Archive for the ‘océan’ Category

Un petit coucou mis en boîte depuis le village de l’Herbe

Dimanche, juin 3rd, 2012

De passage dans la presqu’île du Cap-Ferret , je vous fais un coucou depuis le village de L’Herbe où j’ai retrouvé avec plaisir » les mounaques », les sentinelles du Bassin: une m’a  mise en boîte dans son scaphandre!

Le maître des lieux est ostréiculteur, artiste poète offrant au détour d’une cabane, à la brise, aux  flots  aux mouettes et aux passants, ses créations d’8tres, ses êtres bidons, troncs, Barbe Blanche.

Place aux sentinelles -sourire.

Il faisait si beau samedi…

à bientôt…  Maïté L

Sans interdit la marée

Dimanche, décembre 4th, 2011

***

Le sens des marées

Nuages au ciel nuages en mer bleu au ciel bleu en mer

une tache blanche celle du pêcheur de loin je la regarde

les heures passées en mer passées au soleil en mer

la houle à portée de main la brise me pousse à rentrer

Peaux noires peaux blanches le ciel réunit les deux mondes

tout autour montagnes d’automne l’océan est au milieu

longtemps les marées ont rythmé la vie

Au centre un point rouge des vêtements noirs troués de rouge

blancs des mille teintes de la nuit on entend le souffle de l’eau

les sentiers demeurent invisibles en dehors de la marche

La mer et la terre se rejoignent aux falaises de Xodre

entre les racines en plein sable l’une et l’autre se marient

silence et ressac comme réveil au matin

contempler cela donne le sens des marées

NICOLAS KURTOVITCH/ Inédit 2010

OUTREMER TROIS OCÉANS EN POÉSIE

***

***

Feuille après feuille pianote la vague

Sur la Morte, la saison

Aux couleurs de l’automne

Automne ment, dans un souffle du vent

Gémit et crève l’arpenteur du temps

D’espoir,  des espoirs

 Où s’accrochent dans un bouillon nuage d’enfer

Marrons et malachite présence cuivrée.

***

***

Tatoue le sable et t’emporte l’ocre

Ocre ment cependant,

Occulte ton visage, ton sourire, tes dents de loup

Ta peau salée, tes doigts rubans, tes yeux fermés.

Tremble la lie de tes pensées

Le rien, le vide sans cesse recommencé.

Marée sous le couvercle au front muselée

 Ses cheminées et soubresauts touchent la cale

Remuent sable et cristaux, coquillages et couteaux.

De l’eau atone, brisée au couchant et aux tempes grisées

Vois les images nous défier, les vagues feuler, trouer, vriller

Les heures du passé et le refrain lancinant en bouche avorté.

Inutile ment.

***

***

 L’océan ne va pas plus loin que nos pieds et nos rêves

Deux mains apposées et la douceur du coton d’aimer

Quand l’ Ira  est Apaisée.

Au loin l’horizon inaccessible.

Le ciel inaccessible.

Le soir enterré

Au pied de la dune.

Paix  à lames    le courant   les mots   à la dérive…

Maïté L

***

***

Et puis aussi pour le plaisir, chez Armando:

http://www.nuagesdephotos.com/2011/12/04/pour-maite/

*******

Dis-leur…

Jeudi, novembre 24th, 2011

DIS-LEUR

« Un oiseau passe

éclair de plumes

dans le courrier du crépuscule

VA

                    VOLE

                                                          ET DIS-LEUR

Dis-leur que les marées

ouvrent la serrure de nos mémoires

que parfois le passé souffle

pour attiser nos flammes

car un peuple qui oublie

ne connaît plus la couleur des jours

il va comme un aveugle dans la nuit du présent

dis-leur que nous passons d’île en île

sur le pont du soleil

mais il n’y aura jamais assez de lumière

pour éclairer

nos morts

dis-leur que nos mots vont de créole en créole

sur les épaules de la mer

mais qu’il n’y aura jamais assez de sel

pour brûler notre langue

VA

              VOLE

                                      ET DIS-LEUR »

….

ERNEST PÉPIN/ GUADELOUPE/OUTREMER TROIS OCÉANS EN POÉSIE

ÉDITIONS BRUNO DOUCEY

***

***

Dis-leur

 Que de la vague Venise

Le carnaval marin masque l’amer

Les yeux, la crête la gorge tremblent

Sur l’enclume se forge le bras de fer au marteau de l’amarrée.

