L’HERMIONE: un instant poétique — 3–

décembre 12th, 2014

jeudi 9 octobre

à proximité de L’HERMIONE, au bord du miroir d’eau,une pensée pour:

- Le génial paysagiste et enseignant MICHEL COURAJOUD, concepteur du  » Miroir d’eau »  décédé il y a peu.

*

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*

Mille pattes à l’endroit,

Têtes à l’envers

Lampes dans l’eau

L’eau dans le ciel

Voiles à l’endroit

A l’envers des voiles

Le miroir réfléchit et

Se demande s’il ne devrait pas

Faire main basse

Sur ce joyau…

Garder L’Hermione

Dans le port.

*

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*

Fourmis zig-zag

Jambes en ciseaux

A cheval sur le mât

Nuages à portée

De main.

Ou comment monter à bord de L’Hermione

Sans billet !

 *

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*

Dans le brouillard blanc

Un soupçon de L’Hermione.

Le voile tiré, reste

la voile pointée.

*

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*

Soliste de ballet.

S’éloignent

La ville et le pont en filigrane.

*

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Dans un monde féerique

Dans le rêve blanc

La frégate et l’enfant.

*

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Tout s’efface…

Douceur

Doux cœur à bois, cœur à voiles.

*

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*

Par-delà la brume je te regarde

Tu apparais tel un mirage.

Pour moi seule.

*

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*

-une autre pensée pour JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT,

Lire ici :

 http://www.leparisien.fr/flash-actualite-culture/jean-de-la-ville-de-mirmont-le-poete-soldat-oublie-de-bordeaux-20-10-2013-3243027.php

 Mort  au début de la guerre de 14-18, l’écrivain a célébré le Port de la Lune en ces vers :

 

« Je suis né dans un port et depuis mon enfance

J’ai vu passer par là bien des pays divers

Attentif à la brise et toujours en partance

Mon cœur n’a jamais pris le chemin de la mer… »

***

à suivre;;; car après le jour viendra la nuit.

Les Gars et les Filles de L’Hermione sur le pont et dans la mâture –2–

décembre 2nd, 2014

Mercredi 8 octobre et jeudi 9 octobre

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L’Hermione est maintenant à quai et sa présence jour après jour draine des foules compactes. C’est devenu la promenade incontournable .

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Côté Pont de pierre et côté quais…

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Pour notre part, nous y avons pris goût aussi, depuis que dans l’attente, nous avons aperçu le haut des trois-mâts au-dessus des arbres,

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que nous avons vu les couleurs de la coque,

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puis le lion sculpté par Andrew Peters à la proue ;

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lorsque nous avons vu L’Hermione prendre ses aises en virant de bord, et faire enfin escale dans le Port de La Lune.

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Nous  retournons donc la voir, sous le soleil, par grand vent, avec un ciel animé et le Pont de pierre pour témoin.

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Il nous faut parfois jouer des coudes, nous armer de patience, avancer, reculer mais toujours dans la bonne humeur.

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Je n’ai jamais perçu la moindre impatience autour de nous.Nous avons lié conversation avec des personnes venues de loin spécialement pour L’Hermione.Certains ont traversé la France pour la voir.

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Seule concession à la modernité et aux normes, l’utilisation de moteurs imposés pour rentrer au port laissa quelque amertume chez certains spectateurs qui auraient aimé voir arriver L’Hermione toutes voiles dehors (2200 m2 de voilure en lin).On ne badine pas avec les normes !

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La promenade sur les quais est aussi l’occasion de parcourir l’exposition, de lire les panneaux explicatifs qui nous donnent à voir les étapes de la construction de la frégate ou bien l’inventaire des nombreux  métiers en présence.

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Je laisse volontiers de côté le folklore du village d’époque (XVIIIème siècle)…

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Pas de nostalgie non plus à l’idée de ne pas avoir pu prendre un des 10 000 billets vendus 6 mois auparavant pour monter à bord.

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L’équipage de L’Hermione reconnaissable à son tee-shirt rouge garance   est composé de 18 membres professionnels, et de bénévoles.

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Le commandant de bord n’est autre que Yann Cariou, ancien commandant du Belem.

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Les marins de L’Hermione(Le commandant, le maître voilier, deux forgerons, quatre gréeurs et un bénévole de l’association) ont suivi un entraînement à bord du voilier russe le «  SHTANDART » qui est un navire-école.

