Archive for the ‘Le Monument aux Girondins’ Category

Invisibles, Introuvables, Les Girondins absents du Monument–4–

lundi, mars 30th, 2015

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Depuis le temps que je vous parle de ce monument aux Girondins, vous ne verrez pas l’ombre d’une représentation des Girondins. Pas plus à l’air libre que sous la colonne.

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En son temps, Stendhal, visitant Bordeaux et ses environs s’en est ému en ces termes :

« C’est en vain jusqu’ici que j’ai cherché les noms des immortels Girondins, qui se trompèrent sans doute, mais acquirent une gloire immortelle. Peut-être qu’ils ont encore des envieux à Bordeaux, comme Barnave à Grenoble. Dès que ces êtres vulgaires auront cessé d’avoir voix au chapitre, Bordeaux honorera Vergniaud. »

STENDHAL, âgé de 55 ans parcourt la France. Son «  Voyage de Bordeaux à Valence  en 1838» ne paraîtra qu’en 1927, après sa mort.

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La plus grande place d’Europe, les Quinconces sur laquelle ce trouve le monument a été aménagée quelques années avant la venue de Stendhal. Sous la place se trouvent à la fois des vestiges du Château Trompette et des blockhaus de la seconde guerre mondiale.

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En 1828 furent érigées les colonnes rostrales qui en délimitent l’accès du côté du fleuve .

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en 1858  les sculptures de Montaigne.

Vous pouvez retrouver Montaigne chez Tania .

 

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Montaigne et Montesquieu prirent place latéralement.

« Les Girondins (se veulent) disciples de Montaigne, ils sont sensibles aux différences qui distinguent les personnalités ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Victurnien_Vergniaud

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Enfin, mais seulement en 1989, une plaque commémorative est apposée sur le monument pour rendre hommage aux députés girondins suivants :François Bergoeing, Henri Boyer-Fonfrède, Jean-François Ducos, Armand Gensonné, Marguerite- Elie Guadet, Jacques Lacaze, Jean-Antoine Lafargue de Grangeneuve Pierre Victurien Vergniaud .

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Vergniaud avait défini son groupe aux éléments d’origines géographiques variées comme celui « des amants de la liberté ».

Voici les dernières paroles de VERGNIAUD

« Francis Alluaud vient voir VERGNIAUD. Mais il a  peine à reconnaître son oncle dans le détenu au teint hâve et aux habits salis.

L’ancien avocat lui tend les bras : »Mon enfant, rassure-toi. Et regarde-moi bien. Quand tu seras un homme, tu diras que tu as vu Vergniaud, le fondateur de la République, dans le plus beau temps et dans le plus glorieux costume de sa vie. Celui où il souffrait la persécution des scélérats et où il se préparait à mourir pour les hommes libres ».

L’Histoire de la Terreur ne s’est pas arrêtée avec la disparition des Girondins. Arrive un moment où il faut toujours jeter le masque.

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Ce personnage est là pour nous le rappeler. Portons haut la République sur les traces de ces illustres prédécesseurs.

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Interrogeons-nous sur la signification de ce sourire de pierre, un de ces mascarons comme ceux qui peuplent les façades, les rues de la ville, non pas des masques de Carnaval mais de véritables visages passagers du temps et des soubresauts de la société. Celui-ci a un sourire que nous espérons depuis longtemps, un sourire généreux comme peuvent en avoir encore les enfants…

« La vie n’est pas une plaisanterie,
Tu la prendras au sérieux,
Mais au sérieux à tel point,
Qu’adossé au mur, par exemple, les mains liées
Ou dans un laboratoire,
En chemise blanche avec de grandes lunettes,
Tu mourras pour que vivent les hommes,
Les hommes dont tu n’auras même pas vu le visage,
Et tu mourras tout en sachant
Que rien n’est plus beau, que rien n’est plus vrai que la vie. »

NÂZIM HIKMET/ Il neige dans la nuit et autres poèmes

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Les citations historiques sont extraites du livre :

Histoire des Girondins :

Hélène TIERCHANT :

HOMMES DE LA GIRONDE OU LA LIBERTE ECLAIREE

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Et parce que c’est sans doute mon symbole préféré…

J’en termine ainsi avec le sujet.

