Lettres choisies dans le livre de la mer: Balbutiements -1-
« Je serais bien l’enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer, le petit valet, suivant l’allée dont le front touche le ciel. »
Arthur RIMBAUD / Illuminations
BALBUTIEMENTS
Te souviens-tu? Il y a si longtemps …
C’était au temps où je ne te voyais , toi la mer, qu’une à deux fois par an. La première fois peut-être.
Une partie de mer gâchée.
Un petit garçon de mon âge avait eu si peur de toi qu’il s’était enfui à toutes jambes, loin, loin dans les dunes. Il avait fallu courir en tous sens pour le retrouver.
Et c’était déjà l’heure de s’en aller.
L’autobus n’attendait pas les retardataires.
Le Grand Crohot/ Maïté L
et toi l’enfant qui découvris l’océan à travers les châteaux de sable: je me souviens de ton bob rouge. Tu as bien grandi et tu n’aimes plus la sensation des grains de sable entre les orteils.Te souviens-tu du jour où attiré par la forte marée, tu voulus dès l’arrivée voir cette muraille d’eau qui t’aurais roulé comme un fétu de paille.
Il fallait bien protéger ta peau blanche et tes cheveux blonds des assauts du soleil. D’ailleurs le soleil couchant te convenait mieux, lui qui dorait doucement ta tendre peau.Papa, maman , le seau et la pelle et le goûter à l’ombre du parasol qui parfois s’échappait pic sur la pointe et pac sur la tête, volé par le vent de mer.
sur la plage , au crépuscule,
Les ombres des châteaux
étendent leurs tentacules,
Et gourmandent les vagues
qui , à coups de langues;
lèchent ,un à un, les grains de sable.
Châteaux abandonnés,
Ruines sans armes ni ronces,
sans amour ni pervenches,
Forteresses et petits goûters
Des jours d’enfance ensoleillée.
Entre les vols furtifs de mouettes,
et les noires silhouettes,
Main dans la main,
La caresse des algues
et l’ivresse du vent
les couchent inexorablement
Au fond des océans.

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Tags: océan




juillet 5th, 2011 at 17 h 04 min
Les enfants se méfient, ils ont peut-être raison. En attendant, beaux plongeons dans les vagues !
juillet 6th, 2011 at 10 h 33 min
Coucou Maïté, merci pour ces belles photos et ce beau texte <3
juillet 6th, 2011 at 20 h 47 min
@ Danièle
les enfants d’autrefois se méfiaient; ceux d’aujourd’hui plongent tout habillés dans les vagues.
Pour ma part, je suis contemplative.
juillet 6th, 2011 at 20 h 48 min
@ Miren,
nous partageons le même océan. Mais pour toi il est réalité de chaque jour et rêve et souvenir pour moi.
juillet 7th, 2011 at 4 h 54 min
Ces passages font résonner, en écho, les souvenirs que nous avons d’elle.
juillet 7th, 2011 at 7 h 30 min
Qu’il est joli le ressac de tes mots et de tes souvenirs venant mourir sur tes belles images où il reprend vigueur et s’échappe à nouveau vers le large …
Douce journée.
juillet 7th, 2011 at 10 h 49 min
« Pour ma part, je suis contemplative. » Voilà le secret de ces images de toute beauté et des mots qui y sont associés ! Les nuances aussi donnent envie d’y revenir, encore et encore !
juillet 7th, 2011 at 12 h 42 min
sans limite et sans fin, revenir encore et encore à la contemplation. merci à toi pour ces belles lumières !
juillet 7th, 2011 at 15 h 13 min
De beaux textes superbement illustrés. C’est vraiment très appréciable. Merci.
Bises.
juillet 8th, 2011 at 7 h 41 min
@ Gballand
en effet j’ai été frappée par l’écho rencontré chez vous et donc je mets en lien vos écrits.
http://presquevoix.canalblog.com/archives/2011/07/05/21542545.html
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@Ladyapolline
C’est exactement cela. La lectrice attentive que tu es a très bien su analyser tous les parallèles, les symboles de cet envol que j’ai déposé là à demi-mots car bien trop frais pour que je puisse prendre du recul.