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« Même s’il est plus petit (2), le “Shtandart” est un navire assez similaire à “L’Hermione”. Et, à ce titre, il constitue une excellente base d’entraînement à la navigation à l’ancienne, comme l’est également le voilier suédois le “Göteborg”. » Pour le coup, l’équipage a été servi. « Sur ces navires, toutes les manœuvres se font à la main. Mais, autrefois, ils étaient 150 marins à faire ce que nous avons dû faire à seulement à 26 durant la traversée. Il faut sans cesse changer de poste, savoir monter dans l’armature à 30 mètres de hauteur, faire des quarts de nuit et entretenir le bateau. »Sud-Ouest 27/10/2013

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(2) L’Hermione » a une longueur de 64 mètres et un poids de 1 100 tonnes, contre 34 mètres et 300 tonnes pour le « Shtandart ».

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 Cet après-midi-là, le vent forcit dans le Port de la Lune.

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Les membres d’équipage grimpent afin de replier les voiles, pour notre plus grand plaisir.

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Je trouve une petite place sur un banc et j’observe…

à suivre…

 

 

 

L’Hermione, la frégate de la liberté à Bordeaux le 7 octobre 2014–1–

novembre 22nd, 2014

mardi 7 octobre

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L’Hermione effectuant son premier voyage officiel, passe sous le Pont Chaban-Delmas avec quelques minutes d’avance. Tout au long de la journée, nous avons pu suivre dans la presse ou à la radio, sa remontée de l’estuaire. La nuit précédente avait été très rude, comme une mise à l’épreuve pour cette sortie officielle.

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Guidée par le bateau-pilote  Le Quinoa la célèbre réplique de la frégate de La Fayette a jeté l’ancre à la nuit tombée dans le Port de la Lune après avoir fait donner du canon et avec quelques minutes d’avance. L’Hermione était joliment accompagnée d’une parade nautique .

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Beaucoup d’émotion pour accueillir la réplique exacte de la frégate sur laquelle le marquis de La Fayette a rallié en 1780 les insurgés américains, en lutte pour leur indépendance.

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Beaucoup de spectateurs, malgré le mauvais temps, se sont rassemblés sur les quais depuis le Pont Chaban Delmas jusqu’au ponton d’honneur Richelieu, applaudissant à tout rompre. Nous avons choisi d’être au plus  près du lieu d’amarrage afin de voir L’Hermione manœuvrer et profiter plus longtemps du spectacle.

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Depuis 1992, l’association Hermione-La Fayette s’est lancée dans la formidable aventure de la construction à l’identique de la frégate de la liberté, bateau du XVIIIème siècle. La frégate L’Hermione avait été mise en chantier en 1778, à Rochefort, ville nouvelle du XVII ème siècle, implantée autour d’un arsenal du Royaume de France.

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L’Hermione avait pris la mer le 21 mars 1780, était arrivée à Boston après 38 jours de mer, avait sombré en 1793. Son épave a été découverte en 1984 et la construction de la réplique a commencé en 1997.

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L’Hermione actuelle gagnera l’Amérique au printemps 2015.

Pour en savoir plus :

http://www.hermione.com/accueil/

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Tout est prêt pour saluer la Ville, le Port, les spectateurs. Des bordées sont tirées à hauteur des hangars, puis à l’arrivée au ponton d’honneur.

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L’équipage est en costume d’époque. Il paraît qu’il y a même un chat à bord.

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La frégate est imposante avec ses mâts qui taquinent le ciel, dans une atmosphère très humide, légèrement brumeuse.

Mais bientôt le bateau pilote repart: mission accomplie.

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Dernières bordées… La nuit est là.

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à suivre…

Pour retrouver L’Hermione en pleine mer, c’est par ici chez Paul Kerrien: de superbes photos. Merci à Serge de m’avoir donné le lien.

mais…

Il faut tout de même avoir à l’esprit que la première traversée de L’atlantique par La Fayette  avait eu lieu en 1777 sur le bateau  La Victoire depuis Bordeaux. Ce bateau avait été construit ici, dans les chantiers du quartier de Bacalan. Le départ sur La Victoire fut mouvementé afin d’échapper au roi de France. Il y eut de nombreuses péripéties entre Bordeaux et Pauillac avant de pouvoir  rejoindre Pasajes, de rebrousser chemin vers Bordeaux, de repartir vers Pasajes(Espagne) et de faire(enfin) cap vers L’Amérique le 26 avril 1777.

