Archive for the ‘Photo & Poésie’ Category

Bonne Année 2016

vendredi, janvier 1st, 2016
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au matin devant chez moi

Aube

Un merle joyeux dans le cerisier a chanté.

Le ciel d’aube de mille feux s’est paré

C’est le premier oiseau de l’année nouvelle

Qui chante, s’éveille et nous offre sa ritournelle

Vois ce premier matin d’orange et de miel

Il est fidèle à notre  rendez-vous annuel

2016  en qui nous mettons tous nos espoirs…

Qu’importe ! Le merle a chanté sur son perchoir

Une pensée pour tous ceux et celles qui souffrent

Qu’ils trouvent ici un peu de réconfort au bord du gouffre

Un peu de douceur, une main tendue, un sourire

Un peu de poésie, un soupçon d’avenir, la force d’écrire

LA VIE.

Maïté L

 1er janvier 2016

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dire  » bonne année » c’est souhaiter le meilleur à chacun du fond du cœur

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Je vous souhaite le meilleur, dans la lumière.

Une pensée particulière pour une de mes fidèles lectrices, Anne qui est dans la peine et dans le chagrin.

Une pensée particulière pour Colo, afin que 2016 soit gaie, pétillante et sans les soucis de 2015.

Une pensée pour chacun et chacune d’entre vous.

Une pensée pour le monde comme il va.

Maïté

Oradour-sur-Glane: Les poètes disent l’indicible –3–

mardi, décembre 8th, 2015
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le cheminement sans fin de l’horreur

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des hommes

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des martyrs

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sur le chemin de la barbarie

La littérature a toujours été une arme de résistance, un moyen de se retrouver autour d’idéaux communs. Plus que jamais, il me semble important d’écouter la voix des poètes, des écrivains, qui ont vu, ou bien d’hommes  qui comme Boris Cyrulnik nous mettent en garde contre le fanatisme,  « la soumission euphorisante » et les catalogues « de mots à réciter sans penser ».

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l’éducation , la culture contre l’obscurantisme

*

Un poème  qui prend toute sa force lorsqu’on le lit à haute voix:

Oradour

« Oradour n’a plus de femmes

Oradour n’a plus un homme

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus de pierres

Oradour n’a plus d’église

Oradour n’a plus d’enfants

 

Plus de fumée plus de rires

Plus de toits plus de greniers

Plus de meules plus d’amour

Plus de vin plus de chansons.

 

Oradour, j’ai peur d’entendre

Oradour, je n’ose pas

approcher de tes blessures

de ton sang de tes ruines,

je ne peux je ne peux pas

voir ni entendre ton nom.

 

Oradour je crie et hurle

chaque fois qu’un coeur éclate

sous les coups des assassins

une tête épouvantée

deux yeux larges deux yeux rouges

deux yeux graves deux yeux grands

comme la nuit la folie

deux yeux de petits enfants :

ils ne me quitteront pas.

 

Oradour je n’ose plus

Lire ou prononcer ton nom.

 

Oradour honte des hommes

Oradour honte éternelle

Nos cœurs ne s’apaiseront

que par la pire vengeance

Haine et honte pour toujours.

 

Oradour n’a plus de forme

Oradour, femmes ni hommes

Oradour n’a plus d’enfants

Oradour n’a plus de feuilles

Oradour n’a plus d’église

Plus de fumées plus de filles

Plus de soirs ni de matins

Plus de pleurs ni de chansons.

 

Oradour n’est plus qu’un cri

Et c’est bien la pire offense

Au village qui vivait

Et c’est bien la pire honte

Que de n’être plus qu’un cri,

Nom de la haine des hommes

Nom de la honte des hommes

Le nom de notre vengeance

Qu’à travers toutes nos terres

On écoute en frissonnant,

Une bouche sans personne,

Qui hurle pour tous les temps. »

Jean Tardieu, Les Dieux étouffés (1944)

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l’acharnement

*

« Nous n’irons plus à Compostelle

Des coquilles à nos bâtons

A saints nouveaux nouveaux autels

Et comme nos chansons nouvelles

Les enseignes que nous portons

 

Que nos caravanes s’avancent

Vers ces lieux marqués par le sang

Une plaie au coeur de la France

Y rappelle à l’indifférence

Le massacre des Innocents

 

Vous qui survivez à vos fils

En vain vous priez jour et nuit

Que le châtiment s’accomplisse

Et la terre en vain crie justice

Le ciel lui refuse la pluie

 

O mamans restées sans amour

Sur les tombes de vos héros

La même lumière du jour

Baigne les ruines d’Oradour

Et les yeux vivants des bourreaux

 

Aux berceaux d’Oradour demain

Pour qu’on ne revoie plus la guerre

Semer la mort comme naguère

Dans le monde entier se liguèrent

Près d’un milliard de cœurs humains

 

Que la paix ouvre enfin ses vannes

Et le peuple dicte ses lois

Nous les faiseurs de caravanes

T’apportons Oradour-sur-Glane

La colombe en guise de croix . »

 Louis Aragon Juin 1949

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même l’église a l’air effrayée

*

Parce que…

« Devenir lecteur c’est oser rencontrer quelqu’un qui n’est pas comme soi et qui me fait découvrir un autre monde. Alors je peux découvrir le monde d’une  autre civilisation, d’une autre pensée et je me mets à douter et le doute c’est le premier pas vers la liberté… »

Boris Cyrulnik /  émission La Grande Librairie, juste après les attentats.

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comme des pics de mémoire, des pieux enfoncés dans notre chair.

Après la visite d’Oradour-sur-Glane, après les attentats, j’ai cherché, comme beaucoup d’entre nous à comprendre. Allais-je relire  Yasmina Khadra et « Les sirènes de Bagdad « ? Mon choix s’est finalement porté sur  « La Peste » de Camus, dont je veux ici donner à méditer la conclusion :

“Écoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait, où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.”

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une porte d’avant la Révolution.

 La victoire sur un fléau n’est jamais définitive. La racine du mal n’est jamais éradiquée d’où l’importance pour chacun d’entre nous  d’accomplir notre devoir de mémoire :

 » La mémoire est une chambre noire dans laquelle se joue l’histoire, et tente, aujourd’hui, de se faire un peu de jour. Sur le lieu de l’impensable, tout regard est une question. Voir Oradour, c’est prendre sur soi un peu du poids de l’histoire. Ainsi vont les visiteurs dans les ruines.

Gilles Plazy, journaliste, écrivain

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au début du champ de foire

Pour qu’il ne reste pas que des ombres…

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L’arbre fièrement dressé ne meurt pas, le souvenir non plus.

*FIN*

VIGILANCE.

 

Paroles de feu et de sang

samedi, novembre 14th, 2015
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expositions Transfert 2014/ miroirs

« Quelle connerie la guerre »…

Mercredi 11 novembre 2015, sur le chemin de la mémoire.

Nous visitons le village martyr d’Oradour-sur-Glane et dans ma tête revient en  boucle le mot : « barbarie ». Parfois la nuit, j’y repense et commence à se mettre en place le prochain billet.

