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Bordeaux en l’an 2015

Le 2 juin 1793, 29 députés de la Gironde sont exclus de l’Assemblée. Leur perte fomentée, ils seront traqués et la plupart finiront sur l’échafaud. 222 ans plus tard, le 11 janvier, un rassemblement symbolique a eu lieu au pied de ce monument aux Girondins qui rappelle ceux qui moururent passionnés, honnêtes mais trop modérés ou respectueux dans une lutte pour la LIBERTÉ ECLAIREE .

Il est temps d’aborder ici,  ce monument rendant hommage aux Hommes de la Gironde.

Tous les livres de tourisme vous présentent la Place des Quinconces et son monument aux Girondins ; mon éclairage des lieux commencera  par une visite nocturne.

LAMARTINE dans  L’HISTOIRE DES GIRONDINS s’interrogeant au sujet de la France accédant à la République écrivait:

« Pourquoi cette impulsion devait-elle venir du département de la Gironde et non de Paris?… La République devait naître dans le berceau de Montaigne et de Montesquieu ».

*

Homme de tous lieux

Otage des mots
Violenté par le sort
Empoigné par le temps

Jamais les meutes ne trancheront ton cri
Aucun traquenard n’asservira ton rêve

Homme de tous lieux

Dont la voix s’évase
Vers la houle du chant.

ANDRÉE CHEDID

*

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LA FRATERNITE

Le bourgeois parle à l’ouvrier

 » Ces nœuds de l’ombre dissous par la parole » Andrée Chedid

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LA CONCORDE

« Ces lucarnes trouant l’opaque
Ces lunes rachetant l’obscur »

Andrée Chedid

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Je mise sur ces clartés
Profondes et périssables

Sur l’intense face au terne
Sur l’aube face aux déclins

Andrée Chedid

à suivre

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Ce Bleu n’appartient à personne.

« Il n’est ni le bien des hommes ni le royaume des dieux.Il circule et se répand, distribuant partout la matière mobile de son propre rêve.Le fini et l’inachevé échangent indéfiniment en lui leurs vertus.S’il n’est point d’âme ni de principe, au moins existe-t-il ce bleu,toujours près de s’entrouvrir  dans la grisaille des jours, offert à quiconque et pour rien, telle la paume d’une main vide, et telle une promesse dont chacun doit savoir qu’elle ne sera point tenue.C’est bien ainsi: cette lumière sur notre misère, cette beauté proche de notre mort.De quoi écrire encore des livres, peindre des toiles, aimer, et composer de la musique. Pour essayer de retenir contre soi le jour. Et pour toujours plus de misère, mêlée avec plus de beauté. Aussi longtemps que nous le pourrons, nous accompagnerons du bout des doigts le temps qui passe. »

Jean-Michel Maulpoix/ Une histoire de bleu

*

Retour sur la plage du Grand Crohot à la faveur d’un fort coefficient de marée (103/109). En une semaine, la configuration de la plage a changé: elle est devenue plane, arasée par le va-et-vient des flots.

Aujourd’hui, il faisait doux,et en période de vacances scolaires, les enfants étaient nombreux ainsi que les chiens dont certains assuraient le spectacle.

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J’en ai choisi deux: le premier de type labrador s’égayait dans les vagues mourantes et dans l’écume avant de venir se frotter le dos sur le sable et de repartir dans l’eau!

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Le deuxième de type husky était un champion de la course hors catégorie: une flèche emportée à perte de vue avant de revenir jouer avec un comparse de rencontre.

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Pas d’étoiles de mer échouées sur la portion sableuse de plus en plus congrue.

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Et puis des vagues à cueillir au cœur: un œil guetteur de l’instant propice à la photo ,l’ autre sur l’océan qui montait, montait et ne demandait qu’à lécher nos pieds.

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Quelques courses à notre actif, en direction de la dune!Pas de quoi se fier à l’apparente bonhomie du jour!

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Aucun quartier non plus pour les châteaux de sable engloutis en une avancée.

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Un seul surfer à l’horizon,patient, loin, très loin mais les vagues ne semblaient pas favorables. elles crevaient beaucoup trop vite en écume.

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Crédit photo: J et M Ladrat.

Je vous invite à revoir les archives sur le sujet:

http://www.eclats-de-mots.fr/category/ocean/le-livre-des-murmures-de-la-mer/

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« L’homme qui regarde la mer est un enfant passible d’amour »*

*

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Le voile nuageux venu d’Espagne était déjà là, se lançant à l’assaut de tout ce bleu, celui que nous attendions en vain dans la grisaille de l’hiver. La température était douce, printanière.