Quelques heures d’océan aujourd’hui, le 28 octobre

octobre 28th, 2014

Le Grand Crohot 28 octobre, 14h.

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Tout de même! 23 °. Ciel bleu sans nuages.Puis quelques traînées blanches en éventail.

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Beaucoup de douceur, une légère brume au loin, langues de terre et langues de mer.

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Bleus mêlés de l’océan à marée basse.

Un bateau file à vive allure.

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Un passage vers la dune, entre deux mamelons.

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2 heures de marche sur le sable, loin de toute foule.

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Le spectacle est ici, partout.Au ras des flots,

Sur le sable,

Des papillons de sable inédits (vus par Lou)

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dans les mystères d’un château,

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dans le bal des cailloux, fusées de sable,

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dans les scintillements,

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face au soleil

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dans les ombres du « cow-boy »

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ou  les reflets des marcheurs

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Sur le sable encore où on met des limites sympa

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16h 40: il est temps de reprendre la route et de laisser au loin la rumeur mélodique de l’océan.

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Merci à cerisemarithé pour cette mise en lumière de ma démarche:

« Après « l’ombre de la réalité »,
la pleine lumière vivifiante…
Vamos !

Après les douloureux bleus de l’âme,
les doux bleus des cieux cléments
mêlés aux transparences de l’écume,
à la fluidité des sables,
aux traces de vie si diverses pour qui sait les déceler…
Vamos !

Une échappée vitale
pour retrouver respiration et légèreté…
Messages éphémères si précieux,
ondes bienfaisantes,
sensations libératrices……
Vamos ! »

Cerisemarithé

in memoriam

octobre 25th, 2014

A patrickmodiano

In memoriam

A Patrick ou les maux du silence…

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Un triste soir d’octobre, j’ai lu un avis de décès. Froid. Sec. Professionnel.

Tu avais choisi le silence si souvent par le passé. Il semble que cette fois-ci il t’ait emporté au pays de Folon :

« Comme dans les dessins de Folon
Ceux qu’on aimait nagent à l’envers
Oiseaux de l’eau, poissons de l’air
Perdent le fil de nos saisons

Dans la brume de leur prison
Ceux qu’on aimait toujours s’effacent
Derrière les voiles de l’espace
Comme dans les dessins de Folon ».

 

Tu écrivais comme on respire. La poésie coulait de source. Nous avions en commun l’océan, la poésie et Van Gogh. Nous étions aussi deux des trois « trolls » qui luttions contre les idées nauséabondes. Nous défendions le devoir de mémoire quand d’autres voulaient faire table rase du passé.

Grâce à toi, je lus Patrick Modiano . C’était au temps du PEDIGREE ; à tous ceux qui croyaient reconnaître en toi Patrick Modiano tu écrivais  ce que tu intitulais : AVEU :

« J’ai grandi depuis la place de l’Etoile. Mûri et vieilli. Les livres de Patrick Modiano ont été des compagnons de vie au fil des années. Des romans qui se lisaient au chevet. Jusqu’à entretenir un fétichisme de l’écrivain, à défaut de culte. Je sais son lectorat multiple et fidèle. « Un pedigree » n’est pas un roman. Il n’en revendique pas le titre. Il n’est pas une auto-biographie qui s’ignore(-rait).
Je crains le testament. La mort littéraire. Le chagrin des orphelins. L’encre qui sèche et s’efface. Il nous donnait des clés; il nous lègue désormais le trousseau…
Je me cache sous un pseudo éponyme un peu présomptueux. Je préfère désormais l’anonymat… »

Tu n’auras pas vu le prix Nobel de Littérature attribué à Patrick Modiano en 2014. Quelle misère…

Pourquoi ?

Partir

valise au vent.
Avec des mots
avec des verbes…
à quia avais-tu dit et

J’avais découvert cette expression du passé.
Zeus n’était pas muet
il se dégonflait à l’aune du temps
de pacotille.
Avec ta valise de rêves,
 ta valise d’herbe et de vent
entrouverte au passant.

J’étais cette passante

De la terre de Graves,

 j’étais cette passante

qui comprenait entre les maux.