 

Vendredi 13 novembre 2015, retour sur le chemin de la barbarie… PARIS

Le billet sur Oradour-sur Glane attendra son heure.

Je voulais y déposer en préambule les paroles de JACQUES PREVERT. Elles sont encore  et toujours de circonstance.

Paris, du mois de janvier, Paris du mois de novembre,  Madrid 2004, Istanbul… Massacres des innocents, injustices… La liste est longue, longue et n’en finit pas, tandis que Paris et Oradour-sur-Glane se superposent dans ma mémoire. Bien sûr je ne suis pas naïve  au point de faire des amalgames historiques qui n’ont pas de sens. Mais  des mots me hantent

Vengeance…

Inhumanité

Embrigadement

Fanatisme

Désir de domination…

« Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens »

et puis je relis aussi:

CHANSON DANS LE SANG

« Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s’en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage… si monotone…
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie… la neige…
le grêle… le beau temps…
jamais elle n’est ivre
c’est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres… ses jardins… ses maisons…
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent…
Elle elle s’en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s’en fout
elle tourne
elle n’arrête pas de tourner
et le sang n’arrête pas de couler…
Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres… le sang des guerres…

le sang de la misère…
et le sang des hommes torturés dans les prisons…
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman…
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons…
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit
Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
avec le nouveau-né… avec l’enfant nouveau…
la mère qui crie… l’enfant pleure…
le sang coule… la terre tourne
la terre n’arrête pas de tourner
le sang n’arrête pas de couler
Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des matraqués… des humiliés…
des suicidés… des fusillés… des condamnés…
et le sang de ceux qui meurent comme ça… par accident.
Dans la rue passe un vivant
avec tout son sang dedans
soudain le voilà mort
et tout son sang est dehors
et les autres vivants font disparaître le sang
ils emportent le corps
mais il est têtu le sang
et là où était le mort
beaucoup plus tard tout noir
un peu de sang s’étale encore…
sang coagulé
rouille de la vie rouille des corps
sang caillé comme le lait
comme le lait quand il tourne
quand il tourne comme la terre
comme la terre qui tourne
avec son lait… avec ses vaches…
avec ses vivants… avec ses morts…
la terre qui tourne avec ses arbres… ses vivants… ses maisons…
la terre qui tourne avec les mariages…
les enterrements…
les coquillages…
les régiments…
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang ».

Jacques Prévert, Paroles, 1946

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Exposition Transfert 2014/Juste une sensation personnelle, un parallèle.

Tout contre les murs, l’étoffe du temps – L’article est en cours d’écriture

mardi, avril 28th, 2015

« Ainsi le mur dans ses pierres est-ce un motif pour dire où nous en sommes. Elévation des pierres et des mots. La langue creuse les fondations, l’herbe reprend notre mémoire Nous écoutons ce qui rassemble en nous d’autres lieux et d’autres temps où rien ne fut inscrit. »
 GEORGES DRANO

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**

Nous voici partis pour  explorer le livre des murs et leurs diverses « géographies »; avec leurs strates semblables à celles sur lesquelles s’élèvent les villes(la vie aussi?) et dont on découvre l’histoire pas à pas.

Et comme dans chaque balade, il y aura des allers simples et des retours, des livres à ciel ouvert et d’autres dans les entrailles de la terre,une ouverture vers le street art, des témoignages discrets et d’autres éclatants de couleurs, des digressions au fil de la pensée, des bonds de pierre en pierre, de fleur en fleur, de parfum du passé en lumière du présent: ainsi se tisse l’étoffe du temps.

***

1 par Re Chab

des murs  (  le chant des plantations ….)

-Elle s’accroche dans les creux,

Dessine des arabesques ,
Des floraisons au sein
des murs arides .
Et cela grandit,

D’abord en lichens,
Recouvrant petit à petit,
L’écriture penchée
« défense d’afficher »,
Encore visible sur l’enduit.

Il disparaît à plusieurs endroits,
Révèle des pierres,   bien jointoyées,
Où bientôt ,          pointe de la couleur,
Un rose insolent,
Une fleur .

Elle échappe au sévère,
Et          s’est trouvée une autre nature,
Autant de vie,
A défier            le ciment
En un nouveau printemps.

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***

2 en écho

P1060337

Mur, muret ou muraille ?

Il y a des murs qui disent oui

Et d’autres qui disent non.

 

Ils s’habillent de ciment

Se lissent, s’oublient

Se murent dans l’oubli

Se cachent à la vue

Se dérobent, se neutralisent

Même les ombres ne s’y arrêtent guère.

 

D’autres  se dévoilent au passant,

Et l’affichent ROUGE

Ou bien disent à la face du monde

A l’œil et au doigt s’y promenant

Qu’ils sont accueillants.

Ces murs généreux

Nous renvoient la chaleur

Lorsque notre énergie est morte

Ou bien nous épaulent

Lorsque nous semblons rendre l’âme.

 

Mot à mot sur le mur primitif

Les pensées prennent vie

Les fleurs de lumière  s’y lovent

Sans terre, sans eau mais si vives

Qu’on y lit le livre du printemps

Parfois, l’automne y fait ses gammes

En chevelure frissonnante de feuilles

En guirlande de lierre prospère

Où le lézard joue à la balancelle.

 

Soudain l’horizon s’illumine

D’une fleur des chants

D’un arbre jailli de ses entrailles.

Le mur a parlé, le mur fait racine

Et la vérité s’élève vers le ciel.

Qui fit un mur, édifia un tableau

Qui fit une barrière la vit prendre mot

Qui planta un arbre lutta contre poussière

Qui lut le proverbe fut initié

A la langue des signes.

Maïté L

clairière

photo prise en bordure du parc de la sérénité/ Mérignac 33

***

3-Petite suite

Vois-tu ce que les murs cachent,

Avec leur robe de ciment,

Leurs cheveux de piquants,

aux tessons qui dépassent… ?

a

 

Ce que certains interdisent,

C’est d’abord le regard :

Devant le corps, une barre,

Contre la convoitise…

 

Je ne sais s’ils sont accueillants,

Si ce sont ceux qui enferment,

En montrant leur épiderme

Même s’il est verdoyant.

 

Et, il est vrai, plus sympathique,

S’il est couvert de lierre,

Qu’hérissé de barres de fer,

Et autres piques.

 

Mais ce peut être le mur d’enceinte,

Prolongeant les pentes escarpées,

D’où l’on ne peut s’échapper,

Qui symbolise la contrainte.

b

 

-photo perso        – enceinte  de Loropeni ( Burkina-Faso)

 

Celui de la prison,

Ou la loi se fait ciment,

la logique de l’enfermement,

Enrobée de béton.

 

Celui de la ville,

Qui se barricade,

Et joue la canonnade,

De peur qu’on la pille…

c

 

 

Celui du mur de la honte,

Qui tronçonne les quartiers,

( c’est pour mieux vous châtier,

Qu’on les monte ) !