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Le bestiaire du Monument aux Girondins et de ses fontaines–3–

lundi, mars 23rd, 2015

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Moi Gallus gallus en bronze, le coq gaulois à cheval sur deux mots latins, symbole venu remplacer le lys, moi la vigie haut placée, je surmonte souvent les monuments aux morts, celui-ci ne faisant pas exception à la règle.

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Je porte la signature d’ALPHONSE DUMILÂTRE et de VICTOR RICH.

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Tourné vers le soleil levant et le fleuve, dans mon chant silencieux mais puissant et infini, car commencé durant la nuit, je suis accompagné d’un important bestiaire de mammifères et batraciens, d’animaux symboliques disséminés sur le monument ou bien dans la rocaille des fontaines.

Certains jours de grand vent, les mécanismes des fontaines régis en sous-sol  s’arrêtent et c’est l’occasion de mieux apercevoir mes congénères.

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En tout premier lieu,  ils se voient de loin, les fameux  quadriges de chevaux de GUSTAVE DEBRIE .

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Archétypes fondamentaux, apparaissant dans toute leur fougue, ils traversent le temps, mêlant les trois éléments : l’air, l’eau et le feu solaire.

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Marins ou reptiliens, ils participent de part et d’autre de la colonne, au « triomphe de la République »en rappelant ses lois : exaltation du Bonheur dans la paix, le travail, la sécurité, la fraternité en jetant à bas le mensonge, le vice et l’ignorance.

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Durant la seconde guerre mondiale, en 1943, ces chevaux faisaient partie des  sculptures  emportées par l’occupant dans leur collecte de  métaux et vendus 30 f le kilo. Retrouvés à Angers en 1945, les groupes de sculptures en bronze n’ont été remis en place qu’à partir de 1982 après avoir longuement dormi sous le Pont d’Aquitaine. Entre temps, leurs socles avaient disparu aussi !

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Les chevaux hennissent tandis que rugit le lion symbole de force. Ici dans toute la splendeur de sa crinière.

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On le retrouve aussi à 4 reprises de chaque côté de la colonne,

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entourant la plaque commémorative rendant hommage aux Girondins.

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Ailleurs  un couple joue avec un dauphin chevauché par un enfant : encore une image du bonheur.

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Un peu partout, les grenouilles semblent avoir avalé une perle

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mais il n’en est rien.

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Dommage ! j’aurais bien voulu croire encore un peu aux contes de fées

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assise dans un char en forme de coquille Saint-Jacques : vous aussi ?

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Tandis que L’allégorie de la Garonne caresse un cygne,

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celle de la Dordogne se rapproche de la ferme (et du foie gras ?) avec à ses genoux un canard blanc : ce sont les plus beaux !

J’aurai sans doute oublié de voir quelque animal tapi dans les roseaux… Mais rassurez-vous, si vous passez par ici, un peu partout dans la ville il reste beaucoup à voir et vous verrez que le bestiaire est très riche.

Vous pouvez aussi vous plonger dans le livre de RICHARD ZEBOULON, photographe : BESTIAIRE DE BORDEAUX, un zoo près de chez nous/ Editions Cairn

Dialogue de femmes: le Monument aux Girondins -2-

dimanche, mars 8th, 2015

Femmes, femmes, femmes…

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En ce jour du 8 mars, je m’autorise une lecture féminine du Monument aux Girondins et de ses nombreux symboles.

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Lorsque nous levons bien haut les yeux vers le ciel, tout en haut de la colonne, à 43 m voici la FEMME-OISEAU célébrant la République triomphante: elle représente le Génie de la Liberté brisant ses chaînes.