Tu partais vers le silence, silence, silence…
Ta valise était le fléau
de la balance d’argent.
Zeus lançait des éclairs,
Des rires sarcastiques,
Narcoleptiques d’antan.
Tu es parti en rubans,
Taquiner la pieuvre,
Glisser atout vent,
dégonfler la voile
noire à serpent.

Sur le chemin, tu croisas maintes fois
une vénéneuse parure
si peu sûre
par soir pas clair.

Alors tu lanças ta valise au vent
à quia tu te mis.

Pour toujours.

In memoriam.

*

Tu revins parfois, et de ta voix rocailleuse, tu disais tes peines, tu disais ton chant d’amour et ton désespoir. Tu me fis héritière d’un manuscrit : Le Procès de Van Gogh écrit par tes soins, en bonne et due forme .S’y mêlaient l’artiste ; les considérations sur le suicide et les petits cailloux blancs des titres des livres parus de PATRICK MODIANO.

Au détour d’une page on peut lire sous ta plume: :
« Le suicide est un moyen de locomotion céleste et dans la vie d’un peintre qui déraille la mort n’est pas l’horaire le plus inflexible »
patrickmodiano

Je te répondis ceci :

 

Les champs de blé courbés,
Des vagues de vagues de murmures
Les tournesols fanés,
et le soleil éclaté
En mille pleurs d’abandon.
L’homme à l’oreille coupée,
chemise rouge étoilée
de souffrance, de fulgurance
A rejoint le ciel tourmenté.
Pinceaux, tableaux abandonnés
orphelins. Des couleurs dispersées,
Semées aux quatre vents de folie
Rouge , rouge profond du fossé,
incarnat, grenade de la vie
fauchée sur le bas-côté,
en lisière d’inflexibles sentiments
La mort au rendez-vous
Blottie tout contre la démence.
Vincent V. Vie Vécue . Vie rendue sans conditions.

Un jour où toi, l’autre moi-même, attrait du suicide mis à part, m’avait souri en revenant à la vie, je dis :

Etre nu sans rime, échoué sur les rives

Des rêves d’hier si souvent inassouvis

Mais patienter aux frontières invisibles et mouvantes.

 

Fuir l’absurde silence couperet

Les paumes en prière simplement dressées

Comme pour apaiser nos sombres racines.

 

Aller jusqu’à la douce délivrance

Sans consentir le moindre prix du sang

Et combler avec demain la déchirure du présent.

 

Déposer en creux, en intime repousse sur l’amer

Comme la mousse saprophyte habille l’arbre

Les zébrures profondément gravées du souvenir.

 

Oser présenter nos  nuits à la lueur de la flamme

Découvrant ainsi la vérité sous le charme

Eclosion velours du jour couleur de l’espoir.

 

C’était en 2007…

Il y eut 2008 et cette rencontre qui ne put avoir lieu….

 

Patrick… ou les mots du silence

Dis-moi un peu…
où s’en vont les mots du silence? Sont-ils relégués dans un coin? Englués?Tourmentés de poussière? Sursautent-ils au moindre courant d’air? Sont-ils troués, mités, rapiécés du cœur, ou bien laissent-ils s’écouler la lave de l’esprit trop longtemps contenue, Explosent-ils à la face du monde?

Il y a quelques jours, j’ai lu sur le blog de Colo Octavio Paz et les vers ont vibré en moi.

Destino del Poeta

Octavio Paz

« ¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

*

 

 


Destin du poète

Octavio Paz 

 

Mots? Oui, d’air,

et dans l’air perdus.

 

Laisse-moi me perdre parmi les mots,

laisse-moi être l’air sur des lèvres,

un souffle vagabond sans contours

que l’air dissipe.

 

Même la lumière se perd en elle-même. »

(trad: Colo)

 

 

Quel gâchis…Je ne saurai jamais comment tu es parti…Au fond de moi, je le sais.

Tu étais trop jeune…

Et je suis si triste pour toi.

Il y a quelques jours aussi, j’ai reçu »Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » et «  Villa triste »…

**

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« Il aurait voulu plonger dans cette matière sombre, renouer un à un les fils brisés, oui, revenir en arrière pour retenir les ombres et en savoir plus long  sur  elles. Impossible.

Alors il ne restait plus qu’à retrouver les noms. Ou même les prénoms, ils servaient d’aimants. Ils faisaient resurgir des impressions confuses que vous aviez du mal à éclaircir.