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@fifi
active à la ville et contemplative pour des heures et des heures au bord de la mer: une façon de cultiver un équilibre grâce à cette fascination. C’est pour cela aussi que la saison importe peu, à l’exception du plein été qui me voit délaisser la grève, sauf nécessité de recharger l’organisme en iode.
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@ Lautreje
c’est ce que j’aime: cette absence de limites espace-temps: toucher du cœur la mer.
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@ Archibalt
merci d’être passé et merci d’apprécier ces retours sur images et sur moi-même que je juge nécessaires au moment où des pages se tournent.
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@ tous: bon we et belles échappées estivales si vous en mettez au programme.
juillet 8th, 2011 at 8 h 36 min
Très bel ensemble, textes et photos, j’aime beaucoup le dernier cliché de vague
juillet 8th, 2011 at 8 h 55 min
@ Fabien
merci de votre visite.
J’aime aussi particulièrement cette photo que j’ai « traquée » patiemment: je la voulais; je la voulais absolument.
juillet 8th, 2011 at 17 h 19 min
Du bord jusqu’à l’horizon à l’infini, les lumières irisées se déclinent dans toutes leurs splendeurs, et là, s’entremêlent les mouvements, les teintes magiques, les souvenirs, les impressions du moment sans cesse renouvelées …
Toute la grâce de ces balbutiements me touche énormément …
juillet 10th, 2011 at 17 h 15 min
@ Marithé
il est toujours intéressant d’avoir les mots de l’artiste mis sur les blancs laissés à cette intention ou pas, par l’absence des miens, souvent pris ailleurs dans les filets des balbutiements revenant affleurer et titiller la conscience.
Merci de cet écho.
juillet 11th, 2011 at 2 h 11 min
Pour ma part, j’ai découvert la mer sur le tard… les vagues, salées et puissantes, sont venues me saluer avec énergie. Mais je ne la voie que deux fois par année, et j’en profite pour faire le plein d’énergie.
J’espère que l’enfant s’est remis de ses émotions et qu’il a fait la paix avec la mer.
juillet 11th, 2011 at 7 h 33 min
@ Anne Jutras
je fais aussi le plein d’énergie lorsque je vais saluer l’océan.Je le salue souvent à la demande de mes amis lointains qui ne l’ont pas à portée de voiture dans l’heure qui suit.
L’amour de la mer a souvent généré des rencontres décisives dans ma vie.
L’enfant a grandi, puis vieilli et je ne connais plus rien de son rapport à la mer.
juillet 11th, 2011 at 13 h 05 min
Souvenirs sensibles. Les pâtés de sables s’écroulent à chaque marée. Restent les grains de sable.
juillet 12th, 2011 at 17 h 05 min
@ jeandler
Reste l’infiniment petit du grain de sable et le monde à réinventer chaque jour.
juillet 23rd, 2011 at 16 h 17 min
Une très belle série d’images embellie par des mots touchants et magnifiques.
juillet 24th, 2011 at 16 h 01 min
@ Armando
merci Armando.
Je suis loin en ce moment des vagues car je suis au pays de Denise.
à très bientôt.
juillet 25th, 2011 at 15 h 36 min
Et grâce à tes mots, j’ai replongé dans mon enfance, les vacances au bord de la mer, les vagues et le seau, les crabes et les oiseaux.
Ah comme la mer me manque.
juillet 28th, 2011 at 16 h 11 min
@ Lali
je te comprends car j’ai du mal à imaginer que la mer ne soit pas à portée du lieu de vie; heureusement, il en faut pour tous les goûts et certains s’accommodent de vivre par exemple en montagne ou au centre des terres.
Je suis actuellement loin d’elle, au pays de Denise.