***

***

Dis-leur…

 Que chutent lisses les eaux sans retenue

Les vagues  au coude à coude.

***

***

Dis-leur…

Que Gemme l’Agate au cœur

Dis-leur que je cherche la lumière

Dans le passé

Dans le présent.

***

Maïté L

Je respire, je suis libre….Mes yeux parcourent sans se lasser…

Dimanche, novembre 20th, 2011

***

« Le soleil maintenant brûle mon visage, brûle mes yeux. la mer est si belle, avec sa houle lente qui vient de l’autre bout du monde. Les vagues cognent contre la côte en faisant un bruit d’eau profonde. Je ne pense plus à rien. Je regarde, mes yeux parcourent sans se lasser la ligne nette de l’horizon, scrutent la mer balayée par le vent, le ciel nu. Je veux voir arriver le bateau italien, je veux être la première, quand son étrave fendra la mer vers nous … »

Esther/ETOILE ERRANTE/ LE CLÉZIO

***

Plisse complice, et glisse le vent

Rythme les blancs sursauts et

Douce la bruine soupire et s’inscrit

Au-dessus du fronton qui s’élève puis s’abîme

***

***

Ses pointes, ses creux

S’enivrent

S’enchaînent

Ecrivent

VVVVVVVVVVVVV

la vague

***

***

avec plus de discrétion

un petit intermède.

Le Grand Crohot, encore et presque toujours.

Maïté L

***

Cette photo : J L

*******

A l’ancre du cœur-4-

Lundi, novembre 14th, 2011

 

RAFAEL ALBERTI

 

Si mi voz muriera en tierra,

Llevadla al nivel del mar

Y dejadla en la ribera.

***

Llevadla al nivel del mar

Y nombradla capitana

De un blanco bajel de guerra.

***

¡Oh mi voz condecorada

Con la insignia marinera:

Sobre el corazón un ancla

Y sobre el ancla una estrella

y sobre la estrella el viento

Y sobre el viento la vela!

***

 

 

TRADUCTION DE JEAN-MICHEL MAULPOIX

Si ma voix meurt à terre

Portez-la au niveau de la mer

Et laissez-là sur le rivage.

***

Portez-la au niveau de la mer

Et nommez-la capitaine

D’un blanc bateau de guerre.

***

Oh ma voix décorée

D’un insigne maritime:

Sur le cœur une ancre

Et sur l’ancre une étoile

Et sur l’étoile le vent

Et sur le vent la voile!

***

***

Aujourd’hui pourtant c’était une belle journée d’automne.

Et dans le chêne tant d’oiseaux en concert de pépiements

Mais l’appel de la vague est le plus fort.

Il tatoue le cœur de poésie

et s’en vient

s’immiscer

au fil

du jour.

***

Photos Maïté L/ Le grand Crohot

La valse ou le tango-3-

Lundi, novembre 7th, 2011

Elles valsent…

***

***

Ces vagues

qui se pressent vers le rivage

 En fils de transparence cousus d’aiguilles.

Quand leur falaise joue la haute-contre

Ou

Le pendulaire anis de la vague qui ne sait

Si son encorbellement, sa facture d’écume

 S’échouera sur le sable.

***

***

 Crève soudain leur turbulente

Et translucide mémoire tubulaire.

 

 

Vagues jetées à notre face.

***

Dans les ténèbres j’imprime entre mes paupières

Leurs coulures et leur partition : tous ces verts mêlés

Ces voix de basse sur tout,

 Jointes au perpétuel ensorcellement.

L’abîme du regard possédé par la vague, les paumes en avant,

Je vertige le vert tango, dans un souffle j’exhale le bleu

Et puis le vert fourreau encore me vient à la peau

Mène à la danse ses sortilèges, insuffle sa fièvre

Où l’apparente immobilité s’engouffre dans l’infime présent.

