Archive for the ‘Coups de coeur géographiques’ Category

Transfert6- des formes, du graphisme et des couleurs-10-

mardi, décembre 6th, 2016

TRAKT  &  CREWER

une aventure avec NOÉ, LÉO, GASPARD et NINA

Ils appartiennent au collectif PEINTURE FRAÎCHE.

Le tandem marie avec bonheur les créatures animales ( CREWER) associées aux formes géométriques ( TRAKT). L’exemple d’une collaboration qui vise à déstructurer l’espace et à le reconstruire dans une installation où le décor  se lit du sol au plafond , en passant par les murs. Il y a beaucoup à voir, à admirer, à découvrir sous tous les angles possibles. Les photos me paraissent bien réductrices.

Cette année semble être la dernière de leur participation à Transfert et pour clore en beauté, ils ont tissé un pont avec le monde de l’enfance en faisant intervenir leurs propres enfants forts de leurs couleurs et de leur dripping.

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ROMI

GHOST

influencé sans contestation possible par ses études d’architecture, il donne au dessin une vie dans l’espace. C’est un monde d’anamorphoses, mais mes photos ne le mettent pas suffisamment en valeur à mon goût.

Romi est jeune et je n’ai pas trouvé  grand chose sur le net à son sujet en complément.

J’ai aimé l’élégance de son installation en noir et blanc, en ombres et lumière.

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OBAD

DÉJÀ VU

Après avoir fait le graff à Bordeaux il est aujourd’hui scénographe, graphiste et web designer.

Bienvenue dans un prisme aux facettes multiples entre réalité et passerelles vers le rêve. Tout évolue selon le point d’ancrage de nos pieds, le mental aidé de nos yeux faisant le reste.

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Transfert6:GLEO, Un hymne à la couleur, au soleil, à la magie-9-

lundi, novembre 14th, 2016
vue d'ensemble de l'installation Descendere

vue d’ensemble de l’installation Descendere

GLEO la colombienne  née à Cali en 1990 a commencé à peindre dans la rue à 15 ans. Depuis elle parcourt le monde. On l’a vue à Bruxelles mais aussi à La Rochelle…

détail Descendere

détail Descendere

Elle illustre, grâce à ce monde où le masque est roi mieux que quiconque le « je est un autre ».

détail du masque

détail du masque

Cet autre qui connaît les endroits sacrés, les danses rituelles, les rites d’initiation au cœur de la nature avec la présence des animaux.

éclosion

éclosion

Chaque œuvre flamboie et s’inscrit dans la lignée de l’art précolombien. GLEO convoque le feu, le soleil, la chaleur, la poudre d’or qui répand en nous, le rêve et la magie.

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au détour, flammes, fleurs, œufs et côté sacralisé

Les personnages protecteurs semblent sortir du monde de l’enfance pour la fraîcheur de leurs traits, du monde des adultes pour leur force surhumaine, du monde des esprits pour leur spiritualité. Ils intercèdent dans des couleurs chatoyantes pour qu’éclate la vie, pour que vienne sans cesse la renaissance.

sous forme de tableaux

sous forme de tableaux

Let the sun shine !

Son installation a pour nom « DESCENDERE ».

Ailleurs dans l’exposition, d’autres masques et d’autres tableaux sont mis en scène avec un certain raffinement.

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Jeu te happe

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d’or resplendissant

Pour en voir plus:

http://gleoart.tumblr.com/

à bientôt ! Ce n’est pas fini!

Transfert6 : La petite maison dans la prairie par Tack -8-

vendredi, novembre 4th, 2016
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La petite maison dans la prairie

TACK le bordelais approche de la trentaine et semble avoir gardé son âme d’enfant. Ou du moins il s’ingénie à venir chercher en nous  l’enfant qui sommeille. Il est trop jeune pour avoir connu «  La petite maison dans la prairie » à la télévision. Mais qui peut ignorer le titre de la série?

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végétation luxuriante

« La petite maison dans la prairie » tient plus de la cabane que de la maison et est hautement symbolique ; elle est en fait un concept universel, une installation pleine de fraîcheur, de gaieté, un passage initiatique au travers d’une explosion de couleurs.

