , comme le ciel où les nuages s’amoncellent)
***
Héy pa sou, ni pluye, ni bén:
Semble esta les dames en un coumbén.(Il n’y a ni soleil, ni pluie ni vent, comme chez les dames du couvent…ça ne bouge pas; se dit d’un ciel couvert et temps doux)
***
****adichats!

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Tags: L'Eau Bourde










mars 5th, 2013 at 21 h 12 min
L’eau Bourde telle que tu nous l’a présente m’a un peu ensorcelée ! J’aime tout particulièrement ses reflets que tu as attrapés, ses bleus chatoyants, ses verts vifs ! Coup de coeur pour la cinquième image et cet extraordinaire triangle d’arbre reflété ! Mais dis-moi, ce chat à vélo, tu n’as pas réussi à l’attraper pour nous le montrer ?
Merci pour ta citation du Grand Livre Des Fleurs !
Je t’embrasse Maïté !
mars 6th, 2013 at 15 h 48 min
Ensorcelantes photos et eau Bourde dont j’ignorais jusqu’au nom…………….Ces photos, ces reflets, c’est une promenade en un lieu presque magique où l’on traîne à rêver..
Le mystère exerce une action imaginative qu’on partage avec la promeneuse aux yeux ouverts…fil de l’eau et des songes…
mars 6th, 2013 at 16 h 06 min
J’ai aimé suivre le cours de la Bourde !
mars 6th, 2013 at 16 h 20 min
Ce n’est pas le seul regard mais le corps tout entier qui bascule dans ces reflets subjuguants, superbes!
Merci pour le gascon! Tu sais que les langues c’est mon dada, alors j’ai pris grand plaisir à lite attentivement ces phrases mystérieuses…
Belle semaine Maïté.
mars 7th, 2013 at 8 h 31 min
Les paysages des rives de la Bourde sont captivants, ils sont encore davantage mis en valeur par les lumières hivernales qui lui donnent un éclairage d’ambiance sans pareil. j’aime particulièrement la vision en V des photos 4 et 5 pour leur profondeur et les tonalités. J’ai souri en lisant les proverbes de la grande lande, n’étant pas étonné que ces lieux stimulent l’imaginaire.
mars 7th, 2013 at 15 h 32 min
@ Fifi
elle est un peu ensorcelée ou ensorceleuse : elle pousse à revenir sur les lieux.
J’ai caressé le chat au vélo, très fier de se faire admirer et habitué de l’Eau Bourde mais ne l’ai point photographié. j’y ai pensé bien sûr mais je ne m’embarrasse jamais du droit à l’image, pour y avoir été contrainte trop d’années. Tu verras d’ailleurs très peu de portraits publiés chez moi.
L’imagination du lecteur fait le reste!
Disons que ce chat est un clin d’œil en rappel de la chienne à vélo qui fut la mienne. une demoiselle cocker, oreilles au vent, habituée du porte-bagage dans les vallées pyrénéennes. Dame Mirabelle finit, comme ce chat, je présume, par être assez connue. Elle avait le port beau alors que le chat se prélassait dans son panier sur la roue avant.
Je t’embrasse aussi, Fifi.
mars 7th, 2013 at 15 h 37 min
@ Anne
Où l’on repense à « La promenade sous les arbres » de Philippe Jaccottet et à sa citation:
« Il faut veiller à ne pas laisser les mots courir, car certains auraient vite fait de glisser sur des voies toutes faites ».
Pas de problème: il suffit de se laisser porter par les différents sons, les couleurs et laisser la parole millénaire s’exprimer.
mars 7th, 2013 at 15 h 47 min
@ Ulysse
c’est un cours à la hausse quand revient le beau temps!
mars 7th, 2013 at 15 h 50 min
@ Colo
j’imagine que comme moi tu es subjuguée par les racines communes de nos langues respectives.Il y a comme cela un grand panel de proverbes accompagnant chaque aspect de la vie. Par rapport à la langue espagnole, tu ne dois pas avoir de mal à lire cela.
Merci Colo et bonne fin de semaine.
mars 7th, 2013 at 15 h 55 min
@ Sergio
merci pour tes choix. Même la promenade par temps de brume a son charme.
