Un chemin clair-obscur, Raymond et Christophe Mirande , septembre 2017 -1-

Alchimie Mirande,

Une exposition,

Deux approches de l’art au travers des œuvres de RAYMOND et CHRISTOPHE MIRANDE.

L’«  Alchimie Mirande » père et fils ne pouvait que s’épanouir dans le cadre de verdure du Musée de Sonneville pour le premier, et dans le prieuré de Cayac, pour un dialogue entre les deux.

1- RAYMOND MIRANDE,

 la poésie  l’habite tout entier, jaillit de son monde, celui qui l’entoure, la nature, les animaux,les masques celui qu’il imagine, celui qui le relie à la mythologie et au sacré,les vitraux, les émaux.

« La poésie voit le soleil de l’invisible. A l’heure où dehors tout semble se savoir, elle nous conduit par mille millions de labyrinthes, au feu qui n’a pas de nom : le mystère, mot debout comme un cerf à l’orée de l’ineffable. »RAYMOND MIRANDE

Il y a quelques années, j’avais aimé la rencontre avec les vitraux de Raymond Mirande (1932-1997) dans l’église proche du port ostréicole à ANDERNOS . Mais cela ne représentait qu’une des facettes de son œuvre.

L’exposition du MUSÉE de SONNEVILLE, à GRADIGNAN,  lui rend hommage 20 ans après sa disparition et nous montre l’étendue de son art avec, bien sûr des vitraux, mais aussi des émaux, des dessins, des esquisses préparatoires et des poèmes. Je retiens d’ailleurs cet univers poétique dans lequel baignait cet artiste trop tôt disparu, à l’aise dans l’art coloré des vitraux aussi bien que dans celui des mots.

« Je vous dis, avec le poète Norge : veuillez croire que ma poésie n’a qu’un sens, c’est trouver le cœur des hommes. »

Raymond Mirande (préface de son recueil poétique l’Apparence et le Feu)

 

J’ai aimé découvrir ses mots, notamment sur le support de la porte vitrée, accompagnant ses œuvres ou bien dans le magnifique livret d’exposition.

Je lui sais gré de s’être exprimé sur la poésie et en poésie, ainsi que sur l’art du vitrail.

Toujours fascinée par les vitraux, cette fois-ci j’ai aimé les approcher, sans me contorsionner, saisir son travail aussi dans les différentes phases d’élaboration.

« Du Soleil au Cœur par le rayon qui perce le vitrail. » Raymond Mirande

 

un vitrail horizontal

détail2

détail3

esquisses et travaux préparatoires

« Toutes voiles dehors, le vitrail parcourt l’insondable poésie de l’univers. »

Raymond Mirande/Texte poétique dédié à son ami l’abbé Max Cloupet.

*

 

Saint François

*

J’ai aimé ses arbres-émaux représentés à chaque saison,

Forêt de sapins sur la mer

« Vieux arbres où dorment 

les légendes montées de la mer

je vous appelle au secours

*

vos fruits incendiés au sein des nuages

tombent dans la mer et flottent

comme des phares

*

les sirènes les éteignent

et votre île à mon rivage

n’offre plus qu’un visage de cendres.

Raymond Mirande

*

masques et portraits

 

reine barbare

les animaux tutélaires

chouette des neiges

Il était aussi à l’aise dans une palette colorée très vive que dans des tons crème, blanc cassé de certains de ses émaux.

morses et masques

et surtout son coffret romantique en hommage à  Tristan et Yseult,

Tristan et Yseult

Tristan et Yseult

son coffret de Noël

étoile de Noël

les clins d’œil à la mythologie avec Orphée

« Orphée au centre assis au bord de la mer, jouant de la lyre. Ses bras entourent la lyre comme un cœur. La musique est au cœur et au centre de tout être vivant. Encore faut-il la libérer de sa prison et faire qu’elle rayonne et gagne les confins de l’univers. Orphée s’en charge. Orphée dont l’image se confond avec celle du Christ sur les peintures des catacombes.l’émail extérieur qui entoure Orphée décrit les innombrables créatures que la musique attire et enchante., Vagues, oiseaux, poissons se pressent autour du poète, pour qu’il leur donne un nom, leur vrai nom mystérieux, invisible à l’œil nu.L’émail signifie encore plus de choses, au-delà du langage. Que l’œil « écoute » la musique de l’image. » Raymond Mirande, 29 mai 1994

La prochaine fois, rendez-vous avec Christophe Mirande, au prieuré de Cayac, Gradignan où se révèle réellement l' »Alchimie Mirande.