Appartenaient-elles au rêve ou à la réalité ? »

Patrick Modiano. L’Horizon.

***

Merci Marithé pour cet élan poétique qui me touche, comme il aurait touché Patrick alias patrickmodiano

« Quand l’Étoile n’est plus à sa Place
et que la Nuit fait sa Ronde
les Boulevards se font Obscurs
comme les Boutiques
et les Villas se font Tristes.
Passe la Jeunesse dans les Quartiers Perdus.
Du Vestiaire de l’Enfance
aux Noces en Voyage
à travers les Fleurs de Ruine
un Cirque est Passé
dans un Printemps de Chien
jusqu’à l’Accident Nocturne
vers les 28 Paradis.
Pas de Remise de Peine
Fragilité du Temps…

Quand les mots se font silences
les maux s’imposent encore plus fort…

… Et voilà un autre silence
qui nous laisse démuni, affecté…

Alors coulent les mots du cœur
Les mots qui vibrent
Les mots de l’émotion
Les mots qui livrent
Pour délivrer…
Pour ne Pas se Perdre…

Restent les mots secrets
Les mots discrets
Les mots du Poète………. »

Marithé

*Emprunts de Mots aux titres de Patrick Modiano, comme autant d’hommages à l’un et à l’autre… *

 

La Dune du Pilat: Jeux de sable–3–

octobre 16th, 2014

De sable le temps,

de temps le sable

 

à la lisière

où s’enlise

 

un soupçon

d’océan.

GEORGES-EMMANUEL CLANCIER

VIVE  FUT L’AVENTURE

Poèmes, éditions Gallimard

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Sable

Les grains de sable
surfent sur la dune,
caressent la lande.
Emportés par le vent
sur des vagues de pierre.
Accrochées à des branches d’étoiles,
Les bulles de sable
jouent à cherche-minuit,
au milieu des horloges
où s’incruste la mousse,
dans des sillons creusés
à même la peau.
Des langues de sable
s’allongent sur les ombres,
cathédrales de verdure
où jamais n’iront
ni les nuages
ni les images
ni les certitudes
d’un monde
à l’endroit.

Maïté L

*

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La Dune du Pilat: Face-à face: la Grande Montagne et l’océan–2–

octobre 8th, 2014

Avec quelques photos, je m’en remets aux écrits des uns et des autres qui tombèrent amoureux de la Dune et de l’océan pour un jour ou une vie.

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dune du Pilat vue du Cap-Ferret

La Dune du Pilat vue depuis le Cap Ferret

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« L’océan au pied, en face et à l’infini »

YVES SIMON

« Le prochain amour »Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2,éditions Pimientos

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Située à l’entrée du Bassin d’Arcachon, face au banc d’Arguin et au Cap-ferret, « La Grande Montagne »est un désert formé par l’accumulation de sable due aux vents et aux courant marins.

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au loin le Cap Ferret vu depuis la dune du Pilat

Au loin, juste en face, la pointe du Cap Ferret

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60 millions de mètres cubes de sable  passés à travers le sablier du temps,se dressent entre la station balnéaire du Pyla-sur-mer créée au début du XX ème siècle et la forêt de la Teste-de Buch sur 3800 ha.

La plus haute dune d’Europe est soumise aux éléments; instable, en perpétuel mouvement, elle  ne cesse de reculer de plusieurs mètres carrés chaque année.

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La montée vers le sommet ne se situe plus à l’endroit où je l’ai connue dans ma jeunesse. Elle se faisait plus près du village du Pyla-sur-mer où les premières maisons semblent devoir être englouties par le sable.

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Le Pyla-sur-mer

Le Pyla-sur-mer vue depuis la Dune

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La Dune s’étend sur 3 km et culmine à 110 m. Ce site classé depuis 1943 est un site très visité et donc à protéger de toute urgence;il est géré depuis 2007 par un Syndicat mixte de la Grande Dune du Pilat formé par le Conseil Régional, le Conseil Général et la commune de la Teste-de-Buch.