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Invitation au voyage

TACK a bâti une cabane ouverte que l’on traverse, où l’on s’arrête pour scruter les lieux du sol au plafond. L’extérieur y pénètre et les frontières sont abolies. Nous sommes sous un toit dans l’éternel printemps fleuri.

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sous tous les angles

Sourires à l’unisson. La cabane est immortalisée par chaque passant qui l’emporte dans son cœur et sur son mobile.

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lettrisme, signature dans les nuages à portée de l’homme

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du sol au plafond

L’année dernière déjà dans Transfert5, TACK avait visité le thème de la cabane avec «  la cabane dans les bois » dont j’ai gardé trace.

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« La cabane dans les bois »

(Les cabanes dans les bois, je les ai bien connues dans mon enfance landaise depuis la cabane en brande jusqu’aux cabanes en bois fonctionnelles).

Tout cela me ramène vers ce livre merveilleux que je garde précieusement à portée de main :

Les cabanes de nos grands-parents par NICOLAS HENRY chez ACTES SUD : son magnifique projet d’installations de cabanes  à thèmes a donné lieu à de nombreuses expositions dans le monde entier :

http://www.nicolashenry.com/index.php?page=1

 

Dans un tout autre style, la maison est aussi évoquée par le biais du street art dans le street art par d’autres artistes , sur des maquettes de maisons avec tout le soin apporté à la réalisation de tous les détails

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du côté des maquettes

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un panneau en détail

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un vieux quartier?

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portes et murs tagués. Remarquez la boîte aux lettres

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des murs et des couleurs. Du surlignage

Ou bien encore avec cette ambiance qui me rappelle Edward Hopper.

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ambiance électrique?

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Bien entendu la visite continuera sur d’autres registres.

 

Transfert6: fantastique Charles Foussard-7-

lundi, octobre 24th, 2016
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vue d’ensemble de l’installation

CHARLES FOUSSARD : TONAL ET NAGUAL

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je tourne autour de l’œuvre

« CHARLES FOUSSARD né en 1983 à Bordeaux,il commence le graffiti à la Réunion où il vit plusieurs années. Il en reviendra imprégné du mode de vie de ses habitants et de leur lien particulier avec la nature. Peintre autodidacte, il aime peindre et repeindre ses propres peintures. Il travaille sur la place de l’homme dans l’univers et les liens entre culture et nature. Ses peintures, qui peuvent être monumentales, interrogent le public sur le caractère parfois surréaliste des caractéristiques de l’humanité moderne. L’homme cherche sa place et ne semble la retrouver que dans une communion avec la société et les éléments naturels.

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noir blanc gris et lumière

 Tonal et Nagual: Cet ouvrage de l’ethnologue Carlos Castaneda qui s’est intéressé au chamanisme est le point de départ des rêveries de Charles. On retrouve ses thématiques de prédilection : végétation, accumulation et surréalisme. »Plaquette de Transfert6

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la femme est-elle l’avenir de l’homme?

Renseignements pris sur le sujet, l’univers se composerait de deux mondes parallèles : le tonal est le monde des choses matérielles tandis que le nagual concerne le monde immatériel .

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de près de loin toujours aussi beau

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les pépouzes

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de face  de profil

Fantastique !Surréaliste !

Le monde de la naissance ou la naissance d’un monde ? Accumulation de bonshommes patates de petite taille, emboîtés dans des corps enchevêtrés, des parties de corps. De la Mère à l’origine de tout,  la vie grouille, se multiplie, part à l’assaut en pyramides parce qu’à plusieurs on est plus forts. Le tout dégage de la vie, de l’énergie puisée dans le monde des rêves, des cauchemars diront certains, de la transmission féminine. Il y a le noir et le blanc, les rêves, le gris en équilibre, les puissances maléfiques et celles du bien. Il y a de l’Archimboldo, du Dali, du Magritte. « Ceci n’est pas du street art »occupe les murs, la sculpture jusque aux tableaux ; mais regardez-y de plus près. La couleur est ailleurs, sur les plages, près de l’initiatique Mer, sur les blockhaus  à l’origine maléfique et sur les bouteilles de vin du Château Pape Clément appartenant à Bernard Magrez, propriétaire par ailleurs du Château Labottière où l’artiste a été en résidence et a fait l’objet d’une exposition il y a quelques mois.