 

Alors je préfère ceux,

Qui se manifestent,

Que les graffiti contestent,

Ou qui sont moins belliqueux.

d

 

 

La verticale est un obstacle,

Dressé contre la nature,

Et je n’aime les murs,

Qu’en tant qu’habitacle.

 

Ou bien ceux qui parcourent la campagne,

Et n’évoquent pas le bagne…

Pour séparer les champs,

Comme dans les îles d’Aran,

e

photo; murs  sur l’île  d’Aran ( Irlande)

RC

***

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4- C’est l’histoire d’un mur amer…

Acte I : Dans les jardins :

Il y eut toutes ces années d’enfances

De simples haies de verdure

Livrant le passage à des jeux sans fin,

Trois maisons sans frontières

Et des poursuites, et des rires entre les arbres :

Les bambous, le tilleul

Le lilas et le chêne

L’immense magnolia aux feuilles vernissées

Et le vieux cerisier…

 

Acte II : Un jour la maison fut à vendre : ils ne l’avaient jamais aimée.

 

Le vieux cerisier abandonné
Fait ses adieux sans avoir démérité
Aux oiseaux et au vent.
Arbre courage à la généreuse blancheur
Il défie les tristes panneaux
Posés à la hâte sur le portail
Grinçant à deux vantaux.
A vendre. Propriété tombée en disgrâce.
La villa se décompose les volets clos
A l’ombre du magnolia et du vieux tilleul.
Les chats , passagers du silence
Effacent les ans sur le seuil usé.
J’ai mal au tendre aubier de l’an
A ses branches murmurant aux passants,
Que les oiseaux n’auront pour tout festin,
Qu’une parade en pétales blancs.
Le cerisier touchera terre
Avant le prochain printemps.

Acte III : Fin des arbres.

 Peu de temps après l’écriture de mon poème « le vieux cerisier » une pelle mécanique arriva et j’assistai au carnage : la chute sauvage des arbres arrachés, cassés.

Le cerisier n’eut droit à aucun égard.

 

Acte IV : Les travaux de construction :des murs montent, montent…

Musiques de vie

Un matin ordinaire
à l’éveil d’un chantier:
Soudain, quelques bribes
d’un chant de son pays.
Mais qu’il est loin l’été à recoudre les racines!
Des marteaux de non cadence
et un klaxon en transbordement
du sable, du sable qui dégouline,
des fausses pyramides
des plages où la sueur
Vient faire barrage au gel.
Des pelles silencieuses
à tournebouler la terre
Tam tam de grosses caisses
et flon flon mécanique en béton
Un matin si ordinaire…
Au loin résonnent encore des pépins amers
Des clameurs, des nuits de rancoeur
et de fronde,
couleur de feu, couleur de sang.
J’ai peur
Quand les mots enflent,
Quand les gestes dérapent,
Nous laissant Marionnettes pensantes
De tous ces mondes parallèles.
Marionnettes aux aguets
spectateurs ou acteurs
Nous écoutons
tous ces grains de l’hiver
ces musiques de vie
si emmêlées.
Qu’on ne sait
qui tire
les ficelles….

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Acte V :Fin

Le  grand bâtiment ouvert au public, le grand cube construit nous  cache les ciels enflammés du crépuscule. Il y a quelques jours encore, je les apercevais dans le miroir des fenêtres.

Nous appelions de tous nos vœux la construction d’un mur, d’une palissade nous rendant notre vie, un semblant d’intimité, nous séparant de nos nouveaux voisins

Il est là, en bois….

C’est l’histoire d’un mur, l’histoire d’une page qui se tourne, un point de rencontre entre la nostalgie d’un passé révolu et la raison.

 

Mais il est  toujours aussi  vrai que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

reflets-042

Maïté L

***

5-par Re chab

 

Muraille


Autant il s’agit d’une masse,

Qui se dresse,

Mais qu’il a fallu jauger,

C’est à dire évaluer,

Dans son volume futur,

De pierres, de ciment,d’armatures…

Et combien de camions ont été nécessaires,

Mais aussi les tranchées, les soubassements,

Les drains d’où l’humidité s’échappe  ;

 

Autant il s’agit de la mettre en œuvre,

Cette muraille ;

De soulever le poids d’une pierre,

De l’aligner sur la voisine,

De l’épanneler,

De choisir la bonne assise,

Le bon angle,

De l’élever progressivement,

D’utiliser les grues,

D’extraire le sable de carrière….

1

 

 

La construction s’arque-boute

Sur elle-même,

Pèse de sa propre masse,

Sur sa verticale,

Sur les pierres de la base,

Sur les fondations.

Elle joue la carte de la durée,

Et déjoue même dans la mémoire,

Son origine,

Le pourquoi de sa présence ici….

2

 

( mur  d’enceinte  de Rome, construit par Aurélien)

 

Elle clôture la propriété,

S’orne d’arcades,

Se pare de meurtrières,

D’un chemin de ronde,

S’élève en tours,

Gravit les pentes,

Dessine les contours de la ville,

Puis   jusqu’à la démesure,

Une frontière,

( La Muraille de Chine .)

 

La marque de la puissance,

La verticale de l’arrogance,

Mais qui porte en son sein,

La crainte,

Celle de ceux dont on se protège,

Et qui parviendront,

A trouver le défaut de la cuirasse,

Si la vigilance chancèle,

Si les dynasties faiblissent,

Et se diluent dans le temps.

3

 

 

 

Car c’est justement le temps,

Qui morcèle les murs.

L’envahisseur viendrait

Davantage de l’intérieur,

Si d’autres usages font,

Que la muraille n’est plus utile,

Ou finit par encombrer  :

On s’en sert de carrière,

On l’arase, on la perce,

D’autres constructions s’adossent à elle….

4

 

Offerte aux intempéries,

Elle suit le cours des choses,

Se ride et se lézarde,

Et il n’est pas rare que des racines

La soulèvent, pénètrent les interstices,

Lui donnent un fruit,

Et qu’à la poussée de la terre,

Quelques pierres se détachent,

Et même , que des pans entiers

Se décrochent                       comme par lassitude…

5

 

(chute  d’un des remparts  de Parthenay)

***

6- Le château de Bonaguil ou  la force tranquille

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Bonaguil  M Ladrat

 

Aujourd’hui sans doute, il pleure contre ses flancs

Des larmes de pluie, des pétales odorants

Mais la muraille en rit : les larmes viennent heurter en vain l’infini.

Le temps n’a pas de prise sur le bâti, sur le château

Qui d’un lointain enfoui  sous les strates nous fait signes.

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Bonaguil M Ladrat

 

Mais quand vient l’été

 Alors, le soleil généreux du Sud-ouest

Effleure les pierres où le vent vient baguenauder

A l’ombre du sentier pentu.

Le regard s’élève ou  bute… Contre la lourde porte

Où vient s’engouffrer notre imagination

Devant quelques costumes entrevus :

De longues et lourdes robes nous font rêver

Tout comme les armures où jouent les reflets.

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Bonaguil M Ladrat

 

Bonaguil se dévoile lentement…

De loin il campe en majesté sur son éperon rocheux.