« Étranger, c’est ainsi que l’on nomme celui qui aime les nuages. Mais d’où vient que parmi les siens il circule en pensant toujours à autre chose ? D’où vient qu’il les observe si souvent avec une stupéfaction douloureuse comme issu d’une autre planète où nul n’oserait prendre ses aises à la façon des vivants d’ici ?« *

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*

La plage du Grand Crohot a beaucoup bougé avec les tempêtes.

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*

 Les dunes semblent laminées, stratifiées, comme le moindre monticule de sable au pied des baïnes auxquelles il ne faut pas se fier : les sables y sont mouvants et si elles prennent l’apparence de petits lacs tranquilles,  les courants y sont forts et traîtres.

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 http://www.littoral33.com/baines.htm

*

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 *

Je n’avais jamais vu d’étoile de mer échouée sur le sable et celles-ci paraissaient en difficulté dans la laisse de mer. Une fillette les remettait patiemment à l’eau alors qu’elles semblaient agonisantes sur le sable et parfois mortes. Il est probable que de grands coefficients de marée ou de forts coups de vent les ont arrachées aux grands fonds, emportées, ballotées. Auront-elles la force de reprendre la mer ?

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« Bleue la lumière du jour. Bleu cet espace où chacun marche. Cet air même qu’il respire. La transparence qui baigne  son visage lui fait désirer d’être aimé, immobile, sur le point d’ajouter une larme à la mer qui pousse et accroît sa vague sous la calme surface de son indifférence.

Pourquoi demeurent-ils si longtemps devant le bleu, sinon pour faire face à ce qui fut là avant eux et qui restera toujours après eux : cette question muette, à jamais posée ?… » *

♣ ♣♣

*** Les trois citations sont tirées du livre :Une histoire de bleu suivi de L’instinct de ciel / JEAN_MICHEL MAULPOIX

crédit photo: M et J Ladrat

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Ces deux-là, on ne les voyait jamais ensemble ou alors juste parce que Lui(à gauche) jouait à importuner l’Elle qui traversait la cour d’un pas nonchalant.

Par quel miracle les voilà partageant le même espace?

Eux aussi ont été touchés par la grâce?

Ou comment vivre ensemble…

♥♥♥

Plus sérieusement, je partage avec vous cette relecture:

Contre-Chant

 

Où en es-tu, Vie ?

Où en sommes-nous ?

 

Plaine d’encre. Supplices. Hécatombes.

Nasses du malheur. Phénix de la haine.

Beaux visages racornis.

Un temps pour chacun,

Et puis le gong final !

 

Si je te mesure à tes ombres,

La grêle des preuves te condamne.

 

Toi, dans la lagune aux couleuvres.

Toi, nid de mort.

Toi, pourrie par les racines.

Je te couvre du linceul de nos mains.

 

Pourtant, de toutes nos voix

Je te crie :             Bienvenue !

Bienvenue aux fenêtres

Qui criblent la muraille,

A l’âme sans séjour,

A nos corps continués,

Aux terrasses de demain où l’on veille,

A tes lopins d’infini où l’on croit.

 

Toi, plus vive que les ronces,

Bienvenue !

Toi, gravée d’espace

Et de cette terre des terres.

Toi, arquée au-dessus des nuits.

 

Vie, où en es-tu ?

 

Où nous en sommes.

ANDREE CHEDID/ CONTRE-CHANT 1968

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Sur le Parvis des Droits de L’homme, parole de bordelais -ce que je ne suis pas à l’origine- on n’avait jamais vu ça depuis la Libération.Hier il y avait du vent et les contributions des uns et des autres s’envolaient, se retournaient ou accrochaient le regard des passants.

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Entre l’Ecole nationale de la magistrature et le Tribunal de grande instance,contre le mur c’était le royaume des anonymes.

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De simples mots, des bouquets de roses, des crayons, des dessins, des pensées, à la craie et parfois à même le mur(pas bien disait devant moi,une jeune fille,  la liberté d’expression ne devrait pas conduire à crayonner sur ce beau mur de pierre!).

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Sur cette place où j’aime tant à passer car sur la promenade sont affichés les articles de la Déclaration de L’Homme, tristesse, colère, rappel des valeurs de la république dans la quiétude d’un sur-lendemain.