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à l’ombre de la pyramide- tableau-

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que se passe-til dans la tête au chignon? -tableau-

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Mon Moi mon île

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prendre son pied-tableau-

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complètement surréaliste

« D’où est venue l’inspiration pour créer un univers fantastique aussi détaillé ? »

« Plein de choses m’ont inspiré : mes propres recherches, les choses que je vois ou que je lis. Par exemple, la végétation m’est venue la dernière fois que je suis parti à la Réunion. J’ai peint un mur, tout était sec, jaune et desséché… et en quelques heures de pluie, toute la végétation a vraiment grandi. J’avais l’impression de la voir naître et ça m’a touché. En rentrant de ce voyage, j’ai commencé à faire ma série sur les végétations, sur toile et sur mur. Là, je suis toujours un peu dedans, et même si ça a un peu évolué, il y a toujours mes petits personnages : les pépouzes (des sortes de petites patates). » interview Charles Foussard Magazine LSD

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avoir l’installation à l’œil

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on ne va pas partir comme cela: un autre petit tour

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près de la fenêtre ocellée… Je quitte à regret.

 

http://ekosystem.org/tag_big/charles-foussard

à suivre………………………………………………….

Transfert6: Les transports nous parlent de l évolution de la société-6-

lundi, octobre 17th, 2016
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Transfert6

«  Le mouvement est principe de toute vie »

Léonard de Vinci

 Transfert6 c’est pour commencer : des installations, du graphisme, de la couleur, de l’humour, parfois grinçant, et pourquoi pas une pointe de romantisme.

Des clins d’œil à ce que furent les premiers graffiti sauvages sur les trains par exemple, l’actualité de Bordeaux avec la  demi maquette du tram, un bateau sur fond de Base sous-marine et de grues dans un quartier en devenir.

Des skates symboles croisés  de jeunesse et de déplacement urbain, un bric-à-brac du passé, une sombre ruelle mal famée où des voitures sont abandonnées, taguées, dépecées… et un galion de rêve.

Cette année, les réalisations en 3D sont à l’honneur et étaient inscrites dans le cahier des charges des artistes participants.

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vision du passé toute en ferraille

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bric-à-brac genre tortue

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entre passé et avenir

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notre tram / Landroïd groupe Les Parpaintres dont nous verrons d’autres réalisations.

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grand choix

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message clair(voyant)

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judicieux et terrifiant

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paysage urbain embarqué?

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dans un coin de rue, abandons en série

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Filippo Mozone une installation faisant partie d’une série sur les vieilles voitures

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harmonieux malgré les cabosses de la vie

et

Le rêve…

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Le temps du voyage par VILX; des fresques du sol au plafond où des personnages et des paysages déformés aux couleurs tendres évoquent de slieux fantasmés des pérégrinations des Hobos, voyageurs clandestins de l’Ouest américain.

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ailleurs par Vilx

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« Ô temps suspends ton vol »

 

visite à suivre sur d’autres thèmes…

 

 

Avant Transfert6, Virgin c’était ça aussi-5-

mercredi, octobre 12th, 2016

couverture-de-la-plaquette

Virgin était jusqu’en 2013 un temple de la consommation et avant lui il y eut le magasin le Printemps jusqu’en 1990.

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rappel de consommation

Si je me souviens peu du Printemps, j’ai quelques souvenirs du Virgin où je fréquentais l’espace musique et le coin bien approvisionné et dédié aux livres sur la région. À quelques pas de la librairie Mollat, je pouvais faire d’une pierre deux coups.