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« Les Girondins veulent libérer la femme de la condition servile où les préjugés l’ont maintenue jusqu’alors.

Ils ont drainé dans leur sillage des femmes comme Olympe de Gouges, Sophie de Condorcet, Manon Roland ou Anne Therwagne dite Théroigne de Méricourt, l’amazone de la Liberté, pour n’en citer qu’une poignée. »

Hélène Tierchant

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J’aime tout particulièrement la colonne côté Allées de Tourny et ses trois femmes représentant pour  la plus élevée:

 la ville de BORDEAUX

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et pour les deux autres à la pose alanguie accompagnée de leur cygne, LA GARONNE ET LA DORDOGNE.

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Ne me demandez pas qui est qui. Chacune traverse des paysages variés, a une histoire personnelle et vient mêler ses eaux avant de finir dans l’estuaire de la Gironde.

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Elles en ont des choses à se dire; des secrets d’histoires, de neige et de bois flotté, de gabarres et de mascaret; des histoires de ponts et de droits de passage, de commerce… Elles vont de la montagne à la mer dans un dialogue continu.

J’aime leur complicité .

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Mais comment en ce jour ne pas penser à Olympe de Gouges qui écrivit une Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne  sur les pas de madame de Staël comme l’avait fait un an plus tôt une anglaise:Mary Woolstonecraft.On vous dira que c’était dans l’air du temps mais elle a défendu avec la même fougue l’abolition de l’esclavage des noirs.

Elle a eu plus de détracteurs que de défenseurs mais si vous voulez en savoir davantage, vous pouvez plonger dans le livre OLYMPE DE GOUGES: DES DROITS DE LA FEMME A LA GUILLOTINE/OLIVIER BLANC/ EDITIONS TAILLANDIER.

Et, comme la défense de ces causes ne l’empêchait pas d’apprécier les hommes je me permets la citation de Khalil Gibran:

« Lorsque la main d’un homme touche la main d’une femme, tous deux touchent le cœur de l’éternité; »

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à suivre…

 

 

 

Dialogue de pierre, de bronze, d’eau et de nuit -1- Le Monument aux Girondins

lundi, mars 2nd, 2015

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Bordeaux en l’an 2015

Le 2 juin 1793, 29 députés de la Gironde sont exclus de l’Assemblée. Leur perte fomentée, ils seront traqués et la plupart finiront sur l’échafaud. 222 ans plus tard, le 11 janvier, un rassemblement symbolique a eu lieu au pied de ce monument aux Girondins qui rappelle ceux qui moururent passionnés, honnêtes mais trop modérés ou respectueux dans une lutte pour la LIBERTÉ ECLAIREE .

Il est temps d’aborder ici,  ce monument rendant hommage aux Hommes de la Gironde.

Tous les livres de tourisme vous présentent la Place des Quinconces et son monument aux Girondins ; mon éclairage des lieux commencera  par une visite nocturne.

LAMARTINE dans  L’HISTOIRE DES GIRONDINS s’interrogeant au sujet de la France accédant à la République écrivait:

« Pourquoi cette impulsion devait-elle venir du département de la Gironde et non de Paris?… La République devait naître dans le berceau de Montaigne et de Montesquieu ».

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Homme de tous lieux

Otage des mots
Violenté par le sort
Empoigné par le temps

Jamais les meutes ne trancheront ton cri
Aucun traquenard n’asservira ton rêve

Homme de tous lieux

Dont la voix s’évase
Vers la houle du chant.

ANDRÉE CHEDID

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LA FRATERNITE

Le bourgeois parle à l’ouvrier

 » Ces nœuds de l’ombre dissous par la parole » Andrée Chedid

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LA CONCORDE

« Ces lucarnes trouant l’opaque
Ces lunes rachetant l’obscur »

Andrée Chedid

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Je mise sur ces clartés
Profondes et périssables

Sur l’intense face au terne
Sur l’aube face aux déclins

Andrée Chedid

à suivre