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Pour ma part, je n’avais pas ressenti autant de ferveur depuis le rassemblement spontané après les attentats madrilènes du 11 mars 2004.

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Maintenant est venu le temps de la réflexion.

Mais je tiens à souligner l’initiative des jeunes marcheurs lycéens bordelais partis hier de la Place de L’Hôtel de Ville toute proche pour une marche qui les conduira devant le siège de Charlie Hebdo.

Nous pouvons suivre leur périple ici:

https://marchebordeauxparis.wordpress.com/

Voici aussi l’article du journal Sud-Ouest:

http://www.sudouest.fr/2015/01/13/bordeaux-des-lyceens-en-marche-versde-charlie-hebdo-1795361-813.php-le-siege-

et puis faisant suite à mon billet précédent, ce témoignage d’une prof du 93: à lire jusqu’au bout:

http://tailspin.fr/post/107696839163/pour-mes-eleves-de-seine-saint-denis

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Je suis heureuse d’avoir participé au grand rassemblement d’une nation en marche vers un après dont tous les lendemains ne chanteront pas mais qui sait qu’elle n’a pas besoin des politiques, syndicats et autres émanations un peu émoussées pour dire NON, exprimer ses émotions et ses espoirs.

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Hier, dans Bordeaux nous étions 140 000.

Du jamais vu depuis la Libération. Encore une fois, les participants étaient venus de partout : de tout le département et de bien plus loin encore, parfois des confins de notre future grande région.

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Lorsque nous sommes arrivés devant le monument aux Girondins, c’était un choix symbolique de notre part car nous savions que beaucoup d’instants forts se dérouleraient au pied de la colonne surmontée de la Liberté ailée brisant ses chaînes.

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La colonne était déjà prise d’assaut par les jeunes. Mais quand donc étaient-ils arrivés pour être ainsi aux premières loges ? Nous avons pu voir les jeunes hisser les drapeaux, la banderole sous le coq gaulois, répondre au silence par le silence, renvoyer l’écho des frappés de mains, les scansions de Charlie avant d’écouter le discours sobre et percutant du représentant girondin du club de la presse.

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Ce fut un après-midi de grande émotion ; les visages étaient tantôt graves, tantôt souriants et l’ambiance, toutes générations confondues absolument bon enfant, sans aucun débordement. . Je retiendrai l’instant de recueillement le plus poignant où tous les participants se sont donné la main dans une ultime  minute de silence avant de se mettre en marche.

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Mais il y a un après…

 

Comment juguler le fanatisme ?

Comment développer cette fraternité, cette humanité si présente sur les pancartes ?

Comment enseigner le devoir citoyen de respect de nos valeurs ?

Comment développer l’esprit critique ?

Comment donner toute sa place au rire et à l’autodérision ?

Comment repenser l’accès à la culture ?

Que vont faire nos gouvernants de cet après ?

Qu’allons-NOUS faire de cet après ?

Tout le monde s’accorde sur le rôle prépondérant de l’Education mais…

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Cela me fait tout drôle d’entendre répéter qu’il faut développer le « Vivre ensemble » si nécessaire à tous. Je suis heureuse de l’avoir travaillé avec les élèves des petites classes depuis des années déjà. J’ai eu de la chance d’avoir pour formateurs des personnalités qui étaient comme des sentinelles.

-Après avoir mené des débats avec ces mêmes enfants jeunes dont on disait volontiers qu’ils étaient soi-disant trop petits pour comprendre, alors que ce sont des éponges du monde de notre temps ;

 

-après avoir abondamment prêché l’importance de leur  donner la parole sur des sujets qui leur tenaient à cœur et qui nous tenaient à cœur dans notre société;

 

-après avoir œuvré  auprès des stagiaires, démontré par films interposés que c’était possible,  je me dis qu’il est grand temps temps que les adultes prennent conscience qu’il faut VIVRE ENSEMBLE et je me demande si ce que nous faisions si naturellement en maternelle, et sans doute en primaire pour la plupart des professeurs normalement constitués se poursuit naturellement au-delà.

Comment se fait-il que dans les années 70, lorsque j’étais moi-même stagiaire, il y avait des classes de primaire qui mettaient au moins une heure au programme le vendredi après-midi pour traiter du « VIVRE ENSEMBLE » et traiter les problèmes dès leur apparition sans attendre le pourrissement ?

-Est-ce  une pratique en usage au collège où la connaissance et l’usage de la parole est plus aisée? J’en doute…Il y a tant à faire pour chaque matière.