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Cependant, si je me suis toujours sentie comme un poisson dans l’eau dans la librairie Mollat, première librairie indépendante de France, je n’aimais pas beaucoup les escaliers de chez Virgin qui me mettaient mal à l’aise tout comme l’ascenseur dont je me méfiais !

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Leur brillance et l’excès de luminosité venus de la verrière me donnaient le vertige ! J’y ai retrouvé ces sensations puisque pour l’anecdote, lors de ma deuxième visite, je n’ai pas failli à la tradition et j’ai raté une marche !

Rentrer pour la première fois, par un jour gris d’été, dans ces anciens locaux de 5000 m2 sur  cinq niveaux nous ramenait en arrière. Nous étions nombreux à parcourir les différents étages comme au bon vieux temps d’avant.

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différents points de vue

Sitôt passée la porte, le rez-de chaussée donnait l’impression d’un chantier sombre resté à l’état brut et c’était volontaire.

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que de marches!

Au premier étage organisé tout en coins et recoins où prendre son temps,  chercher les détails, laisser peu à peu les installations visuelles et sonores se dévoiler à nous, il fallait se faufiler, être attentif aux choses cachées.

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vue sur la rue

Au deuxième et au troisième étage, se trouvaient des œuvres plus classiques, des peintures, des sculptures et quelques coups de cœur qui méritaient bien une deuxième visite.

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condamnation d’ascenseur

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boîte à art

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autre point de vue

Au dernier étage, quelques clins d’œil au passé des lieux avec les mannequins-autruches, des coins de détente : bar, espace repos avec petits salons fabriqués avec des palettes ; c’est là, je pense, que se passaient les animations liées à l’exposition : concerts, performances, ateliers…

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mannequins en vue

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en bonne compagnie

Beaucoup de souvenirs étaient réactivés ainsi par la mise en couleur des escaliers, le détournement des ascenseurs en « armoires d’art » et « armoires-spectacle », les différents points de vue en contre-haut et en contre-bas.

Transfert6, toute une histoire dans l’Histoire de la ville…

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le six en bombes

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clin d’œil au passé par un des artistes.

Visite à suivre…

Le souvenir de Transfert6 à Bordeaux: un événement de l’été 2016-4-

lundi, octobre 10th, 2016
façade côté Gambetta

façade côté Gambetta

L’été 2016 approchait et l’on attendait cette sixième édition de Transfert6 place Gambetta, dans les locaux de l’ancien Virgin.

façade, place Gambetta

façade, place Gambetta

L’exposition collective de street art a fermé ses portes fin septembre et 65000 visiteurs l’ont visitée.

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porte d’entrée Transfert6

L’année dernière, Transfert5 était à Castéja et les éditions précédentes dans le quartier Bacalan. Le collectif d’artistes Transfert a acquis au fil des ans son public de visiteurs fidèles, fans de tous âges. J’en fais partie et je n’hésite pas à revenir  sur les lieux pour profiter de tout ce que mes yeux peuvent capter. Là, je me sens bien ; je suis invitée à un voyage que j’entreprends avec grand plaisir. Je m’immerge dans une bulle que je quitte chaque fois à regret.

côté rue Bouffard

côté rue Bouffard

Cependant, d’aucuns regretteront que le street art ne  s’institutionnalise et quitte l’investissement sauvage initial de la rue pour rejoindre

– des lieux en attente de transformation : Les alentours de la Base sous-marine dont je parlerai plus tard, Castéjà l’an passé, Virgin cette année où les lieux offrent l’opportunité de créations in situ sur des variations de supports et surfaces ;

des expositions comme celle qui intitulée « Expressions urbaines » au château Labottière, permettait aux profanes dont je suis, d’y voir plus clair entre « Street art, Graffiti et Lowbrow »

– des performances publiques comme j’en ai déjà relaté dans des billets précédents, notamment lors de l’été 2015.

Bordeaux respire au rythme du street art. J’aime cette appropriation des lieux officiels ou non, un peu moins lorsque le street art rejoint les murs des galeries d’art.

Place Gambetta, tout commençait à l’extérieur, en façade du bâtiment et sur un des côtés rue Bouffard.

