Nature morte à la grenade -3-

Or ange fit la peau de la douce grenade

En son chant pâle d’été retourné

Oranges ses pétales prenant vie, son calice

Buvant au cœur de nos baisers.

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Grenade soulevant son couvert de feuilles

Grenade, l’enfant la tient encore au creux de sa paume

Les grains éclatés coulent le long de ses lèvres

Nos dents crissent, égrènent le temps de l’avant.

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Petite grenade à l’automne suspendue, six jours contés

A la nature morte abandonnés, malgré le désir

De nourrir soupçon des souvenirs insensés

A sa moitié, l’autre moitié frissonnait dans l’herbe.

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Posée sur la table bleue comme dans un tableau

Au mur rouge du soleil incendiant le toucher

Grenade se mit à tendre son  orbe d’oreille

A l’écoute du géant, à l’écoute de la mer

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                                                                                                         ***

Des noms, des verbes promis à la gorge avancée

Livrée aux pulsions devenues depuis inanimées

L’objet de la ronde Matisse le premier, Lorca et puis Hikmet

Les grenades frémissent encore dans l’oubli de l’île ou de l’été.

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photos Maïté L, avec la complicité par ordre d’apparition:

du bouquet acheté à un vieux monsieur portugais qui fait ainsi son argent de poche

de la grenade souvenir, deux grenadiers poussant dans mon jardin

et de la corbeille aux edelweiss, du fait main venu de Haute Savoie.

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