 Il faut prendre le temps de s’en approcher, faire halte à ses pieds

Laisser monter l’émotion, s’y  sentir accepté

Autorisé  à caresser de la main le destin des pierres

 Et du regard admirer leur tourbillon, leur audace.

Pénétrer dans le cocon d’entre les murs nous entraîne

Vers les tours aux plafonds blonds et circulaires

Dans l’enfilade des pièces,  devant la grande cheminée

De la salle d’apparat où flambaient des troncs entiers

Dispersant  leurs étincelles et leurs jeux d’ombres.

Et puis s’asseoir à la table massive, prendre la plume maladroitement

S’essayer à la  calligraphie en mode médiéval…

Si loin de toutes ces flèches fusant des archères

Leur préférer l’instant-bulle  fugitif  des cœurs de lumière.

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Bonaguil M Ladrat

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Bonaguil M Ladrat

Bonaguil, pierre après pierre nous fut conté

Lui, le château peu à peu restauré, jamais abandonné.

 Aujourd’hui, Bonaguil n’en finit pas de vibrer

 Laissant à ses visiteurs une émotion profonde.

Maïté L

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Bonaguil M Ladrat

http://www.chateau-bonaguil.com/fr

***

Les vivres de l4art 2014a

Les Vivres de l’Art/ Bordeaux 2014

7-_ Par Rechab le 31 05 15

Ce sont des façades qui portent en elles les fatigues.

L’envers de la surface décrépite,maintenant offert sur l’extérieur

L’air les traverse, et les intérieurs s’éparpillent.

Avec leurs entrailles de câbles, de tuyaux, de conduits, qui sont, de la sorte,   comme dans nos corps, les circuits que nous portons,                sans en avoir forcément conscience.

On sait que le sang pulse, que l’oxygène nous est nécessaire, que les nerfs transmettent les sensations, et permettent le mouvement.

 

Les maisons sont alors ces corps, laissées pour compte, mais leurs murs encore debout.

Sentinelles, marquées de la pulsation du passé.

Tu peux voir, leurs papiers peints, changeant selon les étages, une mosaïque de couleur, des gris, des roses, des verts…. et la destination des pièces :

Une mise en scène involontaire, préservant ,  par l’ombre, l’emplacement où les meubles et les tableaux sont restés immobiles,      sur l’échelle des années .

Les alignements verticaux des lavabos et des baignoires, les portes,     qui ne débouchent plus sur rien.

Comme si la vie était suspendue aux ustensiles,           hésitant entre sa disparition et le témoignage.

Une rampe d’escalier serpente, à la façon d’une colonne vertébrale.

Des pigeons s’y accrochent.

C’est une falaise écorchée.

Le clos est ouvert, donné au vent : un corps déchiré sur l’indifférence ;         sans intention de montrer.

Même pas le corps disséqué de la « leçon d’anatomie »

 

 

Le regard y plonge, et c’est presque indécence.

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Bordeaux Les Vivres de l4art 2014

(  j’avais  déjà  écrit  il y a longtemps  quelque  chose  sur  ce thème, visible ici)…

 

 

 

 

 

 

Rêves perlés d’estuaire et son échappée belle -page2

mardi, avril 14th, 2015

unnamed

18

C’est peut-être l’ivresse,

Qui me fait voir un lion à deux têtes,

Et peut-être le vin de messe,

Participe à la fête…

 

la muraille verticale,

Supporte même un éléphant,

Qui s’extrait d’une cathédrale,

.vous m’en direz tant !

unnamed (1)

(éléphant de la cathedrale  de Trani – Italie)

 

Aussi quand je lis Aliénor,

J’ai quelques doutes sur ma santé,

Si je perds un peu le Nord,

( Vénus prête à enfanter ) .

 

Tout juste sortie du lit,

La barque d’un coquillage,

Dans la peinture de Botticielli,

Aborde nos rivages.

 

C’est avec elle,

Que l’enfant vagit,

S’envolant d’une nacelle ,

De mythologie .

 

On a des doutes sur le réel,

Un pied à cheval dans le merveilleux,

Aux enfants il pousse des ailes,

Et le ciel reste radieux .

 

Ce qu’on y voit ne sont pas des avions,

Mais le passage des déesses,

Et du char d’Apollon,

Ne tenant pas ses chevaux en laisse…

Le_Char_d'Apollon, 1868 via les amis de musées - www.ffsam.org

 

 

 

Tout leur est permis,

Et à portée de main,

Des collines d’Italie,

Le monde est un grand jardin,

 

C’est une terre d’abondance,

Ensoleillée et humide ,

Tout le monde danse,

Dans le jardin des Hespérides….

 

Si Hercule se souvient,

De ces lieux,

Et des plus anciens,

C’est qu’un demi-dieu

 

Toujours se doit,

De raconter des histoires,

Et celles de ses exploits,

Pour nous rafraîchir la mémoire…

 

Moi j’aime la poésie,

Et la peinture ,

J’y cueille de la fantaisie

Dans ses plus petits murmures…

 

Tout cela me parle d’imaginaire,

Et m’amuse,

En faisant interpréter les mystères,

Des nymphes et des muses….

 

C’est en quelque sorte

A travers l’art,

Ouvrir d’autres portes,

Et boire le nectar …

 

Que nous offre Bacchus …

Pas de sensations fades,

Même avec les icônes russes,

Du musée de Léningrad,

 

Qui nous regardent, sévères,

Dans leur cadre doré…

>   Allez,         je vide un verre,

Avant qu’il ne soit évaporé…

 

Et s’il faut que je trinque,

C’est parce qu’encore,

Dans le labyrinthe,

Je dois affronter le Minotaure .

 

Le pauvre est enfermé à double tour,

Sans voir le soleil…

Moi je vois l’issue de secours,

A travers la bouteille…

 

Il ne sait pas où le chemin le mène,

Ne pouvant pas lire  l’avenir dans sa tisane,

  • j’ai trouvé la sortie de l’arène,

( grâce au fil d’Ariane )

 

Qu’il y ait eu ou non combat,

Ou délit de fuite,

On parle encore beaucoup ici bas,

L’imagination permet d’inventer la suite

 

Sans pour autant abuser,

Des parquets cirés,

Des salles des musées,

–  il reste possible de délirer –  …

 

Ce dont jamais je ne me prive

N’étant pas Prométhée enchaîné,

Qu’il faudrait que l’on délivre,

Du rocher le maintenant prisonnier…

 

 

RC

***

 

19

14/04/15

Au cœur de ces libations

 Je me sens rasséréné

Et dans notre divine virée

J’entrevois ma libération.

 

Je goûte à la verte absinthe

Laissée sur le bord de la vie

Par Toulouse-Lautrec inassouvi

Parti cependant sans une plainte.

port-de-Roy2

 

Mais… des effluves marins

Franchissent les hauts murs

De ce lieu aux desseins obscurs

Que j’oublierai sans doute demain

 

 

Là-bas la corne de brume

Appelle au rassemblement

 Je dois fuir  le casernement

Sans aucune amertume.