Les abords de l’Eau Bourde rayonnent de leur beauté intérieure et aux racines des arbres parfois cachées sous les étendues aqueuses répondent les racines humaines qui émergent à leur tour. Tout est question de reflet, n’est-ce pas? Les énigmes des bords d’eaux dans un théâtre de nature préservée.
» D’images en images glisse avec bonheur la pensée qui est pareille à un rêve; elles sont en effet comme des portes qu’on ouvre l’une après l’autre, découvrant de nouveaux logis, mettant en communication des foyers qui paraissaient incompatibles; un esprit soucieux d’honnêteté en tirerait-il tant de joie si elles étaient absolument dépourvues de fondement réel?Ne faut-il pas penser plutôt que, même sans être jamais vérifiables, elles nous portent vers ce qu’il peut y avoir autour de nous ou en nous de vérité cachée; ou même qu’elles rebâtissent à chaque fois, dans l’esprit du songeur, des clartés nouvelles et toujours à refaire? » Philippe Jaccottet/ La promenade sous les arbres.
Sourire.
mars 7th, 2013 at 17 h 16 min
Comme tu le sais je suis sensible à la lumière, c’est comme si une petite flamme illuminait mon esprit et ravivait tous mes sens primitifs.
mars 7th, 2013 at 21 h 20 min
Un magnifique coup de coeur
merci pour cette belle balade
au fil de l’eau
mars 8th, 2013 at 6 h 20 min
Bon alors, je fais le camin de Sen Jacque ou bien je m’assoie rêvasser au bord de l’eau ?…
mars 8th, 2013 at 9 h 28 min
@ Sergio
☼
il faut parfois délaisser la raison et se mettre en mode réception, comme une éponge roulée dans les rayons de lumière. ☼
mars 8th, 2013 at 9 h 33 min
@ Maria-D
« Parfois dans la nuit, l’homme devient fauve; le fragile, le doux, le peureux se sent pousser des ongles et des crocs; le délicat brûle et dévore: vite un saut dans la rivière, pour quitter cet habit de feu! Fraîcheur, neuve fraîcheur, transparence… » Philippe Jaccottet/ La rivière échappée.
mars 8th, 2013 at 9 h 34 min
@ Marie
l’un n’empêche pas l’autre.Les sentiers de la méditation sont multiples. Il suffit (peut-être) de trouver son équilibre entre action et contemplation!
Merci de ta visite.
mars 9th, 2013 at 13 h 41 min
Photos superbes pour nous raconter ce lieu, merci.
A bientôt pour feuilleter d’autres pages.
mars 9th, 2013 at 16 h 28 min
Très belle promenade assez inattendue et rafraichissante dans ce lieu habité de croisement de voies urbaines et départementale ( ex nationale 10)
D’après le dictionnaire historique du Français d’Alain Rey « bourde » vient de « »Borda » mensonge, et, par extension, « qui fait du bruit pour attirer l’attention », ce qui devait être le cas, quand il y avait encore d’autres moulins, du bruit causé par l’alternance des cascades des biefs et des roues des moulins.
A titre anecdotique, à Aubusson, confluent de la Creuse et de trois autres gros ruisseaux, lorsque mari et femme se querellaient, on disait: « Il a jeté sa femme dans le bief ». J’ai attendu pour éviter des représailles, que la journée de la femme soit passée, pour écrire mon commentaire….
Ah, si Eve n’avait pas, avec l’aide du serpent, tendu à Adam la pomme prise sur l’Arbre de de la Connaissance, l’Arbre de Vie et la vie elle même s’en seraient sans doute trouvés adouci. Vivre sans connaissance, l’insouçiance retrouvée (et un tome de plus à la recherche du temps perdu)
mars 9th, 2013 at 17 h 22 min
@ Tania
bienvenue sur ces chemins du sud-ouest.
Merci de votre visite.
mars 9th, 2013 at 17 h 32 min
@ Frantz
☺
Je ne peux croire à la bourde et il semble que vous ayez bien fait d’attendre le 9 mars en effet. ☺
Bourde, borde, bergerie, Bordeaux. Je ne me suis pas hasardée à une signification mais…si vous y tenez… Bourde n’aurait-elle pas à voir avec les bourdes, retenues d’eau du côté de la Garonne, ces mêmes retenues qui avaient une relation avec les pêcheries de morue!