 http://www.ladunedupilat.com/monument-exception/

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« Nulle part en France, les grands éléments naturels-juxtaposés sommairement, étalés sans limites-ne se présentent comme ici en grandes masses simples et homogènes, d’une pureté qu’on dirait native, comme au long d’une mangrove d’Afrique ou d’une grève de Papouasie : pas un golfe, pas un rocher, pas une embouchure, pas une île, pas un phare, pas un champ, une saline ou une pêcherie, mais simplement la forêt, la plage, la mer. Un soir de septembre, alors que le soleil allait se coucher dans un ciel très pur, à peine arrivés au Pyla avec B., nous escaladâmes la grande dune, à cette heure-là et dans la saison avancée déjà absolument déserte. Il soufflait de la mer avec le soir un vent merveilleusement froid et revigorant. De la crête, arrondie comme un ballon vosgien, de la montagne de sable si pure et si blanche, on ne dominait à perte de vue, à droite, que l’océan bleu, à gauche, que l’océan vert. La dune, sous la grande brise de mer levée avec le soir, fumait comme un erg saharien et semblait arracher d’elle une à une, ainsi que des voiles translucides, les très fines pellicules de sable que le vent faisait glisser sans trêve sur elle, comme dans un vertige de nudité. Devant moi, je vis B. se déchausser et se mettre à courir, à courir à perdre haleine au long de la crête, les cheveux défaits, une aigrette de sable ailant dans le vent enragé chacune de ses chevilles, saisie par je ne sais quelle ivresse de l’étendue et de la virginité. »

JULIEN GRACQ
Lettrines 2

Texte recueilli par Jean-Claude Garnung
« Je vous écris du Bassin d’Arcachon 2, éditions Pimientos.

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Le banc d’Arguin

Le ,banc d'Arguin

Dans le sable blond de la Dune du Pilat- 1_

septembre 23rd, 2014

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Assise là

au sommet de la Dune, dune venant après la Dune, venant après

les creux et les faux plats, pas à pas d’un premier matin du monde,

Toutes voiles de coton dressées, comme un bateau de terre,  un bateau fragile

Je jette mes maux au vent, je lance mes pensées à l’océan.

Seule, dans ce matin au soleil hésitant, livrée à l’envolée de grains cinglants

Je deviens calice, je deviens matrice de silence et d’infini.

En contrebas, les voiles blanches effleurent le tableau du rêve, tandis qu’au loin,

très loin, les bateaux que j’aperçois, glissent dans un écrin de  distance

échangent leurs traînées d’écume rectilignes, sur des chemins d’eau tracés au cordeau.

Parfois les humains vont par deux, sans oser l’abrupte pente menant à la plage, parfois,

ils s’assoient savourant l’émotion du grand bleu d’outremer à turquoise

venant mourir de tendre écume aux abords des langues de terre du Banc d’Arguin.

Parfois, ils s’élancent dans la fougue de la jeunesse et finiront sur la grève

Que j’imagine, dont l’odeur me ravit, mais que je ne vois pas. Ce sont aussi

Les pas d’un enfant : il reprend son souffle, dans ce sable qui avale ses petits pieds.

Et toujours le vent sur les crêtes : il cingle, étreint, donne le vertige, sème le doute

Et décourage ceux qui ne se donnent pas à La dune du Pilat, cette grande fille à la merci

de ciels, qui au fil des tempêtes, la livrent en pâture aux caprices des éléments.

A chacun sa Dune : faite d’impatience, à peine cueillie en une fois, du  seul  regard

quand, pour le contemplatif, au contraire,  elle se drape de pans changeants ;

elle rôde alors, nous entoure, nous parcourt en entier : c’est l’oubli providence

qui nous fait entrer en communion, arrêtant la montre aux portes du désert retrouvé.

Dune vertige, Dune en escaliers, Dune en arbre mort qui ne cède pas d’un pouce

Dune  sans cesse recommencée, Dune des millénaires, Dune phare,

Dune liberté des ailes retrouvées, Dune victoire Octobre rose.

Comme un défi, un jalon dans la reconquête du présent et du mouvement

Une offrande claire aux jours qui s’en viennent. Une longue aspiration blonde,

 La Vie majuscule.

Maïté Ladrat/ 16 septembre 2014

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Clair obscur

août 22nd, 2014

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Clair obscur

Sur les poubelles

Reposait nonchalamment

La belle alanguie

A la nuit tombée

Pas un cil, rien ne bougeait

Hormis le passant.

Comme il s’approchait

Il tiqua légèrement

Mais la raison sut garder

Se dit qu’en ces lieux

Des vacanciers désertés

Grand ménage fut fait

Plusieurs mains expertes

L’avaient disposée

Pour qu’une seconde vie fut offerte

A la rescapée

D’un zoo très familier

Où l’humeur avait changé.