 

Icare en mots ressuscité

Par la grâce d’une plume

Surgit tout nu de l’écume

Où il s’était pauvrement abîmé.

3 08 08 246

 

Pour survoler la ville assoupie

Point n’est besoin de trompette

Icare, sors-moi de ma cachette

 En profitant de la fin de la nuit.

 

A toi s’offre une autre chance

Nous ne sommes pas loin je pense

De cette barque isolée dans les remous

Tu pourras avec moi réaliser ton rêve fou.

 

Nous survolerons la ville austère

Nous serons les évadés à tire d’ailes

Les oubliés devenus complices fraternels

En quête d’un destin solidaire.

3 08 08 255

 

Partons en direction du pont

Avant que le soleil n’illumine le matin

Sous les arches commence le chemin

Qui nous mènera tout droit vers l’horizon.

 

Je suis comme ces barques en bois

Venues du fond des âges : elles s’étiolent,

Se délitent ; ce sont des symboles

A garder des courants d’air sournois.

 

Au fond de l’estuaire il est un royaume

Loin des parquets cirés, des salles de musées

Où tout est permis, même délirer

La barque nous y mènera : home ! Sweet home.

Maïté L

***

20

Oh, mais méfie-toi de l’absinthe,

( non pas que je prône les privations ),

mais il est bien connu que cette boisson,

n’a pas qu’un tendre vert dû à sa teinte…

 

Je me rappelle de cette dame hébétée,

Qui a un drôle d’air,

Juste en-dessus de son verre,

  • Allez, A votre santé ! –
  • unnamed

–   

–     Degas    – le  verre  d’absinthe

 

 

Allons ce n’est qu’une petite dose,

Et hop ! Un petit apéro !

  • on va pas s’noyer dans un verre d’eau ! –

Et ça aide à chasser le morose …

 

Voila le bar qui tangue,

On commande des blanc-cass,

Autres breuvages ( et j’en passe )

Et même à saveur de mangue …

 

 

Et s’il faut qu’on écluse,

Tous les apéritifs,

Cà tient de l’exploit sportif,

Style « radeau de la Méduse »

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Car on peut donner dans l’exotique,

Voyager ainsi coûte moins cher,

Que mettre le bateau à la mer …

Ou même un canot pneumatique…

 

Quitte à boire la tasse,

Nous revoilà dans l’océan,

Qui s’étend indéfiniment ,

….   Grand bien nous fasse,

tasse  mer

 

 

Si la soif peut s’étancher

Avec un café-crème,

J’irai trinquer avec les sirènes,

( Par-dessus bord, se pencher …).

 

Il n’est pas sûr qu’elles apprécient ce breuvage,

Elles préfèrent me rendre un peu fou,

En provoquant des remous,

Et que la tasse se partage.

 

Qu’à cela ne tienne,

Elle vont me servir de guide,

Dans l’étendue liquide,

Ce sera une bien douce peine…!

J Waterhouse

 

 

                            peinture  J Waterhouse

 

Mais je ne m’attendais pas,

– j’ai peut-être trop parlé –

A ce que l’eau fût salée,

( et trop pour assaisonner le repas)

 

Je vais laisser ça aux sirènes :

Là où elles sont,

En compagnie des poissons,

Elles seront les reines…

divin breuvage

 

Et question de boire,

Je préfère les bouteilles,

Marquées au seau du cep vermeil,

aux tisanes « saveurs du soir »

 

Si je fais appel à mes souvenirs,

-autant que faire, je puisse –

C’est un goût de réglisse ,

Pour mieux se préparer à dormir…

 

Je vais plutôt quitter la mer,

( et tant pis pour toute cette eau )

Pour transformer ce vaisseau,

En engin inter-planétaire…

extrait J Bosh La tentation de St Antoine

 

–                            (extrait de tableau  J Bosch: la tentation de StAntoine )

 

 

Hop, voilà que je me marre,

Je lui ajoute des ailes,

Avec de la colle en gel,

Et voilà que je démarre…

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Je compte bien remplir mon quart,

Avec du jus de nuages,

Si je capte un orage,

A leur ombre: – pas de souci pour Icare…

 

On dit même que l’imagination,

Aurait poussé les voiles,

Jusqu’à aller tutoyer les étoiles…

Tu vois jusqu’où va la passion !

 

Mais la boisson est mauvaise conseillère,

J’ai cru voir des druides,

A travers le verre vide…

Allez —         je reprends une bière !

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 Re Chab

***

21

 

« Dois-je vous dire où nous allions en ce très-court voyage ? Il fut rapide et comme un rêve, le but importe peu »

                                                                                     Odilon Redon

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Tutoyer les étoiles

A tu, à toi

La nuit tue

La nuit bue

Jusqu’à la lie

Le verre renversé

Et sonne la cloche

Contre le vaisseau

De l’espace.

11 05 2010 028

Déjà je m’envole

Icare sur mes talons

Je vire, je monte, appuie sur les boutons

C’est un jeu d’enfant

 Que la marelle d’antan

11 05 2010 058

Elle esquive les nuages

Qui doucement

S’en vont à la dérive

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Je choisis l’un deux

Avec oreiller incorporé

Pour nous y poser

Sous les astres animés

D’oreilles intergalactiques

De tics à clignotements

De ponts brillants.

3 08 08 267

Je cligne des yeux embrumés

Tu t’impatientes dans le bain

Dans les vapeurs célestes

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Ici nul breuvage râpeux

Mais un brouillard

A siroter à la paille

A découper en tranches

Nulle gourmandise sournoise

Sucrée et  voilée d’interdits

16 10 10 284

Juste le ciel en escaliers

Et le soleil dispensé

A chaque étage franchi.

Là-bas Je n’ai que trop parlé

Et l’écho me parvient

Du brouhaha terrestre tandis que

La bouche en o

J’étouffe les sons.

03 12 10 026

Ici je ferai mon trou

Et  me reposerai  sur la voie lactée.

J’aspire au bon heurt du premier orage

Je serai le roi tu seras le bouffon

Nous aurons nos oracles

Nos cœurs battants

Nos milliers d’années

Rassemblées en petites coupures

Mais ici rien ne sert de compter

Au monopoly du cœur

Tout n’est qu’apesanteur.

08 02 2011 015

Je ferme les volets

Icare dans ses ailes s’est lové

Je peux reposer en toute liberté

Tournez vaisseau dans l’univers

Au bal des planètes, vous êtes convié.

Maïté L/16-04-15

***

22

19-04-15

voie lactée

« Seuls quelques grains brillants,

Parsèment les années -lumière, »

 

Le trajet dans l’espace,

Prend appui sur le vide.

La fusée voyage au cœur du noir,

On ne sait même si elle progresse,

Tant l’échelle du temps,

Se dilate en apesanteur….

 

Un temps qui dépasse,

Le vaisseau intrépide ,

Sans qu’on puisse s’en apercevoir,

Une si frêle forteresse,

Allant de l’avant ,

( le vol des migrateurs

 

vers d’autres planètes ) .