***

***

Maïté L: Le Grand Crohot

*******

Raconte-moi la mer -2-

Mardi, novembre 1st, 2011

  ***

http://www.dailymotion.com/video/xdkqyv_raconte-moi-la-mer-jean-ferrat_music#rel-page-2

***

***

Raconte-moi la mer
Dis-moi le goût des algues
Et le bleu et le vert
Qui dansent sur les vagues
***

***

La mer c’est l’impossible
C’est le rivage heureux
C’est le matin paisible
Quand on ouvre les yeux
C’est la porte du large
Ouverte à deux battants
C’est la tête en voyage
Vers d’autres continents
***
***C’est voler comme Icare
Au devant du soleil
En fermant sa mémoire
A ce monde cruel
La mer c’est le désir
De ce pays d’amour
Qu’il faudra découvrir
Avant la fin du jour

***
***Raconte-moi la mer
Dis-moi ses aubes pâles
Et le bleu et le vert
Où tombent des étoiles

***
***
La mer c’est l’innocence
Du paradis perdu
Le jardin de l’enfance
Où rien ne chante plus
C’est l’écume et le sable
Toujours recommencés
Et la vie est semblable
Au rythme des marées
***
***C’est l’infinie détresse
Des choses qui s’en vont
C’est tout ce qui nous laisse
A la morte saison
La mer c’est le regret
De ce pays d’amour
Que l’on cherche toujours
Et qu’on n’atteint jamais

***
***Raconte-moi la mer
Dis-moi le goût des algues
Et le bleu et le vert
Qui dansent sur les vagues

Paroles: Claude Delecluse. Musique: Jean Ferrat

***

***

photos Maïté L Le Grand Crohot

*******

L’automne au tambour: la vague-1-

Jeudi, octobre 27th, 2011

***

La vague la plus belle est celle qui viendra après: dans quelques minutes, quelques heures passées bien campées sur le sable , demain ou un jour.

La vague est fascination lorsque le regard rentre en elle.

***

***

Vague de vague l’automne

A cris du vert, du bleu

 Vrombit du blanc et du sable

En gros bouillons-choc-

Dans le chaudron de la mer-lame

de l’été indien la crème, la mousse-rousse-

Lie la langue à l’émeraude-vertige-tangue-

Et dentelle glisse de l’épaule-casse

 la vague-du mur retombe-dégouline-

Déferlante la lame-en barre

à la lèvre-vague à perle-

Au corps de l’œil-rouleau-

 Roulis-tambour-à l’assaut-fracas-

Se brise, s’aiguise, s’immisce le regard

Vague, vague vaga-bonde

Choc-vertige toujours

Irrespectueuse et glauque-verte cadence

 franchit le mur de son

  de la nuit- Et toujours verte à bleue

Cavalerie, à compter

les dos, les creux- Tensions en clair semées de blanc

au ressac du soir, marée- furie ou paroxysme-bonheur.

Maïté L

***

 ***

Le Grand Crohot(33)

*******

La mésaventure de Claouey/ Jane de boy

Mercredi, septembre 28th, 2011

***

« Regardez bien sa carte. Le Bassin est un grand livre qui se lit comme les lignes de la main. C’est un système sanguin qui palpite au rythme des marées et qui unit pour l’essentiel sudistes et nordistes, face à ceux qui voudraient encore opposer leurs clochers. Un temps des puristes ont imaginé de le débaptiser. Baie, baie, baie, ont fait quelques moutons. Pour l’heure, chacun rivé sur la ligne bleue et verte d’Arguin, s’inquiète d’être un jour obligé- oh ! dans combien de siècles !- de l’appeler lagune. »

Jean-Claude Garnung, préface du livre «  Je vous écris du Bassin d’Arcachon »

***

***

Lorsque nous sommes allés à Arès, c’était avec l’espoir de nous faufiler entre les Prés-Salés afin d’atteindre par le sentier du littoral Jane de Boy et Claouey.  Mais il faut être vigilant avec les heures de marées et si l’eau n’était qu’un liseré semblant toucher Arcachon au loin, il fallut se rendre à l’évidence : la plupart des marcheurs étaient sur le retour et l’eau gagnait du terrain. L’eau affleurait sous les semelles alors que quelques instants auparavant les chemins étaient encore secs. Le paysage prend une autre dimension qu’ il vaut mieux le contempler depuis le petit pont de fer ou depuis la partie du sentier qui surplombe ces zones mouvantes.

