Les Paysages2017 vus par un grand nom du Land Art lié à la ville de Bordeaux :Richard Long-3-

Ce parcours-ci je ne l’aurais raté pour rien au monde. C’est grâce au CAPC que j’ai découvert RICHARD LONG et j’étais heureuse de découvrir chacune des trois œuvres présentées , à chaque fois dans un très beau lieu symbolique.

Bien sûr , j’ai eu une pensée pour Roger Dautais, notre landartiste préféré…

RICHARD LONG est venu plusieurs fois à Bordeaux. Déjà en 1981 le CAPC, sous la houlette de Jean-Louis Froment, lui consacrait une importante exposition.Il était là cette année lors de la présentation de son œuvre à l’Hôtel de Ville.

« Marcher, c’est comme dessiner le temps qui passe ».Richard Long

La démarche de RICHARD LONG consiste à parcourir les lieux puis généralement à l’issue d’une longue marche à produire une installation simple à partir des matériaux trouvés sur place.

GARONNE MUD CIRCLES, GARONNE BLACK MUD CIRCLE, 1990

C’est ainsi qu’au CAPC ces deux cercles de boue se font face sur deux murs du Café du musée. Ils ont été réalisés par RICHARD LONG en 1990, à la fin du chantier de rénovation de l’Entrepôt Lainé, proche du fleuve. L’un est composé de quatre cercles concentriques de boue de la Garonne, directement appliquée sur la cimaise, l’autre d’un seul cercle, plus large, sur un fond de peinture noire.

« Je choisis la ligne et le cercle parce qu’ils font l’affaire ».Richard Long

Sur la terrasse du second étage, on peut voir la « Ligne d’ardoise » constituée d’une longue ligne d’ardoises d’un côté et d’une longue ligne de calcaire blanc « White Rock Line » provenant des carrières de Bourg-sur-Gironde de l’autre. L’œuvre (18 tonnes) a été réinstallée il y a peu et inaugurée en présence de l’artiste.

« L’œuvre de Richard Long tire son sens du passage entre nature et culture. Par l’expérience directe qu’il fait du monde, à la fois naturel (la matérialité de la boue prélevée aux environs du musée) et culturel (l’inscription au sein d’un lieu de création et de mémoire humaines), il propose une réflexion sur le sens même de l’œuvre d’art. » site du CAPC

Cette année, Le CAPC s’associe à la saison artistique « PAYSAGES » en présentant trois des dix œuvres qui lui appartiennent.

« SNACKE CIRCLE », un cercle de pierres levées dans le salon Mémorial du Palais Rohan(l’Hôtel de Ville). Rien n’annonce, à ma connaissance, sur place, l’endroit où se trouve l’œuvre. Dommage, cela risque de la rendre confidentielle

« STONE FIELD » en marbre blanc des Pyrénées, le rectangle minéral aux côtés biseautés prend ses aises dans l’Espace Saint-Rémi, autour d’un pilier de l’ancienne église médiévale devenu lieu d’expositions temporaires.

CORNWALL SLATE LANE » dessine un chemin d’ardoises dans le hall du Grand-Théâtre.

Ne vous fiez pas à la photo, l’ensemble pèse 7 ou 8 tonnes.

Ces trois œuvres sont accessibles gratuitement mais pour profiter pleinement de la vue de la dernière, il faut tout de même accéder à l’exposition payante dont je me ferai l’écho plus tard.

« Pour chaque pièce, nous avons un protocole qui laisse de la marge à l’interprétation ou à l’erreur… Pour « Snacke Circle », par exemple, nous savions simplement que le cercle devait mesurer 4 mètres de diamètre et qu’il fallait harmoniser les pierres de différentes tailles. » ANNE CADENET , responsable des collections du CAPC

Pour alimenter la discussion sur le paysage, il faut lire le billet de TANIA , extrêmement documenté, comme toujours .

à suivre…

 

19 commentaires

  1. Bonjour Maïté, mettre le naturel dans le culturel…je viens de lire le billet et les commentaires chez Tania, vos billets mis ensemble sont intéressants!
    J’aime beaucoup, moi aussi le SNACKE CIRCLE.
    merci, merci je t’embrasse

  2. Mise en place très physique pour de telles oeuvres !
    Le fait procéder à l’élaboration de telles oeuvres à partir de matériaux trouvés sur place est touchante, et bien-sûr nous rappelle Roger Dautais notre landartiste préféré, à la différence que les oeuvres de Roger sont confiés in situ à la nature et ne rejoignent pas un lieu d’exposition autre.

    Je trouve les oeuvres de cet artiste très belles. Ma préférence ira CORNWALL SLATE LANE qui de loin fait penser à de la marqueterie…
    Chaque oeuvre s’intégre superbement à son cadre !
    Un travail qui en quelque sorte, doit rejoindre nos très lointains ancêtres, utilisant le matériau naturel à portée de main pour créer (sans lieu d’exposition sophistiqué 🙂

    La propension de l’être humain à créer, quelque soit le domaine, m’a toujours fascinée.
    A partir d’éléments naturels comme ici, cela fait penser d’autant plus, à ce besoin archaïque.
    Merci de ton partage, Maïté. Belle continuation !
    Je t’embrasse !