Seuls quelques grains brillants,

Parsèment les années -lumière,

La voie lactée, la plus proche,

Est un bain de vapeurs célestes,

La destination reste incertaine …

 

C’est comme un voyage dans la tête,

Ou comme un jeu d’enfant,

Quand on ferme ses paupières ,

On se réfugie sous une cloche,

En oubliant les soucis terrestres,

Et refermant ses antennes .

 

Je referme aussi les volets,

J’invente les oracles,

Et mille aventures,

En suivant ta marelle :

Plonger dans le temps, à l’envers,

Loin de la gravité,

 

Des étoiles en chapelets

Je crois aux miracles

En petites coupures

Arrivé sur la case ciel,

Bondir dans ton univers,

Et l’espace rêvé de l’été.

RC

  ***

23

20-04-15

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« Tu regarderas, la nuit, les étoiles. C’est trop petit chez moi pour que je te montre où se trouve la mienne. C’est mieux comme ça. Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors, toutes les étoiles, tu aimeras les regarder… Elles seront toutes tes amies… » Le Petit Prince

*

Devant le hublot, Le Petit Prince

En route vers sa minuscule planète

Chevauchait un ruban d’étoiles

Venant coiffer le chapeau de la Terre.

 

Il aimait l’été comme je l’aime

Ses grillons dans les prairies

et ses grenouilles près de la source

Ses nuits veloutées et ses étoiles filantes.

 

J’aime aussi l’étoile du Berger

Allumant la nuit de son feu brillant

Et la Lune dans son dernier quartier

Dans les cyprès du ciel étoilé.

 

Au vent de terre, au vent de mer

Succède le vent de l’univers

Où Van Gogh se perdit corps et âme

 Quelque part en Provence.

 

Jaune était son monde

Roué d’oliviers, de cigales

Orange claquait la vie

Et rouge sang finit le cri.

 

Tout cela n’est que souvenir

Faisons route pour les quatre saisons

La case ciel est bien plus profonde

Qu’une envolée de bête à bon dieu.

 

Mille fourmis de Vénus dansent

Sur la sarabande des étoiles

Le vaisseau conduit à travers le monde

Des ombres au chemin de lumière.

 

Au pied des réverbères, seule

Une fleur de lune attend son prince

Ou bien son jardinier des cœurs

Nous le reconnaîtrons à son rire.

 

L’univers est bien trop grand

Pour qu’on le foule du pied

Mais dans  la tête, tu as raison

Fleurissent les miracles.

 

Ils ont la saveur douce de l’été

Au rendez-vous des étoiles

L’hémisphère nord, l’hémisphère sud

N’ont plus besoin de boussole.

 

 Sur la terre des histoires

Seul point fixe du nord magnétique

Une infinie tendresse nous relie

Au Petit Prince de cet univers tournoyant.

Maïté L

***

24

22 04 15

C’est, extrait du livre de l’enfance,

Le Petit Prince, qui met le pied

Sur une planète fragile ,

(sculpture: Sadko )

 

On y entend, si on écoute, une brise

Qui chante dans les arbres, la vie

loin de avions qui passent

 

Et la caresse chaude des jours de l’été.

Le Petit Prince progresse, il ne lui faut pas longtemps

Pour  passer au-delà des sables des déserts , le gué

 

Des îles aux continents, sans se mouiller les pieds.

Il s’interroge avec insistance, sur la forme des montagnes,

Le silence blanc des déserts, l’aventure des rivières

 

La succession des villes, et des maisons jouets

Sagement alignées, le long des routes,

Et les supermarchés,           sont une grande attraction.

 

S’il veut dessiner des moutons, demander son chemin,

Il n’obtient pas de réponse, car on ne le comprend pas,

Déjà les hommes se barricadent chez eux , derrière leurs frontières,

 

Et ne se comprennent pas d’une région à l’ autre :

Mais au-delà de ces  murs on entend de la musique

Elle qui passe sans qu’on puisse l’arrêter  :   ♫  ♫

 

Comme le vol des colombes

Sur la frêle planète  :

On entend, si on l’écoute,

 

Tout de l’amour, et des langages, sans paroles.

La planète, ne disant rien,

finit par tout nous dire…

 

D’une  fleur  de lune,

Le bouquet  des étoiles,                          *  *  *

Leur dialogue  sans boussole …              ☼

Reparti dans  ses lointains  rivages,

Notre Petit Prince, désigne les étoiles amies,

Qui toujours, nous  sourient

 

peinture  J Mirò:  petit  chien aboyant à la luneImages intégrées 1

 

Et scintillent aussi,

Confrontées  à leur mouvement suspendu,

Au cœur  du zodiaque….

J Miro : cercle  rouge, étoile

®

 

***

Histoire de bleu -2-

jeudi, février 19th, 2015

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Ce Bleu n’appartient à personne.

« Il n’est ni le bien des hommes ni le royaume des dieux.Il circule et se répand, distribuant partout la matière mobile de son propre rêve.Le fini et l’inachevé échangent indéfiniment en lui leurs vertus.S’il n’est point d’âme ni de principe, au moins existe-t-il ce bleu,toujours près de s’entrouvrir  dans la grisaille des jours, offert à quiconque et pour rien, telle la paume d’une main vide, et telle une promesse dont chacun doit savoir qu’elle ne sera point tenue.C’est bien ainsi: cette lumière sur notre misère, cette beauté proche de notre mort.De quoi écrire encore des livres, peindre des toiles, aimer, et composer de la musique. Pour essayer de retenir contre soi le jour. Et pour toujours plus de misère, mêlée avec plus de beauté. Aussi longtemps que nous le pourrons, nous accompagnerons du bout des doigts le temps qui passe. »

Jean-Michel Maulpoix/ Une histoire de bleu

*

Retour sur la plage du Grand Crohot à la faveur d’un fort coefficient de marée (103/109). En une semaine, la configuration de la plage a changé: elle est devenue plane, arasée par le va-et-vient des flots.

Aujourd’hui, il faisait doux,et en période de vacances scolaires, les enfants étaient nombreux ainsi que les chiens dont certains assuraient le spectacle.

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J’en ai choisi deux: le premier de type labrador s’égayait dans les vagues mourantes et dans l’écume avant de venir se frotter le dos sur le sable et de repartir dans l’eau!

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Le deuxième de type husky était un champion de la course hors catégorie: une flèche emportée à perte de vue avant de revenir jouer avec un comparse de rencontre.

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Pas d’étoiles de mer échouées sur la portion sableuse de plus en plus congrue.

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Et puis des vagues à cueillir au cœur: un œil guetteur de l’instant propice à la photo ,l’ autre sur l’océan qui montait, montait et ne demandait qu’à lécher nos pieds.

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Quelques courses à notre actif, en direction de la dune!Pas de quoi se fier à l’apparente bonhomie du jour!

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Aucun quartier non plus pour les châteaux de sable engloutis en une avancée.

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Un seul surfer à l’horizon,patient, loin, très loin mais les vagues ne semblaient pas favorables. elles crevaient beaucoup trop vite en écume.

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Crédit photo: J et M Ladrat.