 

 

 

 

7 commentaires

  1. Des mots et des oeuvres qui me touchent !!!
    Merci Maïté de nous offrir la richesse des expositions qui resteraient invisibles à nos yeux sans ton intermédiaire passionné.
    Bonne fin de semaine !
    Je t’embrasse

  2. C’est, comme toujours, un superbe article, complet, intéressant. Moi aussi, je vais voir beaucoup d’expos et musées; le tout dernier la fondation Bemberg dans l’hôtel Assezat à Toulouse (le week-end dernier) J’ai adoré! Et juste avant la fondation Maeght à Biron (château du Périgord) si tu peux l’an prochain, ne rate pas la 3) édition (différente) Impressionnant. On est gâtés en région!
    Je t’embrasse bien fort, reporter talentueuse!

  3. Sa poésie, sur laquelle, tu me connais, je me suis attardée, me touche beaucoup; j’ai copié plusieurs séries de vers que tu nous offres.
    Ses émaux aussi, délicates couleurs, La « reine barbare » est extraordinaire!!!
    Une magnifique découverte ma belle, je t’embrasse.

  4. Je salue le travail documentaire et l’illustration par l’image, c’est comme le souligne Anne un travail de journaliste réalisé avec talent et sensibilité. J’aime beaucoup la grande créativité et la variété des œuvres présentées.

  5. @ Fifi
    En effet, il est évident que Raymond Mirande et trop méconnu. Pourtant, j’ai pu lire dans sa biographie que le Conseil Général de la Gironde a offert en 1962 deux émaux, au Général de Gaulle et au Chancelier Konrad Adenauer, en visite officielle à Bordeaux. En 1996, un émail a été offert à Jean-Paul II par la communauté des évêques de France lors de sa venue à Reims….
    Je t’embrasse, Fifi.

    @ Anne
    je suis contente pour toi que tu sois en contact avec le monde de l’art. Tu as raison, il y a de très belles expositions en province et j’essaie modestement de m’en faire l’écho, sans faire de contresens.J’en reste rarement à l’exposition elle-même; j’aime toujours en savoir plus.
    Je t’embrasse.Merci.

    @ Colo
    J’aimerais bien sûr comme toi en lire plus de sa poésie, tu connais mon goûr pour cela; d’autant plus que Raymond Mirande a obtenu un prix en 1959 pour son recueil L’Apparence et le feu. Mais je pense sincèrement que sa poésie est introuvable ailleurs que dans le catalogue d’exposition.
    Je t’embrasse aussi. Merci.

    @ Serge
    Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un travail de journaliste, car je n’en ai pas la formation, mais de passionnée, oui.
    Merci de reconnaître la part de cœur que je mets à l’ouvrage accompagnée de ce désir de partage.

  6. Totalement fascinée… et extrêmement touchée…
    « Alchimie », c’est certain…
    Des magiciens totalement exceptionnels…
    Merci à toi…
    Merci à eux… je ne sais que préférer… je prends tout et je savoure les sensations engendrées!

  7. @ CeriseMarithé
    Lorsque j’ai rédigé mon article, j’ai fait le choix de ne pas l’alourdir avec des photos des vitraux de Raymond Mirande dans l’église Saint Éloi du port ostréicole d’Andernos. Il se trouve que nous avons eu depuis le triste privilège d’assister à une cérémonie poignante d’adieu en tout début d’année dans cette petite église en bord de Bassin. Nous avons pris le temps de bien de détailler chaque vitrail. Bien sûr, le cœur n’y était pas, le soleil non plus, puisque la tempête faisait rage. Il manquait ce petit rayon qui traverse les vitraux et leur donne une âme, lorsque soudain le sol et les chaises se parent de lumière colorée. Il pleuvait dehors, il pleurait dans notre cœur mais la boucle était bouclée, nous retrouvions ces vitraux de Raymond Mirande découverts il y a bien des années(un lieu que nous vous avions montré lors de votre venue avec A…, tout près des vestiges de la villa gallo romaine).

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