 

J’espère qu’au lycée où les adolescents ont développé le goût de la discussion(oui je sais…ils ont aussi la possibilité de devenir muets comme des carpes) la lutte contre l’obscurantisme est menée et qu’elle n’est pas seulement le fait de quelques encadrants.

 

Lorsque je participais aux journées de rencontre entre professeurs de lycée, collège,CPE et professeurs du premier degré dans les lycées et collèges des banlieues les problèmes étaient déjà très aigus et cela n’a fait qu’empirer. Je me souviens des jeunes profs partant au casse-pipe à Créteil.

 

Je suis retraitée. J’ai perdu de vue les pratiques pédagogiques…d’où mon questionnement.

Mais comme vous tous, je reste vigilante…

 

Bref…Il y a du travail sur la planche

*

Hier, je n’arborais pas de signe distinctif: c’était un choix.

Je n’arborais pas de pancarte: c’était aussi un choix.

Par contre je n’ai pu prendre que  mon plus petit appareil photo pour deux raisons: la première est d’ordre physique par rapport à mon vécu récent, la deuxième était de privilégier avant tout le recueillement.

Mais les deux lieux emblématiques que sont le monument aux Girondins et le Parvis des Droits de l’Homme sont ici représentés.

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ET dans cet après, je vous emmène aussi dans les pensées vagabondes de Martine

https://danslemondedemartine.wordpress.com/2015/01/12/un-mot-sur-ces-jours-passes/

Quant à Ulysse, il pourrait en faire une chanson

http://eldorad-oc.midiblogs.com/archive/2015/01/11/liberte-fraternite-824537.html

 

 

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à la mémoire de TOUS ceux qui sont tombés,

en pensant à tous leurs proches dans la peine

ce soir chacun d’entre nous met une bougie sur sa fenêtre.

Je suis Charlie
Pour la liberté d’expression
pour le respect de chacun
mais contre tous les amalgames.

« Qu’est-ce que cette lumière soudain

qui se fait

dans la doublure des ombres

et qui donnerait le vertige aux oiseaux

 

cette lumière

      qui tient dans

 une main d’homme

 

et qu’on versera

comme une eau de baptême

au front des suppliciés

 

si peu

un rien

la blancheur des oliviers

dans l’arrière-pays de la mort »

JEAN-PIERRE SIMEON/UN HOMME SANS MANTEAU

Devise Bernard Magrez

à mes très  proches,

à  mes  vrais amis dans la vie de tous les jours,

à ceux qui se sont rapprochés de moi, de nous, généreusement dans ces circonstances,

à mes amis de la toile tissée peu à peu, à coup de mots, d’images de messages entre les mots,

à  mes lecteurs de passage,

à tous ceux qui ont œuvré pour ma rémission, formidables membres du corps médical ou détenteurs de connaissances en marge,

à ceux qui  m’ont fait bénéficier de leur savoir-faire autant que de leur savoir-être,

à ceux qui m’ont accueillie pour me remettre le pied à l’étrier, lorsque les traitements lourds ont cessé,

un immense MERCI.

Le temps qui  passe...

 

Je n’ai jamais douté ; je n’ai jamais renoncé ; j’ai gardé le sourire.

Certains ont voulu croire que c’était « facile ».

D’autres ont cherché leurs mots, ont enfoui leurs silences dans la peur : peur pour moi, certes… mais aussi peur pour eux ?

Certains se sont détournés dès la première minute : être femme et avoir un cancer du sein est encore tabou.

renoncer aux larmes et lutter.

J’ai eu mal au plus profond de moi-même pour avoir été laissée au bord de la route. J’en ai aujourd’hui tiré les leçons.

J’ai senti de la lassitude dans la bonne volonté de l’accompagnement au long terme : les traitements sont longs, sans aucune pause.

Mais combien sont belles les voix, les présences qui se sont élevées, qui se sont mobilisées, jusqu’au bout, qui respectaient la fatigue mais ne laissaient jamais tomber.

« L’accompagnement » prenait ainsi tout son sens. Chaque signe était un don.

Dans les épreuves, je me suis sentie portée par vous.

Merci à tous ceux qui m’ont accompagnée jusqu’au bout.

J’ai une pensée particulière bien sûr pour mes très proches, si attentifs, si bousculés dans leurs certitudes et leur vie, si inquiets et impuissants devant la douleur lorsqu’elle s’est présentée, toujours prêts à chercher à me faciliter la vie, à me gâter.