  3. Bonjour chère Maïté, ton billet est magnifique et cette exposition de toute beauté. Quelle imagination pour ces créations. Il m’est difficile de faire un choix car j’aime tout. Merci de ce délicieux partage.
    Gros bisous ♥

  4. On m’a emmenée voir un travail de Richard Long en 1992 ou 1993, « à froid », sans que je sache rien alors du land art et ça m’avait désarçonnée et même irritée. « N’importe qui, disais-je, peut s’amuser avec des tas de cailloux pour qu’il en fasse une soi-disant oeuvre » (les cairns par exemple). Mon sentiment et ma réflexion « artistiques », en général, ont changé depuis cette époque mais le land art, dans certains cas, et pour le peu que j’en connais, me met, comment dire, mal à l’aise. « Une réflexion sur l’art », soit ! Quelquefois il me semble que la démarche est plus importante que le « résultat » (je parle en général) en art. J’aime pourtant beaucoup les « cailloux » mais je me pose des questions … ce qui n’est déjà pas si mal… Merci à toi.
    (Si ce billet parvient a être envoyé, ce sera après maintes tentatives ; je suis prise pour un robot, c’est pénible…)

  5. Merci Maïté, c’est épuré et beau. tout simplement. Le snake circle renvoie au cercle, au rond, donc à l’éternité, à la vie, aux cycles………….et à la pupille, l’œil de celui qui regarde……

  6. Pour moi, la fascination opère immédiatement… « Le paysage » me parle et me déclenche d’autres visions, il se transforme et m’emporte vers d’autres horizons…
    Les agencements me séduisent… tout un contexte qui fait sens et émotion…
    Ici, la beauté des matériaux, à la fois riches et simples, tout comme leurs organisations créent une magie à laquelle je suis sensible…
    C’est vrai que la réflexion sur le Land Art a bien fait de se poser, on a vu le pire, mais de plus en plus le meilleur… et Richard Long nous offre le meilleur… un véritable Créateur qui « m’embarque » avec bonheur!

  7. @ Tania

    je suis d’accord avec toi.Cela me fait penser à un monde cromlechs et l’on trouve des pierres levées un peu partout dans le monde. Ici la juxtaposition des pierres me fait penser à un foyer, une sorte de cocon protecteur.

  8. @ Colo

    oui, parfois les intérêts culturels se rejoignent. Les paysages n’ont pas de frontières et oui mon billet peut être prolongé par la réflexion qu’offre le livre conseillé par Tania.
    Je t’embrasse tout particulièrement en ce jour.

  9. @ Fifi

    Je pense que le lien vers les œuvres de Richard Long nous replacent bien dans le contexte et comme peu d’entre nous croiseront in situ les installations d’origine, cette exposition permet de se familiariser avec l’esprit du land art.C’est du moins ce que j’apprécie. Le fait, comme tu le soulignes , que les œuvres s’harmonisent avec les espaces d’accueil est un plus non négligeable. J’ai ressenti de l’émotion en entrant dans le salon où se trouve Snacke Circle: c’est un endroit préservé où l’on n’accède pas souvent, qui a une mémoire sur les murs et l’œuvre frôle le monde des légendes. Dans l’Espace Saint Rémi le dépouillement de Stone Field sied parfaitement au lieu et à son Histoire.
    Je t’embrasse, Fifi.

  10. @ Denise
    merci. Je ne suis pas étonnée que tout te plaise. Je crois que tu es bon public, un peu comme moi. De toute façon, un certain raffinement , une élégance dans la sobriété sont les maîtres-mots accompagnant Richard Long.
    Gros bisous, Denise

  11. @ Nikole

    je te remercie de ta franchise.
    Je vois que tu te poses des questions et tu as raison en un certain sens puisque beaucoup d’artistes du land art sont issus de l’art conceptuel.
    Le land art a évolué depuis les années 70 et ses origines où il pouvait être très violent,parfois très engagé, contraignant la nature…
    Le land art a aussi accueilli les femmes qui n’étaient que peu acceptées dans les musées.
    On connaît certains arbres qui cachent la forêt comme bien sûr Richard Long ou les spirales de Robert Morris.
    Mon ressenti devant les œuvres de Richard Long est de l’ordre de la sérénité et j’arrive bien à imaginer la création originale, ou du moins ses conditions.
    Mais chacun est libre d’aimer ou de ne pas aimer.Je me suis toujours sentie attirée, même avant de connaître des rudiments du land art.
    Je suis désolée pour ta difficulté d’accès. Je dirai à mon site que tu es bien en chair et en os!

  12. @ Tonkin Voyages Vietnam

    j’ai pour règle de ne pas répondre, voire de supprimer les annonces publicitaires. Celle-ci est bien formulée, en rapport avec le sujet, donc une chance vous est donnée.

  13. @ CeriseMarithé

    « Le paysage » me parle et me déclenche d’autres visions, il se transforme et m’emporte vers d’autres horizons… »
    Tu as tout à fait raison. Ce transport de notre esprit qui se met à voguer bien loin de l’œuvre est une réalité ressentie.
    Ton commentaire est argumenté et judicieux comme à chaque fois!
    Tu apportes comme chacun ici ton ressenti avec beaucoup d’émotion et c’est pour cela que ton commentaire est si important.
    Merci.

  14. Ce que j’aime ici c’est l’occupation de l’espace qui devient comme une évidence. Le tout s’impose avec force et simplicité. C’est très impressionnant !

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