Mais voilà, cela n’engage que moi, au lendemain de la journée des femmes.
Inutile de remonter la pomme d’Adam jusqu’à Eve…Les chemins de la connaissance sont multiples!
Merci à vous. Je vous sens en forme et je vous réponds tout juste sortis…de la grippe (la vraie).
mars 10th, 2013 at 14 h 35 min
Sais-tu que j’aime beaucoup les bords de rivières et celle-ci, « l’eau Bourbe » est magnifique. Longer une rivière est un grand plaisir et surtout pour découvrir les reflets. Tes photos aux reflets sont superbes et doux. Ta région est bien belle et merci pour les mots gascons.
Je t’embrasse, Maïté.
mars 11th, 2013 at 21 h 05 min
@ Denise
en plus d’être belle, L’Eau Bourde reflète l’Histoire des lieux.
merci de ta visite enthousiaste.
Bisessssssss
mars 12th, 2013 at 9 h 13 min
Maintenant que tu m’as si joliment croqué le chat à vélo, je le vois…complétement ! Et Dame Mirabelle aussi !!!
Merci pour « C’était dans l’eau profonde » sous mes bulles, Maïté !
Bonne semaine à toi !
mars 13th, 2013 at 10 h 50 min
le regard cherche..
le vent lui conte des histoires, des légendes.
le regard fouille..
capture les images souvent, s’envoûte, s’ensorcelle.
mais le regard aussi s’égare au fil de l’eau
et chute emporté dans un mirage des flots.
mars 17th, 2013 at 9 h 48 min
Complètement subjuguée par les lumières…
Et tu te doutes que les reflets font plus que me ravir!
Attirée par la magie dégagée dans les paysages 4 et 5, je me laisse totalement absorbée dans la profondeur de l’espace et les doubles visions (et davantage encore), ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres, qu’ils nous offrent dans une atmosphère poétique, romantique, réellement envoûtante…
Et pour parfaire l’ambiance, se laisser bercer par la musique de la langue :
Conte collecté par Félix Arnaudin, lu par J-J Fénié
Titre :
Lo lop quan volè se har coier la vianda
(Quand le loup voulait faire cuire sa viande)
http://parc-landes-de-gascogne.fr/1-19008-Quelques-auteurs-gascons-a-ecouter.php
mars 17th, 2013 at 17 h 17 min
Merci pour cette promenade rafraichissante à souhait et les bons mots qui l’accompagnent.
mars 17th, 2013 at 17 h 52 min
@ FIFI
avec beaucoup de retard, c’est mon tour de te souhaiter une bonne semaine.
je suis un peu à l’arrêt car j’attends les documents qui me permettront de continuer sur les œuvres de Danielle Bigata. J’ai pour projet de prendre connaissance de ses écrits; ces derniers ne sont pas encore arrivés jusqu’ici.
mars 17th, 2013 at 17 h 57 min
@ Emilien
prenons garde à ne pas subir le sort de Narcisse…ou l’appel des sirènes des bords d’eaux, des nymphes peut-être ou bien des faunes; mais laissons au vent le soin de délivrer messages et chansons, à cache-cache entre les arbres et les reflets.
mars 17th, 2013 at 18 h 07 min
@ CeriseMarithé
merci pour ta trouvaille.
un grand plaisir à écouter. Et je remarque la formulette finale qui indique la fin du conte, formulette que j’utilisais lorsque je me faisais conteuse.
Le premier conte est plus proche de la variante de langue que je connais bien puisque je suis proche du lieu de collecte de Félix Arnaudin. Mais la deuxième version à quelques variantes de mots est tout-à-fait compréhensible aussi.
mars 17th, 2013 at 18 h 11 min
@ Danièle
tout un univers, un décor planté.Un régal de cultiver les racines.
mars 18th, 2013 at 8 h 04 min
Je vais guetter et me réjouis pour ta suite des oeuvres de Danielle Bigata !
Merci pour « le chevalier du bouleau », tu as deviné, il est tel que tu le décris.
Bonne semaine, Maïté !
A plus tard !
mars 18th, 2013 at 20 h 35 min
@ Fifi
Bonne semaine pour toi aussi.
Bisessssssssssss