Car j’ai été gâtée… J’ai trouvé sur ma route des trésors d’affection, d’amour et d’amitié, qui effacent tout le reste dans ces quatorze mois entre parenthèses.

Il y a ceux et celles qui « savaient »  pour avoir vécu dans la même tourmente. Leur expérience et leurs encouragements m’ont été précieux. Il y a aussi ceux qui ne savent pas, qui ressentent naturellement de l’empathie et dont j’espère qu’ils ne « sauront » jamais.

Il y a ceux qui continuent à lutter…

à Paloma...

Mais à vous  tous, je veux dire mon espoir, mon désir de changer ce qui peut l’être pour ne jamais revenir sur ces sentiers ardus, je veux témoigner qu’après une pente, surgit une autre pente, qu’après un défi surgit un autre défi, autant de problèmes à résoudre ; Je veux dire que l’on trouve en soi des trésors de forces, de rage de vivre. De petites victoires succèdent à de petites victoires.

Et puis après chaque étape vient l’oubli des jours difficiles, la place nette et le besoin d’aller de l’avant.

Chaque jour, je mets dans mes pensées ceux qui souffrent et je sais que j’aiderai certains d’entre eux comme j’ai été aidée : par un petit mot, une attention, une présence, la persuasion, le silence habité;  le partage prend différentes formes.

Qu’espérer de plus beau pour 2015 que le retour des couleurs de la vie. Qu’espérer pour chacun d’entre vous sinon le meilleur sur votre chemin de vie.

Ne jamais renoncer.

Vivre debout.

Je vous aime.

MERCI.

Maïté

L'équilibre et l'harmonie1

1-La devise de Bernard Magrez est inscrite sur le mur à l’entrée du château Labottière/ Institut culturel Bernard Magrez(Bordeaux).

2-Le temps qui passe…comme le tram décoré aux couleurs de l’été métropolitain.

3-Renoncer aux larmes et lutter/ Claude Lévêque/ collection Bernard Magrez/ Institut culturel Bernard Magrez.

4-A Paloma, ma compagne d’infortune : une bouteille XXL, décorée par sa fille, réalisée en performance publique/ Bordeaux fête le vin ; exposée actuellement dans le parc du château Labottière.

5-L’équilibre et l’harmonie : une vue classique de Bordeaux.Avec mes meilleures pensées et vœux adressés à chacun(e) d’entre vous.

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Lundi 13 octobre au matin :

Tandis que l’équipage se prépare à appareiller, que le commandant Yann Cariou et son second Charlène Gicquel sont à leur poste, que les canons sont chargés, tous ceux qui sont à bord de l’Hermione ne peuvent que  le constater :une fois encore le public est venu  nombreux au rendez-vous.

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Pour saluer et remercier les spectateurs, l’équipage chante. Même si le vent est faible, quelques voiles sont hissées, pour notre plaisir. Bientôt retentira  la 25 ème symphonie de Mozart.

http://www.hermione.com/blog-de-l-hermione/1055-escale-a-bordeaux-2.html

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« Salve ! » : l’ordre est donné,  et retentit aussitôt  le bruit du canon Bientôt la fumée se répand dans le Port de la Lune et l’atmosphère devient brumeuse avec une lumière particulière qui me fait penser aux tableaux de Turner.

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Il y a des marins dans les haubans et sur les vergues quand L’Hermione accompagnée d’une parade,passe devant nous puis  s’approche du Pont Chaban-Delmas.

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Certes le départ de l’Hermione n’est pas aussi spectaculaire que celui du Cuauhtemoq mais l’émotion est cependant très forte.

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Nous ressentons au départ de l’Hermione un très grand vide :elle a marqué les quais de son empreinte et le cœur des bordelais. Les bateaux ne doivent pas rester à quai trop longtemps.Juste le temps de voir passer une maquette  Bientôt, l’aventure continuera vers l’Amérique.

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Que de chemin parcouru depuis le début de l’aventure de la construction :

http://www.sudouest.fr/2014/12/21/revivez-la-saga-de-l-hermione-de-sa-construction-a-son-retour-en-mer-1772733-5165.php

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« La mer vous a rendus à votre destinée

Au-delà du rivage où s’arrêtent nos pas.

Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;

Il vous faut des lointains que je ne connais pas. »

Jean De La Ville de Mirmont

 

Juste pour le plaisir :écouter Julien Clerc et rêver encore un peu.

https://www.youtube.com/watch?v=CI5KlxC0HdU

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