Voyez plutôt la signature de quelques artistes présents à l’intérieur.

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La prochaine fois, je vous inviterai à une flânerie intérieure.

Du musée à la rue: des tableaux en rappel – 3-

mercredi, septembre 14th, 2016
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L’historique façade de Castéja

L’ancien Hôtel de police de Castéja à Bordeaux avait retrouvé une vie trépidante  lors de l’été 2015 avec l’exposition de street art TRANSFERT5. Cet été, nouvelle initiative de street art mais sur les murs extérieurs : ils sont ornés de figures géantes empruntées à trois tableaux du MUSÉE DES BEAUX-ARTS.

http://www.musba-bordeaux.fr/

 

Il s’agit cette fois d’amener le musée dans la rue. L’artiste JULIEN DE CASABLANCA, photographe et cinéaste  a donné une deuxième vie artistique à cet immeuble imposant qui sera réhabilité dans un futur proche par Gironde Habitat.

Les trois fresques de 20 m de haut ont été collées et dureront ce que durera l’été. Lorsque je les ai photographiées, le temps avait fait son œuvre (et/ou les passants) . Les personnages ont été photographiés, détourés , découpés en une vingtaine de parties agrandies et collées sur du papier.

Ce travail de photographie et de collage  des personnages originaux  mesurant entre  cinquante centimètres et un mètre fait partie d’un projet intitulé OUTINGS PROJECT déjà expérimenté à San Francisco, Hong Kong et Genève mais aussi à Angers en France.

http://www.outings-project.org/about

Julien de Casablanca a choisi

1-LE VIEUX CARRIER d’ALFRED ROLL

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Le vieux carrier

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impressionnant

2-Un personnage extrait des HÉRITIERS de JEAN-EUGÈNE BULAND

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le personnage des Héritiers est déjà très abîmé en bas d’immeuble.

Et

3-Une FEMME NUE de GEORGES DORIGNAC

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peu visible mais la taille du passant donne l’échelle de grandeur.

Vous pouvez vous faire une idée des originaux sur ces liens trouvés ici ou là:

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/alfred-roll_le-vieux-carrier_1878

http://peinturesetpoesies.blog50.com/archive/2010/04/05/jean-eugene-buland-1852-1926.html

https://www.flickr.com/photos/magika2000/26138128935

La saison d’été 2016 à Bordeaux étant très riche, il me reste encore à me faire l’écho de plusieurs visites.

 

La Base sous-marine, JR, Ellis : Chemins croisés de la mémoire -2-

dimanche, septembre 4th, 2016
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Un mur de visages nous accueille. Ce n’est qu’un début.

J’avais fait connaissance avec quelques œuvres photographiques de l’artiste de street art  JR au château Labottière et j’imaginais déjà l’ampleur de son travail partout dans le monde.

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Le voici pour quelques jours encore à la Base sous-marine avec son film court-métrage de 15 mn si particulier puisque le film poignant se reflète dans le bassin d’une alvéole de la Base.

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Dès notre arrivée, nous sommes mis en condition et happés par tous ces visages de bordelais, de visiteurs accourus dès les premiers jours de l’exposition pour se faire tirer le portrait et entrer dans  le fameux projet « Inside out » de JR. 700 photos ont été ainsi collées.

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Les visages sont partout sur les murs de la forteresse en béton, sur les piliers de soutènement, sur le sol. Ils nous ouvrent le chemin et nous conduisent en croix vers la salle de projection.

J’ai vu le film la semaine dernière et j’ai été happée par la force de ce lieu  qui accueillit  à Ellis Island, à New York, des migrants de 1892 à 1954.

15 minutes suffisent pour raconter le point de passage obligé de tous les migrants. JR a travaillé à partir des archives et installé pour faire revivre la mémoire des lieux une vingtaine de collages.

Que de contrastes entre nos visages souriants et ceux qui ont hanté ces lieux sinistres!