Je vous invite à revoir les archives sur le sujet:

http://www.eclats-de-mots.fr/category/ocean/le-livre-des-murmures-de-la-mer/

Si tous les gens du monde voulaient se donner la main

vendredi, janvier 9th, 2015

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à la mémoire de TOUS ceux qui sont tombés,

en pensant à tous leurs proches dans la peine

ce soir chacun d’entre nous met une bougie sur sa fenêtre.

Je suis Charlie
Pour la liberté d’expression
pour le respect de chacun
mais contre tous les amalgames.

« Qu’est-ce que cette lumière soudain

qui se fait

dans la doublure des ombres

et qui donnerait le vertige aux oiseaux

 

cette lumière

      qui tient dans

 une main d’homme

 

et qu’on versera

comme une eau de baptême

au front des suppliciés

 

si peu

un rien

la blancheur des oliviers

dans l’arrière-pays de la mort »

JEAN-PIERRE SIMEON/UN HOMME SANS MANTEAU

La France derrière Charlie Hebdo. LA FRANCE DEBOUT.

jeudi, janvier 8th, 2015

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JE SUIS CHARLIE. NOUS SOMMES CHARLIE

à BORDEAUX HIER SOIR, SUR LE PARVIS DES DROITS DE L’HOMME:

http://www.sudouest.fr/2015/01/07/attentat-contre-charlie-hebdo-rassemblement-a-bordeaux-la-foule-arrive-en-masse-1788763-2733.php

1er janvier 2015 : Lettre ouverte à qui voudra lire, se souvenir, comprendre…

jeudi, janvier 1st, 2015

Devise Bernard Magrez

à mes très  proches,

à  mes  vrais amis dans la vie de tous les jours,

à ceux qui se sont rapprochés de moi, de nous, généreusement dans ces circonstances,

à mes amis de la toile tissée peu à peu, à coup de mots, d’images de messages entre les mots,

à  mes lecteurs de passage,

à tous ceux qui ont œuvré pour ma rémission, formidables membres du corps médical ou détenteurs de connaissances en marge,

à ceux qui  m’ont fait bénéficier de leur savoir-faire autant que de leur savoir-être,

à ceux qui m’ont accueillie pour me remettre le pied à l’étrier, lorsque les traitements lourds ont cessé,

un immense MERCI.

Le temps qui  passe...

 

Je n’ai jamais douté ; je n’ai jamais renoncé ; j’ai gardé le sourire.

Certains ont voulu croire que c’était « facile ».

D’autres ont cherché leurs mots, ont enfoui leurs silences dans la peur : peur pour moi, certes… mais aussi peur pour eux ?

Certains se sont détournés dès la première minute : être femme et avoir un cancer du sein est encore tabou.

renoncer aux larmes et lutter.

J’ai eu mal au plus profond de moi-même pour avoir été laissée au bord de la route. J’en ai aujourd’hui tiré les leçons.

J’ai senti de la lassitude dans la bonne volonté de l’accompagnement au long terme : les traitements sont longs, sans aucune pause.

Mais combien sont belles les voix, les présences qui se sont élevées, qui se sont mobilisées, jusqu’au bout, qui respectaient la fatigue mais ne laissaient jamais tomber.

« L’accompagnement » prenait ainsi tout son sens. Chaque signe était un don.

Dans les épreuves, je me suis sentie portée par vous.

Merci à tous ceux qui m’ont accompagnée jusqu’au bout.

J’ai une pensée particulière bien sûr pour mes très proches, si attentifs, si bousculés dans leurs certitudes et leur vie, si inquiets et impuissants devant la douleur lorsqu’elle s’est présentée, toujours prêts à chercher à me faciliter la vie, à me gâter.

Car j’ai été gâtée… J’ai trouvé sur ma route des trésors d’affection, d’amour et d’amitié, qui effacent tout le reste dans ces quatorze mois entre parenthèses.

Il y a ceux et celles qui « savaient »  pour avoir vécu dans la même tourmente. Leur expérience et leurs encouragements m’ont été précieux. Il y a aussi ceux qui ne savent pas, qui ressentent naturellement de l’empathie et dont j’espère qu’ils ne « sauront » jamais.

Il y a ceux qui continuent à lutter…

à Paloma...

Mais à vous  tous, je veux dire mon espoir, mon désir de changer ce qui peut l’être pour ne jamais revenir sur ces sentiers ardus, je veux témoigner qu’après une pente, surgit une autre pente, qu’après un défi surgit un autre défi, autant de problèmes à résoudre ; Je veux dire que l’on trouve en soi des trésors de forces, de rage de vivre. De petites victoires succèdent à de petites victoires.

Et puis après chaque étape vient l’oubli des jours difficiles, la place nette et le besoin d’aller de l’avant.

Chaque jour, je mets dans mes pensées ceux qui souffrent et je sais que j’aiderai certains d’entre eux comme j’ai été aidée : par un petit mot, une attention, une présence, la persuasion, le silence habité;  le partage prend différentes formes.

Qu’espérer de plus beau pour 2015 que le retour des couleurs de la vie. Qu’espérer pour chacun d’entre vous sinon le meilleur sur votre chemin de vie.

Ne jamais renoncer.

Vivre debout.

Je vous aime.

MERCI.

Maïté

L'équilibre et l'harmonie1

1-La devise de Bernard Magrez est inscrite sur le mur à l’entrée du château Labottière/ Institut culturel Bernard Magrez(Bordeaux).

2-Le temps qui passe…comme le tram décoré aux couleurs de l’été métropolitain.

3-Renoncer aux larmes et lutter/ Claude Lévêque/ collection Bernard Magrez/ Institut culturel Bernard Magrez.

4-A Paloma, ma compagne d’infortune : une bouteille XXL, décorée par sa fille, réalisée en performance publique/ Bordeaux fête le vin ; exposée actuellement dans le parc du château Labottière.

5-L’équilibre et l’harmonie : une vue classique de Bordeaux.Avec mes meilleures pensées et vœux adressés à chacun(e) d’entre vous.

in memoriam

samedi, octobre 25th, 2014

A patrickmodiano

In memoriam

A Patrick ou les maux du silence…

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Un triste soir d’octobre, j’ai lu un avis de décès. Froid. Sec. Professionnel.

Tu avais choisi le silence si souvent par le passé. Il semble que cette fois-ci il t’ait emporté au pays de Folon :

« Comme dans les dessins de Folon
Ceux qu’on aimait nagent à l’envers
Oiseaux de l’eau, poissons de l’air
Perdent le fil de nos saisons

Dans la brume de leur prison
Ceux qu’on aimait toujours s’effacent
Derrière les voiles de l’espace
Comme dans les dessins de Folon ».

 

Tu écrivais comme on respire. La poésie coulait de source. Nous avions en commun l’océan, la poésie et Van Gogh. Nous étions aussi deux des trois « trolls » qui luttions contre les idées nauséabondes. Nous défendions le devoir de mémoire quand d’autres voulaient faire table rase du passé.