Le cliché fut pris

La distance bien gardée

Dans le silence complice.

Qui choisirait-elle

Muscles et griffes bien cachés

Sous le poil lustré ?

Le rêve préservé,

Dans la nuit glissait

Au matin elle s’éveillerait…

♥♥

 Août 2014

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

août 10th, 2014

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Aujourd’hui, je vous invite à suivre LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

http://rogerdautais.blogspot.fr/

et à retrouver ROGER DAUTAIS, à le découvrir, si cela n’est pas encore fait.

Cela fait des années que je me promène de ce côté-là, que je savoure son approche du LAND ART, que j’y puise du réconfort, de l’émotion, des connaissances, de la réflexion. mais ce n’est que récemment que j’ai osé laisser une trace pour la première fois. J’étais très intimidée.

Je vous invite à lire en particulier le dernier billet à ce jour datant du 6 août où j’ai eu la joie de découvrir avec émotion que Roger Dautais a fait battre pour moi « Le tambour du monde ».

Voici ma réponse:

 

A Roger

Comme à chaque fois, Roger, je viens ici tâter le goût de la terre, du ciel, de l’eau et du feu, prendre part au festin des mots, des couleurs, des odeurs, écouter pulser les sortilèges  de la levée polyphonique  des voix. Puis je m’éloigne pour un temps, forte de toutes ces graines qui se sont insinuées en moi et ne me laisseront de cesse que lorsque je serai  revenue au bord des cairns et des mandalas, guetter avec la marée cet apaisement de la tête soumise à un tourbillon de feux. J’écouterai les voix présentes, les absentes, les cris d’amour, le tambour de la vie et toute cette énergie que je puise car perceptible, dans l’apaisement et dans l’harmonie de la tâche accomplie.

Être le maître des éléments, les modeler et les mêler au passé, au présent, n’est-ce pas recueillir dans le creux de la paume endolorie le sel des embruns, cet estran dénudé dont tu parles si bien.

Convoquer ici les croix et les cris, le coude-à coude des fruits, les points cardinaux, la fleur de pétales d’énergie au centre en un va-et-vient qui rythme, envoûte. Il y a là une bataille , boucliers au vent, une croisade pacifique et la pierre qui se refroidit ou se réchauffe selon l’humeur.

Car aujourd’hui, j’ai vu le tambour du monde. Mais l’ai-je vraiment vu ?

J’ai écouté le tambour du monde ? Ai-je su l’écouter et aller au-delà pour qu’il sache trouver la porte ouverte ?

J’ai goûté à chaque fruit perlé de patience, à chaque brin de fougère minuscule flèche, aiguille du temps qui bat le tambour.

L’énergie du centre est si puissante qu’elle renvoie des ondes !

Aux armes les pois de senteurs marines !Rosissez vos prétentions !

Et vous bâtonnets feuillus de la roue de la vie, soyez mandala, soyez verte prairie des sentiments.

Roger, en guise de remerciement, je t’offre ces quelques mots d’un poète que j’aime beaucoup, à cheval entre deux mondes, voire plus, un poète à cheval sur les civilisations : Gabriel Mwènè Okoundji.

Dans son livre « Prière aux ancêtres » il écrit :

« Toute réponse est parole et toute parole est nombreuse

Un lézard portant un papillon, cela est une parole

Le coq appelant une poule, cela est aussi une parole

Le hibou chantant sa mélopée à la nuit, cela est encore une parole

La parole n’a pas de père, pas de mère, pas d’ancêtres

Elle est immortalité divine, grossesse et enfantement miraculeux

Elle est esprit du vent : aucun mortel ne peut donner rendez-vous au vent ! »

Mais aussi :

«  C’est à la fin du chemin que commence le cheminement

Qui n’a pas bon pied ne peut reconnaître sa trace

L’audace du premier pas éveille l’impossible quête de l’espace

Seule est nommée gloire, la période où la douleur du cosmos épargne l’homme »

Ne perdons pas la boussole. Merci de m’en avoir offert une que je garderai dans mon cœur.

PS : je crois que j’ai rêvé des années durant qu’un jour tu m’associerais, moi, l’inconnue, à une élévation d’âme. MERCI.

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