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Nombreux sont ceux qui ont essayé

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Des milliers de personnes sont passées par ici

Que de similitudes entre cette Base sous-marine où je ne pénètre jamais sans avoir une pensée pour tous ces prisonniers et exilés qui la construisirent sous la férule des allemands et payèrent souvent de leur vie liée pour certains à tout jamais au béton. Une stèle à la mémoire des Républicains espagnols nous le rappelle au dehors.

La Base sous-marine attire et repousse.
Les expositions d’une grande qualité y sont toujours gratuites.

Le film de JR fait partie d’un projet plus vaste : « Unframed Ellis Islands »   pour lequel je mets des liens à la fin de l’article.

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A tous ceux qui ont réussi

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Je suis le fantôme de ceux qui n’y sont jamais parvenus

J’ai beaucoup aimé ce court-métrage si actuel ; j’ai ressenti une grande émotion en pensant à ces flots de migrants qui jamais ne se tarissent tant il y a des foyers de conflits dans le monde. La personnalité de Robert de Niro avec sa sobriété et les mouvements lents happés par les reflets se marie à merveille au scénario d’ Éric Roth.

La magie de JR consiste à faire se rencontrer des espaces improbables avec des personnages incisifs, le tout  au service de l’Histoire et des grandes causes que l’on ne défend jamais assez joue à plein. C’est poignant, beau dans l’horrible suggéré : c’est une expérience unique. J’en ai été troublée.

Aussi ai-je souhaité revoir le film et parcourir la galerie de portraits locaux encore une fois aujourd’hui. Cette deuxième lecture m’était nécessaire pour m’imprégner encore plus de l’atmosphère

Il neigeait sur Ellis Island quand le film a été tourné : c’est un monde que je n’oublierai pas.

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clap de fin.

Remarque: j’ai pris aujourd’hui quelques photos du film dans un coin de la salle, volontairement, pour ne pas gêner les spectateurs.

http://www.jr-art.net/fr

 

http://www.jr-art.net/fr/news/unframed-ellis-island

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Mémorial des Républicains espagnols

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Devoir de mémoire

 

 

Oradour-sur-Glane: que le silence des ruines est lourd! –2–

vendredi, décembre 4th, 2015
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des ruines et des carcasses rouillées

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« La vie ne vaut peut-être rien mais rien ne vaut une vie »

André Malraux

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la première maison aperçue

On peut passer la journée à Oradour-sur-Glane et encore n’arrive-t-on pas à tout voir. Pas étonnant que le billet soit valable toute une journée.

Nous consacrerons l’après-midi à la visite du village martyr auquel on accède par un long couloir en sous-sol.

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destruction systématique

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« Les déportés , les massacrés n’ont plus que nous pour penser à eux . Les morts dépendent entièrement de notre fidélité »

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Le ciel est si bleu même dans les trous béants des fenêtres

Il fait chaud. Une sorte d’été indien qui nous rend incrédules ;ce ciel bleu sans aucun nuage pourrait gommer l’émotion, édulcorer la vision. Il n’en sera rien. On entre dans le village comme on entre dans les cimetières militaires près des plages du Débarquement ou ailleurs en France : avec respect, en sachant ce que l’on va voir mais sans jamais mesurer toute la force de ce qui s’y trouve. Pourtant le film nous y avait préparés. On entre dans le village martyr en « silence », la pancarte posée près de cet arbre majestueux nous y invite. Puis on progresse pas à pas, on s’avance pour regarder par des semblants de fenêtres ou plutôt des murs en cratères.

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silence

Des arbres comme celui de l’entrée,  il y en aura. Ils semblent avoir pris de la place, s’être étoffés au fil du temps pour rendre hommage à ceux qui les ont plantés. Ils sont la vie, les seuls êtres vivants qui se souviennent avec les rescapés de la vie qui fourmillait autour d’eux. Les arbres ont plus de constance que les hommes : ils se souviennent par exemple de ce champ de foire où furent rassemblés les habitants ; ils poussent même sur les ruines.

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place du champ de foire

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au milieu des ruines

Plus on avance dans les rues du village, plus on imagine la vie de ce bourg prospère organisé autour du train qui le reliait à Limoges et à Saint-Junien.