***

***

Aussi, le lendemain, nous avons joué la carte de la facilité et de la sécurité en nous rendant directement au petit port de Claouey d’où nous pourrions aisément, en passant par la plage, aller jeter un œil du côté de Jane de Boy, intrigués que nous étions par ce drôle de nom dont on ne connaît pas avec certitude l’origine. Toponymie d’origine  anglaise? Il ne faut pas rêver ! Alors… boy est-il peut-être le bois en gascon ? La seule certitude : La famille de Boy est une vieille famille de Lège
et dans les archives on trouve plusieurs Jean de Boy. Notre imagination faisant le reste, nous n’allions pas être déçus : non pas que le lieu fut transcendant mais plutôt parce que nous allions être définitivement classés dans la catégorie des terriens ignorants du Bassin. Nous avions pourtant  pris soin, avant de partir, de consulter les horaires de marées.

Nous étions en hiver et n’allions pas rencontrer âme qui vive à l’exception d’un travailleur de la mer pour lequel nous fûmes transparents.

 La marée était basse. Nous prîmes notre temps pour contourner la première plage, puis la seconde et comme une marée ne reste pas basse bien longtemps, nous avions déjà remarqué, à hauteur de la deuxième plage que l’eau s’approchait des pontons. Pour ma part, je veille toujours à ménager mes arrières et je prenais déjà des repères au cas où : une dune boisée  à escalader si la marée venait jusque là et un escalier menant à un portail permettant aux imprudents de regagner la terre ferme…

***

***

Déjà Jane de Boy se laissait deviner. Nous pouvions continuer à flâner tranquillement. Un dernier virage et nous arrivâmes.

C’est sans doute le port le moins organisé et les cabanes ne retinrent pas notre attention. Mais jamais nous ne perdîmes de vue les cabanes d’Arès qui au loin ressemblaient à des dents posées sur le Bassin. Partout de très jolies barques attendaient leur heure de retrouver la mer.

***

***

Et la mer n’en finissait pas de monter au point que nous avons repris le chemin du retour mais passé le virage une surprise nous attendait  sur la plage très rétrécie. La dune dite « des journalistes » était très haute et nous ne la monterions qu’en dernier recours (et en plus elle est grillagée !)car il nous apparut que renoncer au bord de mer voulait dire des km à pied par la route ! Restait la solution de l’escalier et du portail qui à notre grande surprise n’était autre que la sortie sur la plage d’un camping. Combe de malchance, le vent se renforçait !

Mais un camping a aussi une entrée sur rue qui pour nous serait une sortie salvatrice ! Que nenni ! Un camping municipal au mois de janvier est fermé à double, triple et quadruple tour !

Escalader les portails ? Je ne pus m’y résoudre ayant peur d’être prise pour une cambrioleuse de mobil homes ! Restait à longer toute la palissade pour tenter de trouver une issue. Je ne pus résister à la vue en surplomb du Bassin, à hauteur de ce fameux portail pour  voir ce piège qui s’était refermé sur nous. Que la municipalité me pardonne ! Le vent était devenu si fort que je ne pus jamais refermer ce fichu portail convenablement ! Pendant ce temps, l’Homme cherchait l’issue qu’il finit par trouver dans les broussailles. Elle fit l’affaire et nous descendîmes en pente raide, jusqu’à la route, entre les ronces, les arbousiers, les pins et les tapis de mousse.

***

***

Revenus à notre point de départ, nous avons savouré le calme du petit port de Claouey. Le soir venait doucement entre les bateaux. Ce soir-là, comme c’est bizarre ! je n’ai pas rapporté de photo des installations ostréicoles de Claouey. Je restai simplement les yeux dans les yeux avec les eaux facétieuses du Bassin ! Le Bassin est peut-être un grand livre qui se lit comme les lignes de la main mais la méthode de lecture est en supplément non fourni !

***

Maïté L

*******

 

Arès:Guirlandes de mouettes

Samedi, septembre 24th, 2011

 

Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

  Mouette à l’essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
À tous les vents du ciel balancée,
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l’essor mélancolique.

Ivre de soleil

                        Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
La brise d’été
Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.


Parfois si tristement elle crie
Qu’elle alarme au loin le pilote,
Puis au gré du vent se livre et flotte
Et plonge, et l’aile toute meurtrie
Revole, et puis si tristement crie !


Je ne sais pourquoi
Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
Tout ce qui m’est cher,
D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?

                                                Verlaine

*****

Des arbres avec des guirlandes de mouettes, comme c’est beau… gballand

*****

frôlement d’ailes
frôlement d’eau
frémissement à travers brume
jeux de couleurs
sur le miroir du regard.
être vivant ici
sur la pointe du coeur

Omillou