Grâce à toi, je lus Patrick Modiano . C’était au temps du PEDIGREE ; à tous ceux qui croyaient reconnaître en toi Patrick Modiano tu écrivais  ce que tu intitulais : AVEU :

« J’ai grandi depuis la place de l’Etoile. Mûri et vieilli. Les livres de Patrick Modiano ont été des compagnons de vie au fil des années. Des romans qui se lisaient au chevet. Jusqu’à entretenir un fétichisme de l’écrivain, à défaut de culte. Je sais son lectorat multiple et fidèle. « Un pedigree » n’est pas un roman. Il n’en revendique pas le titre. Il n’est pas une auto-biographie qui s’ignore(-rait).
Je crains le testament. La mort littéraire. Le chagrin des orphelins. L’encre qui sèche et s’efface. Il nous donnait des clés; il nous lègue désormais le trousseau…
Je me cache sous un pseudo éponyme un peu présomptueux. Je préfère désormais l’anonymat… »

Tu n’auras pas vu le prix Nobel de Littérature attribué à Patrick Modiano en 2014. Quelle misère…

Pourquoi ?

Partir

valise au vent.
Avec des mots
avec des verbes…
à quia avais-tu dit et

J’avais découvert cette expression du passé.
Zeus n’était pas muet
il se dégonflait à l’aune du temps
de pacotille.
Avec ta valise de rêves,
 ta valise d’herbe et de vent
entrouverte au passant.

J’étais cette passante

De la terre de Graves,

 j’étais cette passante

qui comprenait entre les maux.

Tu partais vers le silence, silence, silence…
Ta valise était le fléau
de la balance d’argent.
Zeus lançait des éclairs,
Des rires sarcastiques,
Narcoleptiques d’antan.
Tu es parti en rubans,
Taquiner la pieuvre,
Glisser atout vent,
dégonfler la voile
noire à serpent.

Sur le chemin, tu croisas maintes fois
une vénéneuse parure
si peu sûre
par soir pas clair.

Alors tu lanças ta valise au vent
à quia tu te mis.

Pour toujours.

In memoriam.

*

Tu revins parfois, et de ta voix rocailleuse, tu disais tes peines, tu disais ton chant d’amour et ton désespoir. Tu me fis héritière d’un manuscrit : Le Procès de Van Gogh écrit par tes soins, en bonne et due forme .S’y mêlaient l’artiste ; les considérations sur le suicide et les petits cailloux blancs des titres des livres parus de PATRICK MODIANO.

Au détour d’une page on peut lire sous ta plume: :
« Le suicide est un moyen de locomotion céleste et dans la vie d’un peintre qui déraille la mort n’est pas l’horaire le plus inflexible »
patrickmodiano

Je te répondis ceci :

 

Les champs de blé courbés,
Des vagues de vagues de murmures
Les tournesols fanés,
et le soleil éclaté
En mille pleurs d’abandon.
L’homme à l’oreille coupée,
chemise rouge étoilée
de souffrance, de fulgurance
A rejoint le ciel tourmenté.
Pinceaux, tableaux abandonnés
orphelins. Des couleurs dispersées,
Semées aux quatre vents de folie
Rouge , rouge profond du fossé,
incarnat, grenade de la vie
fauchée sur le bas-côté,
en lisière d’inflexibles sentiments
La mort au rendez-vous
Blottie tout contre la démence.
Vincent V. Vie Vécue . Vie rendue sans conditions.

Un jour où toi, l’autre moi-même, attrait du suicide mis à part, m’avait souri en revenant à la vie, je dis :

Etre nu sans rime, échoué sur les rives

Des rêves d’hier si souvent inassouvis

Mais patienter aux frontières invisibles et mouvantes.

 

Fuir l’absurde silence couperet

Les paumes en prière simplement dressées

Comme pour apaiser nos sombres racines.

 

Aller jusqu’à la douce délivrance

Sans consentir le moindre prix du sang

Et combler avec demain la déchirure du présent.

 

Déposer en creux, en intime repousse sur l’amer

Comme la mousse saprophyte habille l’arbre

Les zébrures profondément gravées du souvenir.

 

Oser présenter nos  nuits à la lueur de la flamme

Découvrant ainsi la vérité sous le charme

Eclosion velours du jour couleur de l’espoir.

 

C’était en 2007…

Il y eut 2008 et cette rencontre qui ne put avoir lieu….

 

Patrick… ou les mots du silence

Dis-moi un peu…
où s’en vont les mots du silence? Sont-ils relégués dans un coin? Englués?Tourmentés de poussière? Sursautent-ils au moindre courant d’air? Sont-ils troués, mités, rapiécés du cœur, ou bien laissent-ils s’écouler la lave de l’esprit trop longtemps contenue, Explosent-ils à la face du monde?

Il y a quelques jours, j’ai lu sur le blog de Colo Octavio Paz et les vers ont vibré en moi.

Destino del Poeta

Octavio Paz

« ¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

*

 

 


Destin du poète

Octavio Paz 

 

Mots? Oui, d’air,

et dans l’air perdus.

 

Laisse-moi me perdre parmi les mots,

laisse-moi être l’air sur des lèvres,

un souffle vagabond sans contours

que l’air dissipe.

 

Même la lumière se perd en elle-même. »

(trad: Colo)

 

 

Quel gâchis…Je ne saurai jamais comment tu es parti…Au fond de moi, je le sais.

Tu étais trop jeune…

Et je suis si triste pour toi.

Il y a quelques jours aussi, j’ai reçu »Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » et «  Villa triste »…

**

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« Il aurait voulu plonger dans cette matière sombre, renouer un à un les fils brisés, oui, revenir en arrière pour retenir les ombres et en savoir plus long  sur  elles. Impossible.

Alors il ne restait plus qu’à retrouver les noms. Ou même les prénoms, ils servaient d’aimants. Ils faisaient resurgir des impressions confuses que vous aviez du mal à éclaircir.

Appartenaient-elles au rêve ou à la réalité ? »

Patrick Modiano. L’Horizon.

***

Merci Marithé pour cet élan poétique qui me touche, comme il aurait touché Patrick alias patrickmodiano

« Quand l’Étoile n’est plus à sa Place
et que la Nuit fait sa Ronde
les Boulevards se font Obscurs
comme les Boutiques
et les Villas se font Tristes.
Passe la Jeunesse dans les Quartiers Perdus.
Du Vestiaire de l’Enfance
aux Noces en Voyage
à travers les Fleurs de Ruine
un Cirque est Passé
dans un Printemps de Chien
jusqu’à l’Accident Nocturne
vers les 28 Paradis.
Pas de Remise de Peine
Fragilité du Temps…

Quand les mots se font silences
les maux s’imposent encore plus fort…

… Et voilà un autre silence
qui nous laisse démuni, affecté…

Alors coulent les mots du cœur
Les mots qui vibrent
Les mots de l’émotion
Les mots qui livrent
Pour délivrer…
Pour ne Pas se Perdre…

Restent les mots secrets
Les mots discrets
Les mots du Poète………. »

Marithé

*Emprunts de Mots aux titres de Patrick Modiano, comme autant d’hommages à l’un et à l’autre… *