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une si longue rue

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la pompe à essence et les rails

toutes ces boutiques ! Tous ces artisans. Il y a là des boulangeries, des boucheries, des garages,la pompe à essence, des cafés, des couturières, dentiste  magasin de laine, forgeron, carrier puisatier,  menuisier,  sabotier, courtier…

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un des garages

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un forgeron

Nous irons jusqu’au cimetière  et nous apercevrons le monument construit en hommage aux victimes mais nous n’irons pas plus avant. Difficile quand l’horreur le dispute à l’horreur.

Partout des ruines, des restes de vie arrachée à la machine à coudre, à la faucheuse, à la voiture, au vélo. Beaucoup de machines à coudre, des voitures d’enfants…des carcasses de voiture…

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une des nombreuses voitures

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vélo posé sans doute à la hâte

Nous irons jusqu’à l’église à ciel ouvert…Là où furent massacrés les femmes et les enfants. Insoutenable.

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l’église

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Nous croiserons plusieurs fois les militaires qui sillonnent le lieu de mémoire en silence. Nous échangeons  parfois des sourires jaunes. Une adolescente venue avec sa famille consulte son téléphone et lit des détails  aux adultes attentifs.

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contraste des éléments

Il nous reste à voir encore tout un pan de village, celui qui touche le nouveau village. Je n’aurais pas voulu partir sans voir l’Ecole des Filles et Celle des Garçons un peu plus loin. Je ressens là peut-être la plus immense peine ; je me recueille quelques instants dans des lieux similaires à ceux que j’ai pu connaître dans ma vie d’enfant ou professionnelle à la campagne : la cour, le préau, les platanes et les wc au fond de la cour…

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école des Filles

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silence

Nous terminerons par la gare et nous déclarerons forfait pour le bout de la dernière rue. Que les morts nous pardonnent car nous étions arrivés  au bout du supportable.

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la gare et ce qu’il en reste. Ora pro nobis?

ET POURTANT, nous n’avions pas encore tout vu…Nous avions gardé la visite du puits pour le chemin du retour… Le puits où les SS ont entassé les cadavres. Là, nous avons eu réellement l’impression de marcher sur des êtres vivants. Tout près des deux faucheuses tout juste rouillées…

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le puits de la barbarie

« Hélas ! En ce dix juin , l’homme ivre de leur sang
Brûla les habitants, Oradour et l’enfant .
On jeta dans mon sein des vivants de passage,
Et des blessés fuyant cette horde sauvage ;
Aux affres d’agonie en leurs cris douloureux
Depuis ce jour, ma source…elle appartient aux Dieux.

Aux multiples des temps à chaque décennie
La voix de l’innocent dira l’ignominie.
C’est moi : » Le puits tragique » où se tarit mon eau;
Aux silences des ans, je ne suis qu’un tombeau… »

Poème de L Morlieras qui a perdu une sœur à Oradour

*

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comme si de rien n’était

Restait pour moi à faire des choix pour cette partie du récit de ce qui est une sorte de pèlerinage : j’ai souhaité éviter l’écueil du voyeurisme. Tout le monde photographie mais quelles photos montrer ? Comment faire passer un message sans le risque du « beau » point de vue, rendu « plus beau » grâce au cadrage et au ciel bleu ? C’est l’émotion qui prime, le sentiment de l’horreur.

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encore et toujours

Certains artistes ont été touchés par le massacre d’Oradour-sur-Glane et se sont exprimés avec leurs armes : par exemple

 André Masson a réalisé  «  La Suppliciée » (par le feu)( dessin au  fusain, encre de chine et craie sur papier teinté).

Picasso un  dessin gouaché réalisé je crois dans le Livre d’Or : « L’enfant d’Oradour ».

Fernand Léger a rendu hommage aux victimes par un dessin en 1947.

Marcel Grommaire a réalisé un dessin

André Fougeron a réalisé un diptyque « La vie renaît à Oradour »

*

à suivre avec dans le prochain billet les mots des poètes.